CHAPITRE V. — LA HOLLANDE
hollandaise, qui est fortement organisée, couverte par de vastes inondations et bien appuyée; elle permettra une résistance sérieuse et opiniâtre. Cette ligne s'étend de Muiden sur le Zuyderzée jusqu'à la NouveUe-Merwede ; elle suit le Vecht et le Vaartsche-Rijn en passant en avant d'Utrecht ; elle longe la digue de droite du Lek de Vreeswijkà Honswijk; elle est formée, entre le Lek et le Waal, par le Diefdijk et la digue de gauche de la Linge; puis, enfin, elle traverse le pays d' Aliéna entre Worcum (Woudrichem) et la Nouvelle-Merwede. Elle s'appuie au nord au Zuyderzée, au sud à de véritables bras de mer; le terrain en avant est argileux, coupé de fossés et peut être inondé sur une largeur de 5 à 10 kilomètres, excepté aux environs d'Utrecht; au delà le terrain se relève, ce qui empêche que les inondations ne soient saignées. La longueur de la ligne est de 84 kilomètres. Des ouvrages permanents en défendent tous les points d'accès. Cette ligne interdit l'entrée des deux provinces de Noord et de Zuid- Holland et d'une partie de celle d'Utrecht; elle couvre en somme la partie la plus riche et la plus peuplée du royaume et les trois grandes villes d'Amsterdam, de la Haye et de Rotterdam.
L'organisation de cette ligne remonte à trois siècles ; elle a été occupée par Guillaume d'Orange; elle s'étendait alors, en 1672, de Muiden à Gorcum et laissait Utrecht en dehors. Renforcée par le roi Louis et par Guillaume !•', elle a été complétée depuis 1867 ; la loi de 1874 en fait la base du système défensif concentré du pays et a encore augmenté son importance et sa force.
Le long de cette ligne existent 45 ouvrages de fortification, places, forte ou batteries ; ils servent: 1** à couvrir les écluses qui permettent de tendre les inondations des divers bassins; 2^ à battre les digues qui séparent ces bassins et à commander les chemins qui les suivent ; 3^ à protéger la grande ville d'Utrecht, d'où déboucherait l'armée hollandaise si elle voulait prendre l'offensive. La plupart de ces ouviages sont postérieurs à 1815 ; quelques-uns, dont la construction a été décrétée en 1875, ne sont pas encore achevés.
Les inondations de la partie de la nouvelle ligne d'eau hollandaise comprise entre le Zuyderzée et le Lek sont divisées par des digues en quatre bassins.
Le premier bassin s'étend du Zuyderzée à la digue de Klop et de Gabel; il peut être alimenté par les eaux du Lek au moyen de Véclu>se de Vreeswijk, qui rejette les eaux dans le Vaartsche-Rijn et dans le Vecht ; on ferme l'écluse de Muiden et on ouvre toutes les écluses de la digue de droite du Vecht ; l'inondation atteint le niveau + 0'",20 A. P. ; on peut, au nord de la digue de Tienhoven, ne lui donner que — 0",30 A. P. Si on est pressé, on peut tendre l'inondation de la partie au nord de la
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