‹ Géographie moderne [microforme]Chapitre 142 sur 143 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le globe que nous habitons comprend trois continents 0: mondes : J’Ancien-Monde, le Nouveau- Monde, le Monde-Maritime et probablement un quatrième continent placé vers les régions polaires an. tarctiques. Ces continents forment les cinq divisions connues sous le nom de parties du monde : l’Europe, l'Amérique, l’Asie, l'Afrique et l'Océanie.

L'Europe et l'Amérique dictent des lois aux plus fières nations de l'Asie, de l'Afrique et de l’Océanie. Les pavillons diplomatiques de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis flottent dans toutes les capitales et surtout à Pékin et à Yeddo. L'Afrique et lOcéanie sont, en grande partie, plongées dans les ténèbres du paganisme et de la barbarie. L’Asie sert de trait d'union entre les autres parties du monde. Ses nombreuses populations ont des mœurs, des usages et des coutumes qui excitent notre sur-

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CONOLUBION. 321

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L'Europe, quoique la plus petite partie du monde, semble remplir, sur le reste du glcbe, le rôle de l’ancien empire Romain. Déjà elle a conquis la plus grande partie de l’Asie et de l'Afrique ; ellea pris possession de la plus grande partie de l'Océanie ; elle occupe encore plusieurs colonies dans l'Amérique et uu grand nombre d'îles £ acées autour des continents. Elle partage avec l'Amérique le sceptre des mers. Plus de 200,000 vaisseaux partent de ses nombreux ports et sillonnent tous les océans du globe. Puissante et respectée au dehors, elle est cependant loin de jouir dela paix intérieure. La guerre et la révolte agitent et ruinent ses principaux Etats. Trois grandes questions : la question italienne, la question d’orient et la question allemande inquiètent en ce moment les peuples. Le Tzar, maître de la plus grande partie de l'Asie, regarde tantôt vers Constantinople et tantôt vers la Perse. Napoléon IT tient les yeux fixés vers la rive gauche du Rhin, et met sur pied une armée de 1,300,000 hommes, toat en protestant de son grand désir de maintenir la paix. Le roi Frédéric de Prusse joindrait volontiers à ses états la Bavière, le Wurtemberg et le grand duché de Bade, sans oublier le Luxembourg. Victor-Emmanuel n’a pas renoncé à dicter s s ordres du haut du Capitole. L’Angleterre, qui v« .t de conquérir l’Abyssinie, et qui semble prête à abaiudonner cette conquête, paraît vouloir à tout prix la paix. Cette puissance commerciale de premier ordre n’a pas une armée très-considérable ; sa flotte seule est formidable. Le canon, la carabine et la flotte que l’on transforme et perfectionne tous les jours sont devenus les arbitres des nations européennes.

L'Amérique, la seconde partie du monde par son étendue, l’est aussi par le haut degré de civilisation auquel sont parvenus ses habitants, et par l’impor-

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tance qu’elle a prise parmi les puissances européennes. Elle compte déjà des états populeux, riches et puissants qui n’ont pas encore un siècle d’existence. Les Etate-Unis sont encore agités par les troubles intérieurs qui ont amené la guerre civile, la plus désastreuse que les annales militaires aient encore enrégistrée, Le Mexique et la plupart des républiques hispano-américaines s’agitent dans les convulsions de la guerre civile. Le Brésil, le Paraguay, Uraguay et la République Argentine luttent pour le réglement de questions de frontières et pour la libre navigation du Paraguay et du Rio de la Plata. Le Canada n’est pas satisfait de ses 800 lieues de frontières ; il cherche à s’annexer le vaste territoire du Nord-Ouest. La Colombie anglaise a témoigné le désir d’unir ses destinées à celles de la confédération canadienne. Par ces annexions le Canada s’étendra de l'Atlantique au Pacifique, et formera un des états les plus vastes du monde. Si le Canada occupe ainsi le troisième ou le quatrième rang par l'étendue territoriale, il sera loin d'occuper ce rang par sa population.

Depuis deux ou trois siècles, mais surtout depuis le commencement de ce siècle, de hardis navigateurs, de savants géographes parcourent l'Afrique et POcéanie en tous sens. L'intérieur de lPAfrique a été exploré et commence à être un peu connu. On sait qu'il existe près de l’équateur et au sud de cette ligne des peuples dont on ne soupçonnait guère l'existence. Les missionnaires et la civilisation s’introduisent peu à peu dans ces immenses contrées, qui contiennent les peuples Les plus abrutis du genre humain.

L’Asie, ce trait d'union entre la civilisation et la barbarie, compte à peine quelques peuples indépendants. Toute l’Asie occidentale et l’Asie centrale ont subi le joug étranger. La Chine, la Perse et le Japon même n’ont pu échapper à cette influénce étrangère. Les efforts tentés pour éta- E blir dans Pextrème Orient la civilisation et la

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