CHAPITRE VI. — LE DANEMARK
néanjnoins les querelles continuèrent entre le gouvernement danois, les États des duchés et la diète de Francfort. En 1863, la constitution commune dut être abandonnée et le roi sépara complètement le Schleswig duHolstein (patente du 30 mars); puis, malgré la protestation de la diète germanique, la diète danoise vota une nouvelle constitution applicable au royaume et au Schleswig (13 novembre). Sur ces entrefaites, le roi Frédéric VII mounit (15 novembre), ce qui vint compliquer les affaires déjà bien embrouillées; le prince Christian de Glûcksbourg fut immédiatement proclamé à Copenhague. Peu de jours après, le prince Frédéric d'Augustenborg, à qui son père avait cédé ses droits, prit le titre de duc de Schleswig-Holstein, et TAllemagne, de son côté, se prépara à procéder contre le Danemark à l'exécution fédérale, décrétée à Francfort, le 7 décembre. Avant la fin de Tannée, le Holstein fut occupé par les troupes fédérales et le duc Frédéric VIII proclamé à Kiel.
La Prusse ne se souciait pas de voir tomber les duchés de TElbe aux mains du prince d'Augustenborg ; entraînant à sa suite l'Autriche, elle déclara la guerre au Danemark (21 janvier 1864) et ces deux puissances firent, à leur tour, pénétrer leurs armées dans le Schleswig-Holstein (l*' février). Le parti militaire allemand entendait bien rattacher à la patrie allemande tout ce qui était de race germanique et voulait annexer, non seulement le Holstein, mais aussi le Schleswig ; le prince de Bismark dirigeait déjà la politique de la Prusse et convoitait pour son pays les ports profonds du Schleswig-Holstein.
Après une glorieuse résistance, le Danemark fut vaincu, et la paix de Vienne (30 octobre 1864) lui enleva le Lauenbourg, le Holstein et le Schleswig ; mais ces duchés devinrent alors ime cause d'hostilité entre les vainqueurs. Le peuple allemand et la population des duchés étaient généralement portés pour le prétendant augustenborgeois ; mais la Prusse n'entendait pas lâcher la proie sans rançon. Les prétentions contraires et inconciliables de la Prusse et de l'Autriche firent naître la guerre de 1866, qui se dénoua au bout de deux mois par le triomphe de la Prusse sur tous ses ennemis ; le traité de Prague incorpora purement le Schleswig-Holstein à la monarchie prussienne, mais l'article 5 de ce traité portait que la partie septentrionale du Schleswig serait rétrocédée au Danemark, si la population manifestait, par un libre vote, le désir de lui être réunie. Cette clause est restée lettre morte et, par une convention récente (1879), la Prusse vient d'obtenir de l'Autriche l'autorisation de n'y pas revenir, violant ainsi un traité solennel.
Le Danemark reste donc ainsi amoindri et démembré, et les populations danoises du sud de la Kongeaa souffrent toujours le joug de la Prusse.
GfiOGRAPHIK. — !2* PARTIE. 8
ExécutioD fédérale.
Intervention de la Prusse
et de rAulriche.
Paix de Vienne.
Traité do Prague.
lU
Superficie.
Population.
Race.
Langue.
Étendue et populatii^. — Le Danemark^ dans ses limites actuelles, a une superficie de 38,257 kilomètres carrés et une population de 2 millions d'habitants; il a perdu, en 1864, 17,523 kilomètres carrés et 1,026,000 habitants. Le nombre des habitants a doublé depuis le commencement du siècle ; la densité de la population est bien plus grande dans les îles que dans le Jutland.
Les Danois sont de race Scandinave ; ils forment un peuple fort et laborieux, ils sont patriotes d'autant plus qu'ils se sentent menacés dans leur existence ; les hommes sont endurcis à toutes les fatigues par suite de la rigueur du climat. Le soldat et le marin danois ont toujours fait preuve d'un grand courage.
La langxAe danoise dérive de la langue Scandinave, mais elle forme un idiome distinct depuis le douzième siècle.
Instruction publique, cultes. — L'instruction publique est très Écoles. développée en Danemark, et il est fort rare de rencontrer quelqu'un ne sachant ni lire ni écrire. Depuis 1814, la fréquentation des écoles primaires est obligatoire de 7 à 14 ans; chaque village a son école. De plus, il existe des écoles secondaires urbaines et des écoles secondaires de paysans ; enfin le Danemark possède un grand nombre à^écoles spéciales publiques ou privées. ?1 n'a qu'une université, celle de Copenhague. Église. Presque tous les Danois sont Mhériens ; l'Église luthérienne est l'É-
glise nationale et la seulQ subventionnée par l'État ; mais toutes les autres religions sont libres.
Rigsdag.
Organisation
admi-
nislrutive.
Budget.
Organisation politique et administrative. — Le Danemark forme une monarchie constitutionnelle. La Diôte ou Rigsdag est formée de deux assemblées ou ting: V le Folketing ou assemblée populaire, qui se compose de 102 membres élus pour trois ans au suffrage universel ; tout homme honorable est électeur à 30 ans et éligible à 25 ; 2^ le Landsting ou Chambre haute, qui se compose de 66 membres, dont 12 sont nommés à vie par le roi, 7 sont élus par la ville de Copenhague, 45 par une élection à deux degrés dans des cercles électoraux, 1 par l'île de Bomholm, 1 par la représentation élective des îles Faeroë ; la durée du mandat est de huit ans.
A\i point de vue administratif, le pays est divisé en 18 bailliages outre celui des îles Faeroë ; les villes et les arrondissements sont administrés par des som-intendants, les communes rurales ont des maires. Les affaires communales des villes et des boiœgs sont gérées par un bourgmestre et un conseil élu.
Le budget en recettes et en dépenses est de 68 millions de francs