GUYANE HOLLANDAISE
Entre la Guyane française et la Guyane anglaise, la Guyane hollandaise prend au continent prùs de quinze millions et demi d'hectares, dont moins de cent mille cultivés. Le marais, le bois, la savane gardent le reste, et le garderont longtemps, car un climat fiévreux et énervant en écarte les Européens. Quant aux Nï'gres esclaves, ils suffisent à peine à empocher la nature libre de reconquérir les plantations. Les Noirs maîtres d'eux se soucient peu de défricher la forêt, et les 7,500 Nègres marrons ou Nùgres du bois, fils d'esclaves fugitifs, vivent au loin dans l'intérieur sans retourner le sol. Le sucre, le café, le cacao ont le premier rang dans les cultures de la colonie.
En 18GG, la Guyane hollandaise, Surinam, comme on l'appelle communément, du nom du fleuve qui baigne sa capitale, comptait, en dehors des 7,l>00 Ni^'gres marrons et d'un millier d'Indiens toujours décroissants, 53,000 habitants, parmi lesquels 30 à 37,000 esclaves. Des Portugais de Madère et plusieurs centaines de Chinois forment le premier ban des travailleurs libres par lesquels on espère remplacer les Noirs esclaves.
La langue usuelle est le hollandais. Comme religion, les Moraves ou Frères de Ilerrnhut, secte e.vtrème du lulhéranisme, constituent la majorité, puis arrivent par ordre les Païens, les Caliiolique?, les Protestants et les Juifs.
La capitale, Paramaribo, sur le Surinam, qui est fort large, ù 3 ou 4 lieues de l'Océan, contient 24,000 hnbilanls dans des maisons bordées de canaux et de jardins. La forût serre de près les habitations, et l'herbe croit dans les rues di cette ville en décadence.
O04 GÉOGRAPniE.