NUBIE
EreNDuE ET BorNes.—La N'ubie s'étend au S. de l'Egypte l’espace de plus de 325 lieues. Elle est bornée au N. par l'Egypte ; à l'E. par la mer Rouge ; au S. E., au S.et au S. O., par l’Abyssinie, la Nivritie Inférieure et Ia Nigri itio Supérieure ; à
l'O. par le désert de Sahara. Latitude moyenne, 18° N.
Division.--La Nubie est partagée en un grand nombre de petits peuples, qui reconnaissent presque tous l'autorité du vice-roi d'Egypte. On remarque, en remontant le Nil, dans la Nabic Inféricure : le pays des Kénous, le Sokkat, le Dongolah, le pays des Chagheïa, le pays de Monasir. Dans la Nubie Sapérieure, on rencontre : le pays de Robatât ; le pays de Barbar ; le Chendi ; le Ifalfày ; le Sennâr ; lo Fazocle ; enfin le pays montueux de Bertha.
On trouve à PE., vers la mer Rouge, les Bicharich, qui vivent dans les cavernes des rochers, comme les anciens Troglodytes, dont ils paraissent descendre. On appelle Etbaye la région qui longe la mer Rouge:
Le Taka est un pays assez important de la Nubie Supérieure, entre le Nil et la mer Rouge.
Le gouvernement égyptien a par tagé toutes ses possessions nubiennes en quatre moudirliks : Dongo.
lah, Khartoum, Kordofan, Taka.
MonTAGNEs.--La vallée du Nil est comprise entre deux chaînes de hauteurs. Au N. E,, le Nil dévie et parcourt un pays parsemé de rochers et de collines
nues. Pais à l’E., on voit s’étendre parallèlement à la côte de la m?r Rouge une longue chaîne de montagnes.
Rivières.—Le Nil parcourt la Nubie du S. au N. Il est formé, dans la partie méridionale de la Nubie, par la réunion du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le premier vient du S. O. Il paraît plus grand que l’autre, et on le considère comme le vrai Nil. L’Atbara est ua des principaux affluents du Nil.
VILLES PRINCIPALES.—Les lieux les plus remarquables de la Nubie sont : Ibrim ; Vieux-Dougolah et Nouveau-Dougolah ou Marakah ; Khartoum, ville nouvelle (30,000 âmes) ; Sennâr, sur le Nil Bleu ; Kasséba, capitale du Taka ; Souaken, port de mer fréquenté par les caravanes qui se rendent de Pintérieur de l'Afrique à La Mecque.
On considère comme des annexes de la Nubie, le Kordofan, pays du Soudan, et une partie considérable du bassin du Nil Blanc, qui sont des dépendances du vice-roi d'Egypte.
Crimar.—La chaleur y est excessive.
. SOI, ET PRODUCTIONS.— Dans le milieu et le N. de la Nubie, la seule partie tertile est la vallée du Nil, où # déploient de belles plainex. Mais, si l’on s'éloigne du fleuve, à VE. et à l’O., tout est stérile ct désert. Le: rarties méridionales de la Nubie, arrosées par de nombreux affluents du Nil Bleu, sont assez généralement fertiles ; il y a d’épaisses forêts et de vastes prairies. Les principales productions végétales sont le dourha, le maïs, l’orge, les lentilles, les haricots, le millet, le riz, le tabac, le coton, d’excellentes dattes, le palma-christi, l’acacia, le séné, les tamariniers, le symka, etc.
POPUuLATION.—On peut estimer la population de la Nubie à 2 millions d'habitants, la plupart d’origine arabe, :
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Rezicton.—Les habitants de la Nubie professent généralement l’islamisme ; cependant il y a des payens dans le midi.
GouvERNEMENT.—Le gouvernement de ces petits royaumes est absolu. Toute la Nubie est à peu près vassale du vice-roi d'Egypte, depuis la conquête qu’en fit en 1822 Ismaël-Pacha, fils de Méhémet-Ali.
SUPPLÉMENT
GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.=La Nubie correspond à la partie septentrionale de l’Æthiopie au-dessus de l'Egypte, dont les habitants étaient renommés pour leur justice et leur courage ; bien différents en cela des habitants actuels, qui nese font remarquer que par leur lâcheté et l'amour du pillage, Les principaux peuples étaient les Mobates, les Blemmyes, les Hemnons, les Nubes, La civilisation paraît avoir été autrefois fort avancée dans cette contrée, aujourd'hui plon: gée dans un état presque barbare. Plusieurs ruines magnifiques attestent l’ancienne culture des arts dans l’Ethiopie.
Dans les temps très-anciens la Nubie fut le siège de l’empire de Méroé, dont on ne saurait préciser les limites. Les Romains y pénétrèrent assez loin, jusqu'à Napata, mais sans fruit, et ne possédèrent jamais que la lisière septentrionale du pays ; ils l'appelaient /Æéhiopa supra Ægyptum,
Erexpur.—]JAbyssinie est une contrée à peu près égale à la France ; elle est comprise entre le 16e et le He degré de latitude N. Sa côte fait face à l’Yémen, en Arabie, et s'étend jusqu’au détroit de Babel-Mardeb.
Borxes.—[L'Abyssinie est bornée au N. par la Nubie ; à PE., par la mer Rouge ; au $., par une haute chaîne de montagnes qui la sépare de la Nigritie Inférieure ; à lO., par le Kordofan.
AspEcr.—J’Abyssinie est un pays très-clevé et très-montagneux, qu’on a surnommé la Suisse de
l'Afrique, à cause de la variété pittoresque de ses aspects : de toutes parts se présentent des pics escarpés, des forêts touffues, de jolis lacs, des rivières rapides qui forment d'innombrables cascades. Cependant, à l’E., s'étend un assez grand désert salé.
MonTAGNEs.—L’arête principale qui sépare, en Afrique, le versant de l’océan Indien de celui dela Méditerranée et de l’Atlantique, traverse l'E. et le S. de lPAbyssinic. Elle porte, à l’E., en longeant la côte de la mer Rouge, le nom de monts de Dankali, et présente le haut sommet de Taranta. Les montagnes les plus élevées sont celles de Sémen, situées vers le milieu du pays, et dont le point culminant, le Detjem, a une altitude de près de 14,000 pieds. Dans le S. O., sont les monts du Godjam.
Freuvrs xr Lacs —Le Nil Bleu estle principal cours d’eau de l’Abyssinie. Il prend sa source au S. du grand lac Dembea, dont il traverse la partie méridionale avec tant de rapidité qu’il ne mêle pas ses eaux à celles du lac. Il forme, en entrant dans le Nubie, une cataracte de 275 pieds de hauteur, Le Tacazzé et le Mareb arrosent le N. du pays, pour entrer ensuite en Nubic. A l'E, on voit couler l’Iaouach, qui se perd dans le lac Aoussa, au pays de Somil.
CavrraLe Er ViLLEs.—Gondar était regardée comme la métropole de lPAbyssinie, parce qu’elle était la résidence ordinaire de l'empereur ou né:
ous ; cette ville, située sur une montagne, au
. du lac Dembéa, est fort grande, mais peu peuplée. Vue de loin clle ressemble plutôt à une forêt qu'à une ville, à cause de la quantité d’arbres dont sont environnées ses nombreuses églises. Magdala, à l'E. du lac Dembéa, était considérés comme une des places les plus fortes de l’empire ; elle n’a pu cependant tenir une heure devant l'armée anglaise, en 1868 ; son négous y a trouvé
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CLiMAT.—L’élévation du sol rend la température de cette contrée beaucoup moins chaude que celle de l'Egypte et de la Nubie, quoiqu'on y soit bien plus près dt l'équateur. Le longues et abondantes pluies tombent en été. L'armée anglaise qui vient de faire la conquête de cet empire n’a pas eu à souffrir, comme on le craïgnait, de l’insalubrité de ce climat tropical.
Sor, ET PRobucTIONS.—Le sol, partout 6ù il est suffisamment arrosé, est fertile. On trouve en Abyssinic les végétaux ctles animaux des zones tropicales, et aussi, à cause des nombrenses montagnes, ceux des zones tempérées ; le zèbre, la girafe, l’'hippopotame y sont fort communs,
Commerce.—Le seul commerce de lAbyssinie consiste dans l'exportation de livoire et de la poudre d’or et dans la vente des esclaves.
PoPpuLATION ET KRELIGION.—On évalue approximativement la population de 2 à 4 millions d'habitants, professant, pour la plupatt, le christianisme et appartenant à la secte monophysite on entychéenne ; ils pratiquent la polygamie.
GouUvERNEMENT.— Autrefois cette contrée formait un vaste empire soumis à un seul prince qni Fortait le nom de Grand Négus ; ila été depuis divisé en plusieurs états indépendants. On y reconnaît 7 divisions principales : les royaumes de Tigré, de Gondar, d’'Ankober, d’'Amhara, d’Angot, de Naréa et de Samara. Le dernier Négus, Théodoros, avait conquis la plus grande partie de l’Abyssinie. Sa mort et la prise de Magdala va changer les destinées de cette grande contrée. Que fera l'Angleterre de sa conquête ?
M. Disraëli vient de déclarer à la chambre des communes que les troupes anglaises quitteront
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immédiatement le pays. I’Angleterre possédant l’île Périm, à l'entrée de la mer Rouge et l’importante position d’Aden, sur la côte de l’Arabie, n’a nul intérêt à occuper la côte abyssinienne.
RÉ amneesee
SUPPLÉMENT,
L’Abyssinie répond à la partie S. E. de l’ancienne Ethiopie au-dessus de l'Egypte.
Apyssins.—Les Abyssins sont ignorants, mais assez doux et fort hospitaliers. |
AniImaAux.—Les chevaux de l’Abyssinie sont remarquables par leur élégance et leur vitesse. On y trouve le caracal, le ion, le léopard, l'éléphant, le rhinocéros, le bufle sauvage, qui attaque les voyageurs,
ErENpuE.—La Barbarie a environ 800 lieues de VE. àl’O. Sa largeur varie benucoup et est peu connue. Na latitude moyenne est 35°,
Bores.—Cette vaste contrée comprend presque toutes les côtes septentrionales de j’Afriqie. Elle s'étend le long de la Méditerranée en face de l'E pagne, de la France, de l'Italie et de la Grèce ; elle est bornée à l'E. par l’Exypte ; les sables du Sahara Ja cernent au midi; l’océan Atlantique la borne à
Côres, Gozres xt Cars.—La côte de la Méditerranée présente un grand enfoncement, dont la partie orientale prend le nom de golfe de la Sidre, et la partie occidentale, celui du golfe de Cabès. [Le cap Razat, à l’E., et le cap Bon, à l'O. marquent l'entrée de ce grand enfoncement. A l'O. du cap Bon, s’ouvre le golfe de Tunis (golfe de Carthage). On trouve, un peu au N. O. de ce golfe, le cap Blanc de Bizerte, qui est le point le plus septentrional de
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l'Afrique. Les golfes de Bône, de Stora,de Bougie, la rade d'Alger, le golfe d’Arzeu et le golfe d'Oran sont les enfoncements les plus remarquables que Pon rencontre entre le cap Blanc et le détroit de Gibraltar. Le Boudjaroun (ou les Sept Caps) et les caps Matifou, Caxine et Tres Forcas sont les principaux avancement que la côte offre dans cette étendue. Deux promontoires célèbres, celui de Geuta et celai de Spartel, se trouvent dans le détroit de Gibraltar. Sur l’océan Atlantique, on distingue le cap Blanc de Mazagan et les caps Cantin et Gher.
Division.—La Barbarie comprend quatre grandes divisions : à l’E., la régence de Tripoli ; au milieu, la régence de Tunis et l'Algérie ; à l’O., l’empire de Maroc.
MonTAGnrs.—La chaîne qui court sur la limite méridionale du versant de la Méditerranée, commence au détroit de Gibraltar, et va d’abord au $, sous le nom de montagnes de Fez ; elle tourne ensuite à l'E. et joint le mont Atlas. On appelle généralement Atlas toute la vaste masse de montagnes qui se prolonge depuis le cap Gher jusque dans le voisinage du golte de Cabès et jusqu’au cap Bon ; mais plusieurs noms particuliers s’apppliquent aux diverses parties de cette ehaîne.
C'est de l'Atlas que l’océan Atlantique à pris sen nom : d’abord on ne désignait ainsi que la partie de l'océan qui est bordée par les raiifications de cette chaîne.
Fzeuves ET RiviÈrEes.—Parmi les cours d’eau qui descendent du versant septentrional de la chaîne principale, on remarque la Malouïa, la T'afna et l’Isly, son affluent ; la Mactah, le Chélif, l'Harrach l’Ouad- Sahel, l’Ouad-el-Kebir, la Ssibouse et la Medjerda.
Sur le versant méridional de l’Atlas, on voit descendre beaucoup de rivières, qui vont se perdre, la plupart, dans les sables ou dans les lacs salés du
désert ; cependant le plus grand de ces cours d’eau, le Draha, après avoir longtemps coulé au S., tourne brusquement à l'O. et va se perdre dans l’Atlantique ; les autres sont le Ziz, le Ghir, ensuite l’Ouad- Dijeddi et l'Ouad-Baâdj, qui se dirigent vers le grand lac marécageux et salé qu’on nomme Melghigh.
ASsPECT.—La Barbarie offre des aspects trèsdivers ; à l’E., on trouve le désert de Barcah, dont les affreuses solitudes sont cependant interrompues par quelques oasis, et dont la côte est fertile; au S., on voit s'avancer dans le Sahara la grande oasis du Fezzan ; à l’O., l'Atlas établit deux divisions naturelles fort distinctes : le pays qui s’étend au N. de cette chaîne est une belle et fertile contrée, appslée Tell (pays de Labour); la partie située au S. est le Sahara barbaresqie, mais c'est un pays beaucoup moins aride qu’on ne l’a cru longtemps : les nasis y abondent, et il s’y récolte de nombreux et excellents fruits. On donne à une assez grande étendue de cette région le nom de pays des Dattes.
Crixar, Sor ET Pronucrioxs.—-La température est assez douce au N. de l’Atlas ; auelquefois même on y éprouve des froids beancoup plus vifs que la latitude ne pourrait le faire sappo-er. La saison des pluies commence en octobre cet finit en avril. Au S. de l’Atias, pendant la plus grande partie de l’année, la chaleur est grande. |
Le sol est extrêmement fertile dans les endroits bien arrosés. La Barbarie était, sous l'empire Romain, le grenier de l'Italie ; souvent encore, dans les temps modernes, elle a fourni des blés à l’Europe.
La Barbarie produit en abondance le blé, le mais, le riz, le tabac, les dattes, les olives, les oranges, les figues, les amandes, le coton, la vigne, la garance, le pêcher, l’abricotier, le pistachier, le mâûrier, le grenadier, la canne à sucre, etc.
Les habitants de ces contrées conservent leurs grains pendant plusieurs années dans des silos, grandes fosses creusées en terre dans les lieux secs.
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BARBARIE. 28i