CHAPITRE VI. — DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE
réseau de ses chemins de fer pour permettre la concentration rapide de ses armées sur une des frontières de Test ou de Touest et pour assurer la protection des côtes.
Des sommes très considérables ont été prélevées sur l'énorme indem- Ressources, nité (5,715,000,000 de francs) payée par la France après la guerre de 1870-1871 et sont destinées à faire face aux frais de la réorganisation défensive que nous venons d'esquisser :
270,000,000 de francs ont été consacrés aux forteresses allemandes ;
162,384,518 fr. aux forteresses de TAlsace-LoiTaine ;
214,647,004 fr. aux chemins de fer de TAlsace-Lorraine.
On comprend sans peine que de pareilles ressources entre des mains aussi habiles n'ont pas dû rester improductives et c'est ce que démontrera notre étude.
A diverses époques, des États avaient entrepris de grands travaux de défense et couvert par des places fortes certaines parties de leurs frontières, mais jamais on n'avait vu, si ce n'est en France à l'époque de Yauban, une entreprise aussi vaste que la transformation de toutes les forteresses d'un grand empire, l'organisation de ses frontières de terre et de mer, le perfectionnement de ses voies de communication, menée avec autant d'ensemble et avec une pareille unité de vues. L'Allemagne, du reste, ne s'est pas engagée seule en Europe dans cette voie ; l'Angleterre et la France, avec d'immenses ressources, l'Italie, la Belgique, la Hollande, sur une moins vaste échelle, ont agi de même ; leur exemple est suivi par d'autres nations encore.
Nous étudierons les divers fronts stratégiques de l'Empire d'Allemagne dans l'ordrfe suivant :
1** La frontière du nord ou frontière maritime ;
2* La frontière de l'ouest ou frontière de France ;
3** La frontière du sud ou frontière de Suisse et d'Autriche ;
4® La frontière orientale ou frontière de Russie ;
5* La défense intérieure de l'Empire.
§ 1". — PRONTIÈEE MARITIME •
Défense des côtes de rAllemagne. — L'Allemagne possède envii'on 600 kilomètres de côtes sur la mer du Nord et 1,500 sur la Baltique. La frontière du Schleswig comprise entre les deux mers est exposée à une invasion tentée par des troupes qui auraient débarqué dans le Jutland et qui s'appuieraient sur les îles danoises. C'est là un danger dont il faut tenir compte.