CHAPITRE VI. — LE DANEMARK
Thomas est situé sur une des grandes routes du commerce du globe et est un des plus fréquentés des Antilles.
Lignes de défense du côté de terre. — Les meilleures lignés de défense du Danemark contre une invasion du côté de terre, c'est-à-dire les lignes de défense de la péninsule cimbrique, sont maintenant entre les mains de l'Allemagne. Ce sont ces obstacles protecteurs du Holstein et du Schleswig que les Danois défendirent en 1848 et en 1864 ; nous allons les décrire de suite, car ils peuvent im jour ou l'autre servir d'appui à ime armée cherchant à attaquer l'Allemagne par le nord. Par suite de l'existence de ces obstacles naturels, les opérations militaires en 1848, en 1849 et en 1864 eurent absolument la même marche. Ces lignes de défense sont celles de VEider et du Dannewerk; il existe de plus des réduits latéraux pouvant donner refuge aux troupes battues et leur permettre d'agir sur le flanc des lignes d'opérations de l'ennemi ; ce sont : 1* la presqu'île de Sunderwitt, avec la position de Duppel et Vile d'Alsen en arrière ; 2* la position de Frédéricia, avec Vile de Fionie de l'autre côté du Petit-Belt.
Défense du Holstein et du Schles'wig. — L'ancienne frontière des duchés de l'Elbe avec le Hanovre, Hambourg et le Mecklembourg ne correspondait à aucun obstacle naturel, excepté à l'ouest, où elle suivait l'Elbe. Le canal de grande navigation projeté entre Brunsbûttel, à l'embouchure de l'Elbe, et la baie de Neustadt pourra peut-ôtre un jour former une ligne de défense sérieuse, mais il n'est pas encore creusé. Nevmunster, au centre du Holstein, est le principal centre de communications de la contrée.
La première ligne de défense de la péninsule correspond à la limite Ligne du Holstein et du Schleswig; elle est formée par l'Eider et par le canal qui rejoint cette rivière au golfe de Kiel; elle est trop longue et par suite faible et mauvaise. Elle s'appuyait jadis à la place de Rendsbourg, dont les fortifications ont été rasées en 1852, à la suite de difficultés avec la Confédération germanique au sujet de leur maintien. Toute la partie occicjontale de cette ligne, de Rendsbourg à la mer du Nord, peut être couverte par des inondations tendues au moyen des écluses de Friedrichstadt.
Au nord-est et en arrière de cette ligne, se trouve un réduit où pourraient se réfugier des troupes maîtresses de la mer; il est formé par la presqu'île comprise entre la baie de Kiel et celle d'Eckemfôrde (Egemfjord) et est couvert par le canai de VEider et le Witten-Sée, grand lac situé au nord de Schimau et dont les eaux s'écoulent dans l'Eider.
do l'Eider.
Dannewerk.
Ile d*Âl8en.
Dûppel.
La meilleure ligne de défense de la péninsule danoise est celle du Dannewerk ; elle s'appuie à droite aux inondations de la Treene, à gauche à la Schlei; les retranchements qui relient ces deux obstacles remontent à une haute antiquité et barrent la péninsule sur une longueur de 15 kilomètres ; ce sont eux qui constituent le Dannewerk (Dannevirke, retranchement danois), qui a bien des fois résisté aux attaques des Allemands, des Slaves et des Vendes. Le premier rempart fut élevé au neuvième siècle par la reine Thyra et demanda trois années de travail. Les Danois ont défendu cette ligne en 1848 et en 1864; à cette dernière époque, elle était renforcée par 23 ouvrages, dont 7 redoutes et 16 ouvrages ouverts, terrassés, et à grand proâl; elle ne formait en réalité, au centre, qu'une ligne de champ de bataille dont la force ne put compenser la faiblesse numérique de Tannée défensive.
A l'ouest, les inondations de la Treene peuvent être tendues, de même que celles de TEider, au moyen des écluses de Friedrickstadt, ville située au confluent de ces deux rivières. A l'est, la Schlei forme un large bras de mer qui pénètre jusqu'à Schleswig (Slesvig) et qui ne peut être franchi qu'en deux endroits : V à Misswide (Miœsund), où existait en 1864 une tête de pont formée de 3 batteries et de 2 lunettes ; 2^ à Cappeln (K appel) et à Arnis (Arnœes), auprès de son embouchure. En avant de la partie orientale de la ligne, la presqu'île comprise entre la Schlei et la baie d'Eckemfôrde peut être fermée par la ligne de Kokkendorf, convenablement organisée.
La ligne du Dannewerk perdue, l'armée danoise doit effectuer sa retraite sur Flensbourg; le pays est coupé et de défense facile, de petits fossés surmontés de haies partagent les héritages, des marais et des bruyères peuvent appuyer les flancs d'une troupe qui veut arrêter la poursuite. Au delà de Flensbourg, l'armée danoise battue s'est toujours séparée en deux : une partie continuait sa marche sur le Jutland, l'autre se retirait à l'est dans IdipresquHle de Stmderwitt (Sundeved) pour défendre le rédiût de l'île d'Alsen (Als).
L'île d'Alsen n'est séparée du continent que par un détroit dont la largeui* se réduit à 300 mètres entre Dûppel et Sonderbourg (Dybbel et Sœnderborg), et, en ce point, existe un pont de bateaux, La tête de pont de Dûppel était protégée en 1864 par dix ouvrages couronnant les hauteurs entre le Sund d'Alsen et la baie de Venning-Bund; son développement était de 4 kilomètres ; elle ne fut enlevée à cette époque qu'après un siège en règle. Les fortifications de Sonderbourg et les batteries de l'île d'Alsen furent impuissantes à empêcher le passage des colonnes prussiennes.
Défense du Jutland. — La frontière du Jutland ne correspond à