NOUVELLE-CALEDONIE
C'est Cook qui découvrir la Nouvelle-Calédonie en 1774. I.a France s'est emparée, en 1853, de cette île importante.
Son nom, mal choisi, fuit penser à la brumeuse Ecosse, tandis que la Nouvelle-Calédonie est chaude, sous des cieux éclatants. Elle s'allonge du nord-ouest au sud-est, à 1,300 kilomèt. des côtes de Queensland (Australie), sur 375 kilom. de longueur avec une largeur de 48 à 60 kilom. La pointe septentrionale louche presque le vingtième degré de latitude australe; la pointe du sud termine l'île entre le vingt-deuxième et le vingt-troisiùme degré : la Nouvelle-Calédonie est donc un pays tropical, c'est-à-dire le contraire de la région dont le navigateur anglais lui a imposé le nom.
Sa surface atteint 1,830,000 hectares, prùs de trois départements français moyens. Dans la ceinture de récifs madréporiques dangereuse qui environne lîle, s'ouvrent des passes menante des eaux tranquilles, car ces récifs font office de briselames. De nombreuses baies, quelques-unes vastes et sûres, principalement dans la partie méridionale, donnent sur ces eaux intérieures et reçoivent des torrents sans importance, la montagne où ces torrents jaillissent étant toujours en vue de l'Océan où ils s'abîment. Le pic le plus haut mesuré jusqu'ici dans l'île, le mont Ilumboldt,s'élùve à 1,042 métrés, presque Ja hauteur des sommets de la France centrale.
Climat heureux : rarement plus de 32 degrés dans les mois les plus chauds, jamais moins de!), la nuit, dans les mois les plus froids, qui sont juillet et août, car en Nouvelle-Calédonie, terre australe, les saisons se comportent à l'inverse des nôtres. Le plus souvent le Ihermométre se tient entre '20 et 24 degrés, lîien que la quantité de pluies annuelles soit trèssuftisantc et que l'île s'étende entre le Tropique et l'Fqualeur,
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par un privilège commun à plusieurs contrées de la zone australe, l'uir y garde une salubrité parfaite. Les (européens peuvent y habiter sans dépérir, y cultiver en plein soleil et y fonder dos familles persistantes. Les Français, les Anglais qui s'y établissent vantent ce climat, les galériens qu'on y a transportés y jouissent d'une vigueur égale à l'accablement dont les fièvres de la mortelle Guyane frappent les constitutions les plus fortement trempées.
Aussi la France a-t-elle renoncé depuis quelques années à envoyer ses condamnés en Guyane, excepté les Arabes et les Nègres, et tous les convois de criminels prennent maintenant la route de la Nouvelle-Calédonie. De celle façon se peuplera lentement cette longue île, de tristes éléments, il faut le dire, s'il est vrai que le penchant au crime peut se transmettre de père en fils comme la phthisie, répilepsie,la folie ou le cancer. En fait de colons libres, la Nouvelle-Calédonie reçoit en petit nombre des Français de France, cultivateurs, négociants, ouvriers, ex-marins, ex-soldats; des Français et des Anglais d'Australie ; des créoles français delVIaurice et de Bourbon : ceux-ci trouvent bon de s'installer dans une contrée produisant la canne à sucre et les autres plantes qui leur sont familières, sous un climat meilleur que celui de leurs îles natales. Jusqu'à ce jour, la plupart des immigrants se sont concentrés i\ Nouméa, qui est la capitale et qui borde une belle baie au sud-ouest de l'Ile, non loin du mont d'Or, ancien volcan de 77.') mètres de haut dont la nior frappe le pi«'d. Les Néo-Calédoniens d'origine blanche ne sont encore que quelques milliers, mais les fondements d'un nouveau peuple ïont jetés, et le mouvement d'immigration s'accélère depuis que cette loinlaine terre australe reçoit les dôi)orté8 politiques de France, dont un certain nombre sont accompagnés de leur famille, et depuis qu'on a découvert des mines d'or vers l'extrémité septentrionale de l'île, dans la vallée de îlahule, parcourue par le Diahot, (jui ( si la plus longue rivière de In Nouvelle-Calédonie. On doit regret 1er que sous un pareil climat, dans une belle nat;;re, cette Ile olVre si peu d'espace à l'émigration française, car non-seulement elle n'a que 1.8:10,000 hectares, mais encore une grande partie de son territoire est de médio-
cre OU de nulle valeur, principalement dans la région volcanique du Sud. Les indigènes, Papouas laids el sauvages qui ont la chair humaine eu grande estime, se divisent en faibles tribus. Peut-ûtre sont-ils au nombre de 30,000. Ils se soucient peu de cultiver pour les planteurs européens, qui ont commencé h. introduire des travailleurs océaniens, surtout des insulaires des Mouvelles-Hébrides.
De la Nouvelle-Calédonie dépendent l'île des Pins et les îles Loyauté.
L'île des Pins', la Kounié des indigènes, s'élùve à iiO kilomètres au sud-est de la grande île. Elle est ainsi nommée de ses forêts de beaux pins colonnaires hauts de 50 mètres. L'île des Pins a comme la Nouvelle-Calédonie une enceinte de coraux, sur le pourtour de laquelle s'échancrent des vallons fertiles; au centre se prolongent des champs de fougères; au sud, sur la rive de l'Océan, monte un ancien volcan de 452 mètres d'altitude. oOO à 600 indigènes vivent dans celle île au climat plus doux et plus salubre encore que celui de la xNouvelle-Calcdonie ; il y en avait 1000 lors de la prise de possession. L'île des Pins vient de recevoir quelques centaines de déportés politiques.
A 100 kilomètres à l'est, les lies Loyauté comprennent 2 i 0,000 hectares. Lifou, la plus grande, se nomme aussi Chabrol et contient 7,000 habitants. Dans Mare ou Nengone il peut y avoir de 4 à 5,000 Ames, et seulement 2,000 dans le groupe d'Ouvéa. Ces trois îles sont de formation corallienne. Leurs sauvages ont presque tous abandonné le paganisme pour le protestantisme anglais ou pour hi catholicisme.