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GABON

Dans l'hémisphère austral, presque sous l'Equateur, la France s'est installée en i8'i2 sur le Gabon', qui est un estuaire lorl important de la côte occidentale d'Afrique. LUo y règne déjà sur deux millions d'hectares, peuplés de 200,0'iO Noirs ou Négroïdes idolûlres : des Gabonais, des Lnengas, des Boulons, des Bakaluis, des Pahouins, ces derniers race envahissante.

Par lui-même le Gabon n'est qu'un très-bel estuaire parfaitement navigable, sous un climat équaloriai,à saison sèche et saison pluvieuse, défavorable aux Blancs. La température y dépasse rarement 32 degrés, mais il y fait toujours chaud, de cette chaleur humide que nargue le Noir et que l'Luropéen supporte mal. L'estuaire engloutit le Comoet le Bague, petite» rivières de ceudues des Monîs de Cristal, qui ont 800 à 1,400 mètres d'altitude.

Lerrière ces montagnes coule un des grands fleuves de lAfrique, l'Ugoouaï, que les Français ont essayé de reconnaître. Ils en ont exploré le cours inférieur, le déversoir du grand lac Jonanga et ce lac lui-même. L'immense masse d'eau du fleuve donne lieu de croire que son bras principal, l'Ukauda, vient par des cataractes du grand plateau central de

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l'Afrique. Peut-ûtre ses sources touchent-elles aux sources du Nil, ou à l'origine du Congo, ou à la naissance de la riviùrc considérable qui va se perdre dans le lac Tchad.

Si la France le veut, elle possè-.le probablement dans rOgoouaï une route vers l'intérieur du continent, vers ces plateaux frais et sains autant que le rivage est lorride et mal salobrc. I/Ogoounï traverse des forôts où gîte le gorille, singe anthropomorphe d'une force herculéenne et d'une férocité qu'on ne brave pas sans pcTil. Il alleinl l'Océan dans les environs du cap Lopez, par les branches nombreuses d'un delta dont le Nazareth et le Fernan-Vaz semblent être les bouches les plus considérables.

BOURBOÎl OU LA REUNION.

Cette île s'appelle officiellement la Réunion, mais le nom vrai, historique, celui sous lequel elle se colonisa, c'est Bourbon.

Bourbon, île de la mer des Indes, se. trouve ài)lu3 de f,000 kilomètre du cap de Bonne-Kspérance, j\ nOO de la cAlc orientale de Madagascar, à 150 seulement de l'île Maurice ou ile de France, qu'on nomme à Bourbon ViU-^œio'j car ces deux colonies sont voisines, elles ont grandi ensemble des mêmes éléments et Maurice reste française par la langue de ses créoles malgré soixante ans de domination anglaise. Toutes deux prennent (juelqucfois la désignation commune de Mascareignes, d'après le l'ortugaisqui les découvrit, Mascarenhas.

207 kilomètres de circuit; 71 kilomètres dans un sens, 51 dans l'autre ; 2ol, 000 hectares, les deux cinquièmes d'un département moyen; I^ourbon, on le voit, est de mince étendue, mais il n'y a guère de petits pays aussi beaux. Une plage féconde, malheureusement sans port et n'ayant que de trèsmauvaises rades foraines sur une mer triturée par les ouragans, y fait le tour d'un si)lendide massif volcanique qui porte

sa plus hante têle, le Piton-des-Neiges, à 3,060 mètres. A une pareille altitude, les frimas que ce nom désigne doivent, en effe't, blanchir pendant des mois le sommet d'une montagne, même sous le Tropique — Bourbon est traversée par le 2i« degré de latitude australe. — Le Grand-Dénard atteint à 2,970 mètres; le cratère actif du sud-est, le Piton-de-Fournaiso, entre Sainte-I'ose, Saint-Joseph et Saint-Philippe, monte à 2,020 m'Mres. Des mornes ou pitons de la montagne, un grand nombre de torrents descendent de cascade en cascade, à la rencontre de la mer qu'on voit étinceler de toutes les crûtes de l'île : presque tous ces torrents sèchent en été ; le plus grand, la rivière du Mût, se fournit au Pilon-dcs-Neiges, il a 40 kilomètres de long et 20 mètres de large.

Bernardin de Saint-Pierre a célébré l'île de France, mais Bourbon est bien autrement grandiose. Sans doute, le climat et la végétation se ressemblent à Maurice et à Bourbon, et quand les premiers colons abordèrent aux Mascareignes, ils s'y virent en face d'une faune originale analogue dans les deux îles, mais Bourbon a de plus que Maurice sa haute montagne avec ses étages de climats et depjantes; elle a sa plaine des Cafres, plateau de 1 ,C00 mètres d'altitude, el sa plaine de Saîasie, autre plateau salubre et frais où l'on eut un instant l'idée, en 1837, d'exiler les condamnés politiques ; elle a son Cilaos, cirque arrondi au pied du Grand-Benard et du Piton-des- Neiges, elle a ses lacs qui furent des cratères.

Les savanes prennent à l'île 1 8,000 hectares, les forOls et les bois 5o,000, les terres vagues 15 à 16,000; les terrains en friche embrassent 150,000 hectares, les trois cinquièmes du sol. Près de 80,000 hectares sont consacrés à la culture, dont en\iron oO,000 à la canne à sucre et 20,000 au maïs. Le café de Bourbon, connu pour le meilleur du monde après le moka, fut longtemps le principal revenu de l'île, mais voici quarante années qu'il a perdu le premier rang; ses huit millions de pieds provenaient d'un seul caféier dérobé dans l'Yémon en 17H. La vanille de Bourbon fait concurrence en France à la vanille du Mexique. I\armi les grands arbres, le cocotier, le dattier, le latanicr, le palmiste et le vacoa, sont les plus beaux.

Le climat de Bourbon, d'un moyenne de 24 degrés, avec des

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minima de 12 sur la côte et des maxima de 3G, passait pour irùs-sain. L'Iiuropéen s'y acclimatait et y fondait des famillos, mais depuis l'introduction en masse de coulics de l'Inde engagés pour remplacer les esclaves émancipés, le choléra et la petite vérole y ont fait des apparitions fatales, et dans l'espace de moins de 20 ans, le nombre des décos y a dépassé celui des naissances de près de 25,000. La saison des pluies, l'hivernage y dure environ six mois, la saison sèche autant, de mai à novembre. Les fureurs du vent y sont parfois terribles : en iSOG, un ouragan déracina presque tous les arbres de l'Ile; en 1829, les caféiers et les girofliers furent brisés par une tempête.

Sur 183,000 habitant?, il y a 77 à 78,000 immigrants de toutes provenances : iNégroïdes importés do la côte forme d'Afrique ou de Madagascar, Arabes de Zanzibar, coulies indous ou chinois. Malais. L'ancienne population comprend les créoles, los Européens, les anciens esclaves noirs. Les créoles de liourbon, connus pour leur hospitalité et leurs façons largos, ont pour ancêtres des Français venus dans la seconde moitié du dix-soptième siècte. Français de toutes classes, marins et soldats dos garnisons fiévreuses de Madagascar, aventuriers, orphelines ot ouvriers expédiés par Coibei t. Blancs qui euront le bonlieur de sortir vivants de Fort-Dauphin, poste méridional de lilo malgache enlevé par les Noirs, Calvinistes fatigués do la Hollande où ils s'étaient réfugiés après la révocation (io l'édil de Nantes. Ces créolos, au nombre de 2") ou 3n,000, ne sont point de race parfaitement droite, car dans la période qui suivit l'année où les colons de la première heure débarquèrent dans l'île, à la Possession, entre Saint-Donis et Saint-Paul, les femmes blanches manquaient, et le? l'umpéens épousè- .rent des négresses de Madagascar. On appelle petits Blancs une belle et forte i)opnlation qui séjourne sur les plateaux élevés, cl qui descend d'anciennes familles françaises et de quelques esclaves aflranchis.

Les créoles bourboniens sont une race énergique, lis n'auraient demande qu'à coloniser Madagascar, ils exploitent Mayolte et se portent maintenant sur Saigon et sur la Nouvelle- Calédonie. L'île sœur en fait autant.

La capitale de l'île, Saint-Denis, sur le littoral du Nord, a 36,000 âmes. A 107 kilomètres de Saint-Denis, sur le littoral du Sud, Saint-Pierre compte 28,000 habitants; on y travaille k la construction d'un port, qui sera le seul de Tile.

l^n attendant l'heure douteuse où les Français voudront se porter sur Madagascar, la grande île est côtoyée par nos établissements.

A 5-1 2 kilomètres du rivage oriental, l'île peu accidentée et trùs-allongée de Sainte-Marie, la Nossi-lbrahim des Malgaches, est le seul reste de nos possessions dans la baie d'Anton- Gil. Elle enlève à la mer des Indes 91,000 hectares, sous le \T degré de latitude australe. Les Européens ne résistent pas à son climat chaud-humide : quelques soldats et marins tremblants de fièvres, quelques trafiquants, quelques propriétaires, il n'y a pas d'autres Blancs à Sainte-Marie, d'ailleurs peu fertile, et en partie couverte de forêts (25,000 hectares). Les 5,700 indigènes, païens ou catholiques, viennent de la grande île, dont les Hovas les ont chassés.

De l'autre côté de Madagascar, au nord-ouest, Nossi-Bé^ Nossi-Cumba, Nossi-Fali, Nossi-Mitsiou — Aôsm veut dire île en malgache — très-voisines du lilloial, ont aussi pour habilants des Malgaches et des Sakalaves expulsés de Madagascar par les Ilova?. No^si-Bé seule, enlre le 13"= et le 14* degré, a quelque importance ; elle s'étend sur 20,000 hectares d'un sol volcanique très-riche et a pour point culminant un pic de 453 mètres. Le climat, moins malsain qu'à Sainte-Marie, ne convient point aux Blancs, qui y sont très-peu nombreux; on compte 15,000 indigènes. Helleville, chef-lieu, renferme presque tous les Européens de l'île.

Entre le 12° et le 13e degré, dans le canal de Mozambique, à 200 kilomèlres du rivage nord-ouest de Madagascar, l'île de Mayotte, qui nous appartient depuis 1843, fait partie de 'archipel des Comores. Elle émerge d'un bassin tranquille environné de coraux, elle est volcanique, avec des pilons

de GOO mètiTs d'élévation, et couvre 32,000 hccl.iros de terres fécondes, propres à toutes les cultures tropicales. Le climat n'y vaut pas mieux qu'à Nossi-Dé et sur plus de 7,000 habitants (Malgaches, Africains, Arabes), à peine y a-l-il 200 Blancs, presque tous des créoles de Bourbon et de Maurice. Dzaouzi, la capitale, est bûlie sur une île qu'un chenal sépare de Mayolte; elle est si malsaine qu'on se propose de transporter le siège du gouvernement del 'autre côté du chenal.

COLONIES D'AMKRIQUE.

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