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CHAPITRE V. - LA HOLLANDE

marais de Peel font suite aux landes de la Campine; là aussi, on a entrepris des dessèchements, et la culture conquiert chaque jour du terrain; la superficie des marais est déjà réduite des trois quarts. La lande de terre qui s'étend sur la rive droite de la Meuse, entre les territoires belge et allemand, et qui forme la partie sud du Limbourg hollandais^ n'a plus le même aspect que les véritables terres hollandaises ; l'industrie y est très développée, les populations sont wallonnes, le français est la langue usuelle de Maëstricht, c'est une province belge qui a été laissée en 1831 à la Hollande parce que les soldats de cette puissance n'avaient pas pu être délogés de la citadelle de Maëstricht.

Marais de Peel.

Limbourg hollandais.

Hydrographie de la Hollande. — La Hollande est arrosée par les cours inférieurs du Rhin, de la Même et de VEscaiU, et par les nombreuses dérivations de leur delta commun.

Le Rhin pénètre en Hollande au-dessous de l'ancien fort de Schehk; ce Riiiii. large fleuve, après avoir reçu de nombreux affluents sur tout son parcours, finit par se diviser, près de son embouchure, en plusieurs branches qui se jettent séparément dans la mer du Nord, dans le Zuyderzée, ou qui vont se relier à la Meuse.

Aussitôt après être entré en Hollande, à Pannerden, le Rhin se divise en deux bras : le Waal, qui prend les 7/10 des eaux, et le canal de Pannerden, qui n'en reçoit que les 3/10. Cette proportion est maintenue au moyen de digues et de déversoirs.

Le Waal se rapproche de la Meuse à Tancien fort de Saint- Andries, où waai. existait jadis un canal de jonction qui a été comblé, et se réunit à elle à la pointe de l'ancienne île de Bœmmel, entre les villes de Worcum (Woudrichem) et de Gorcum (Gorinchem) ; il lui apporte dix fois plus d'eau qu'elle n'en roule elle-même.

Le canal de Pannerden, qui a été creusé de mains d'hommes, remplace l'ancien bras du nord qui se détachait à 10 kilomètres en amont et qui tendait à s'assécher ; il rejoint au bput de quelques lieues le prolongement de ce bras ou Neder-Rijn. C'est cette ancienne branche desséchée du Rhin que franchit l'armée de Louis XIV en 1672 ; le passage eut lieu un peu en amont d'Arnhem et est resté célèbre sous le nom de Tolhuis (Tolhuis est un terme générique qui signifie péage d'un bac).

A Westerfoort, le fleuve se divise de nouveau, l'Ijssel s'en détache vers ijssei. le nord et va se jeter dans le Zuyderzée. On croit que le cours de l'Ijssel entre Westerfoort et Dœsbourg, où il rejoint VOude-Jjssel ou Vieil-Ijssel, est une dérivation artificielle du Rhin creusée par Drusus pour créer une ligne continue opposée aux invasions germaniques.

Le Heder-Rijn prend, à partir de Wijk-bj-Duurstedey la dénomination Neder-Rîjn

Canal de Pannerden.

Lok.

Krorame- Rijn.

Oude-Ryn.

Meuse.

MerwedG.

Rotterdam.

Bras do mer delaZeeland.

de Lek ; ce dernier vient se mêler aux eaux du Waal et de la Meuse en amont de Rotterdam.

Le bras qui conserve le nom de Rhin, le Kromme-Rijn ou Rhin sinueux, ne reçoit que les eaux déversées par des écluses pratiquées dans la digue de droite du fleuve; à Touest d'Utrecht, il prend le nom de Oude-Rijn ou Vieux-Rhin; il se divise en plusieurs bras; les uns, le Vecht, VAmstel, aboutissent au Zuyderzée ; d'autres, comme Vljssel de Hollande, communiquent avec le Lek; toute la contrée est, du reste, sillonnée de canaux ou de ruisseaux canalisés. Quant au Rhin, il vient percer à Katicijk, en aval de Leyde, le cordon de dunes du littoral ; mais les sables s'y amoncelèrent souvent et gênèrent son écoulement, en sorte qu'il se répandait jadis dans de vastes marais; il fallut à deux reprises différentes, en 1571 et en 1807, lui frayer un chemin à travers les dunes; de vastes écluses permettent, à chaque marée basse, aux eaux de s'écouler.

La Meuse sert de frontière à la Belgique et à la Hollande en amont et en SivaX ie Maestricht, qui est située sur la rive gauche; cette ancienne place forte, aujourd'hui démantelée, est un point de passage important sur le fleuve. En aval de Maaseijk, autre point de passage, la Meuse coule sur le territoire hollandais parallèlement et à faible distance de la frontière allemande. Les principales localités qu'elle arrose sont Roermond, Yerdoo et Grave; ces deux dernières étaient jadis fortifiées. La Meuse réunie au Waal prend le nom de Herwede ; ce cours d'eau se divise luimême en im grand nombre de bras qui serpentent au milieu des îles du Biesbosch; le plus important est la Nouvelle-Herwede. La Merwede se divise encore à Dordrecht; le bras, au sud de Viled^Ijsselmonde, estlaNou- Yelle-Heuse ; le bras du nord se réunit au Lek et reprend aussi le nom de Meuse; il passe à Rotterdam, le plus grand port de commerce de la Hollande ; le mouvement de ce port est annuellement de plus de 7 ,000 navires, jaugeant 3 millions de tonnes; c'est plus de trois fois le mouvement du port d'Amsterdam. Les bouches de la Meuse sont ensablées; aussi, pour permettre l'entrée du. port de Rotterdam, on a dû creuser à travers les dunes de la pointe appelée Hoek van Holland, un canal de 5 kilomètres de longuem*; ce canal, après s'être approfondi et élargi, s'est ensablé à son tour et n'a plus qu'une profondeur de 5 mètres : il est probable qu'il faudra établir une communication artificielle directe entre Rotterdam et la mer, comme on vient de le faire pour le port d'Amsterdam.

Les divers courants du Biesbosch se réunissent au sud de Vile de Beijerland pour former de véritables bras de mer qui embrassent les îles d'Overflakkée, de Schouwen, de Tholen et de Noord-Beveland. L'Escaut oriental vient aboutir entre ces dernières îles. Ces bras de mer prennent les noms suivants : celui qui longe au sud les îles de Beijerland et de Yoome

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