‹ Géographie moderne [microforme]Chapitre 100 sur 143 · TURQUIE D’ASIE · texte numérisé non relu

TURQUIE D’ASIE

visions : le Kizil-ermak, le Sakaria (Sangarius) le Salatdéré (Granique) ;--mais les plus grands sont tributaires du Golfe Persique : l’Euphrate et le Tigre, qui se réunissent sous les murs de Corn et forment un large .fleuve nommé Chot-el-Arab. Le cours de l’Euphrate est d'environ 380 lieues, et celai du Tigre, 250. L'un et l’autre sont fort rapides, et leurs bords ont été le fhéâtre des premiers évènements transmis par l’histoire.

Lacs.— Les lacs de cette partie de l'Asie sont plus remarquables par les souvenirs hi-toriques qu’ils nous offrent que par leur étendue. Au N. O0. se trouvent le lac Van; au $, E,, la mer Morte ou lac Asphaltite, on l’a quelquefois appelée mer de Sodôme ou lac Salé, Des montegnes d’un aspect un peu triste et des plages assez stérites l’environnent, quoique le paysage y soit moins lugubre qu’on ne l’a dépeint quelquefois, L'eau est claire, mais très-salée, très-amère et plus pesante que l’eau marine ordinaire. On y voit souveni surnager des masses d'asphalte. Elle occupe la plaine où se trouvaient les villes de Sodôme, Gomorrhe, Adama et Séboïn. La mer Morte reçoit

8par son extrémité septentrionale le Jourdain ; dans

a partie supérieure de son cours, se trouve le lac de Génézareth, ou mer de Galilée ; ce lac est entouré de collines de l’aspect le plus pittoresque.

CarIraLe ET Vizres.—La capitale est Constantinople. Parmi les villes principales on remarque ; Syrr:e, Sinope, Scutari, Brousse, Scala-Nova, Sata. lieh, Angora, dans l'Asie Mineure ; Erzéroum, Kars, Diarbekir, Mossoul (Ninive), dans l'Arménie et le Kurdistan ; Réha ou Orfa, dans l’Irak-Arabie ; on trouve Bagdad, sur le Tigre, autrefois le siége brillant de l'empire de Khalifes; Helleh, au S. de Bagdad ; Bassora, sur le Chot-cl-Rab ; Alexandrette, sur le golfe du même nom; Tripoli. Beyrouth, Saïda (Sidon) Saint-Jean d’Acre, Jaffat, Alep, Antzkieh, (Antioche), Damase, Jérusalem est la ville la plus

importante de la Syrie. La situation de Jérusalem est triste ; entourée de tous côtés de montagnes nues et rocailleuses, elle n’offre dans son intérieur qu’un aspect misérable, Mais il n’est pas de villes plus intéressantes par ses souvenirs, Jérusalem compte environ 30,000 habitants ; la plupart Arabes et J'uifs, On remarque, au S. de cette ville, Bethléhem, où la crèche qui vit naître le Sauveur est recouverte d’une église maguifique, fondée par Ste. Hélène, mère de Constantin. :

CLIMAT, Soc Er Propucrions.—Le climat est fort doux, le sol très-fécond, et les sites sont délicieux dans la plupart des vallées de l’Asie-Mineure ; mais on trouve, au $. E., dans le voisinage de l’Arabie, des plaines sablonneuses et brûlantes, De magnifiques forêts de chênes, de cèdres et d’autres grands arbres ombragent les montagnes. Daus les parties basses, croissent les céréales, l'olivier, le grenadier, l’oranger, le myrte, le figuier, le dattier, le bananier, la vigne, en un mot toutes les plantes et les fruits des pays tropiques,

PoPurarion Er REerIGioN.--Ce pays ne compte que 15,000,000 d'habitants. Les Turcs ne fo:ment

u’une faible portion de la population de la Turquio d'Asie. On trouve dans ce pays un grar* nombre ere d’Arabes, d’Arméniens, de Kurdes, de uifs,

Ily a des Turcomans, peuple nomade redouté, Les Maronites, peuple du Liban, sont de mœurs douces, et généralement livrés à la culture.

L’islamisme est la religion dominante dans cette contrée. Les Maronites professent aussi le Christianisme ; ils reconnaissent l'autorité du Pape, sans adopter toutes les formes du catholicisme.

GouvErRNRMENT.—Ce pays eat soumis an Sultan de Constantinople. La Turquie d'Asie serait un des plus beaux et des plus riches pays de l'univers, si elle était sous une condition politique plus heureuse.

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: GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.—-L’ Asie Mineure renfermait dans l'antiquité douze divisions principales : trois au N., le long du Pont Euxin : le Pont, la Paphlagonie, la Bithynie ; trois à l’O., le long de la mer Egée : la Mysie, la Lydie et la Carie ; trois au S., sur la côte de la mer Intérieure : La Lycie, la Pamphylie et la Cilicie; trois dans l’intérieur : Ja Phrygie, la Galatie et la Cappadoce.

Le reste de la Turquie d'Asie comprenait : l'Arménie, l’Assyrie, la Mésopotamie, la Babvlonie, la Syrie, la Phénicio et la Palestine,

CHANGEMENTS POLITIQUES SUCCESSIFS.—Ces divers pays anciens de la Turquie d'Asie, après avoir presque tous formé autant de monarchies particulières, passèrent sous la domination des rois de Perse, puis sous celle d'Alexandre ; sv divisèrent de nouveau sous les successeurs de ce dernier, et se confondirent encore une fois en subissant le joug des Romains, auxquels les Parthes et les Perses disputèrent cependant les régions orientales. Ensuite ils dépendirent des Arabes, dont les souverains, nommés Khalifes, résidèrent d'abord à Koufa (sur l’Euphrate), puis à Bagdad. Enfin, ils tombèrent sous la domination des Turcs, qui, sortis de l'Asie centrale, s'étaient partagés en plusieurs branches : ceux qu’on appelle Turcs ottomans (ou plutôt othomans) jetèrent définitivement dans l’Asie Mincure, au treizième siècle, les fondements de leur empire, dont le premier siége, fut Conieh (Îconium) ; bientôt cet empire s’étendit depuis l'Euphrate jusqu'à Constantinople, et depuis la mer Noire jusqu’à la Syrie, contrée qui appartenait alors à l'Egypte, et “yat ils. s'emparèrent en 1516. Ils agrandirent encore peu \ 1,0 leur territoire asiatique aux dépens des Persans.

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ErenDue ET Bornes.—Cette grande presqu'île est bornée au N. par la Turquie d’Asie ; à l'E, par le

olfe Persique et le détroit d’'Ormus; au $., par l'océan Indien ; au S. O.et à l’O., par le détroit de Babelmandeb et la mer Rouge ; elle tient à l'Afrique, au N. O., par l’isthme de Suez.

L’Arabie a plus de 540 lieues de longueur, du N.

228 GÉOGRAPHIFR.

O. au S. KE. Elle a sa plus grande largeur vers le S., entre les détroits d'Ormus et de Babelmandeb. Sa superficie éga'e à pou près quatre fois celle de la France. L’Arabie est couzée à peu près vers le milieu par le tropique du Cancer,

Drvisions.—On divise l'Arabie en 3 parties :

Y Arabie Pétrée, au N. O., l’Arabie Déserte, au N. E., l'Arabie Heureuse, au S. O.

Mais cette division a toujours été inconnue des habitants qui divisent leur pays en 6 contrées : l'Hedjaz, à l'O; l'Yémen, au S. O.; l’'Hadramaout, au S.; l'Oman, au S. E.; Lahsa, à l'E; et le Netjed, au milieu.

MonTAGNES, Rivières ET Lacs.—Les montagnes de l’Arabie sont nues et rocailleuses, et les chaînes qu’elles forment ne peuvent pas être, en général, considérées comme des lignes de partage des eaux, car presqu’aucune rivière ne descend de leurs flancs arides. La plus célèbre de toutes les montagnes d'Arabie est le mont Sinaï, dans le N.O. Non loin de là est le mont Horeb. On remarque ensuite : le mont Chammar, le mont Arafat, etc.

Peu de contrées sont aussi dépourvues d’eau : on n’y trouve aucun lac ; et il n’y a presque pas de rivières ; celles qu’on y rencontre sont peu considérables, et la plupart sont à sec une partie de l’année, Les plus remarquables sont : l’Aftan qui tombe dans le golfe Persique ; la Shab, qui se jette dans la mer des Indes.

CapiTALE Er ViLces.—La Mecque, près de la mer Rouge, est considérée par les musulmans comme la plus sainte de toutes les villes. Elle est dans un canton sec, rocailleux et triste ; Médine, au N. O. de la Mecque, elle contient le tombeau de Mahomet ; Moka, . port fameux sur la mer Rouge, principal entrepôt du commerce du café dans l’Yémen; Aden, sur le golfe du même nom, appartient aux Anglais. La ville la plus importante de l'E. est

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Les Anglais ont pris possession de la petite île de Périm; située au milieu du détroit de Babelmandeb, et qui est comme la clef de la mer Rouge. Ils ont également celle de Camaran, sur la côte de l’Yémen.

CLimar.—Le climat est très-chaud. On y distingue deux saisons ; celle de la sécheresse et celle des pluies. Immédiatement après cette dernière, les plaines désertes se couvrent d’une riante verdure et d’un tapis de fleurs ; mais la scène change bientôt, et quelques jours suffisent pour amener une chaleur brûlante, dessécher les herbes et rendre au désert toute son affreuse nudité. |

Soc ET PRopucrions.--La plus grande partie de l’Arabie n’offro que d’immenses plaines sablonneuses et désertes, où rèwne continuellement le souffle ardent du simoun ou vent du désert, Dans les parages maritimes, la fertilité est très-grande ; on y cultive beaucoup de plantes aromatiques et d'épices, le café Moka, l’aloës, le baume, le coton, le cocotier, le grenadier, le maïs.

On trouve en Arabie la plus belle race de chevaux qui existe, des chameaux, des buffles, des moutons à grosse queue, etc.; mais les déserts sont rempiis d'animaux féroces et d'insectes malfaisants.

Coumerce.—Encens, baume, café, chevaux, épices, coton, etc.

PopuLarTioN.—La population de l’Arabie est d’environ 12 millivns d’âmes. Les Arabes appartiennent à la famille sémitique ; au temps de leur puissance, ils ont cultivé avec le plus grand succès la poésie, la philosophie et les sciences mathématiques et naturelles ; on leur doit les chiffres arabes. Ils sont, depuis longtemps, retombés dans leur ignorance première.

ReztG1on.--Les Arabes professent le mahométisme, qui a pris naissance dans ce pays.

GouvERNEMENT.—Presque tous les Arabes mènent une vie nomade ; ils sont réunis en tribus et obéissent au gouvernement patriarcal de leurs cheiks ou vieillards.

Gonesse

SUPPLÉMENT

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.«-L’Arabie a conservé le nom qu’elle avait dans l'antiquité. Ses. habitants n'étaient pas réunis en un seul corps de nation, mais divisés en plusieurs peuplades, parmi lesquelles on distinguait les Madianites, les Zsmaélites, les Amalécites, les Iduméens, dans l'Arabie Pétrée ; les Nabathéens, les Subéens, qui adoraient les astres: et chez lesquels régna, dit-on, la reine de Saba ; les Homérites, les Adramites, les Omanites, dans l'Arabie Heureuse ; les Sarracènes, dans l'Arabie Déserte.

C'est à partir du septiôme siècle que, sous l’étendard de Mahotnet et des khalifes ses successeurs, les Arabes sont dev .aus puissants et célèbres ; on les vit étendre leur domination sur tout l'occident de l'Asie, le N. de l'Afrique ct le tnidi de l'Europe. Ce vaste empire des Arabes se partagen en plusieurs états : le khalifat de Bagdad, le khalifat do Cordoue, le royaume d'Egypte, etc. L'Arabie fut ensuite, en grande partie, subjuguée par les Turcs; maïs la puissance de eux-ci y est aujourd'hui très-restreinte,

TÜURKESTAN.

Bornxs.—Le Turkestan, qu’on appelle encore Tartarie indépendante, est borné au N par la partie de la Sibérie où habitent les Kirghiz ; à l’E., par lempire Chinois ; au S., par l'Afghanistan et la Perse ; à l’O., par la mer Caspienne. Latitude moyenne, 40°.

Division.—On y voit l'état ou khanat de Boukhara, gouverné par un khan; le Khiva, le Badakchan, riche en mines de rubis ; le Khokand, le -Hissar, le Koulm, le Balkh, etc.

A côté de la mer Caspienne, habitent des tribus

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