AMR'QUE
AFRIQUE, Erenpur.—L'Afrique est comprise entre le 378 degré de latitude N, et le 35e de latitude S. Sa longueur, du N.au S., est de 1600 lieues ; et ra plus grande largeur, de l'E. à l'O., 1500 lieues ; sa
superficie est de 5,900,000 lieues carrées ; elle est environ trois fois aussi grande que l’Europe.
. Boengxs.—L'Afrique est borrée an N. par le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée ; à l’'E., par l'isthme de Suez, la mer Rouge, le détroit de Babel- Mandeb et la mer des Indes ; au $. et à l'O. par l'oocéan Atlantique,
Divisson.— L'Afrique est divisée en 17 contrées principales, qu’on peut classer en 6 régions: 1 ® la région du Nil et de la mer Ronge comprenant trols pays : l'Egypte, la Nubie et l’'Abyssinie ;, 2° la
région de la Méditerranée qui se compose de la Bat barie et dont les divisions sont l: régence de Thipsli, la régence de Tunis, l'Algérie et l’émpire de Maroc : 8© Îles pays baignés par l'Atlantique, qui sont au nombre de six : le Saharü, la Sénégambie, la Guinée supérieute, la Guinte inférieure, l'Ovampie, et la Hottentotle : 4° un pays sur l'Atlantique et sur l'océan Indien : la colonie du Cap; © les pays baïgnés par l’océan Indien forment les 4 divisions suivantes : la Cafrerie maritime (avec la colonie an. glaise de Natal) ; la capitainerie générale de Mogambique, la Zanguebar et le Somâl ; 6© les parties intérieures, qui ne sont baignées par aucune mer et qui comprennent trois grandes contrées : la Nigritie septentrionale, la Nigritie méridiouale et Ja L'atrerie intérieure.
AsPecT.—Cette presqu’île présente une forme assez régulière. Elle a quatre ] intes, tournées vers les
uatre points cardinaux : le cap Blanc, au N,. le cap dé Aiguilles, au $., le cap Vert, à lO.,et le cap Guardafui, à l’E., et,au S., le fameux cap de Bonne. Espérance, qui fut doublé pour la première fois par lcs Européens en 1497. Les côtes africaines n’offrent pas de déchirures profondes, comme celles qui entrecoupent l’Europe ou l'Asie. La Méditerranée formo cependant, vers le milien de la côte septentrionale, un grand enfoncement partagé en deux golfes, ceux de la Sidre et de Cabès. L’Atlantique produit aussi, vers le milieu de la côte occidentale, le golfe de Gui. née, qui comprend lui-même ceux de Bénin et de Biafra. La baie de Lorenzo-Marquez ou de Lagon, beaucoup moins considérable que les deux enfoncements précédents, se montre au S. E., dans l’océan Indien, au S. du canal de Mozambique, qui sépare du continent la grande île de Madagascar. Le golfe d’Aden, à l'E. précède la mer Rouge, avec laquelle il communique par le détroit de Babel-Mandeb.
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Boune-Espérance, on voit régner, du N. E. au S. O., la chaîne de montagnes la plus importante pour le partage des eaux ; elle sépare les tributaires de l’océan Indien de ceux de l’Atlantique et de la Méditerranée. Elle s'appelle monts Arabiques, dans le N.E.; vers l’'E., on y remarque les montagnes de l’Abyssinie, dont les plus hautes parties sont les monts de Sémen ; vers le centre, or trouve les monts de Kénia et Kilimandjaro, découverts depuis peu de temps ; vers le cap de Bonne-Espérance cette ligne de partage des eaux prend le nom de Sneeuwberg et de Nieuwveld,
Une chaîne importante court sur la limite méridionale du versant de la Méditerranée : c’est le majestueux mont Atlas.
La chaîne des monts Lupata, qu’on a quelquetois appelée l'Epine du monde, court du N. N. E. au S. S. O., dans le S. E. de l'Afrique ; les montagnes de Kong, dirigées de l'E. à l'O. se trouvent dans la partie occidentale,
FLeuves ET Lacs--L'Afrique peut être partagée en quatre grandes divisions naturelles : le versant de la Méditerranée, au N,; le versant de l’Atlantique, à l'O; le versant de l'océan Indien, à PE. et les quatre grands bassins intérieurs des lacs Tchad, Tanganyika, etc. |
Sur le versant de la Méditerranée, le plus grand fleuve est le Nil, formé par le Nil Blancet le Nil Bleu ; la source de ce grand fleuve est sur un plateau et probablement à plusieuis degrés au S. de l’'Equateur. On voit couler, sur le même versant, des fleuves beaucoup moins considérables, tels que la Medjerda, le Chélif, la Malouia.
Sur le versant de l'Atlantique, on remarque le Sénégal, la Gambie, le Rio Grande, le Diali-ba, le Kouara ou Niger ; l'Ogovai, le Zaïre où Coango, la Coanza, l’Orange.
Sur le versant de l’océzn Indien, coulent des fleu-
264 | GÉCGRAPHIE.
ves encore inconnus dans la plus grande partie de leur cours : le Zambèze, qui se jette dans le canal de Mozambique ; le Rovuma, le Loffh, le Pandani ou Loufou, le Djoub.
Davos le bassin du lac Tchad, on voit circuler le Chari, tributaire de ce lac.
Le Tchad, un des plus grands lacs de l’Afrique, n’a pas d'écoulement. On remarque, au N. E,, le lac Mittré, peu cocnu.,
Au N. on voit le lac Melghigh, lac temporaire, auS,
du mont Atlas APE, eat [le lac Dembéa. Sur le versant de l'O., est le lne Dibbie, fortné par le Diali-ba.
Sous l'équateur, on voit le lac Oukérévé, Nyanza on Victoria, découvert récemment et d’où sort le Nil Blanc ; on peu considérer ce lac comme une des principales sources du Nil. On remarque encore plus an S. les lacs Oujiji, Niassi ou Moravi, Chiroua, N yami
Crimar ET Sor.—L'Afrique est la plus chaude den parties du monde. Les aspects en sont très-variés, Il y a des contrées d’une fertilité prodigieuse ; mais ailleurs ce sont de vastes déserts sablonneux, brûlés par le soleil ; tel cst le Sahara, le plus grand désert duglobe. Cà et là, cependant, au milieu de ces régious stériles, de petites oasis viennent surprendre délicieusement par leur riante verdure. Du reste, il y a encore, en Afrique, beaucoup de parties intérieures qui nous sont inconnues.
Excepté le long de la Méditerranée, et vers l’extréinité méridionale, les côtes sont fort malsaines, Dans toute la région renfermée entre les tropiques, les pluies sont périodiques ; elles se précipitent par torrents pendant plusieurs mois, produisent d’énormes crues dans les fleuves, et inondent des contrées entières. Ensuite il ne tonibe pas une goutte d’eau pendant longtemps. Certaines régions, comme une partie du Sahara et de l'Egypte, n’ont jamais ou presque jamais de pluie. C’est du mois d'avril au mois de septembre qu’a lieu la saison des pluies au
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N. de ea AuS. de ce cercle, elle s'étend du mois d’octobre au mois de Mars.
PRODUCTIONS.—La végétation offre un luxe, une magnificence extraordinaire, dans les parties fertiles. Le froment, le riz, d’autres céréales nommées dourah et sorgho, l'orge, le maïs, le manioo, dont la racine doune une excellente farine, procurent, dans plusieurs contrées, d'excellentes récoltes.
Le dattier se plaît au milieu des sables du N., et les dattes y sont le principal aliment des tribus no+ mades, Les orangers, les citronniers, les cédratiers, se voient particulièrement sur les rives de la Méditerrance. La vigne réussit ésalement dans les parties les plus septentrionales et les plus méridionales,
Dans le N. E., on récolte le «éné, qui est l’objet d’un graod commerce. Le caféier croît naturellement dans la partie orientale. La canne à sucre, l’indigo et le cotonnier sont cultivés dans plusieurs parties.
Le cocotier, le palinier, le bananier, l'arbre à beurre, le gigantesque baobab, le bombax, le figuier indien, le dragonnier, et une foule d’autres arbres se voient dans toutes les parties de l'Afrique.
SUPPLÉMENT
GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.=—-Les principales contrées de l’ancienne Afrique étaient : vers la Nil ct la mer Rouge, l'Egypte, l'Ethiopie au-dessus de l'Egypte ; lelong de la mer Intérieure, la Lybie maritime, l'Afrique propre, la Numidie, la Mauritanie ; dans l’intérieur, des pays très-peu connus, désignés sous les noms de Lybié intéricure et d’Ethiopie intérieure,
L'Afrique, plus souvent désignée par les anciens sous le nom de Lybie, n’était connue que dans sa partie septentrionale. On savait que l'océan Atlantique la bordait à l'O. et l'océan Indien, à l’E., en formant le golfe Arabique entre la côte africaine et celle d'Arabie. La mer Intérieure et lo détroit de Gadès ou d’'Hercule se trouvaient au N., entre l'Afrique et l'Europe. On a prétendu que les Phéniciens envoyés par Nckhao avaient doublé la presqu'ile méridio-
266 = GÉOGRAPHIF,
nale de l'Afrique ; mais les anciens n’ont laissé aucune des: cription de cette partie.
HABITANTS, OIVILISATION, Rer1GIONS.—On ne sait guère combien d'habitants renferme l'Afrique : on croit cependant qu’il n’y en a pas moins de 100 millions. Quoique ceux du N. appartiennent à la race blanche, ils sont en général fortement bronzés par l’action d’un soleil ardent, et quel: ques-uns même ont un teint À peu près noir, mais ils offrent la physionomie des blancs : tels sont les Maures, les Berbères (auxquels appartiennent les Touareg et les Kabyles), les Coptes ou Egyptiens proprement dits, les Nubiens, les Abyssins ou Ethiopiens, les Somâli. Plusieurs peuples étrangers sont veaus s'y mêler aux indigènes africains : on remarque surtout des Arabes et des Turcs ; il y a aussi, depuis la conquête d'Alger, un assez grand nombre d’Euro-
éens, et particulièrement de Français.
Les Fellata, Fouibé ou Fellani (appelés aussi Poul ou Foulah) ct les Galla, peuples considérables, répandus dans les parties moyennes, les premiers dans l'O., les seconds dans l’E., ont un teint brun et rougeâtre, et sont comme la transition entre la race blanche ec la race nègre.
Les nègres, au teint tout à fait noir, aa front déprimé, aux joues proéminentes, au nez large et épaté, aux cheveux laineux, occupent la plus grande partie de l'Afrique moyen: ne : on y distingue, À lO., les Yolofs, les Mandingues, les Achantins, les Congucs ; au milieu, les Bournouais ou Kanouri, les Haoussaoua, les Bagrimma ; à l'E, les Ouadjaga, les Ouanika, les Ouakamba ; au S., les Balonda, les Barotsé.
Les Cafres, dont la couleur cest d’un gris d’ardoise, et qui sont plus intelligents et mieux faits que les nègres, comp: tent, parmi leurs principaux peuples, les Betchouana ; ils habitent les parties les plus méridionales de l'Afrique, ainsi que ies Hottentots, qui ont une couleur à peu près bistre.
Beaucoup d’Anglais et de Portugais se sont établis dans ia région du sud, et les Arabes s'étendent assez loin sur la côte orientale,
Les Madécasses ou Malgaches, peuple basané qui habite Madagascar, font sans doute partie de la race malaise.
Les peuples africainssont presque tous plongés dans un misérable état de barbarie. Un des usages les plus déplorables est la vente des êtres humains : ce commerce affreux des esclaves se fait encore avec activité sur quelques points par
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des Européens mêmes, quoique les lois des nations éclairées le prohibent aujourd'hui sévèrement.
Cependant c'est dans le N. de l'Afrique que brilla jadis la civilisation de l'Egypte, de l'Ethiopie, de Carthage, de Cyrêne, etc.
Le vice-roi d'Egypte cherche à faire revivre maintenant l'industrie et les sciences dans cette contrée, et les colonies curopéennes, surtout la colonie française de l’Algérie et la colonie anglaise du Cap, répandent sur une partie des côtes une heureuse influence civilisatrice.
Un grossier fétichisme, qui consiste dans l’adoration des oojets inaminés et des animaux, est la religion du plus grand nombre des nègres.
Le mahométisme est répandu üans le N., dans une partie des régions centrales, et sur une grande étendue des côtes de l'océan Indien. Les Coptes et les Abyssins sont presque les seuls indigènes qui professent lé christianisme. Ily a beaucoup de juifs dans les villes commerçantes du N.
ANtMAUXx.—Le lion, surtout le lion de l'Atlas ; le zèbre, la girafe, le léopard, la panthère, l’hyène, le chacal, sont des animaux féroces répandus presque dans toutes les régions africaines.
L'éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, se trouvent dan$ les parties moyennes et méridionales. L'aboukorn existe dans les régions centrales.
Dans le N., il y a un grand nombre de chameaux. L’élégante et légère gazelle se rencontre dans beaucoup d’endroits. D'innombrablés antilopes peuplent plusieurs contrées, surtout celles du $.; il y a de nombreuses espèces de singes.
Parmi les oiseaux, on remarque l’autruche, qui erre dans les déserts du N.; l’outarde, la demoiselle de Numidie, la grue couronnée, l’ibis, si révéré des anciens Egyptiens ; la cigogne, les albatros, les cormorans, les pintades, de belles espèces de coucous ; de nombreuses variétés de perroquets, entre autre les jacos, quiapprennent le mieux à parler ; des vautours ; le messager ou secrétaire, etc.
On trouve des crocodiles dans la plupart des fleuves.
Les mers d'Afrique sont peuplées de poissons curieux par l'éclat de leur couleur ou par la bizarrerie de leurs formes : on peut nommer les coffres et les exocets ou poissons volants,
Minéraux.—L'Afrique est la partie de l’Ancien continent la plus riche en or : ce métal s’y trouve surtout sous la
forme de poudre, et y fait l’objet d’un grand commerce. Le cuivre et le fer sont assez abondants.
Le sel et le natron sont communs dans les déserts arides. Il y a peu de pierres précicuses.
ETENDUE.—-L’Egypte a 185 lieues du N. au, 105 lieues de l'E. à l’O.; sa superficie est de 112,000 lieues carrées; mais il n’y a que 4,200 lienes carrées qui soient habitables. Klle s’avance jusqu’au tropique du Cancer.
Borxes.—Elle est bornée au N. par la Méditerranée ; à l’E., par la mer Rouge et par l'Arabie, à laquelle l’unit l’isthme de Suez ;auS., par la Nubie; à l'O., par le Sahara et la Barbaric.
Divisiox.—T'Ecypte est divisée en trois parties : au N.,la Basse-Egypte, comprenant le Delta; au milieu, la Moyenne-Ewypte ; au S., la Haute-Egypte. Elle est administrativement partagée en sept moudirliks ou intendances.
MoxTAGNes.—La vatlée du Nil est encaissée entre deux chaînes de montagnes assez élevées : celle des monts Lybiques se trouve à l'O.
Rivières Er Lacs.—Le Ni, le seul fleuve de l'Egppte, est le trait géographique le plus remarquable de cette contrée. Il y entre, en formant l’île de Birdeh, célèbre par ses temples antiques, et il se précipite en cet endroit d’une hauteur de six pieds et demi : c’est ce qu’on nomme la première cataracte. Un peu plus bas, ie Nil forme l’île d'Éléphantine ou E!-chag. Il traverse toute Egypte du N. au S., et se jette dans la Méditerranée par neuf bouches, dont les deux plus importantes sont celle de Damiette et de Rosette.
Les pluies qui tombent dans lAbyssinie et la Nubie font gonfler ie fleuve, vers le solstice d'été, et
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il inonde bientôt toute cette vallée et tout son delta ; la crue augmente jusqu’à l’équinoxe, puis les eaux décroissent peu à peu et laissent sur le sol un limon gras qui le ffsconde. Trente pieds sont le type d’une bonne inondation : lorsque les eaux n’arrivent pas à cette hauteur, une partie du pays reste stérile, et, si elles le dépassent, elles dévastent les campagnes. Le sol s’exhausse insensiblement par les dépôts du Nil; le Delta tout entier a été ainsi formé, et il remplace sans doute un ancien golfe de la Méditerranée. Les canaux d'irrigation, dérivés de différents points du fleuve, rendent susceptibles de culture, dans la vallée et dans le Delta, des terrains que le débordement n’atteint pas. Le plus important est celui de Joseph, il peut être considéré comme un second Nil.
Les anciens Égyptiens, pleins d’admiration pour les inondations bienfaisantes du Nil, les attribuaient à des causes surnaturelles et les célébraient par des fêtes solennelles.
Plusieurs lacs mirécageux, espèces de lagunes, se trouvent dans le Delta, et ne sont séparés de la mer que par d’étroites langues de terre : les principaux sont celui de Mariont (Marétotis), d'Édkou, de Bourlos et de Menzaleh. Un peu à PO. du Nil, dans lagréable vallée du Faydoum, on voit l'emplacement du fameux lac Mœris, creusé par le roi du même nom, pour recevoir les eaux surabondantes du fleuve et pour en fournir au pays voisin dans les années de trop faibles débordements.
Crimar ET Sor.—La vallée du Nil et le Delta offrent, suivant les époques de l’année, trois aspe ts différents : en été et en automne, ils sont couverts d’une immense nappe d’eau rouge ou jaunâtre, du sein de laquelle on voit sortir pittoresquement des palmiers, des villages et des digues étroites qui servent de comraunication. Après la retraite des eaux, on n’aperçoit plus qu’un sol noir et fangeux ; mais bientôt, pendant l'hiver, qui est la plus belle saison
dans ce pays, la terre se couvre de verdure et de fleurs, et d’un bout à l’autre la partie fertile de l Egypte offre alors l’image d’une magnifique prairie. LE printemps dessèche le sol, et les récoltes enlevées ne laissent voir qu'une terre grise et poudreuse, profondément crevassée. Il règne dans cette saison un vent du S. très-violent et très-chaud, appelé vent de cinquante jours ; il apporte avec lui de nombreuses maladies. Ensuite, pendant une partie de l'été, soufllent des vents du N. qui sont tempérés et salubres.
Propucrioxs.—Les principaux objets de culture sont le blé, le dourah, le maïs, le riz, l'orge, les lentilles, les pois, les lupins, les fèves, l'oignon, le sésame, le lin, le chanvre, le coton, la canne à sucre, le tabac, etc.
Le dattier est l’arbre le plus universellement répandu en Egypte. Il y a aussi de la vigne, des grenadiers, des orangers, des citronniers. Ajoutons le lotus, le papyrus, le séné, l’acacia-commier.
CariTALE ET Vizres.—La capitale de l’Esypte est Le Caire. Elle est près de la rive droite du Nil, un peu au $. de la pointe du Delta, au pied du mont Mokattam. Les rues en sont étroites et sombres, ct même il y en a beaucoup qui sont couvertes par le haut, de manière que le soleil n’y pénètre pas. Les maisons sont mal construites, en mauvaises briques ou en terre. On distingue plusieurs places publiques spacieuses et plusieurs belles mosquées. IL faut aussi remarquer le palais où réside le vice-roi. Le Caire a environ 300,000 habitants. Les principales villes sont: Mansourah, Suez, au fond de la mer Rouge; Port-Saïd, sur ja Méditerranée, à ia tête du gigantesque canal qui relie la Méditerranée à la mer Rouge ; Rosette, à la gauche de la principale branche occidentale du Nil; Alexandrie, une des villes les plus commerçantes de
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gauche du Nil, presque en face du Caire ; Minich, jolie ville, près du Nil.
PoPuLATION.—La population de l'Egypte est" d'environ 5 millions d'habitants. Plusieurs peuples habitent cotte contrée : les plus nombreux sont les Coptes, regardés comme les descendants des anciens Egyptiens ; viennent ensuite les Fellah, attachés aux travaux des champs. Les Bédouins sont, en Egypte, les Arabes proprement dits ; leurs tribus nomades errent dans les déserts. Il y a aussi un grand nombre de Turcs ; c'est à eux que sont réservés les principaux emplois civils, les premiers grades de l’armée
RELIGION.—La religion dominante est le mahométisme. Il y a beaucoup de chrétiens.
GOUVERNEMENT.--L'Ewypte est soumise à un vice-roi, vassal de la Porte Ottomane, mais d’ailleurs à peu près indépendant.
es mme ent
SUPPLÉMENT
GÉOGRAPHIE HISTORIQUE. —L'Egypte est nommée dans l'Ecriture Muzor ou Mizraïm, quelquefois terre de ÆAam. Ce pays a éprouvé de nombreux changements politiques : elle paraît avoir eu d’abord plusieurs rois en même temps ; que elle forma un seul royaume, qui fut détruit par les
erses ; comprise dans l'empire d'Alexandre, elle redevint bientôt après une monarchie particulière, sous les Ptolémées ; elle se divisait administrativement en 53 nomes. Elle obéit ensuite aux Romains, puis aux empereurs de Constantinople, et elle forma, dans l'empire d'Orient, un diocèse divisé en six provinces: la Zybie Supérieure, la Lybie Inférieure, \ Egypte proprement dite, l'Augustanique, l’Arcadte, la Thébaite. Dé l'einpire d'Orient, elle passa pendant quelque temps aux Perses ; mais bientôt les Arabes l'envahirent. Elle devint, au dixième siècle, un état indépendant, sous la dynastie des Fatimites. Saladin fut, au douzième siè:le, le chef d'une dynastie nouvelle, celle des A youbites, qui fut remplacée, au treizième, par les Mamelouks. La monarchie que ceux-ci avaient fondée fut abo-
lie, dans le scizième siècle, par Sélim IT, empereur ture, qui leur laissa néanmoins le pouvoir sous une forme aristocratique. Les Français, conduits par Bonaparte, firent en *1798 une brillante expédition, anéantirent l'armée des Mamelouks, et subjuguèrent l'Egypte, maïs la quittèrent trois ans après. Cette contrée rentra dès lors sous. la domination de la Porte, qui la fit adtuinistrer par un pacha (décoré, depuis, du titre de vice-roi). Le plus célèbre des pachas qui l'ont gouzernée est Mohammed-Ali, qui, mis à la tôte de ce pays en 1806, a joué le rôle de souverain indépendant : il a joint à son gouvernement, par conquête ou par concession de la Turquie, la plus grande partie de la Nubie et le Soudan oriental, une partie de l'Arabie, la Syrie, le territoire d’Adana, Chypre, Candie ; mais il s’est vu, en 1840 ct 1841, réduit à ses états d'Afrique.
ComuuxnicarTions.—L'Egypte est dans une situation physique très-remarquable, qui la rend propre à être le lien du commerce entre l'Afrique et l'Asie, entre l’Europe et l'Inde : on a chercné plusieurs fois à unir la Méditerranée à la mer Rouge : les anciens rois Nékhao et Ptolémée-Philadelphe avaient fait creuser, du Nil au golfe de Suez, un canal qui a été comblé par les sables ; aujourd’hui une compagnie à la tête de laquelle se sont mis des Français, s'occupe activement de la construction d’un canal qui joint directement la Méditerranée à la mer Rouge, en coupant l’isthme entre Port-Saïd et Suez, et passe par le lac Timsah ct les lacs Amers; ce canal sera bientôt livré à la circulation ; un embranchement le fait correspondre avec le Nil. Unchemin de fer unit le Caire à Alexandrie et à Suez.
AnTiquiTÉs ET RuINEs.--Presque en face du Caire, on voit les fameuses Pyramides, qui ont résisté aux ravages de tant de siècles, Ces monuments gigantesques au nombre de 21, sont dans une plaine sablonneuse, à quelque distance du fleuve ; on croitgénéralement qu'ils étaient destinés à la sépulture des rois.
Au pied des trois plus grandes pyramides, est le célèbre Sphinx, immense statue, représentant une tête humaine avec un corps d'animal, et longue de 90 pieds.
Non loin de là, est le Serapeum, où l’on a découvert récemment des antiquités très-curieuses,
Dans la Haute-Egypte, on trouve les majestueuses ruines de T'hèbes aux cent portes.
On visite à Karnak, le magnifique et gigantesque palais
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