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COLONIE DU CAP

par l'oïJium, la laine et le blé sont les deux grands produits de la colonie.

En 1798, les établissements hollandais du Cap ne contenaient que 59,000 habitants, dont 25,000 Hollandais; en i810, la population arrivait à 100,000; en 1865, elle se montait à 496, 000 individus : sans préjudice des nouvelles colonies anglaises ou hollandaises, Cafrerie, Natal, Républiques des Boërs.

Sur ces 496,000, 182,000 étaient des Blancs ; le reste se composait de Hottentots, de Cafres, de Bassoutos, de Malais, importés jadis de Java; il y a aussi quelques Nègres, fils d'anciens esclaves, des Indous, des Arabes, des Chinois.

Jusqu^à ces dernières années, les Blancs augmentaient peu par l'immigration ; les Anglais, les Écossais, les irlandais, les Allemands s'y rendaient par dizaines, par centaines peut-être, jamais ils ne s'y jetaient par milliers comme sur le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ou par centaine de milliers comme aux États-Unis. Quant à l'ancien courant hollandais, il est depuis longtemps presque tari.

Aussi l'Afrique anglo-hollandaise n'étonnait point par la rapidité, on pourrait dire la violence de sa marche en avant, comme tant d'autres colonies britanniques ; population, culture, commerce, tout s'y développait avec lenteur, et l'industrie restait nulle, seulement les annexions agrandissaient incessamment le territoire. Mais les Anglais sont heureux dans leurs entreprises. Quand une de leurs provinces d'outre-mer languit, des mines d'or s'y découvrent, et les coureurs de fortune s'y précipitent comme un grand flot de marée. C'est l'histoire du Cap. On a trouvé des champs d'or et des fonds de diamant, à la fois l'Australie et le Brésil, dans les plateaux au nord de l'Orange, sur le domaine des républiques hollandaises, et di'jà ces républiques intérieures et la colonie du Cap, qui est leur port et leur réserve, sont devenues une Californie où s'engoulVrent les aventuriers venus d'Angleterre, d'Irlande, d'Allemagne, d'Amérique et d'Australie.

Les Blancs sont ou des Boërs ou des Anglais.

Les Boërs ou Afrikaners proviennent d'ancêtres énergiques. Le preuiier fond se lit très-lentement, entre 1,'J50 et 1,700, de

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marins, de soldats, de fonctionnaires, de marcliands, d'aventuriers hollandais; puis vinrent des calvinistes français, qui, fuyant devant les dragonnades, aprùs la révocation de l'édit de Nantes, s'enfuirent en Hollande et de là passèrent au Cap. Les noms lie Déranger, Bruin, Le Clerc, Jouberl, Olivier, Roux, Coussie, Vaurie, Du Toit, Plessis se rencontrent encore trùssouvent dans la colonie ; mais ceux qui les portent n'ont gardé de leurs pères que l'élroitesse du calvinisme ; ce n'est plus en français qu'ils chantent les psaumes de David, mais dans le dialecte hollandais de l'Afrique. Par la fusion, par le climat ils ont pris le lype «béatement rusé » des Austro-Hollandais.

Au peuple fait de ces deux éléments se mêlèrent plus tard des colons danois, allemands, anglais, sans compter Taccession du sang indigène, car les femmes hollandaises étaient peu nombreuses aux débuts de la colonie.

Issus donc de races fortes, les Boërs ont dégénéré ; le climat «ans hiver de l'Afrique jiustrale les a anémiés, la pauvreté d'eau les a maintenus à demi nomades par Ihabitude du trekken^ leur calvinisme dogmatique et littéral leur a fermé l'esprit aux idées, leurs guerres avec les sauvages les ont fait presque sauvages. Étant peu renouvelés depuis leur séparation d'avec la Hollande par de nouveaux éléments hollandais capables de continuer la tradition nationale, ils sont tombés dans une demi barbarie. Le trekken, les visites de ferme à ferme, la somnolence, la pipe, les sermons, les discussions théologiq»ies, la lecture de la Bible, de quelques vieux traités de contro\('r>e et des œuvres de Cats, le poète national de l'ancienne Hollande, chez quelques coUns avancés les coups de main contre les Cafres : i\ cela s'use la vie des fils de ceux qui tirèrent la Néfrlando des eaux de la mer du Nord et des héros qui nuigin'nl«dc leur sang les torrents cévenols au nom de la liberté de conscience. Les Boërs peuplent presque toute la province occidentale du Cap, une partie de la provijir.e orientale et de Natal, l'Ltal-Libre et le Transvaal.

Les colons anglais, mélangés d'Allemands, prépondèrent dans la province orientale, dans la Cafrerie, à Natal. Dans l'Ktat-Libre et dans le Transvaal, on en trouve beaucoup dans les villes.

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