NATAL
Les cinq millions d'hectares de Natal continuent au nord la Cafrerie Anglaise. Natal est une terre heureuse autant que belle ; le ciel y prodigue les pluies qu'il refuse au versant opposé des montagnes, et ces pluies se répartissent mieux sur toutes les saisons. Le pays, s'élevant rapidement, ne laisse à la zone lorride que le bord du rivage et les vallées profondes. Par son altitude, la masse de la contrée échappe aux soleils qui ruinent l'organisme et font avec le temps un peuple indolent de ce qui deviendrait nation virile sous un climat plus sévère. A une petite distance de la mer, on se trouve déjà au sein de montagnes forestières, au milieu des grès et des basaltes d'où tombent des torrents qui peuvent s'amincir, mais ne tarissent jamais ; plus on monte, plus la nature grandit, l'air frais se fait froid, on se dirait bien loin des plaines enllammées du Cap.
Pour tirer du sol, des bois, des entrailles du mont tout ce qui peut en sortir de richesses, Natal n'a que 250,000 hommes, dont 18 à 20,000 Hlancs. Les premiers habitants d'origine européenne furent des 13oërs. Las de la domination anglaise, 30,000 Hollandais environ quittèrent la vieille colonie à partir
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de 183 j. Beaucoup d'entre eux se fixèrent à côté de quelques émigrants anglais qui avaient acheté des terres aux Cafres sur le bord de la mer.
L'Angleterre mit la main sur le nouvel établissement hollandais. Presque tous les Boïts, décidés à rester libres du joug britannique, abandonnèrent la pairie qu'ils venaient de fonder et franchirent la montagne pour s'enfoncer dans l'intérieur du continent. Les fils de ceux qui restèrent forment le tiers ou la moitié des habitants de sang européen, qui sont réformés et parlent anglais ou hollandais. Les deux cent trente et quelques mille autres Nataliens sont des Cafres, avec plusieurs milliers de coulios ou travailleurs indous à gages.
La capitale, Pieter Maritzbourg, faible cité de l'intérieur, n'a pas l'imporlance de Durban ou Port-Natal.