URUGUAY
L'Uruguay, dont le nom a passé à tout le pays, est le plus petit des deux fleuves qui forment l'estuaire platéen. Pour retendue du bassin, pour le volume d'eau, il le cède considérablement au Parana, l'une des principales artères du globe, e! pourtant il roule en temps d'étiage 4,215 mètres cubes par seconde, cent fois le minimum de la Seine à Paris. — Semblable au Parana, l'Uruguay vient des serras pluvieuses du Brésil méridional ;ainsi que lui il descend d'abord vers l'orient, puis vers le midi, enfin, il tombe comme lui par un sallo dont le fracas s'entend à plusieurs lieues. Cette chute, ce grand rapide plutôt, interrompt le fleuve à Salto, entre la ville de Paysandû et la frontière brésilienne. En aval, l'Uruguay, navigable aux plus grands vaisseaux, reçoit le beau Rio Négro, rivière centrale de la Hépublique. Au-dessus de leur confluent, les deux cours d'eau enferment la presqu'île du Rincon de las Gallinas (Coin des Poules), ou péninsule de Fray-Bentos. Le Rincon de las Gallinas est un des grands centres de production de la viande. De même que les pampas argentines, les vallées et les piailles de la Bande Orientale fournissent à de colossales tueries; des millions de futures victimes, bœufs, moutons, chevaux, sont élevées en grands troupeaux dans les estancias, puis abattues avec une prodigalité honteuse pour le suif, la peau et la laine, et depuis quelque temps pour « l'extrait de viande ». L'autre centre de boucherie touche à l'Empire du Brésil.
Les montagnes de l'Uruguay atteignent leurs points culminants près des bornes de la province de Rio-Crande do Sul, vers les sources du charmant Tacuarembo, tributaire du Rio Negro, dans le district qui sera le plus riche un jour par ses cultures et ses mines. Là même, elles n'ont pas 1000 mètres d'altitude. Vers l'ouest et vers le sud, elles se prolongent tortueusement, puis s'abaissent en ravissants coteaux au pied desquels passent des rivières et des ruisseaux magnifiques en route pour l'Uruguay. Celui-ci, plus grand et plus beau que tous, va rencontrer le Parana, son rival et son maître, devant l'île granitique de Martin-Garcia.
L'Uruguay se peuplerait très-rapidement, sans ses guerrei uviles qui u'ont ni raison ni terme. 11 ressemble à la Repu*
582 GÉOGRAPUIE.
blique argentine par la liAte annuellement croissante avec laquelle s'y précipite Témigralion européenne. Sur 400,000 citoyen?, prùs de la moitié soni des gringos (étrangers) et les /n'jos del Pai^, c'cst-A-dire les natifs^ ne font que les 52 centièmes de la population. Déjà Montevideo reçoit vingt mille colons par an, sans compter les Rrésiliens, car les « Hio-Grandenses »> ont toujours eu du pcneliant à s'établir comme cslancicros dans le nord de l'iTugiiay. Parmi les Européens qui débarquent dans l'État, les plus nombreux sont les Italiens, puis les Espagnols, puis les Français basques, béarnais et gascons. Les Basques de France et d'Kspngne peuplent à eux seuls des quartiers dans les villes et des districts dans la campagne.
Il n'y a plus d'indiens dans la Bande Orientale.
LesTruguéens ont l'espagnol pour langue usuelle, le catholicisme pour religion dominante.
La Capitale, Montevideo, compte 125,000 habitants. Elle g'élève en amphitéâlre sur le Rio de la Plala, à 180 kilomètres de Buenos'Ayrcs.