‹ Géographie (volume 2)Chapitre 50 sur 104 · COLONIE DU CAP. AH · texte numérisé non relu

COLONIE DU CAP. AH

Les Iloltenlols, jadis les maîtres du pays, du Cap de Bonne- Espérance au Tropique du Capricorne, s'appellent eux-mOmes Khoï-Klioïn (hommes des hommes), Gui-Klioïn (premiers hommes) ou Ama-Khoïn (vrais hommes). En dépit de ces noms fiers, qu'ils se donnèrent dans leur ignorance du reste du monde, il n'y a guùre de Nègres ou de Cuivrés d'une laideur pareille, mais cette hideur n'excuse pas les commandos^ chasses barbares par lesquelles les Doërs les détruisirentoules traînèrent en esclavage. Rarement une nation dite civilisée a commis plus d'atrocités que ces rigides calvinistes contre des sauvages indolents qui ne demandaient que la paix, et devant eux l'espace. Fort diminués et fort abrutis dans les districts colonisés, où ils ont adopté le hollandais et un dialecte hoUando-anglais, ils sont plus grands, plus robustes, plus nobles (peut-on dire plus beaux?), dans les plaines sèches et chaudes mais salubres qui vont de l'Orange au Tropique. Entre l'Orange inférieur et le Tsoa-Xaub, fleuve périodique, erre, avec ses bœufs servant de chevaux et ses chiens faméliques, leur principale tribu : la tribu des Grands-Nama, sauvages qui portent à un degré prodigieux l'acuité de la vue, de l'ouïe, de l'odorat et la puissance d'observation. La langue hottentote se distingue de toute autre connue par ses quatre claquements : l'un ressemblant au bruit d'une bouteille de Champagne qu'on débouche, l'autre au clac par lequel on excite un cheval ; les deux autres ne se peuvent traduire, il faut les entendre de la bouche d'un Holtentot. Les Damara séparent les grands iNama du pays des Noirs. Les petits Nama, les Saab au lioeschmen (Hommes des Bois), les Koranas, les Batlapis sont d'autres tribus hottentoles ; enïïn, sous le nom de Bastards ou de Griquas, des milliers de métis à pères blancs et à mères hottentoles habitent dans la colonie. Sur les 490,000 habitants du Cap, un comptdit près de 82,000 Iloltentots en 186j.

'i 100,000 honmies sont des Cafres. Le mot Cafre vient de l'arabe kdfir (non-croyant). C'est que ces sauvages, en vain catéchisés par les docteurs de l'islam, ont voulu rester païens. Les Cafres forment une belle race cuivrée, musculeuse, enthousiaste, guerrière, amie de la liberté, parlant une langue sonore malgré trois claquements, empruntés aux llotlcntols.

4U GÉOGRArUIE.

Diviïés en tribus toujours priîlfis à se quereller, ih couvrent une grande partie du versant oriental et s'étendent au loin à rinlérieur dans la direction du Zamhî'ze. Les Detchouauas et les Bassoutos appartiennent à la race cafre.

La capitale de la province occidentale, premier établissement des Européens à la pointe australe de l'Afrique, le Cap, au pied de la montagne de la Table, renferme environ 40,000 habitants, dont trois cinquièmes d'Luropéens, deux cinquièmes d'indigènes, d'indous et de Malais. La moyenne annuelle de la température y est de 18 degrés. — Graham's-Town, cheflieu dt> la [)rovince orientale, n'a pas l'importance de Port- Elisabeth, place plus commerçante que le Cap même.

La colonie du Cap vient de s'annexer le PAYS des BAS- SOUTOS (2 millions d'hectares, r.0,000 hab.). l*res^L'^ par les Boërs de l'Ltat-Libre, les Bassoutos, après une vaillante résistance, favorisée par les citadelles naturelles dont abonde leur pays de montagnes à table, ont imploré la suzeraineté britannique. Ils habitent en corps de nation dans les hautes vallées dont les sources constituent le (iariep Noir. Chacun d'eux, au singulier, est un Mossouto; ils appellent leur pays Lessouto, sessouto leur langue riche, poétique, énergique et bien sonnante. Des missionnaires français les ont convertis au protestantisme, et leurs principaux \illages sont précisément des stations auxquelles les missionnaires ont imposé des nom> bibliques : Bethesda, Morija, Berée, Hermon, Beerséba, Carmel, elc. Thaba-Ounchou, centre principal, se partage entre le Bassdutos et les métis (Iriquas. Acculés par les Boërs et les Anglais, ces Cafres ont tout à craindre de l'avenir.

Le rccensiMnont de 1805 ne tenait pas compte des 80 à 100,000 liabilanls de laCafrerie Anglaise. Cette pro\ince \ient d'être annexée à, la colonie du Cap. Ofliciellement, la CAFRE- RIE ANGLAISE n'occupe qu'une partie de l'espate compris entre la mer des Indes et la montagne, des limite du Cap à

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