CHAPITRE V. — LA HOLLANDE
et 1,750,000 kilomètres carrés. Toutes ses colonies sont des terres toiv rides où les Européens ont peine à vivre.
Système défenslf de la Hollande. — Dans la plaine basse qui forme la Hollande, la défense ne peut évidemment s'appuyer que sur des cours d'eau et sur des inondations. Les routes de la partie basse du pays, qui sont tracées pour la plupart sur des digues, forment de longs déûlés faciles à défendre, et les cours d'eau fournissent une suite de lignes en arrière desquelles on peut résister à une invasion avec de faibles effectifs. Une ligne d'eau est constituée par une série d'ouvrages défensifs, places. Ligne d^eau. forts, ou batteries, en avant desquels s'étend une inondation; elle doit s'appuyer à des obstacles naturels impossibles à tourner; l'inondation est limitée par une digue sur laquelle sont construits les ouvrages, elle est traversée par des chaussées qui doivent être battues par le feu des forts.
La Hollande est le pays qui a eu le plus de places fortes ; elle en a été littéralement couverte, surtout au dix-septième siècle par Coehorn, dans le but d'assurer les inondations ou de maîtriser tel ou tel passage de fleuve. Ces places, d'un type spécial, étaient parfaitement adaptées à la nature du pays; elles empruntaient leur valeur aux eaux et étaient généralement construites a peu de frais. En présence des progrès de l'artillerie, elles présentaient bien des défauts et eussent exigé de coûteuses transformations; de plus, les conditioDs qui avaient amené leur construction ne sont plus les mêmes ; enân la faiblesse numérique de l'armée hollandaise ne permettait ni de les garder toutes, ni de porter la défense à la frontière. Plusieurs de ces places ont été déclassées en 1854 et en 1867 : Bourtrange, Coerworden, Rotterdam, Leyde, Zwolle, Veere, Bath, Fkssingucy Berg-op-Zoom, Breda, Venloo et Maëstricht. D'autres l'ont été en vertu de la loi dû mois d'avril 1874, qui règle l'organisation défensive actuelle; ce sont les places de Delfzyî^ Groningue, Deventer, Zutphen, Doesbourg, Elden, Grave, Bois-le-Duc, Breskens et Nimègue, à l'exception, pour celte dernière, d'un fort et de deux ouvrages détachés.
Ce n'est qu'après de longues discussions, qui durèrent de 1867 à 1874, organisaUon et après l'examen de plusieurs projets successivement présentés en a^'^^Ue. 1870, 1871, 1872, 1873 par les ministres qui se succédèrent au département de la guerre, que le système défensif actuel fut adopté. Le gouvernement s'est décidé pour la défense concentrée et cette idée a prévalu aussi devant les Chambres. On a renoncé à la ligne d'eau Groningue- Delfzyl, à la position de Mark et Dintel en avant de Willemstadt, à la défense permanente de la ligne de l'Ijssel et de celle de Grebbe et d'Ochten. En somme, malgré la douleur d'un tel sacrifice, on a dû abandonner 8 provinces sur 11, imitant en cela l'exemple de la Belgique et
du Danemark, exemple que les Anglais avaient déjà donné en Portugal lors de leur belle résistance derrière les lignes de Torrès-Vedras. Les provinces d'Utrecht, de Noord et de Zuid-HoUand sont seules protégées sérieusement.
Le système défensif de la Hollande comprend :
1** Contre une invasion venant de Test :
a) Les ouvrages de Vljssel, du WacU et de la Meuse qui couvrent le passage des rivières et permettent de recueillir les troupes ;
6) La position de la vallée de la Gueldre avec celle de la Betuwe inférieure (ligne de Grebbe et d'Ochten) comme position d'avant-postes ;
c) La nouvelle ligne d*eau hollandaise, du Zuyderzée au Lek par Utrechl et du Lek à la Nouvelle-Merwede à travers le pays d'Altena.
2® Contre une invasion venant du sud :
La ligne d'eau du sud, depuis la Meuse en amont de Saint-Andriès jusqu'à l'Amer en aval de Geertruidenberg ; elle est doublée des obstacles formés par le Waal et le Lek.
3* Un réduit central, qui est la position d'Amsterdam -avec le fort d'Ijmuiden.
4^ Contre une attaque venant du côté de la mer :
a) La position de UoUandsch-Diep et du Volkerak;
b) LdL position des bouches de la Meuse et du Uaringvliet;
c) La position du Helder ;
d) lies ouvrages de l'Escaut occidental.
On consacre 65 millions à l'organisation de ces diverses défenses et les travaux devaient être achevés en 1883.
Pour compléter l'organisation défensive votée en 1874, le territoire de la Hollande a été divisé en huit positions défensives ; chacune comprend une zone du système de défense, et dans chacune d'elles, est stationnée une division d'artillerie de forteresse. Les chefs-lieux de ces positions défensives sont : Utrecht, Naarden, Gorcum, Zwolle, Dordrecht, le Helder, Amsterdam et Bois-le- Duc.
Les défenses contre une attaque par terre s'appuient toutes à des inondations ; le grave inconvénient de ce genre d'obstacle est qu'il disparaît, soit par les grandes sécheresses, soit par les fortes gelées. En 1672, Louis XIV put, sans grande difBculté et grâce à la sécheresse, franchir le Rhin et s'emparer d'Utrecht, mais il fut arrêté par lôs inondations qui