CHAPITRE V. — LA HOLLANDE
couvraient Amsterdam. En 1795, le 11 janvier, tout étant complètement gelé, Pichegm passa le Lek et le Waal sur la glace, et le 20 janvier, fit son entrée à Amsterdam ; la flotte hollandaise, retenue par les glaces dans les eaux du Texel, dut se rendre à une simple avant-garde.
Les attaques les plus dangereuses pour la Hollande sont celles qui viennent de Test, car au sud le pays est couvert par de grands cours d'eau ; on n'a jamais cherché que deux fois à Taborder de ce côté et encore était-ce dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. La première fois, en 1793, Dumouriez comptait sur des intelligences qu'il avait dans le pays et espérait trouver des bateaux pour franchir les divers bras de la Meuse; il fut déçu dans son attente et dut bientôt abandonner son entreprise devant un retour offensif des Autrichiens, qui le battirent à Neerwinden. La seconde tentative ne réussit que grâce au rigoureux hiver de 1794 à 1795, qui recouvrit toutes les rivières d'une glace solide et qui fit ainsi disparaître les meilleures défenses du pays.
Premières lignes de défense vers l'est ; Ijssel et vallée de la Gueldre\ — La ligne de V Ijssel et celle de la vallée de la Gueldre sont destinées à créer des obstacles à l'ennemi en avant de la nouvelle ligne d'eau hollandaise, de manière à gagner le temps démettre cette dernière en état complet de défense et de tendre ses inondations.
Sur la rive droite de l'Ijssel, les places de Deventer, de Zutphen et de Ligne Doesbourg étaient construites en terre, privées d'abris et de couverts, ® * 'J"® ' comme toutes celles créées en Hollande au dix-septième siècle ; on les a déclassées parce qu'on ne veut pas conserver l'Ijssel comme ligne permanente de défense, mais on doit pourtant y avoir quelques ouvrages, quelques forts d'arrêt pour protéger la retraite des troupes d'avant-garde surveillant la frontière et cherchant à s'éclairer sur les projets de l'ennemi.
L'Ijssel forme un obstacle de peu de valeur ; la rivière est généralement encaissée ; elle n'a que très peu d'eau en été ; elle décrit de nombreux coudes et peut, sur plusieurs points, être franchie à gué pendant les basses eaux ; ses deux rives se dominent alternativement, et le chemin de fer qui la longe passe tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre.
La ligne de l'Ijssel se continue au sud entre le Rhin et le Waal par une digue qui existe d'Amhem à Nimègue et qu'on appelle le Grift-dijk. La place de Nimègue soutenait la défense de cette ligne, on n'a pas cru devoir la maintenir parce que, au cas d'une attaque venant du sud, elle était exposée à voir ses communications coupées ; mais, pour se ménager un point de passage sur le Waal, on a conservé le fort Kraijenhoff surla rive gauche du fleuve et les deux ouvrages de Lent sur la rive droite. De 1. Consulter la carte 6.
plus, il existe un fort d'arrêt cuirassé à Pannerden, à Textréme pointe entre le Waal et le canal de Pannerden ; il couvre les écluses et les grands travaux hydrauliques qui se trouvent en ce point. Enfin, on doit créer des forts d'arrêt ou simplement des batteries sur Tljssel à Westertvoort, à Zutphen et à Zwolle pour couvrir les ponts de chemins de fer; Doesbourg, Deventer et Kampen sont aussi des points de passage importants qu'il ne faudrait pas négliger et qu'on devrait conserver jusqu'à la retraite des troupes.
Vallée de la La vallée de la Gneldre forme une dépression au milieu des plateaux sablonneux qui s'étendent de l'Ijssel au Vecht; au fond de cette dépression coulent VEem vers le Zuyderzée et la Grift vers le Neder-Rijn. Cette ligne est le second obstacle que rencontre une invasion venant de l'est; elle comprend depuis le Zuyderzée une digue continue d'un tracé très irrégulier et de 3 à 4 mètres de relief, qui s'étend jusqu'à 11 kilomètres du Rhin ; en avant, le terrain peut être inondé au moyen des eaux du Zuyderzée et de l'écluse de la rive droite du Rhin; des digues secondaires partagent l'inondation en bassins. Le fort de Baursteg se trouve au point où le chemin de fer d'Arnhem à Utrecht coupe la ligne ; trois fronts bastionnés protègent la prise d'eau et le village de Grebbe, situé sur la rive droite du Neder-Rijn; il existe aussi des épaïUements de batterie au nord d'Amersfoort et sur plusieurs autres points. Ces ouvrages ne sont pas armés et sont à peine entretenus.
Au sud du Neder-Rijn, une digue semblable à la précédente s'étend de Grebbe à Ochten sur le Waal; il s'y trouve des emplacements de batteries. L'inondation en avant de cette dernière digue peut être tendue, si les eaux sont hautes, au moyen d'une écluse qui existe dans la digue de la rive gauche du Rhin, en face de Grebbe ; sinon, au moyen de l'écluse de Pannerden, qui rejette l'eau du Rhin dans la Linge, où un barrage produit l'inondation.
On a constaté qu'aux basses eaux, c'est-à-dire en été et en automne, l'inondation de la ligne de la vallée de la Gueldre n'aurait pu être tendue au moyen de l'écluse de Grebbe que 11 fois sur 29 années, elle eût été partielle 13 fois et impossible 5 fois. On voit donc qu'on ne peut pas se fier d'une façon absolue à ce genre de défense. Aujourd'hui on ne regarde cette ligne de Grebbe et d'Ochten que comme tout à fait secondaire et comme destinée simplement à assurer la retraite de l'armée sur Utrecht. Elle est encore plus défectueuse que celle de l'Ijssel.
Nouvelle Nouvelle ligne d'eau hollandaise \ — La véritable défense ligne d eau. ^q^^^^q ^^ ennemi venant de l'est commencera à la noavelle ligne d'eau