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GUYANE

On ne peut sortir de la Guyane sans traverser l'eau. Ce pays est un ovale fermé par l'océan Atlantique au nord, et des trois autres côtés par de larges cours d'eau, le fleuve des Amazones, le Rio iNegro, l'Orénoque et la Cassi(juiarc.

A qui arrive de la mer, la Guyane s'anriouce par des bancs coquilliers, témoins de l'ancienne côte, puis par des fonds de vase apportés, grain d'alluvion à grain d'alluvio.i, par les

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fleuves. Dcrriùre le rivage, se déroulent des terre? plates cl basses d'une fécondité prodigieuse, mais aussi d'une insalubrité mortelle, le « lomheau des Européens » . Les Ni'gres seul? résistent sans trop de peine aux miasmes qui montent des bords bo;ien\ des fleuves. La culture a peu entamé ce marais, patrie de serpents fâtbeux, domaine préféré du crapaud qui y atteint les dernières limites de la laideur hideuse, dans les espèces du crapaud à cornes et du tedc ou pii)a; souvent, après les averse.-;, les rives des criques semblent marcher, tant les crapauds y grouillent. Où le marécage, où les plantations cessent, commencent les forOts vicrg^'S, aussi louffues, dit-on, et aussi majestueuses que les selvas amazoniennes.

Au sud de la zone mouillée par les marais et les criques, les savanes, inondées aussi par les rivières dans la saison des pluies, et fertiles ou médiocres suivant les roches du sous-sol, s'étendent ju-qu'au pied des monts (luyanais ou Sierra Parime. Elles sont aux trois quarts inconnues,

La Sierra Parime recouvre de ses pics et de ses plateaux 80 à 100 millions d'hectares. Nul de ses monts les plus hardis ne touche, même de loin, à la région des froids supérieurs où la glace et la neige bravent toutes les chaleurs de l'année. C'est dans la profondeur de ses monts, autour d'un prétendu lac de Parima, que la superstition dos Conquistadores avait placé le fameux El Dorudo, la terre ruisselante d'or, étincclanle de pierres précieuses. Pendant plus de deux siècles, des aventuriers, héros ou brigands, périront de faim, de soif, de fièvres, d'épuisemeni, de morts violentes à la poursuite de ce mirage.

Des sommets de la Sierra Parime on descend au sud vers de nouvelles savanes, puis on s'enfonce dans les selvas des Amazones.

L'aire de l'île guyanaise égale environ trois France. I.a plus grande partie relève du lirésil et du Venezuela; de vastes espaces sont disputés entre le Hrésil et la FriUicc, et entre l'Angleterre, le Vén('zuéla et le Hrésil. le reste appartient à la France, \ la n«dlan<le,à l'Autzlcterrc.

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