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CHAPITRE m. — DÉFENSE DE LA SUISSE

Les lignes d'invasion d'Allemagne en Suisse sont séparées par la For^^ Lignes dMn- Noire qui, dans sa partie sud, forme un massif élevé et épais. Les relations rAUemagne. nécessaires entre les colonnes opérant à Test et à Touest de ces montagnes ne pourraient donc se faire que par de longs défilés ; de plus, les dernières pentes méridionales de la Forêt-Noire resserrent le Rhin depuis Rheinfelden jusqu'à Waldshuty à Tembouchure de la Wûtach. Il y a donc deux lignes d'opérations distinctes, et il nous reste à voir laquelle des deux offre le plus d'avantages.

Si la Suisse redoute une attaque du côté de l'Allemagne, elle sera né- Routes à ro. cessairement secourue par la France, Belfort et Bâle dominent le cours du Koire. "^^ Rhin en aval de cette dernière ville et empêcheront une armée allemande de suivre la rive gauche de ce fleuve. Sur la rive droite, cette armée aurait à franchir de véritables défilés entre ScMiengen et Bâle et serait fort gênée dans sa marche. Elle aiu'ait en outre à forcer le passage du Rhin, puis, une fois dans le Frickthalj à franchir le Jura et la ligne de l'Aar.

La ligne qui passe à Vest de la Forêt-Noire, offre plus d'avantages à l'of- Rouies à te. f ensive allemande. En effet, plusieurs voies ferrées et un grand nombre de j^oire. ^^ ^" routes se dirigent vers cette partie de la frontière suisse et favoriseraient la concentration de l'armée, puis le réapprovisionnement de ses parcs et de ses convois; de plus, sur la rive gauche, se trouvent aussi d'excellentes routes et un pays riche.

De Stein à Waldshut, le Rhin peut être passé avec les équipages de ponts Ligne do déde campagne, et, par suite des coudes que forme le fleuve, il y a des points ^^^^^ ^ " de passage faciles. La distance entre ces deux villes est de 18 lieues; la largeur du fleuve est de 150 à 200 mètres, sa profondeur est toujours de plus de 3 mètres. SchafiThouse est un point stratégique qui, fortifié, constituerait une bonne position offensive contre l'Allemagne.

En amont de Stein, la frontière est bien couverte par les eaux de l'Un- Boden-sée. tersée et du lac de Constance ; le seul point de passage à surveiller est Constance ;il y a 6 lieues de Stein à Constance, et 10 lieues de Constance à l'extrémité du lac.

Le Rhin franchi, l'armée allemande enlèverait facilement les lignes de Timr, tgss, la Thur, de la Tôss et de la Glatt par de simples combats d'avant-garde et s'emparerait de Winterthur, qui est le véritable point stratégique de cette région. Pendant ce temps, l'armée suisse préparerait la défense de la Limmat.

La ligne formée par la Linth, le lac de Zurich, la Limmat et l'Aar a Ligne toujours eu une grande importance. Les Romains avaient fortifié un point ^^ ^^ Ummat. à 2 kilomètres de Brugg (Vindonissa), Baden (Castellum Thermarum) et Zurich (r/wincum) pour opposer une barrière aux invasions germaniques. La ligne de défense s'appuie d'un côté au Rhin et à VAar, de l'autre au

Wallm-Sée et aux derniers contreforts des Alpes. Les seules parties abordables sont comprises : !*• entre Coblenz et Zurich ; 2*^ entre le lac de Zurich et le lac de Wallenstadt. Cette dernière forme même aujourd'hui un point faible, car, depuis 1820, le dessèchement des marais compris entre les deux lacs a réduit la Linth à un simple canal de 12 kilomètres de longueur. Il faudrait se maintenir sur la rive droite de la Linth en occupant fortement les défilés en avant i'Utznach. Du côté du lac de Wallenstadt, la ligne ne peut pas être facilement tournée, parce que les pentes méridionales des Churflrsten ne sont suivies que par quelques sentiers étroits et difficiles, et que môme il n'existe qu'un sentier muletier le long du lac.

La Limmat a un cours de 7 lieues entre Zurich et Tùrgi ; sa largeur est de 40 à 70 mètres et sa profondeur toujours plus grande que 1 mètre.

Zurich. Zurich est le point capital de la ligne; c'est vers cette ville que les

Allemands dessineraient leur attaque de manière à séparer l'armée suisse des montagnes et à l'acculer vers le nord, dans le coude formé par la Limmat et l'Aar. Au cas où le défenseur voudrait reprendre l'offensive, c'est de Zurich qu'il faudrait partir, tout en inquiétant le flanc et les derrières de l'ennemi par le Toggenburg, au moyen de détachements appuyés sur Utznach et sur Watwyl. Si c'est une armée française, maîtresse de l'Alsace, qui défend la ligne de la Limmat, les Allemands auront tout intérêt à attaquer vers Baden, ou même à franchir l'Aar plus au nord, pour menacer sa retraite ; c'est précisément la circonstance qui se présenta en 1799. Si à cette époque, en mai et en juin, l'archiduc Charles ne tenta pas le passage de ce côté, c'çst que les ponts d^Eglisau et de Kaiserstvhl avaient été détruits et qu'il ne possédait que le pont de bateaux de Busingen, en amont de Schaffhouse ; la crainte de voir sa retraite coupée par les troupes françaises passant en amont le rendit circonspect. Cependant, en août, il se décida à faire une tentative vers Dettingen sur l'Aar ; elle échoua parce que les mesiu'es avaient été mal prises.

La rive gauche de la Limmat est longée par un chemin de fer qui se prolonge sur les rives méridionales du lac de Zurich et du Wallen-Sée ; il faciliterait la surveillance et les mouvements de troupes.

Aibis. Au sud-ouest de Zurich, s'élève l'Albis, dont le promontoire le plus

septentrional, VUtliberg, domine la plaine de la Limmat et toute la contrée. C'est sur cette position que s'établit Masséna après l'abandon de Zurich en 1799 ; les armées y restèrent en présence pendant tout l'été. Entre l'Albis et les collines qui bordent la rive occidentale du lac de Zurich coule la Sihl, torrent souvent violent qui se jette dans la Limmat à Zurich.

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