CHAPITRE V. — VOIES DE COMMUNICATION ET STATISTIQUE
percent aujourd'hui cette frontière. En cas de guerre avec la Russie, TAllemagne disposerait de sept lignes de concentration, dont deux à deux voies, pour transporter ses troupes sur la ligne Insterbourg, Thorn, Posen, Myslowitz; le long de la frontière existe une voie ferrée nouvellement construite qui relierait les deux ailes. Les Russes se trouveraient dans de bien moins bonnes conditions pour la concentration de leur armée en Pologne; outre la ligne Pétersbourg, Vilna, KownOj Verjbolowo, ils n'ont que trois voies ferrées indépendantes aboutissant sur la Vistule et il n'existe sur ce fleuve qu'un pont pour chemin de fer à Varsovie. Du reste les lignes polonaises de la rive gauche de la Vistule ont la même voie que les autres lignes de ^'Europe centrale, tandis que les lignes russes ont ime voie différente. Les Prussiens, pour pouvoir utiliser leur matériel sur les lignes russes dont la voie est plus grande, ont imaginé des machines à décaler les roues qu'ils ont établies aux stations frontières.
Vis-à-vis de l'Autriche, l'Allemagne n'a rien à craindre. Le tracé de situation la frontière est tel que le territoire allemand enveloppe complètement la ^Autricho.^ Bohême et que les troupes de l'Empire peuvent à la fois marcher sur Vienne par le Danube et par la Bohême. Du reste, les derniers événements politiques ont contraint l'Autriche à subir complètement l'influence allemande. Vingt-six voies ferrées traversent aujourd'hui la limite des deux pays ; un réseau très complet et très serré permettrait à TAUemagne de rassembler ses armées soit en Bavière, soit en Saxe, soit en Silésie; en outre une ligne continue rejoignant Rosenheim, Ratisbonne, Hof, Chemnitz, Dresde, Breslau et Oderberg, faciliterait les mouvements de troupes tout le long de la frontière.
Enfin les côtes allemandes sont longées à faible distance par une Voie côiiôre. ligne qui part i'Emden, passe par Brème, Hambourg, Lubeck, Stettin, Danzig, Kônigsberg, et se termine à Memel; dix-huit voies ferrées réunissent cette ligne à l'intérieur du pays et des tronçons s'en détachent sur tous les ports du littoral.
On voit donc que sur tous les fronts stratégiques le réseau des chemins d^ fer est parfaitement suffisant pour faire face à tous les besoins de la défense et de la guerre.