‹ Géographie (volume 2)Chapitre 1 sur 104 · Géographie · texte numérisé non relu

Géographie

Globe presque régulier tournant sur lui-môme, la Terre parcourt annuellement une immense ellipse dont le Soleil occupe un des deux loyers.

Elle est 1,255,000 lois plus petite que l'astre dont elle tient la lumière et la vie. Son étendue est d'environ 51 milliards d'hectares, ce qui représente 939 lois l'aire de la France avec la Corse et sans les colonies (1).

L'homme, régent de ce domaine, ne le connaît pas tout entier, et peut-être y a-t-ij des cantons de son empire qu'il ne visitera jamais. Si nous arrivons à touiller toutes les forêts, à traverser tous les marais et tous les déserts, pourrons-nous un jour atteindre les deux Pôles ?Et combien de glaciers cuirassent des monts trop élevés pour que la poitrine humaine y trouve assez d'air !

Hors ces terres à frimas éternels, hors ces eaux enchaînées par le froid, l'homme sera dans quelques luslres d'années en élat de dresser la carte détaillée de tout son héritage. Sans doute aussi qu'avant une semaine de siècles, il aura mis en culture, aménagé en forêts, irrigué, drainé, amélioré le quart de sa pauvre petite planète.

Le quart seulement, parce que les trois autres quarts sont occupés par les rivières, les lacs et les océans. Quelque humble fontaine à bouillons persistants dont on suive la goutte d'eau,

(1) Malgré l'axiome, « la force prime le droit, » la Irnnce garde <f un bout à l'autre de ce livre l'étendue que lui fait le vœu catégorique des 1 ,600,000 Français violemment cloués ù. la « grande Alicniagne. »

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de ru'çselet à ruisseau, de ruisseau à rivière, de riviùre à fleuve, (le fleuve à estuaire, on arrive toujours à la grande mer qui, dit le i)oëlc norvégien, « voyagi^ éternellennent au-devant d'elle-m<5nne, » sapant la roche, déposant le galet, le sable et l'alluvion, démolissant les côtes pour les transporter grain à grain et les reconstruire ailleurs.

Le sol ferme, toutes eaux courantes ou dormantes comprise?, lacs, étangs, rivières et ruisseaux, s'étend sur treize milliards trois cent soix;mte-di\-sopl millions d'hectares, don! un vingtquatric'^me pour les îles. C'est div-huil cents et tant de mille fois l'aire de Paris dans sa présente enceinte, deux cent cinquante fois la surface de la France. Cela ne veut point dire que la Terre puisse entretenir deux cent cinquante fois autant d'hommes que notre patrie. Par >on sol et son climat, le pays compris entre Brest et Menton est bien supérieur à la nîoyenne du Globe, où d'immenses régions semblent deslinées à rester toujours vides, soit parla nature du sol, soi! parle froid excessif, soit par l'indigence des pluies. Sans pluies, pas de végétaux, pas d'animaux, pas d'hommes. Sans mer, pas de pluies :1a terre ne vaui que par la mer.

Du Pacifique, de l'Atlantique, delà mer des Indes, de l'Océan austral, des mers plus petites, s'élt'vent des vapeurs qui se font nuages pous-és par le vent vers les côtes. Le nuage est la pluie qui marche. Tout pays où les cieux versent fréquemment leurs nues se cultive et prospère si l'influence de la pluie n'y est point paralysée par la rébellion du sol ou par 1 extrême froid provenant de l'altitude, de la latitude ou de la prédominance des vents polaires. Malheur aux contrées où les vents de la mer ne soufflent pas, parce qu'ils ne s'y dirigent point ou que des monts les arrêtent 1 A des degrés divers, la Castille, la Manche et l'Estramadurc, les steppes de l'Atlas, le Sahara, l'Afrique australe, l'Arabie, l'Iran, l'Asie centrale, les plateaux des Hochenses, la côte péru\ienne, le désert d'Alaeama, l'Ausralie intérieure, d'autres pays encore, reprochent à l'absence des vents marins l'aridité qui les enlaidit et les frappe de mort

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Quand tant de régions sont constamment fouettées par les averses, il en est d'autres qui, faute de pluies, n'offrent au lieu de champs, de vergers, de forôts et de pelouses, que des rochers, des sables et des déserts ternes ou jaunes. Dans les pays soustraits à l'haleine de l'Océan, il y a des vallées maudites où la terre est dure et presque métallique ; les bois y sont des fourrés de buissons, les gazons des touffes d'herbes rôties, les torrents des escaliers de pierres, et les montagnes de longs squelettes. Dans les régions pluvieuses, les monts portent des névés et des glaciers, ils donnent naissance à des torrents qui deviennent les amples et fécondantes rivières du plat pays; dans les régions sans pluies, ils n'ont pas toujours assez d'eau pour donner à boire au voyageur.

La pluie, par sa présence ou son absence, son abondance ou sa rareté, influe plus qu'aucun autre agent sur la production de la vie des plantes, qui entraîne dans son orbite la vie de l'animal et la vie de l'homme. Ainsi la mer est la grande créatrice (puisque de la mer montent les pluies), et avec la mer le soleil, qui nous envoie la lumière et la chaleur.

Partout où Une pleut pas, le soleil stérilise, mais dès qu'ilpieut quelque part, et plus il y pleut, il donne l'être aux arbres et aux herbes. De la force de ses rayons, de la durée de son illumination dépendent les formes immensément diverses de la vie végétale. Il règle les zones de culture : dans l'extrême nord, ses rayons obliques ne peuvent fondre les neiges et les glaces accumulées près du Pôle : comment réchaufferaient-ils le sol, qui parfois est gelé à plus de centmètres de profondeur ? Aussi n'y at-il que des mousses, des lichens et des arbres nains dans la zone glaciale, appelée zone arctique ou boréale au nord de l'Équaleur, zone antarctique au sud.

Mais, à mesure qu'on s'avance vers le midi, les rayons se rapprochent de la perpendiculaire ; les jours, bien que plus couris, y raniment mieux la nature, parce que les nuits sont moins longues ; l'effet de chaleur n'y est pas anéanti comme dans la zone circumpolaire par des mois entiers passés sans que l'astre vienne à l'horizon. Des arbres superbes, connus en France sous le nom de bois du nord, les sapins, les pins sylvestres, les mélèzes, les épicéas, les bouleaux, font l'honneur de celte zone,

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qui se nomme la zone froide. En Suùde ei en Norvège, en Allemagne, en Russie et en Sibérie, dans l'Amérique anglaise, dans le nord des Élats-Unis, ils forment des forôls solennelles. Si, dans ces forûts, les lianes ne courent point de branche en branche comme dans les bois des Tropiques, si la vie y est moins pressée, les formes moins diverses et moins éclatantes, Furbre n'y est point serré et comme étouffé par les plantes parasites; il y garde mieux sa noblesse, son profll, son indépendance, et dans les forêts qu'il compose, le regard trouve devant lui des avenues, du jour et des horizons, tandis que dans les selvas sud-américaines, il s'arrête continuellement devant le tissu des végétations folles et des guirlandes de fleurs.

Ainsi, presque au sortir de la zone des frimas sans fin et des arbres noués par la nuit et la glace, on entre dans une région où déjà le soleil luit sur des troncs puissants et des forCls glorieuse?, mais où le givre et la neige font encore ployer les rameaux dos arbres pendant plus du tiers de l'année. Le blé et presque toutes nos herbes françaises croissent déjà dans la zone froide. A plus forte raison, dans la zone tempérée, dont Londres, Paris, Bordeaux, sont d'excellents types ; seulement Londres ne peut faire croître la vigne ; Paris a le cep, mais de ses grappes sortent des vins aigres, tandis que Bordeaux a grandi dans le monde par l'excellence de ses crus. On peut donc distinguer une zone tempérée froide, sans vignes, et une zone tempérée chaude, riche surtout par ses vignobles. Le chOne, le tilleul, le frêne, le hêtre, l'ormeau, le châtaignier, le peuplier, sont les arbres les plus communs de ces deux zones, qui portent cinq ou six espaces d'essences résineuses et une douzaine d'essences feuillues.

Avec les oliviers, que suivent les orangers, puis les palmiers, on passe d;ins la zone chaude, dont Cannes en France, Naples, Cadix, ^Igor, sont des types, zone heureuse et cliarmanle, nature harmonieuse, terre prodigue. L'homme ne s'y sent pas opprimé par le froid du nord, par le brouillard et la pluie des pays tempérés ; il n'y languit pas non pins comme sous l'excès de soleil et la chaleur humide des Tropique?. La civilisation a longtemps élu domicile dans le plus splendide recoin de ce jardin de plaisance de la Terre, sur le bord de la Méditerranée;

elle ne l'a point encore tout à fait quitté, bien qu'elle vive aujourd'hui de préférence chez les peuples de la zone tempérée et de la zone froide. Rien au monde n'égale en beauté sobre ce bassin méditerranéen, auquel prennent part l'Europe méridionale, l'Afrique du nord et l'Asie Mineure. Antiques souvenirs mis à part, bien des hommes se sentent aussi émus sur le bord de son admirable mer que devant l'opulence des forêts les plus dévergondées du Tropique. Le saisissant et le parfait s'y composent pourtant de peu d'éléments, de quelques grandes lignes droites et d'une profusion de lumière : une crique d'eau caressante et bleue, une arête vive, une montagne indigente et cassée, une source transparente, une ruine ; sur la roche un pin parasol, dans la ravine un palmier; au premier plan des couleurs heurtées, au loin des tons violets, rien de plus. Le beau c'est le simple.

La zone tropicale s'appelle ainsi de ce qu'elle se déploie entre le Tropique du Cancer au nord et le Tropique du Capricorne au sud. Mieux vaut la nommer équatoriale, parce qu'elle accompagne l'Equateur sur tout le pourtour de la Terre. Elle tire son originalité de l'abondance des pluies amenées par des vents réguliers ou variables, et de la chaleur du soleil, dont les rayons sont de moins en moins obliques à mesure qu'on s'approche de l'Equateur, où ils tombent perpendiculairement. Ce mariage de la chaleur et de l'humidité fait naître un merveilleux excès de vie. Les forêts du Tropique brésilici; sont le plus grand effort d'invention et de fécondité de la nnture terrestre; l'Inde, l'Indo-Chine, l'Afrique, logent les plus gros quadrupèdes delà terre; les oiseaux y sont vêtus des plus riches couleurs, les insectes y pullulent. L'homme y porte la peine des splendeurs de ce climat : la chaleur humide, qui va si bien à la plante et aux animaux inférieurs, épuise la constitution humaine. Les indigènes des régions équatoriales étonnent le plus souvent. par un visage grotesque, quelquefois hideux, et rares sont chez eux les tribus intelligentes ou belles. L'homme blanc résiste mal à ce milieu, il y dépérit et sa postérité descend à la longue au-dessous de ce qu'elle serait restée en Europe, à moins que le fondateur de la famille n'ait pris pour séjour un site élevé au-dessus du niveau de la mer.

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C'est que l'allilude du sol possède un trùs-grand pouvoir. La latitude fait les climats généraux : le climat glacial, le climat froid, le tempéré, le chaud, l'équatorial. Dans l'enceinte môme de ces climats, l'altitude détermine des climats locaux, parfois sur de vastes espaces. A mesure qu'on s'élùve au-dessus de l'Océan, la température s'abaisse, tout en devenant plus sujette aux changements brusques; les tlifférences de chaleur entre le jour et la nuit, entre l'hiver et l'été, s'augmentent. Selon l'exposition, la nature du sol et les autres circonstances du lieu, I GO, 200, 2 iO mùtrcs d'élévation entraînent un abaissement d'un degré dans la moyenne annuelle d'un endroit. Monter de 100 mùtres, c'est faire environ 125 kilomètres dans la direction du Pôle. A la ferme péruvienne d'Antisana, la moyenne annuelle de l'année égale presque exactement celle de Saint-Pétersbourg. Or cette capitale européenne se trouve sous le UO" degré boréal, et Antisana tout près de l'Equateur; mais Saint-Pétersbourg est au niveau de la mer et la métairie du Pérou à plus de 4,000 métrés d'altitude. Si, au lieu de centaines, il s'agit de milliers de mètres, l'écart de chaleur entre le pied et la tête de la montagne peut devenir énorme. Souvent le véritable hiver éternel rayonne en blancs frimas sur les pics supérieurs des hautes chaînes, au-dessus de vallées attiédies par le souffle du prétendu printemps perpétuel.

Dans les contrées du nord, glacées même au bord de la mer, lintluence de l'altitude est peu visible, mais dès qu'on s'appioche de la zone tempérée, elle prend corps aux yeux. En France, on monte en quelques heures des vignes et des oliviers du Has-Lauguedoc su i* les plateaux cévenols où le seigle a peine à croître; en moins il'uii jour on s'élève de la vallée do Prades, étuve méridionale, au sommet presque immuablement hivernal du Canigou. (Juund on arrive i\ l'Equateur mc^me, l'écart atteint son maximum; on y voit comment dix mètres d'ascension, la hauteur d'une petite maison, compensent douze kilomètres vers le nord. A la base des géants équatoriaux ou seulement tropicaux, le soleil brille sur des for<îls miraculeuses, sur des champs d'une fécondité inouïe quand ils sont arrosés, sur des villes où l'homnu' l'puibé soupire après la fraîcheur. Cette fraîcheur, il la trouve déjà à iiOO, à 1,000 mè-

très de hauteur, et en même temps que la température annuelle, la flore s'est déjà transformée: des espèces ont disparu, d'autres apparaissent; quelques-unes montent plus haut que ne semblerait le souffrir leur nature; d'autres descendent plus bas; dans l'ensemble les végétations s'échelonnent, dans le détail elles se pénètrent. A 2,000 mètres, plus de danger d'épuisement avant l'âge, môme pour le Blanc le plus sensible au milieu morbigène de la zone tropicale, et déjà les arbres de l'Europe se mêlent à ceux du Cancer, de la Ligne et du Capricorne. A 3,000 mètres, on se croirait sous le climat de la Méditerranée et l'on se sent vivre avec bonheur dans des vallées délicieusement tempérées, comme celle de Quito; à 4,000 mètres, le froid est vif; à 5,000 mètres, la montagne est inhabitable; à 6,000, à 7,000 mètres, on se trouve au Pôle, que six à sept kilomètres en hauteur ont attiré au sein de la zone torride, quand il faudrait pour le trouver chez lui faire le quart du tour du Globe, dix mille kilomètres, en tirant vers le nord ou vers le sud.

Par cette puissance qu'a l'altitude de créer des climats étages, des saisons et des végétations superposées, le Globe gagne étonnamment en variété. Chaque pays fièrement accidenté devient à lui seul une petite Terre, et cela d'autant plus qu'il s'approche de la ligne équatoriale et qu'il peut joindre ainsi le maximum de soleil à tous les degrés de climat et de flore que comporte l'escalier des monts. Mais sans aller jusqu'aux Andes, jusqu'aux îles de la Sonde ou jusqu'à l'Himalaya, la France n'abrite-t-elle pas le palmier des calanques provençales au devant des Alpes, qui mêlent, à quelques lieues au nord, les sapins aux prairies et les lacs gelés aux roches éternellement désagrégées par l'hiver?

Au régime des vents et des pluies, au voisinage ou à l'éloignement de l'Océan, à la distance du Pôle ou de lÉquateur, à l'altitude, s'ajoute la nature du sol pour former la province géographique. Suivant la contexture du terrain de suiiace et la qualité des sous-roches, les divers pays sont féconds, mé-

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diocrcg ou stériles, favorables à telle ou telle culture, à telle ou telle nature de bois.

Tantôt ils absorbent volontiers la clialeur du soleil, tantôt ils la repoussent. Tantôt ils sont perméables et secs, hormis dans les cuvettes des vallons où rejaillissent les eaux disparues; tantôt ils sont imperméables, et dans ce cas, humides, prodigues de petites sources, d'élangs, do ruisseaux, de prés, de bouquets de bois trempant dans des fonds mouillés. Un canton granitique n'a jamais l'aspect d'un canton calcaire ou crayeux; ses prédilec lions ne portent pas sur les mêmes arbres et les mOmos graminées, et, avec le déroulement des siùclcs, la rac(! qui y séjourne i)rend un type de visage, une manière d'être, un genre d'esprit, une tournure de langage, une prononciation à part. I.e fils de la « terre de granit recouverte de chênes, » lavée par des pluies fines et peu à peu rongée par la >ague verte sous le ciel gris, l'homme de Hoscoff ou de Douarncnez ne ressemble pas au gai propriétaire des alluvions gasconne?, au riverain de la Corniche, au Saharien séché par le soleil, nu Portugais installé sur le rivage du Brésil, î\ l'Indien dont la hutte touche aux forêts vierges des Amazones. Entre ces divers citoyens du monde, le sol ou le ciel, ou tous les deux, la province géographique en un mot, a mis à la longue de? dilTcrences physiques et intellectuelles que le temps seul modifie ou efface quand l'émigration a porté un homme, une famille, une race dans une patrie nouvelle.

I.a province géographique ne l'emporte, on effet, qu'avec le temps sur la persistance, peut-êlre vaudrait-il mieux dire la permanence du type. Toutes les contrées logent côte à côte des hommes, dos peuplades, des peuples mêmes distincts par la taille, la forme du crAne, les yeux, les cheveux, la barbe, les lèvres, et aussi par la manière de sentir et de comprendre les choses. Aussitôt, nous crions à l'immuable: mais si ces types différents ne se sont point fondus sous nos yeux, malgré l'inlluenoed'un milieu commun, si même nous n'avons pas encore vu poindre les plus jéj^ères modilications, c'est peut-être souîemenl parce que le temps n'a pas fait son œuvre : suftirail-il d'un jour, d'une année, de dix ^ios, pour détruire ce qu'il fallut on ne sait combien de milliers de générations pour créer? N'uui

GEOGRAPHIE. f

comptons nos ans par dizaines, les années de nos familles par centaines, celles de nos peuples par milliers au plus, et les siècles de siècles ne sont qu'un instant pour notre planèle,si périssable qu'elle soit, elle, son satellite, ses compagnes et son soleil.

En s'en tenant à notre courte expérience, le milieu, si puissant parce qu'il agit de partout, de toute manière et sans relâche, et le temps lui-mCme, qui a la force de l'infini, paraissent abdiquer devant certaines persistances de type. Il y a des hommes qu'on dirait irréductibles à d'autres hommes. Sans doute le milieu détruit les divergences secondaires, il passe un niveau d'égalité sur les familles qu'une même origine prédisposait à se ressembler et qui n'ont perdu quelques traits communs que par un long éloignement et des genres dévie divers, mais il ne semble pas capable de rapprocher les types hétérogènes : les hommes blonds persistent parmi les hommes bruns; le Blanc ne devient pas Nègre, ni l'Irlandais, Chinois.

Ceci dit, la description du monde s'abrège singulièrement. La terre et la mer donnent la vie à quatre ou cinq cent mille espèces de plantes, à deux cent cinquante ou trois cent mille espèces d'animaux. Faut-il, se répétant toujours, traîner après soi la liste de tous les produits d'une Contrée? Les mêmes arbres peuvent-ils croître sous l'interminable procession des grisâtres nues irlandaises et sous les soleils calcinants du Grand Désert, dans « l'immensité jaune que piquent de points blancs Touggourt et Biskara? » Sur le Gange, à Palmyre, à Thèbes aux (]ent Portes, au Brésil, faudra-t-il proclamer qu'on ne trouve point la mousse laponne, les troncs nains rampant sur le sol, les fleurs de la Finlande et les arbres sévères? On sait où le palmier se balance, et nul ne cherche les « nobles fruits» du midi sur les glaciers du mont Blanc et dans la neige des vallons polaires.

Les contrées où règne le climat du septentrion ont la végéta lion du septentrion, les zones tempérées celle de la zone tempérée, et dans leurs montagnes, si elles sont montagneuses, la végétation du nord; enfin les contrées tropicales portent les [liantes du Tropique, et là où elles sont sillonnées de hautes chaînes, les plantes de la zone tempérée, de la zone froide et

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do la zone circumpolaire. Kntre les Tropiques, chaque moni résume toule la créalion. Maintenant, d'ailleurs, que cliaque région habitue chez elle toutes les végétations que favorisent ses climats ou qu'ils soufTrent seulement, la prédiction de Virgile est à la veille do s'accomplir dans les bornes du possible : « Omnis ferct omnia klius (1). » Depuis Chrittophe Colomb, nous avons envoyé cent cinquante à deux cents plantes à l'Amérique,el de l'Amérique nous en avons roç-u plus de soixante. Presque toules nos céréales et nos arbres fruitiers Niennent d'Asie.

Les meilleurs géographes évaluent à i,377 millions le nombre des habitants du Cilobe, trente-six fois seulement la population de la France, qui cependant couvre à peine la 2."i0^ partie de la SphtTO. Au taux de la France, le monde nourrirait î) milliards 500 millions d'hommes, six à sept fois plus qu'aujourd'hui, mais on se console fie voir la planùle insuflisammenl peuplée, quand on craint l'avenir parce qu'on se souvient du passé.

La terre fût-elle toule connue, toute défrichée, partout couverte de villes regorgeant d'Otres humains, il serait honteux de s'en réjouir bruyamment. Tdule race, toule tribu cultive un sol dérobé ; il n'est pas de sillon qui n'ait bu le sang innocent, pas de riviùre qui n'ait été rougie dans une heure d'égarement furieux, pas de cité qui n'ail sous ses monuments religieux et fivils des os d'hommes é^^orgés contre lo droit. Que de journées dont il faut crier, comme le chancelier de l'ilùpilal, au lendemain de laSainl-Barthélcmy : « Excidit illa liies œvo! » et pour finir avec le poiile :

Nec postera crcdanl i:iircul'i ! Nos cliam tarcamus et oblita multa Noctc tcgi uoslrœ patinmiir nimin'i gcntis! (2).

A l'rpoque la plus reculée où nous avions des traces de l'homme, nos pauvres premiers pères, laids, chélifs, mal armés

{{) Partout la lerro produira tout.

(2) Que ce jour tombe dans le ntWant ! Que les siècles n'y croient pas! Silence ! Qu'une profonde nuit couvre les crimes de notre race !

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et tremblants, se glissaient obscurément de caverne en caverne. Dans la montagne, dans la gorge inviable, dans la forût marécageuse, l'ennemi était partout, formidable par sa masse, par sa force ou son agilité, ses griffes, ses dents et ses cornes. Avec le bâton, la pointe, le bois de cerf, la corne affilée, la hache de silex taillée par éclats, l'homme luttait. L'éléphant, le mammouth à toison, le rhinocéros, l'hippopotame, le tigre, le grand ours, des bœufs, des cerfs gigantesques, l'attaquaient jusque dans sa grotte ou lui tenaient tôte quand il portait les premiers coups pour gagner la chair de chaque jour. Les ossements de ces ennemis originaires de notre race et les débris des armes grossières qui mirent ces bétes à mort remplissent encore le sol d'innombrables cavernes jadis habitées, notamment dans le magnifique rocher des Eyzies, sur le chemin de fer de Périgueux à Agen, au confluent de la Beune et de la charmante Vézère. Quand sa destinée naissante était ainsi menacée de périr, l'homme, s'il faut en croire de premiers indices, mangeait déjà l'homme après l'avoir assommé. Nos ancêtres, — car les Aryas dont nous descendons se mêlèrent avec les indigènes, — s'égorgèrent pour la possession des cavernesles mieux àl'abri de l'ours et du tigre, les plus haut situées, les plus vastes, les plus faciles à défendre à l'ouverture, les plus avantageuses par l'existence de mainte issue. Quand ils s'étaient alliés afin de vaincre un troupeau de chevaux, de rennes ou d'aurochs, leur commune nourriture, ils se déchiraient pour le butin. Déjà sévissait la guerre. Elle sévit toujours, seulement l'homme tuait alors à longueur de bras; plus tard il fut maître de la vie de son frère à la distance du javelot et à la portée de la flèche ou du jet de la fronde. De nos jours, il détruit à huit kilomètres. Nous avons moins à nous vanter qu'à nous extuser de notre civilisation. Elle s'est étendue au loin, en Amérique, en Afrique, en Asie, en Océanie, sur des mers de sang injustement versé. Aujourd'hui encore, elle ne s'avance qu'en poussant les races inférieures ù l'iiôpilal ou à la boucherie. Bien des villes dont l'avenir s'enorgueillira sont encore des savanes et des forais où les sauvages, se sentant près de la fin de leurs tribus les plus ifières, attendent eu silence l'arrivée des spoliateurs blancs, et les cités actuelles grandissent dans des cimetières

II GÉOGRAIMIIE.

que la fraude et la \iolence ont peuplés de cadavres. Partout le cliétif succombe, le fort rcilc debout. C'est l'épuration des Spartiates. Tous les conquérants fussent-ils justes et débonnaires, rien n'arrt^terait la diminution et la mort des races faibles, que la nature semble avoir condamnées, car elle leur a donné un esprit de résignation infinie, ou la haine d'une demeure fixe, ou l'incapacité do se plier à la vie d'ambitioi, et de travail telle que la compreiment les « civilisés, » ou une fécondité moindre que celle des peuples envahissants, les Blancs, les Chinois et les Juifs.

Cet envahissement porte avec lui sa peine. Ce n'est pas sans revanche que IKuropécn trépigne sur le droit des faibles. Les nations qu'il proscrit en masse ne peuvent lui répondre que par des coups de main, des incendies et des assassinats isolés. La grande vengeance vient d'ailleurs : de la patrie mOme des races ou des tribus vouées à la mort. Le sol qui porte les indigènes, l'air qu'ils respirent, l'eau qu'ils boivent, la forêt qui les ombrage, la montagne où sont leurs cavernes, s'insurgent contre l'étranger. De pai'tout montent des poisons invisibles, et des milliers de familles meurent dans la bataille du colon blanc contre une nature nouvelle. L'acclimatement, presque toujours, coûte beaucoup plus de vies aux conquérants que la victoire en armes. Fn ouvrant le sol on en fait sortir la fièvre, et toute une horde de maladies qui difTirent suivant les altitudes et les climats. Si le climat du pays d'où vient l'envahisseur ressemble à celui de la contrée où il va se fixer, l'acclimatement fait un certain nombre de victimes, tuais le peuple riouveau ne tarde pas à s'implanter dans le sol, quitte à s'y modifier sous l'influence du milieu. S'il y a trop d'écart entre la métropole et sa colonie, colle-ci soufTre et langui!, les cimetières s'y remplissent avant les villes et les villages, et do mort en mort, elle disparaît sans rien laisser d'elle-mèmo, ou ses éléments s'absorbent dans le sang du peuple autoohthone.

Ainsi, en Cochinchino, au Sénégal, en Cuinée, au (iabon, en Guyane, après une surexcitation do quelques jours, le Français se sent menacé. Hapidement ou lentement, il faiblit, vieillit et meurt avant l'Age, ou il revient en Franco, cassé, la figure jaune et les cheveux grisonnants, s'il résiste ;\ l'anémie, à la dysscn-

terie, aux maladies d'entrailles, aux affections du foie et aux fièvres pernicieuses, et qu'il devienne chef d'une famille, celle famille est perdue d'avance si par sa mère elle ne s'appuie pas sur la race indigène. De même l'Anglais se soutient mal dans l'Inde et dans la Jamaïque, et le Hollandais succombe dans sa lutte contre l'air de Batavia. Par un contraste naturel, le Cochinchinois, le YolofVdu Sénégal, le Nègre de la Guyane ou des Antilles, rindou, le Malais, se font difficilement aux climats du nord. En Europe, ils deviennent le plus souvent la proie de la phthisie et du rhumatisme, qui sont deux des grands chemins , du tombeau. Ainsi, l'homme du midi, sous l'air inclément du nord, tend à disparaître comme l'homme du nord sous les cieux cuisants du midi. Il n'en est pas autrement de la plante et de la béte. Le plus gai des animaux, le singe équatorial lui-même, cesse de gambader dans les hauts cordages, quand le vaisseau qui remporte vers l'Europe a passé le Tropique, puis il devient inquiet, maussade, rhumatisant ou phlhisique, et aux cruautés de la maladie mortelle s'ajoute sûrement la nostalgie des brillantes forûts.

Pour s'en tenir ù une contrée dont l'avenir nous importe, à l'Algérie, le Français du nord et de l'est, le Lorrain, le Comtois, le Normand qui s'y installe s'affaiblit sous l'influence des hivers et des étés qui ne sont pas les saisons de son enfance; sa famille n'y succombe point, car la différence entre le climat de la France septentrionale et celui de l'Afrique algérienne n'est pas l'écart absolu dont la constitution de l'homme blanc ne peut triompher, mais il perd beaucoup d'enfants, à moins qu'il ne se soit allié à une femme née dans le midi européen ou dans le pays même. Le Gascon, le Béarnais y souffrent peu; le méridional de Narbonne, d'Aigues-Mortes, d'Avignon ou d'Antibes s'y trouve comme chez lui : à plus forte raison le Corse, le Sarde, le Sicilien, le Maltais, le Catalan et l'Andalous, qui toutefois perdent généralement quelques-uns des leurs dans les défrichements, parce que tout sol remué après un long repos dégage des effluves morbifères. Quand ce beau pays aura rempli son nouveau destin, en devenant sous la main des Français champ, vignoble et verger, son histoire tiendra dans quelques lignes, comme l'histoire de toutes les

colonies. Ces campagnes, pourra-ton dire, ont vu passer des races qui successivement se sont dévorées. Celles que nous appelons autochthones ne \e sont que pour noire ignorance. Notre regard perce i\ peine trente siècles; à celte distance il hésite devant un crépuscule où llollent des ombres, au delà c'est la nuit opaque. La derniùre venue de ces races violenta celle qu'elle rencontra sur ce sol; elle vainquit parle nombre, la richesse et les armes. Mais quand elle eut acquis la surface en quelques batailles, elle ne dompla la terre elle-même qu'obscurément, à la longue, en coucliant sous la racine des herbes des générations de colons morts avant d'avoir porté tous les fruits de la vie.

Quelques nations possèdent un grand pou\oir de résistance aux climats. Ce pouvoir, elles le doivent sans doute i une origine mêlée, et à une longue liabilation de leurs ancêtres sous un ciel intermédiaire entre le îorride et le tempéré. Ces nations cosmopolites au degré supérieur sont les Juifs, les Espagnols, les Portugais, les Arabes, et plus encore les Chinois, qui se font à tous les sols et à tous les airs, et qui peu à peu envahissent l'Asie, les deux Améiiques et les îles de la mer du ^ud.

Que faut-il augurer de l'avenir de notre race humaine, qui, hors la (ié(du\er(e de quelques lois pliNsiques, chimiques et matliénialiques, n'a poursuivi que la cliimi-re et n'inventa que le néant ? Comme le faux sage de l'tvangile, les nations qui nous entourctit se sont orgueilleusement écrié, à l'ouïe de nos désastres: « Nous sommes plus justes que ces Français-lù! » En se glorillaiit de la sorte, ces peuples vains el jaloux ressemblent au sexagénaire qui se rirait du vieillard, sans penser que luimême il touche à ITige de la marciie caduque el des intirmités sordidrs. Ils sont hommes comme nous, blancs et « civilisés » comme nous, et leur destinée vaut la nôtre. Ils ne tarderont pas à gémir sur les mêmes douleurs, et ils connaîtront À leur tour ce qui nous a rapidement menés ;\ deux pas du tombeau: les mots vides, les théories, l'injustice systématique, le mépris

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de la loi, l'indiscipline, l'outrecuidance, le scepticisme, et parmi les dissolvants plus nobles, le sentiment de la fraternité universelle qui met un cosmopolitisme vague à la place de l'idée de patrie, déjà moins forte et moins féconde en héroïsme que l'antique idée de cité, car tout sentiment s'affaiblit quand son objet s'étend.

Chez ces nations qui nous méprisent, avant longtemps des patriotes, des apôtres, des savants arroseront en vain des liges qui ne voudront pas reverdir. Les peuples ont beau savoir que les globes vieillissent et qu'ils peuvent mourir, ils croient à l'éternité de leurs jargons, de leurs légendes, de leurs théories et de leurs docteurs. Qu'ils redoutent plutôt dès aujourd'hui leur avenir, il est sombre comme notre pre'sent. llo y verront fleurir l'égoïsme, notre plus légitime nature, et grandir la passion du bien-être à tout prix qui mène à l'émasculation et à la couardise. A l'horizon gtandit le monarque de l'humanité future, le commerce, fait aux trois quarts d'accaparement, de fraude et d'avidité. Nous eûmes d'abord pour pôle le père de famille, puis la tribu, puis la cité, le forum, plus tard l'église et le couvent. Nous entrons aujourd'hui dans l'ère du tripot, de la bourse et des tabagies.

Et que penser des mauvais jours que nous préparent peutêtre les croisements que nous voyons se multiplier sous nos yeux? Les Blancs, les Noirs, les Chinois, les Indiens, les Polynésiens, toutes les races, toutes les sous-races, toutes les variétés se mêlent par d'innombrables intermariages. Qui oserait prédire ce que vaudra le peuple « universel » qui sortira de ces millions d'alliances ?

La science, qui pendant longtemps a eu la passion de diviser sans preuves, et quelquefois même sans présomplions, n'a pas manqué de partager l'humanité en groupes, de nombres divers selon les savants. En général, on reconnaît une race blanche ou aryane, avec deux courants distincts, un courant brun et un courant blond très-mûlés. Aux Blancs, qu'on nomme aussi Caucasiens, on rattache la race sémitique ou arabe,

quand on n'en fait pas un rameau à part. Puis viennent la race jaune ou mongole, qui par les Chinois absorbe plus des deux cinquièmes de l'humanité; les Malais; la race papouane et la polynésienne; la race nègre, composée de Nùgres et de Négroïdes; la race indienne.

Celte division se heurte dans le détail à des difficultés insolubles : il y a tant de nuances qu'on ne sait où arrêter les types, tant d'exceptions qu'elles découragent, tant d'obscurité sur les origines et sur les temps antéhisloriques que la modestie dans les conclusions doit dominer toute la science des races. Kes milliers de langues et de dialectes de la terre ne donnent point la clef du problème par leurs analogies ou par leurs dissemblances, car beaucoup de peuples ont subi les idiomes de conquérants hétérogènes. C'est ainsi que les Nègres d'Haïti et les Murons de la Joune-I.oretle (Canada) parlent le français. A un certain recul dans le temps, les documents font défaut, et nous ne savons plus si tel ou tel peuple usait de sa langue nationale on d'un langage appris des vainqueurs. Nos pères, les Celtes et les Kymris, n'adoptèrent-ils pas le latin?

La seule chose bien sûre, c'est que la race dite blanche ou aryane, parlant des langages d'origine commune, couvre à peu près IKurope el domine dans le reste du monde, qui reconnaît sa supériorité; ses colons sont en voie de peupler l'Asie du nord, l'Afrique septentrionale et l'Afrique méridionale, l'Australie, rOcéanie el les deux Amériques. Les Arabes gagnent dans l'Afrique centrale par le prosélytisme mahométan et par le commerce, mais partout ailleurs ils reculent devant les Blancs, surtout dans l'Afrique du nord devant les Français. La ra( e jaune, inférieure en étendue d'esprit à la blanche, a pour elle beaucoup d intelligence pratique et de patience; aussi menace-l-elle de lutter pour la prépondérance avec les Européens dr.ns toutes les contrées chaudes ou torrides. Les Noirs et les Négroïdes habitent principalement l'Afrique, puis l'Amérique, où on les transporta par millions comme esclaves; pour l'intelligence ils ne valent ni le Blanc ni le Jaune, mais ils ont benuroup de force physique, do vitalité, de fécondité» do gaieté, de qualités affectives. Les Indiens ou Peaux Rouges d'Amérique s'elTaccnt devant les Blancs; leur sang se versa el

se verse encore à flots dans les veines des nations espagnoles de l'Amérique centrale et ûe l'Amérique du sud, comme le sang noir dans les veines des Brésiliens. Les Malais sont soumis aux Européens et envahis par les Chinois. Les Papous diminuent tous les jours et sont menacés de disparaître. Les Polynésiens des îles de TOcéanie, en petit nombre, fuient devant la colonisation européenne dans leurs archipels et jusque sur leurs écueils de corail.

Une autre division est celle de Thumanité en Chrétiens Catholiques, protestants, grecs), eil Juifs, en Musulmans, en Brahmanistes, en Bouddhis-tes et en Idolâtres. A Gotha, un do ces géograj)hes qui ont plus fait pour la gloire de l'Allemagne que son million de héros casqués, divisait ainsi la population du Globe^ en lui supposant 1,300 millions d'habitants (au lieu de 1,377) :

Blancs, 30 pour 100; Mongols, 40 pour 100; le reste, Africains, Polynésiens, Indiens, Malais, etc., 30 pour 100.

Chrétiens, 26 pour 100; Juifs, 0,40 pour 100; Religions asiatiques, 46 pour 100; Mahométans, 12,31 pour 100; Païens, 15,39 pour 100. Soit 33ùi millions de Chrétiens (170 millions de Catholiques, 89 millions de Protestants, 76 millions de Grecs) ; 0 millions de Juifs; 600 millions de Brahmanistes et de Bouddhistes; 160 millions de Musulmans ; 200 millions de Païens.

On divise la Terre en Ancien Continent, en Nouveau Continent ou Amérique, en Australie et îles, et plus habituellement en cinq parties : l'Europe, l'Asie, l'Océanie, l'Afrique et l'Amérique.

PUExMIERE PARTIE

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