HYDROGRAPHIE DE LA SUISSE
Le Rhin. — Le Rhin (Rhein) sert de limite à la Suisse à l'est et au nord. 11 a ses sources dans les massifs du Saint-Gothard, de f Adula et de l'Albula. Les torrents qui descendent de ces montagnes sont presque tous désignés sous le nom de Rhin par les habitants. Les deux principaux bras sont le Hinter- Rhein ou Rhin postérieur et le Vorder-Rhein on Rhin antérieur. Hinier-Rhein. Le Hinter-Rhein reçoit VAlbuila, qui est grossie elle-même du Landwasser, rivière de la vallée de Davos, et Ile VOberhalbsteiner- Rhein. Ces deux cours d'eau se réunissent à Reichenau pour traverser la conque de Coire, qui a une grande importance à cause des nombreuses voies de communication qui y aboutissent; ce sont les routes :
Du col de rOber-Alp ;
Du col du San-Bernardino (Adula) ;
Du col du SplUgen (Alpes Rhétiques) ;
Du col du Julier j
Du col de l'Albula (Albula).
Du col de Fluëla \
Vorder-Rliein.
Défilé de Trùbbach.
Le Rhin ne passe pas à <]!oire môme ; la rivière qui arrose cette ville est le Plessur, au sortir du Schanfiggthal.
Landquart. Avant de sortir de sa vallée supérieure, le Rhin reçoit encore la Landquart, qui arrose le Prœttigau; Tentrée de cette vallée, de même que celle de beaucoup de vallées des Alpes, est très resserrée et forme une cluse d'un quart de lieue de longueur; en 1799, nous ne pûmes nous rendre maîtres de cette gorge qu'en la tournant.
Un peu au-dessous du confluent de la Landquart, le Rhin passe à Sargans et laisse à gauche une dépression où était tracé son ancien lit et vers laquelle il semble se diriger de nouveau, surtout pendant les crues; il franchit le défUé de Trùbbach et coule du sud au nord jusqu'au lac de Constance ou Boden-Sée. La plaine qu'il traverse est resserrée à l'ouest par les Alpes de la Thur, en sorte que, sur la rive gauche, une armée ne pourrait ni se déployer, ni manœuvrer facilement; sur la rive droite, la plaine est plus grande et il existe une position militaire très forte, celle de Feldkirch, que Massénane put enlever en 1799. La largeur du fleuve, dans cette partie, varie de 60 à 100 mètres ; la rive gauche domine presque partout la rive droite; on rencontre plusieurs gués qui ne sont impraticables que dans les crues.
Ponts. Les ponts sur le fleuve, entre Coire et le lac de Constance, sont les
suivants :
1** Au-dessous du confluent de la Landquart, le ZoUbrikk, où passe la route de Coire à Sargans ;
2* Entre Ragatz et Mayenfeld, le pont du chemin de fer de Coire ; c'est un pont en bois du système de Howe, comme il en existe beaucoup dans la contrée ;
3** A Trùbbach, un pont en bois pour voitures;
4** A Buchs, le pont du chemin de fer de Feldkirch, en fer et à treillis ;
5*^ A Mmstein^ le pont de la route de Bregenz ;
6** Et, un peu au-dessous, le pont du chemin de fer de Bregenz, en fer et à treillis.
Il y a plusieurs trailles, entre autres à Benderen, pour le passage de la Boden-Sée. route du col de Wildhaus, et à Hôchst, près du Boden-Sée.
Le lac de Constance couvre la frontière suisse sur une étendue de 10 lieues. Pour se défendre de ce côté, la Confédération n'aurait qu'à faire surveiller le lac par quelques chaloupes canonnières et à occuper les quelques points de débarquement sur la rive qui lui appartient. Les bords du lac sont partagés entre cinq pays différents : Bregenz est le port de l'Autriche; Lindau celui de la Bavière ; Fncdric/w/ia/ien appartient au Wurtemberg ; Constance au duché de Bade ; la rive méridionale , avec Romanshom et Rorschach, est suisse. Il existe des bateaux à vapeur