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CHAPITRE VI

DÉFENSB DE L*EMPIRB D'ALLEMAGNE

Sommaire. — Considérations sur l'organisation défensive de l'Allemagne.

i i«. — Promtièrb maritime. — Défense des côtes de l'Allemagne. — Embouchure de l'Elus. — La Jade et WilhelmshaYen. — Embouchure du Weser. » Embouchure de l'Elbe. — Défense de la frontière du Jutland. — Côtes du Schleswig-Holstein. — Kiel.

— Baie de Neustadt. — De de Rûgen et Stralsund. — Bouches de l'Oder. — Swinemûnde. — Stettin. — Côtes de Poméranie. — Golfe de Danzig. — Le Frische-Haif ; Pillau. — Le Kurische-Haff ; Memel. — Dispositions prises pour la défense des côtes en 1870.

12. — Frontière occidbmtale. — Lignes d'invasion de France en Allemagne. — Ligne du Rhin. — Rastatt. — Germersheim. — Mayence. — Coblenz. — Cologne. — Fort de Hamm. — Wesel.

J 3. — FaoïcTiàRB méridionale. — Frontière de l'Allemagne et de la Suisse. — Ulm.

— Situation réciproque de l'Allemagne et de l'Autriche. — Frontière do Bavière et d'Autriche. — Ingolstadt, Ratisbonne et Passau. — Wùrzbourg. — Frontière d'Allemagne et de Bohème. — Kônigstein et Dresde. — Torgau. — Glogau. — Places de Silésie : Glatz et Neisse.

J 4. — Froutièrb ORIENTALE. — Tracé de la frontière et considérations stratégiques

— KÔnigsberg. — Fort Boyen. — Thom. — Graudenz. — Marienbourg. — Danzig.

— Posen. — Ligne de l'Oder. — Kustiin.

2 5. — DÉFENSE iNTÉRiBURB. — Berlin et Spandau. — Magdebourg. — Anciennes

places d'Erfurt et de Minden.

Récapitulation des places fortes db l'Allemagne.

Considérations sur l'organisation défensive de l'Allemagne. — Le système de défense de TEmpire d'Allemagne a été complètement remanié et transformé depuis 1871. Une commission de défense Commission de 21 membres, présidée par le prince impérial, dirigée par le maréchal de Moltke et composée des plus hautes notabilités de l'armée, a été appelée à décider tous les travaux à faire.

Trois principes ont dominé toutes les discussions et toutes les décisions de ce comité :

l"" Avoir un certain nombre de points très forts s'appuyant sur les grandes lignes de défense du pays.

de défense.

250 LIVRE II. — ALLBMAGNB.

2^ Abandonner et démanteler toutes les places qui ne semblent pas indispensables.

3° Agrandir, améliorer et munir de forts détachés celles qui sont reconnues réellement utiles.

C'est en vertu du second principe qn'Erfurt, Minden, Kosel, Stettin, Grdudenz, Landau, Wittenberg , etc., ont été déclassés. En revanche, Ingolstadt, Kœnigsberg, Tfwm, Posen, Cologne, Strasbourg, etc., ont été transformés en camps retranchés.

Quant aux forts d'arrêt destinés à barrer les voies ferrées et à en assurer aux défenseurs la libre disposition le plus longtemps possible, on n'en trouve que fort peu en Allemagne. Le maréchal de Moltke pense que la protection la plus efficace des lignes de chemin de fer est une vigoureuse offensive stratégique et ce principe est trop en harmonie avec l'esprit militaire allemand pour n'avoir pas trouvé partout pleine et entière approbation. Le fort d'arrêt le mieux situé ne couvre qu'un seul point et ne peut empêcher l'adversaire de rompre la voie dans le voisinage. Pour empêcher l'adversaire de se servir d'une ligne, il suffit de détruire un grand ouvrage d'art; mais il faut pouvoir différer cette destruction jusqu'au dernier moment, tout en s'en garantissant la possibilité. C'est dans cet ordre d'idées que, dans ces derniers temps, on a procédé, en Allemagne, à l'exécution de certains travaiix de défense. Ainsi on a muni de dispositifs de mines les ponts importants et les tunnels situés sur les voies ferrées de la frontière et on a couvert les abords de l'ouvrage par des clôtures à l'abri de l'escalade, afin d'assurer la destruction, même en présence de l'ennemi. D'autre part, les nouveaux ponts construits sur le Rhin en dehors du rayon d'une place forte sont munis de tours défensives devant remplir le même but. Bitche, Kœnigstein, fort Boyen ont été seuls conservés comme forts d'arrêt.

En somme, la commission de défense de l'Empire a cherché à ne pas avoir un très grand nombre de places, de manière à ce que l'État ne soit pas entraîné à des dépenses trop considérables et à ce que l'armée ne se trouve pas affaiblie par les garnisons à fournir, au lieu d'être renforcée par la valeur des fortifications. La force des frontières naturelles de l'ouest et de l'est, d'une part, permit à l'Allemagne de ne pas multiplier les points fortifiés. Dans l'organisation défensive actuelle, elle ne s'est préoccupée que de ses deux voisins de Test et de l'ouest; l'état politique de r Autriche-Hongrie et le tracé de la frontière des deux empires mettent la monarchie des Habsbourg dans une dépendance complète du nouvel Empire allemand.

D'autre part, l'Allemagne achève la construction raisonnée du vaste

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