TRIPOLI
Tripoli dépend du sultan de Constantinople. Plateaux secs et pierreux, sables et lisière étroite peu ou point arrosée bordant le rivage de la Méditerranée, c'est la région la moins favorisée de l'Afrique du Nord. Le désert y empiète beaucoup sur la zone habitable, et en certains endroits, le Sahara pousse ses dunes jusque dans la mer, très-salée sur cette côte.
A l'ouest du delta du Nil^ émerge du désert libyque, sur le rivage, un plateau calcaire désert, le plateau d'Akaba, haut de 200 à 230 mètres, et dépendant de l'I^gypte. Se continuant à l'ouest, l'Akaba accroît son altitude, et, sous le nom de plateau de Barka, entre dans le domaine tripolitain. ' Le Plateau de Barica fut la Cyréuaïquc des Grecs, ainsi appelée de sa plus illuslre ville, Cyrène. On le nommait aussi Pentapole, de ce qu'il renfermait cinq grandes cités belle-
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niques. On a oublié les arts de la Grèce dans ce pays barbare. Le plateau de Barka plonge sur la côte par des falaises, qui parfois baignent leur pied dans la mer mOme, et plus souvent laissent entre elles et le flot un petit littoral charmant par ses bosquets et ses fontaines. Des aires nues et brûlées, de longues roches calcaires avec des cavernes habitées par des chevriers, des gazons, des steppes se partagent le Barka, ou Bengazi, que parcourent des pasteurs arabes. Le plateau peut avoir dix millions d'hectares ; son altitude moyenne ne dépasse pas 500 mùtres.
De l'autre côté du golfe de la Grande Syrie, commence le Tripoli proprement dit, ou Mesurata; la bande riveraine y a plus de largeur qu'au pays de Barka ; derrière elle s'escarpent les monts Gharian (750 mètres). Au delà des Gharian, qui abritent des paysages rocheux, de vastes grottes, des vallons à belles sources, le Hammada, plateau de pierres, fait déjà partie du Sahara.
Dans le Sahara, Tripoli possède deux oasis, Ghdamès et Aoudjiln, et le Fezzan, vaste région d'oasis, de dunes, de sables plats, de roches appartenant à lliaroudj Noir et à l'Ilaroudj Blanc, de fonds salés, de lacs de natron, de palmiers. La roule la plus courte entre la Méditerranée et l'Afrique centrale passe par le Fezzan.
L'ensemble de ces Irois pays, Barka, Tripoli, Fezzan, embrasse 90 millions d'hectares, plus d'une France et demie, avec 750,0(10 liabilanls seulement. Dans le Barka, la population est faite d'Arabes sédentaires ou nomades, purs ou mOlés au sang d'esclaves nègres. Dans le Tripoli, elle consiste avant tout en Arabes, puis en Berbères, enfin en Turcs, ces trois éléments intègres ou mélan^'és entre eux et avec les Noirs. Les 50,000 Fczzaniens sont Arabes et lierbères, aNCc infusion d'éléments nègres, l'archipel d'oasis du Fezzan se trouvant en constants rapports avec le Soudan, d'où lui arrivent sans doute encore beaucoup d'esclaves. A Ghdamès, le fond de la population appartient à la race berbère. Tout ce monde parle arabe, sauf quelques milliers de Berbères, et professe l'islamisme, excepté le peu dlÀiropéens, Italiens, Grecs, Français, flxés dans Icb villes. 11 y a peu de juifs.
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Tripoli, capitale, Bengazi dans le Barka, Mourzouk dans le Fezzan, toutes trois pauvres cités, sont les maîtresses villes. Tripoli, port de mer, a20,000 habitants. Bengazi (1 0,000 hab.), port ensablé, recouvre les ruines de l'antique Bérénice. Mourzouk (3,500 hab.), à 450 mètres d'altitude, reçoit et renvoie beaucoup de caravanes de la côte au Soudan et du Soudan à la côte. Les vautours s'y chargent du nettoiement des rues.