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CHAPITRE III. — DÉFENSE DE LÀ SUISSE

Après la perte de la Limmat, le corps français qui aurait concouru à la défendre, se retirerait par Berne sur Genève et couvrirait sa retraite en défendant TAar, de Thun à Morat, face au nord-est. L'armée suisse n'aurait qu'à gagner ses montagnes, et les cantons forestiers lui fourniraient un très bon réduit dans le cas d'une gueiTe d'indépendance; mais, pour garder les moyens de reprendre l'offensive, elle devrait occuper, comme de vraies têtes de pont, les villes de Thun, Lucerne, Schwyz et Glaris,

Front est ou Irontière d'Autriche. — La fi^ontiëre d'Autriche Lignes cIMq. se divise naturellement en trois sections. La première, du lac de Constance rluuiche.^ au fort de Luziensteig, permet seule d'aborder directement le plateau suisse. Les deux autres s'étendent, l'une du fort de Luziensteig au Gi'ibelle- Kopf, l'autre de ce point au col du Stelvio; elles sont situées dans un pays de hautes montagnes où les routes sont constamment resserrées dans des défilés aussi faciles à défendre dans un sens que dans l'autre. En arrière de la frontière, de Rheineck à Martinsbrùck, existe une chaussée continue qui relie les centres de la défense. Les routes qui conduisent du Tyrol en Suisse sont au nombre de trois : celle de VArlberQy celle de Finstermûnz, celle de VOfen-Pass. Les deux dernières sont excentriques par rapport à la base autrichienne, qui est Innsbruck ; la première est la seule que puissent suivre les Autrichiens pour amener leurs troupes dans le Rhein-ThaL Le chemin de fer de l'Arlberg, auquel on travaille activement, viendra diminuer l'inconvénient d'avoir une ligne d'opérations formée par une seule route, mais il n'aura jamais une grande puissance de transport à cause des pentes et des courbes.

a) — Dans la 1'' section, le Rhin marque la limite des deux pays et Ligne do dëconstitue une première ligne de défense de 15 lieues de longueur, du ^°n.® ^" défilé de Triibbach au lac de Constance. Le fleuve est déjà navigable ; sa largeur est de 70 à 100 mètres, et sa profondeur de 2"*,50. Il existe pourtant quelques gués dans les basses eaux au confluant de la Landquart et à Benderen. Ces passages furent franchis plusieurs fois par les troupes françaises ou autrichiennes en 1799; mais ils seraient insuffisants pour de grandes armées.

La rive gauche domine généralement l'autre, de sorte que le passage de gauche à droite est plus facile qu'en sens inverse; les points les plus avantageux pour le passage des troupes, par suite de la configuration des rives, sont : Zollbruck, Trubbach, Ober-Buchen, Blatten, Mondstein et Sanct- Margarethen.

Le passage en sens inverse n'est avantageux que vers Benderen et Koblach, la rive droite étant dominante en ces points. Cette dernière rive est souvent marécageuse.

Malgré les avantages de la rive gauche, la défense du Rhin est assez difficile à cause du rapprochement des montagnes et du fleuve. La route et le chemin de fer qui longent la rive gauche, sont vus et battus de Tautre rive. Enfin la vallée est partagée en trois petites plaines par des défilés : qelui de Trubbach, celui d^Oberried à hauteur d'Appenzell et celui i*Au. Dans la première de ces plaines débouche la route du col de WUdhaus, qui est d'une bonne défense. Dans la deuxième se joignent, à AUstetten, les routes de Saint-Gall et d*Appenzell, qui assurent la retraite. Enfin la troisième plaine, d^étendue fort petite, est reliée au plateau par trois routes et un chemin de fer, qui passent entre la montagne et le Boden-Sée.

Les points stratégiques de cette contrée sont les points de passage du Rhin, puis le fort de Luziensteig et la position de Feldkirch. Luziensieig. Le fort de Luzlcnstcig^ a une action importante sur ce théâtre d'opérations. Il permettrait aux Suisses d'attaquer de flanc l'armée autrichienne; aussi le premier objectif de cette dernière doit-il être la prise de ce fort avant de songer au passage du Rhin. En 1799, le prince Charles n'osa pas franchir le fleuve à Schaffhouse avant de s'en être emparé. Les ouvrages barrent un défilé qui s'ouvre entre le Flaescherbei^g et le Wuzterhorn et où passe la route de la rive droite du Rhin (727" d'altitude au col), la seule qui pénètre dans les Grisons de ce côté; ils ont été reconstruits et améliorés en 1830 et en 1852. Ils consistent en une simple courtine flanquée de deux bastions, qui occupe toute la largeur du col et qui fait face au nord; à la gorge se trouvent des casernes et des magasins crénelés; à l'est et à l'ouest, il y a des tours casematées réunies par un chemin couvert; sur le Flsescherberg, plusieurs blockhaus dominent le col et voient la plaine du Rhin.

En 1799, les Autrichiens ne purent reprendre le fort aux Français qu'en occupant les hauteurs dominantes et en le tournant. Pour donner à cet ouvrage toute la valeur possible, il conviendrait d'en étendre les défenses et d'occuper Zollbrûck et la cluse qui ferme la vallée de la Landquart. La prise de cette forteresse obligerait les Suisses à se retirer sur Coire, en abandonnant le Praettigau.

Feldkirch. Contre une offensive partant de la Suisse, l'Autriche possède la position de Feldkirch, qui barre la route de l'Arlberg, la seule qui conduise de la vallée du Rhin dans le Tyrol. La ville n'est pas fortifiée, mais elle est dans une situation très forte entre deux défilés que franchit l'Ill. Elle est séparée de la plaine du Rhin par une colline de deux lieues de longueur qui lui forme comme un rempart naturel; cette colline se termine vers l'ouest par des escarpements inaccessibles et ne présente qu'un 1. Consulter la carte 5.

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