CHAPITRE Y. — VOIES DE COMMONIGATION ET STATISTIQUE
la Lahn, se joignent à Giessen et de là se dirigent sur GôtUngen, Nordhatisen, Halle et WlUenberg ; 3° par les routes de Coblenz à &ies$m par la Lahn ou de Mayence à Giessen par la Wetterau, et de là par Alsfeld et la trouée d'Eisenach sur Leipzig, Wittenberg et Berlin*
Les lignes d'invasion qui partent du Main sont : 1^ celle de la vallée de la Kinzig, de Hanau à Fulda, Eisenach, Erfurt, Leipzig ; 2** celle de la Saale de Franconie, de Sweinfurt par Meiningen au plateau de la Thuringe, où elle se confond avec la précédente ; 3^ celle du Franken- Waldy de Cobourg et de Baireutji à Leipzig ou à Dresde.
Contre l' Allemagne du Sud, existent également trois lignes d'invasion, mais elles ont pour objectif Vienne plutôt que Berlin et, par suite, dans Tétat politique actuel de l'Europe, ont moins d'intérêt que par le passé. Ce sont : P celle qui part de Mayence y traverse la partie nord de VOdenwald, atteint la Tauber et de là se dirige soit sur Dmauwôrth, soit sur Nuremberg et Ratisbonne; 2^ celle qui part de Mannheim ou de Carlsruhe, traverse la dépression de Pforzheim et la vallée du Neckar, et atteint le Danube vers Donauwôrth; 3** celle qui passe au sud de la Forêt-Noire, franchit le Rhin vers Schaffhouse et suit les routes de la riVe droite du Danube.
Roules
partant du
Main.
Boules de
rAllemagne
du Sud.
Voies ferrées. — Les chemins de fer de l'Allemagne, considérés dans leur ensemble, forment un réseau inextricable, à l'établissement duquel aucune pensée stratégique n'a présidé jusqu'en 1866. A cette époque, la Prusse avait compris l'importance capitale des chemins de fer au point de vue de la défense du pays et s'était déjà immiscée dans les entreprises. Aussitôt que le traité de Prague eut mis entre ses mains toutes les forces militaires de l'Allemagne, elle se préoccupa de compléter le réseau national de manière à augmenter la rapidité de la mobilisation de ses corps d'armée et de la concentration de ses troupes sur ses frontières occidentale et orientale.
Tandis qu'en France, les voies ferrées les plus importantes appartiennent depuis longtemps à six grandes compagnies disposant d'un personnel et d'un matériel considérables, les chemins de fer allemands sont divisés en 95 groupes de lignes indépendants, placés sous 18 directions d'État et 49 directions particulières, qui se font concurrence ou, tout au moins, ont des intérêts différents. Malgré les lois de 1873 et de 1875 qui mettent les chemins de fer, en temps de guerre, complètement à la disposition de l'État et même, dans quelques cas, sous les ordres directs de l'autorité militaire, la multiplicité des organes directeurs est un obstacle à la réunion de toutes les forces en un seul faisceau pour atteindre un grand but; aussi, dans ces derniers temps, l'État prussien a-t-il fait
Concenl ration do 1870.
Situation actuelle.
Conceiilraiiuil a Touest.
Con-
cenlraiion
a Test.
voter par les Chambres une loi qui autorise le rachat de plusieurs ligues particulières les plus importantes au point de vue stratégique. Le chancelier de l'Empire voulait môme ne pas s'en tenir au système incomplet des chemins de fer d'États et créer un système unique de chemins de fer d'Empire; son projet ne fut pas adopté.
L'Allemagne possède aujourd'hui 32,000 kilomètres de voies ferrées. Il serait inutile et fastidieux de^ décrire et d'énumérer toutes ces lignes; une bonne carte étudiée avec soin fournit à ce point de vue des renseignements très précis et bien suffisants. Ce qui importe pour la défense du territoire, c'est le nombre de lignes indépendantes venant de l'intérieur du pays et aboutissant sur la frontière menacée.
Au début de la guerre de 1870, l'Allemagne sut tirer un très bon parti des voies ferrées existantes pour la concentration de son armée sur la frontière française de Merzig à Landau; elle disposait alors de six lignes de concentration au nord du Main et de trois pour l'Allemagne du Sud; elle n'avait que quatre ponts sur le Rhin. Les transports stratégiques furent effectués en dix jours, du 24 juillet au 3 août, pour les treize corps d'armée mis en ligne.
Aujourd'hui ces résultats seraient de beaucoup dépassés, car de nouvelles lignes, entre autres celle de la Kyll et celle de Berlin à Metz, ont été ouvertes, de nombreux ponts ont été construits sur le Rhin et de grandes gares militaires, avec quais de débarquement et voies de garage, ont été établies à proximité de la nouvelle frontière.
Dix lignes indépendantes au moins, dont quatre à deux voies, partant de tous les points du territoire allemand, aboutissent au Rhin dans la partie de son cours comprise entre Bâle et Wesel; 15 ponts de chemin de fer et 4 bacs à vapeur relient les deux rives du fleuve entre les mêmes points ; enfin des lignes à deux voies courent parallèlement sur les deux rives et peimettent de porter rapidement d'une aile à l'autre les forces concentrées sur cette grande ligne de défense. La ligne de la vallée de la Wutach, qui contourne au sud la Forêt-Noire et aboutit au pont d'Huningue, emprunte auprès de Bâle le temtoire de la Suisse, elle ne poun*a donc être utilisée tout au plus que pour le transport du matériel, les troupes devront être transbordées. Un détour par Lôrrach éviterait cet inconvénient, mais exigerait le percement de tunnels trop coûteux.
En s'avançant plus près de la frontière française, on trouve huit voies ferrées indépendantes, dont trois à deux voies, conduisant du Rhin sur le théâtre d'opérations de la Lorraine, et cinq embranchements aboutissant en Alsace au pied de la chaîne des Vosges.
Depuis 1871, les Allemands se sont aussi occupés de compléter leurs voies ferrées stratégiques sur leur frontière de l'est. Cinq voies ferrées