CHAPITRE II
LA SUISSE
1® — Les Alpes de Lagano, qui sont comprises entre les lacs Majeur et de Côme, au sud du lac de Lugano, et dont l'altitude ne dépasse pas 1,695 mètreB au point le plus élevé, au Monte-Generoso, au-dessus de Mendrisio. Elles sont limitées au nord à la dépression qui existe entre Luino sur le lac Majeur et Menaggiosnv le lac de Côme; cette dépression est suivie par une route qui, partant de Luino y suit la Trésay déversoir du lac de Lugano, arrive à Luganoy est interrompue et remplacée par le lac jusqu'à Porlezzay et reprend ensuite jusqu'à Menaggio.
A ces montagnes on peut rattacher le Monte-San-Primo (1,596°) et le Monte-Palanzùlo (1,434°), compris entre les deux branches méridionales du lac de Côme et dominant la riche plaine de la Brianza, l'un des jardins de la haute Italie.
Monte- Goooroso.
Brianza.
Communications.
2^ — Les Alpes du Bergamesque ou de la Valteline, qui sont limitées au nord par la VaUeliney à l'ouest par le lac de Côme, et à l'est par le cours de l'Oglio. Elles forment une chaîne continue dont l'altitude moyenne atteint 2,500 mètres, et même 3,041 mètres au Monte-Redorta. M'«-Redorta Elles détachent vers le sud de longs contreforts qui séparent le Val Brembana (Brembo), le Val Sériana (Série), et le Val Camonica (Oglio).
Deux routes les traversent du nord au sud :
a) — Celle qui relie Marbegno dans la Valteline à Piazza dans le Val Brembana par la passe de Marbegno ou de San-Marco (1,828°*);
b) — Celle qui relie Ponte et Tirano dans la Valteline à Edolo dans le Val Camonica par le col d'Aprica (1,234*"). Cette route conduit ensuite, soit par le Val Camokuica à BergamCy soit par le col du Tonale et le Val di Sole à Trente, où elle rejoint la grande voie de communication de la vallée de l'Adige.
Par le col de Stelvio ou Stilfser-Joch (2,797"*), passe une route qui jomt Bormio dans la haute Valteline à Prad dans le Vintschgau (haute Adige); c'est la plus haute route des Alpes ; elle a été créée par l'Autriche dans un intérêt stratégique, alors que la Lombardie lui appartenait; elle devait permettre aux armées autrichiennes de pénétrer au centre du bassin du Pô en tournant les lignes de l'Adige et du Mincio, et sans emprunter le territoire suisse. La Valteline a été le théâtre des belles opérations du duc de Rohan qui, en 1635, défendit avec succès cette vallée contre les Impériaux.
Plateau suisse. — Pour terminer l'étude du relief du sol, il nous reste à parler du plateau suisse et du Jura.
Le plateau suisse occupe toute la région située au nord d'une ligne idéale passant par Lausanne, Fribourg, Berne, Zurich et Saint-Gall.
Slelvio.
C'est la partie la plus peuplée et la plus riche de la Suisse, celle où les routes sont les plus nombreuses et les plus faciles. Ce plateau se termine Jorat. sur le lac de Genève par le mont Jorat (928"), qui ne domine le lac que de 440 mètres à ses points les plus élevés et qui ne forme pas un obstacle sérieux. Le lac est à 375 mètres au-dessus du niveau de la mer et a de grandes profondeurs, comme tous les lacs de montagnes.
La dépression continue et si remarquable qui longe le pied des pentes des terrains jurassiques de Genève à Schaffhouse et à Constance, était remplie par les eaux et formait une mer intérieure à Tépoque qui suivit le soulèvement des Alpes. Le lac s'est vidé et son fond forme aujourd'hui la plaine suisse.
Jura.
Posswang.
Communications.
Jura suisse. — Le Jura a été étudié dans la première partie du cours; nous n'aurons donc que peu de mots à en dire. Ce massif, qui sépare la France de la Suisse, présente au nord l'aspect de vastes plateaux profondément découpés par les eaux, et est formé au sud par de longues crêtes étroites et parallèles entre lesquelles coulent les rivières au fond de profondes combes. Les crêtes les plus élevées sont celles qui le terminent à l'est et qui dominent le plateau suisse ; elles atteignent leur plus grande élévation (1,723") au-dessus du lac de Genève. Les terrains et les plateaux jurassiques se prolongent au nord, en Souabe et en Franconie, jusqu'aux sources du Main; c'est une crête jurassique qui forme la chute du Rhin à Schaffhouse (Schaffhausen). La vallée de VAar, qui longe en Suisse le pied des pentes orientales du Jura, est prolongée en Allemagne par celle du Danube, qui occupe la même position par rapport au Jura de Souabe et de Franconie.
L'altitude du Jura suisse varie de 1,700 mètres dans le sud à 1,000 mètres au nord vers Bâle.
Les crêtes jurassiques sont parallèles et ont, sauf dans le sud au-dessus du lac de Genève, la même direction que celles de la Côte-d'Or et du plateau de Langres; mais, vers Bâle, elles sont coupées, au nord du Passwang (1,207"*), par le soulèvement du Lomont et du mont Terrible, dont la direction est parallèle à celle des Grandes Alpes; ce croisement produit un dédale très compliqué de crêtes de directions diverses, qui sont coupées à d'étroites cluses par la Birse et ses affluents. Les sommets principaux de la crête du Jura que longe l'Aar, du lac de Bienne au Rhin, sont le iïasenmaWc (1,448"), le TTciwerwrcm (1,284") au-dessus de Soleure, le Hauenstein (1,100°) au-dessus d'Olten.
Des routes carrossables débouchent en six points de la chaîne du Jura suisse entre le lac de Bienne et le Rhin :
1^ A Bienne (Biel), à l'extrémité du lac de ce nom, aboutissent deux