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LIVRE I

Mer de Haarlera

traction est souvent très soignée et très bizarre, leur nombre est de 10,000 au moins en Hollande. Peu à peu le vent est remplacé comme force motrice par la vapeur; en 1872, on comptait déjà 125 moulins à vapeur employés à vider les eaux des polders, leur puissance est beaucoup plus grande que celle des moulins à vent et a permis d'exécuter des travaux véritablement gigantesques. C'est ainsi qu'en 1841 on entreprit d'épuiser l'ancienne mer de Haarlem, dont la superficie augmentait chaque année, qui menaçait de submerger Amsterdam et qui s'était plusieurs fois réunie au Zuyderzée; sa superficie était de 180 kilomètres carrés, le travail d'épuisement fut mené à bonne fin en 39 mois. Aujourd'hui on veut réaliser une entreprise plus vaste encore, Zuyderzée. Tasséchemeut du Zuyderzée, ou du moins de la partie sud de cette mer intérieure; la digue de fermeture aurait une longueur de 41 kilomètres, elle s'appuierait sur les bancs d'Enkhuizen et sur Vile d'Urk, elle viendrait aboutir un peu au sud de l'embouchure de l'Ijssel. La profondeur de la partie du Zuyderzée à conquérir est au plus de 4 mètres; le fond, formé d'argile et de sable, se prêtera à la culture; la superficie des terrains desséchés sera de près de 2,000 kilomètres carrés; on évalue la dépense nécessaire à 400 millions, somme énorme pour les faibles ressources de la Hollande. On ne reportera pas la digue de fermeture plus au nord dans un endroit plus étroit, entre Enkhuizen et Stavoren, parce que la profondeur est trop grande, parce que le fond est sablonneux et par suite peu cultivable, enfin parce qu'il serait fort difficile de se débarrasser des eaux de l'Ijssel. Au nord, les îles d^Ameland et de Terschelling sont déjà réunies entre elles et au continent par des digues; on peut prévoir qu'un jour, grâce à la patience des Hollandais et des Frisons, l'ancien rivage, du Texel aux bouches du Weser et de l'Elbe, sera reconstitué. Les terres des polders sont généralement très fertiles et produisent sans engrais pendant de longues années; leur valeur compense donc les frais considérables qu'exigent les travaux d'assèchement.

Les provinces du nord de la Hollande qui appartiennent à la Frise occidentale sont marécageuses et couvertes de tourbières; ces dernières sont desséchées peu à peu et rendues à la culture. Autrefois, les Frisons enflammaient ces immenses masses de tourbes pour faire produire aux cendres quelques maigres moissons ; la fumée produite par ces incendies était si intense qu'on l'a vue traverser toute l'Europe et se répandre jusqu'en Pologne et même en Hongrie. Aujourd'hui on a adopté des procédés d'assèchement moins primitifs et, grâce à la ténacité des habitants, les cultures s'étendent d'année en année.

Au sud, dans les provinces de Limbourg et de Noord-Brabant, les

Tourbières.

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