V. OciAR OLACUL ANTAftCTiQui. Il s'étond depuis le
cercle polaire mttarctique jusqu'au p61e austral.
moitié du gkrfie wit coiiTirte é'ein , taaàSê que Tautre eonUant tnotat d*cau que de terre? Il fout, pour saisir r ensemble de l'hémftsph^« aquatique, tourner le gldi» de sorte que la Nourdle-Zélando en iMle poist le plus élevé, ou Jeter l'cBil sur «ne snapp^nonde projetée sur un borison peu éloigné de celui de iParis (1); rbémisphètt elreonserit par Tborizon de nos antipodes ne présente que quelques lies, quelques promontoires et lisières de e6tes au milieu d'une mer immense, tandis que rbémispbère borné par notre horizon réunit la presque totalité des terres. Si les ^aces polaires du sud n'enfermait point quelques Iles considérables, on peut, en suivant le méndica du cap de Bonne-Espérance par le pôle, Jusqu'aux environs du détroit de Bering, tracer une ligne de 200^ (ancienne mesure) ou de 4000 lieues marines, ligne égale à la moitié de la eireonférence du globe, plus 400 lieues, et qui passe sur une surface entièrement aquatique- Sous l'équateur, une ligne tirée de T AfHquepar Sumatra et Bornéo jusqu'en Amérique, présente, quoiqu'avec deux ou trois interruptions, un développement aquatique de 4900 lieues. Ëofln, le quarantième paraUèle de latitude australe offre une zone aquatique interrompue seulement pendant 15 degrés, et par conséquent formant une drconférenoe de près de 5300 lieues marines, un peu moins de deux tiers de la périphérie du globe. Telle est la vaste étoidue du bassin austro-oriental de l'Océan du globe terrestre.
» La forme du bassin occidental n*est pas moins frappante. Elle ressemble à une manche qui se rétrécit vers le p61e, eu conmiuniquant avec le grand bassin, d'un côté par le détroit de Bering, et de l'autre côté par la large ouverture do l'Océan éthiopien. La mer Méditerranée correspond au golfe du Mexique ; la mer Baltique avec celle du N(Nrd , est opposée aux baies de Baf^ et d'Hudson.
* La distribution des mers et des terres est encore très in^:ale, si, en faisant abstraction de la forme des bassins de l'Océan, on compare les hémisphères séparés par l'équateur, ou la moitié boréale et australe du globe. Nous avons trouvé, par une estimation aussi exacte que possible, que les terres étaient aux hémisphères et aux zones qui les renferment, dans les proportions suivantes :
(') yoyes V Atlas de cet Ou? rage.
oÉoftiAran PHYSQinL
lÉ flOM 0ÊMtê du Bord 0,4M
— looe Imnpérée do nord. 0,559
— zone (orride, partie du nord. . . . 0,297
DaofrhémUphiroborétl 0,419
I>ani la zone glaciale du lud 0,000
zone tempérée du sad 0,075
■ lone torride, partie «od. ..... 0,81 f
Dans Vhémigplière aoatral 0,129
» Les géographes et les nataralistes du milieu du âix-huitième siècle firent divers raisonnements sur cette distribution inégale des terres et des mers. Ils en conclurent unanimement l'existence d*un grand continent austral qui devait contre-balancer la masse des terres situées dans Thémisphère boréal ('). Les voyages du capitaine Cook ont anéanti toutes ces suppositions. Ce navigateur n*a trouvé, Jusqu'à 70 degrés de latitude australe, qu'une vaste mer, renfermant beaucoup de glaçons flottants ou fixes , et un petit nombre d*lles qu'on avait mal à propos regardées comme des promontoires du continent austral. Il ne reste encore vers le p61e qu'une zone d'environ 5 à 600,000 lieues marines carrées, dans laquelle il peut y avoir des terres inaccessibles aux navigateurs, à cause des glaces; mais leur masse ne changerait que très peu la pro<portion entre les hémisphères.
» Selon l'opinion aujourd'hui généralement admise, la partie des terres qui s'élève audessus de la surface des mers est si peu de chose en proportion de l'immensité du globe, que l'effet de leur distribution inégale sur l'équilibre du globe doit être nul ou du moins insensible. Il serait d'ailleurs possible (^ que les mers, vers le p61e du sud, fussent moins profondes que dans l'hémisphère boréal, et qu'ainsi les eouches de terres sous-marines du sud oontre-balançassent les couches plus élevées du nord , mais entourées de bassins plus excavés. Cette hypothèse deviendrait surtout plausible dans le cas où le plus grand aplatissement du globe vers le pôle austral, indiqué par les mesures de La Caille, en Afrique (^), se trouverait un Jour confirmé par des mesures correspondantes en Amérique et dans la Nou-
(') Ber^wuam, Géographte pbysiqne, I, p. 6 (2* édil. d'Upaala , en médoia). Dalrymple , Histoire des navigations. Buffon, Buaehe , etc. — (*) Demutrus , Kncïclop* méUNMi. , Géog. pbys. , I. — P) Voyez cidessus, Uv. XXVI, p. 313,315, etc.
Yell»>HeUa]iâe« Car aton Ml hénilaplière étant en général plus arrimé que l'autre, l'Océatt, par sa propre tendance à M mettre au DiTeâUf se serait étendu sur lea terres anitrales qn'll aurait noyées sons set eattk«
» Les deux continente offrent un trait de ressemblance dane la direction de leurs pénln* suies ; elles sont presque toutes tournées au midi : tel est le cas de l'Amérique méridionale, de la Californie, d'Alaschka, du Groenland, de FAcadie, de la Floride, de la Scandinavie, de l'Italie, de la Grèce, de l'Arabie, de l'Inde, de la Corée, du Kamtchatka, de l'Afrique ('). Deux péninsules notables, l'Iucitan et le Jutland , tournées au nord ^ ne consistent qu'en plahMs et terres d'alluvion*
• Mais la direction générale des terres dif*lère entièrement d'un continent à l'antre ; le nouveau s*étend de pôle à pôle : la direction de l'ancien est plus parallèle à Téquateur, et si l'on ne considère que l'Europe et l'Asie, elle l'est parfaitement. La plus longue ligne dîroite qu'on puisse tracer sur Tancien continent, en passant, autant que possible, sur des terres, commence, selon Bêrgmohn^ sous le 61« degré de latitude sq»tentrionale, près de l'embon*chure de la rivière Ponascfaka dans le golfs d'Anadyr^ traverse la vfile de Nargun, le lac Aral et la partie méridionale de la mer Caspienne, passe près du golfe Persique et au nord du détroit de Bab-el-Mandeb, traverse l'Afrique en suivant les monts de Lupata^ ou l'Ëpioe-du-Monde, et se termine au cap de Boone^E^érance. Elle est longue de 148 degrés ou 2960 lieues marines (^ ^ à l'est, elle forme avec l'éqaatenr un angle de 05 degrés. Les parties dn continent situées à l'est et à l'ouest de cette ligne sont à peu près égales. Il est difQdle de tracer une semblable Ugne droite sur le nonvean continent. Btrgmmm la eom-menoe à flOdegrés de latitude boréale^ et à Mo degrés de longitude est de l'Ile de Fer ; il la continue, comme Buffim, à travers la Floride et les îles Jusqtt'à l'emboodrare de la rivMe de la Plata; il la tHhnre de 105 degiéi on 2100 lieues, et fidsant à l'ouest un angle de 68 degrés avec l'équatenr ; d'après les der^ nlères découvertes, la ligne doit être pntoi-
(') Baco Kendam, NoY. Organ., 1. II, aphor. 27. — («) Géographie physique , 1 , 3-6. Comp. Buffon , Preuves de la théorie de la terre , art. S. (La ligne lUée par But on passe paiHiaisni la net QkMisle. )
LITRE TBENTB-VniEHB.
gée 10 àtffés plus au ncMrd, elpeot alors avoir 2300 lieues. Mais on ne peut bien représente la longueur du nouveau continent que par une courbe a plusieurs courbures, en allant depuis le Gap glacé de Gook, par le Mexique et Quito, au cap H(Nm ; alors on aura ime ligne de plus de 3000 lieues ; elle partagerait le continent en deux parties très inégales.
» L'analogie illusoire qu'offrent les isthmes de Suez et de Panama, qui à la vérité partagent les deux continents en deux parties inégales, mais d<mt le premier ne se compose que de sable, tandis que l'autre est formé de rochers de granité ou de porphyre, nous conduit à remarquer une différ^ce très singulière entre ces deux grandes Iles du globe. L'ancien monde ouvre à peu près également toute son enceinte aux irruptions de l'Océan, et depuis le détroit de Bering jusqu'à celui de Bab-el- Mandeb d'un c6té, jusqu'à celui de Gibraltar de l'autre, les baies, les golfes, les méditerranées se tiennent en quelque sorte en équilibre, du moins quant au nombre ; la masse de l'Afrique seule se refuse aux invasions bienfaisantes de la mer. Le nouveau continent, au contraire, n'ayant du c6té d'ouest qu'un seul golfe considérable , celui de Californie ou la mer Vermeille, présente du c6té opposé une suite de golfes ou de méditorranées ; et lorsque cette série est interrompue, d'énormes fleuves en prennent la place. Que certains géologues cessent donc de copier Buffon , lorsqu'il prétend nous représenter les continents comme offrant tous les deux plus de déchirures à l'est qu'à l'ouest.
• De cet aperçu des inégalités que présente le profil horizontal du globe, passons à l'examen de celles qui résultent de ses coupes perpendi(mlaires.
» Les montagnes sont les éminences les plus considérables de la teite, et qui -en même temps ont une paite rapide ou du moins sensible. Il £eiut les distinguer des plateatix, qui sont de grandes masses de terres élevées, formant ordinaireméht le noyau des continents ou des lies, mais qui ont des pentes longues et ét^idues. tf n plateau peut renfermer des montagnes, des plaines et des vallées ; 11 y en a qid sont assez inclinés pour laisser écouler les eaux qui se rassemblent à leur surface : il y en a d'autres qui conservent pendant un long espace le même niveau, et où les rivières ne
trouvent point de àSboothé. On voit des plateaux de cette dernière espèce en Europe, principalement en Croatie et en Camiole, maïs ils ont de petites dimoisions ; pour les voir en grand, il faut visiter la Tatarie, la Perse et le centre de l'Afrique. Ces plateaux ont un niveau général plus élevé que le reste des continents ; ils semblait être les plus anciens massifs de la terre, et comme les noyaux autour desquels les terrains nouveaux se sont accumulés (*).
M Les montagnes offrit , dans leurs formes extérieures, des variétés qui frappent l'ceil le moins attentif, et qui doivent, à la première vue, faire présumer des différences dans la composition intérieure de ces massif. Les plus hautes montagnes présentent le plus souvort le roc dans toute son affreuse nudité; mais la nature même des roches en fait varier la coupe et la forme : là, elles s'élancent en cristaux énormes , taillés par angles aigus , amoncelés et appuyés l'un contre l'autre; plus loin , des sommets arrondis coiuronnent des masses vastes et élevées , mais qui s'élèvent dans les airs avec moins de hardiesse; d'autres fois c'est im énorme escarpement qui découvre à Todl effrayé toutes les entrailles de la nkmtagne. L'imagination fhippée désigne ces aspects sont les noms A*aiguiUes, de pies, de dents, de cornes, de dûmes, àepuys, de ballons et de brèches. Après ces sommets arides , escarpés, déchirés ou arrondis, on voit s'étoidre des montagnes qui portent le caractère de leur formation lente et successive; ces montagnes encore considérables , formées par des couches diversement inclinéeis, offrent généralement des formes variées à l'infini« à cause des afRidssements et des renversements qui ont remué et tourmenté ces terrains. Ici c'est un amphithéâtre qui s'élève par gradins r^liers, comme le Kinne-kul en Westrogothie CJ ; là , c'est une masse coupée à pic , et présentant la figure d'un autel , comme le mont de la Table, près le cap de Bonne-Espérance ; il y en a dans la Chine qui offrent l'image grossière d'une tête
(•) Nous Terrons plus tard que U théorie des soilèvements peut s'appliquer aussi A la fomiatioii de la plupart des plateaux» soit antérieurement, soit poatérieurement à eelle des dépôts auiquels il terfOiC de support. J. H.
(•) Mémoires de l'Académie de StodLholm, 1747, pi. III.
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
de dragon , de tigre ou d'ours (^] ; d*autres fois c'est un labyrinthe de rochers élevés comme des piliers , ainsi qu'on le voit à Adersbach en Bohême , ou même une seule masse élevée en forme de quille , comme le Mont-Aiguille dans le ci-devant Dauphiné (^) ; on en voit, auprès d'Envionne, dans le Valais (') , qui rappellent rimage des anciennes perruques moutonnées; mais la forme la plus commune est celle d'une suite d'assises ondulées ou sillonnées. Après ces montagnes du deuxième rang, on trouve des collines plus ou moins hautes , qui de tous côtés n'off^rent que peu d* élévation et des pentes peu rapides : elles sont sillonnées par les eaux courantes ; ces collines descendent souvent par gradins et se perdent à la fin dans les plaines. Quelquefois leurs falaises ou escarpements subits imitent les aspects pittoresques des hautes montagnes.
» Les pics volcaniques s'éloignent de toutes ces formes communes; leurs masses coniques ou pyramidales se distinguent par leur régularité, même lorsqu'elles ont été tronquée^ par quelque accident. Leur front menaçant domine au loin les contrées voisines. Une ap- ^ parence non moins particulière fait remarquer les montagnes basa]tiq[ues , lorsqu'elles ne sont point recouvertes par d'autres terrains; leurs escarpements présentent des rangs serrés d'immenses piliers ou des chaussées qui semblent être l'ouvrage des géants. Mais la peinture de toutes les formes que prennent ces rochers nous entraînerait loin du sujet propre de ce livre.
» n y a^urtant une bizarrerie de la nature que nous devons indiquer ici. Ce sont les montagnes percées à jour. Il y en a qu'on soupçomie de devoir cette forme , du moins en partie, aux travaux des hommes. La Pierre- Pertuise dans le Jura , et le Pausilippe près de Naples , sont dans ce cas ; mais la nature a laissé à d'autres phénomènes de ce genre Tempreinte de sa puissance. Le Torghat en Norvège est percé d*une ouverture de 25 toises de haut sur 500 de long; à certaines époques de l'année, on voit le soleil à travers cette Toute (*). Près de la Nouvelle-Zélande s'élève
(*) Otb€ck , Voyage i la Chine. 266 ( en suéd. ). — (•) Lancelot, les Merveilles du Daaphiné , dans les Mémoires de TAcadémie des inscriptions , tom. IX. — P) Saussure, Voyage dans les Alpes, $ 1061. —
^) Poruoppidaut Hist. nalur. de la Norvège, I, 75-79 (en dan.)-
un arc de rochers, sous lequel les flot^ de la mer passent dans la haute marée. Ces phénomènes ne diffèrent des cavernes que par des localités qui ont donné à ces cavités une double issue au jour.
i> Un autre point de vue général sous lequel on peut considérer les montagnes , c*est leur rapport de position entre elles. Il y en a q\d se trouvent isolées; c'est souvent le cas des pics volcaniques; c*est encore celui de plusieurs montagnes calcaires et autres. La Chine et ri rlande en offrent un grand nombre d'exemples (*). Le rocher de Gibraltar et le mont Aornos, où une peuplade entière soutint un siège contre Alexandre (^j , présentent ce spectacle. Le plus souvent les montagnes sont groupées : tantôt les chaînes partent d'un noyau commun, en directions angulaires ; tantôt le noyau est lui-même une haute chaîne courbée ou droite, d'où sortent çà et là des branches secondaires. On peut mettre les Alpes dans cette classe. Quelquefois on voit des groupes irréguliers de plusieurs chaînes , parmi lesquelles aucune ne peut être regardée comme la principale. Tel est l'ensemble des montagnes de l'Asie-Mineure et de la Perse. Mais le genre le plus remarquable, c'est celui des longues chaînes qui, à l'instar des Cordillères des Andes dans TAmérique méridionale , se continuent pendant un espace de centaines ou de milliers de lieues, dans une direction presque constante, ayant de c6té et d'autre des assises régulières de montagnes inférieures, mais ne détachant que peu de chaînes secondaires.
» En général, toutes les chalnesde montagnes d'un même continent sembleraient avoir entre elles une connexion plus ou moins sensible ; elles en forment comme la charpente, et semblent avoir déterminé la figure qu'ont prise les terres: mais cette analogie, en la généralisant trop, nous induirait en erreur; on connaît plusieurs chaînes qui n'ont point ou qui n'ont du moins que très peu de liaison avec d'autres. Telles senties montagnes de la Scandinavie et de l'Ecosse, montagnes Indépendantes comme le génie des nations qui les habitent.
» L'emploi même du terme chaînes exige beaucoup de précautions. Une chatne peut être définie par une suite de montagnes dont la
p) Bergmann.GéogT. physique,!, 171.— H QuinL Curt.
UVBB TREVTB-UNIEMB*
iiase se toudie. Hait il nt faut pat pousser trop loin le sais du mot hai§; peut-être convien-^ drait-U à de sages obsenrateurs de n'entendre par là que le pied yisibie de la montagne , ou tout an plus les couches souterraines qu'on peut suivre par des fouilles. Du moins, il faut se garder de considérer des tralnéesde collines ou de bancs de sables copime des continuations dedudnes.
» n est encore vrai de dire que le nom de ehaineê n'est pas assez général , et qu'il serait mieux , en réservant ce terme pour les subdivisions, de se servir de celui de iy$tème du montagnu ou maaif, pour l'ensemble de plusieurs diaines (<).
» Les montagnes, soit isolées, soit groupées, offirent de côté et d'autre des pentes douces et longues, ou rapides et escarpées. On doit remarquer principalement le fait général que la plupart des montagnes considérables ont une de leurs pentes très escarpée , et l'autre très douce. Les Alpes descendent plus rapidement du o6té de l'Italie que de celui de la Suisse. Au contraire , les Bofrines ou Alpes Scandinaves ont une descente beaucoup plus roide au, nord-ouest et à l'ouest que vers le sud et l'est. Les Pyrénées sont plus roides du c6té du sud que de celui du nord ; les montagnes de TAsturie ont leurs pentes dans le sens contraire; mais celles de la SierrarMorena , et surtout les Alpuxarras dans la province de Grenade, paraissent avoir leurs pentes roides au midi. Le mont Atlas, le mont Liban, bordent la Méditerranée par des falaises escarpées ; on sait du moins , à l'égard du Dban , qu'il a une pente douce vers l'fiuphrate. Le montTaurus
(•) Il noai lerable plai inéihodique de divlier toutes les montagnes do globe en $y$ièmejt, en groupes, en chainei et en rameaux , d'après la définition sui- Ttnte :
Un rameau est un assemblage de montagnes peu considérables partant d'une chaîne.
Une chaîne est une réunion de montagnes Importantes qui changent quelquefois de nom lorsqu'elle occupe une grande élcndue : elle peut être Isolée comme elle peut faire partie d'un groupe.
Un groupe est la réunion de plusieurs chaînes qui se prolongent dans diverses directions.
Un système se compose de plusieurs groupes liés entre eux , quelles que soient leur étendue et leur élévation.
(Voyez nos articles Montagnes et Systèmes de montagnes , dans l'Encyclopédie moderne et dans l'Encyclopédie méthodique. ) J. H.
(en le terminaiit aux sources de l'Euphrate) offre deux pentes très différentes , car en Caramanie et en Auatolie il a des escarpements au midi et de très longs plateaux au nord ; en Arménie , au contraire , la pente au nord est très rapide. Les Ghattes, sur lesquelles s'appuie le plateau du Dekban dans THindoustan méridi(mal,ont des montées roides directement vers l'ouest et de longues pentes douces vos l'est. Ainsi , il n'jr a aucune règle constante : tout dépend des circonstances locales. En général , cette inégalité des pentes n'a lieu que parce que les chaînes de montagnes, même les plus apparentes , ne sont en grande partie que les boids escarpés des longs plateaux obli* quement inclinés dont la surface du globe semble être composée. Ou doit distinguer les montagnes qui s'abaissent par oMîtes oo ^mdins, ce qu'on attribue tantôt à l'affaissement des bancs d'une nature différente ^ tantôt à l'action des eaux qui jadis ont pu Imîgner les pieds de ces montagnes (*).
(') Quelques observations importantes mériteot d'être ajoutées à ce qui vient d'être dit sur les montagnes.
Et d'abord II nous semble que l'on doit r^eter de toute bonne nomenclature géographique les dénominstions de montagnes primitives^ secondaires , elc, improprement admises pour désigner les différentes classes de montagnes considérées sous le rapport de leur élévation et de leur importance relatives. Laissons la géologie employer encore ces distinctions dont on commence A sentir l'ineiactiiude: nous verrons plus tard quelles sont les roches qae Ton a Jusqu'A présent désignées comme prtmUives et secondaires. lA géologie devant être désormais considérée comme d'un grand secours en géographie , et surtout en géographie physique, n'adraetlons point de termes propres à répandre de la coBfiisioo dans les idées : car des montagnes qui pourraient être regardées comme secondaires en raison de letr faible importance par le géographe , seraient considérées comme primitives par le géologue qui n'examinerait que l'époque relative de leur formation.
Lamouroux avait senti l'inconvénient attaché A ces dénominations de montagnes t nous modifierons légèrement les idées de ce savant. Nous appellerons donc montagnes de premier ordre les chaînes qui comprennent des sommets de 2600 mètres et au-dessos, c'est-A-dire celles qui, dans les réglons tempérées, sont le s^our des neiges perpétuelles, et celles qai, dans les régions équinoxiales , ne portent des Mi|es qu'A une hauteur presque double. Les momagnes de deuxième ordre sont au-dessous de la Hmite des neiges , mais atteignent ou surpassent la région des sapins. Les montagnes de troisième ordre comprennent celles qui n'atteignent pas la limite des arbres foiestiers, teals dont la végétation diffère de celle de la
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
» Les valléeê sont formées par les écartements deschatnes de montagnes ou des collines. Celles qui se trouvent entre les hautes montagnes sont ordinairement longues et étroites , comme si elles n'eussent été au commencement que des fentes entre les chaînes ou des lits de grands iorrepts. Leurs angles dedirection offrent quelquefois une symétrie singulière, o On voit dans » les Pyrénées , dit Ramond (*) , des vallées » dont les angles saillants et rentrants corres- » pondent si parfaitement , que si la force qui » les a désunis venait à s*opérer en sens con- • traire , leurs coteaux s'uniraient ensemble , » sans qu'on pût en apercevoir la soudure.» Ce fait a pour la première fois été observé dans les Alpes, par Bourguet, qui Ta trop généralisé P) ; car il y a de hautes vallées d'un genre tout différent. On en voit qui ont une grande étendue en longueur , sans être coupées par angles ; elles ne forment presque que des plaines élevées ; telles sont principalement celles qui se trouvent le long des chaînes principales, comme le Valais. Il y en a d'autres grandes , arrondies ou renflées : la Bohème ou le Cachemire en sont des exemples ; on dirait qu'elles ont été des bassins de quelque lac ancien qui s'est écoulé en brisant les digues que lui opposaient les montagnes environnantes. Cette hypothèse , développée par Lamanon et Sul- %er (^ , semble même une des mieux prouvées de celles que les géologues ont proposées. Il y a encore de hautes vallées qui renferment des fleuves et des lacs qui n'ont aucun écoulement; on en voit un exemple mémorable au Pérou , dans la grande vallée qui renferme le lac de Titicaca. On en connaît à peu près quelques unes , et l'on en découvrira un Jour bien d'autres dans l'intérieur de l'Afrique. D4(à nous en avons beaucoup d'exemples dans l'Asie centrale.
» Les hautes vallées offrent encore d'autres choses remarquables dans leur forme. Les unes ont àe& pentes égales de tous les côtés; les autres n'ont qu'une seule pente large et du côté
pUlne. Enfin let eollinei sont det sommités peu considérables dont les plantes sont les mêmes que celles de U plaine. J. H.
(') Observations sur les Pyrénées. — (') Mémoire mip ta théorie de ta terre , à la suite des Lettres phiio' êophiquee sur tes sels et cristaux, pag. IBl. Gomp. Buffon , Histoire naturelle , édit. in-12 , tom. I , p. 105. — (') Sulier , Enqrclopédie méthodique. Géographie physique, I, au mot DelaméthriCf % 1514 sqq.
opposé des fhlalscs escarpées. La pYupart d« ces vallées ont le niveau de leur sol égal aux sommets des montagnes secondaires voisines ; le niveau du lac de Joux, dans une vallée des monts Jura , est considérablement plus élevé que le niveau du lac de Genève (*).
M Rarement on voit les hautes vallées s*âap» gir successivement et s'identifier peu à pen avec les plaines. La plupart du temps dlei sont presque barrées par un angle saillant de la chaîne de montagnes qui leur sert de ceinture» L'espèce de détroit par lequel on entre dam la vallée , s'appelle fasse ou dépli^ et comme jadis chaque vallée renfermait une petite peuplade indépendante , on appelait ces passes les Portes des Nations. Telles étaient les Portes du Caucase , les Portes Caspiennss, la Passe tissus , célèbre par une victoire d'Alexandre ; les Thermopyles , immortalisées par le dévouement des Spartiates ; les FoureheS'Caudines, où Rome vit humilier la gloire de ses armes injustes. H y a entre la Suède et la Norvège une de ces portes, formée par plusieurs masses de rochers presque exactement taillés en parallélogrammes oblongs , et qui laissent entre eux des chemins bordés de murailles à pie : cette passe est près de Skiœrdai. Une autre, également coupée perpendiculairement, se trouve dans le Portfield, ou Montagne de la Porte 0. Ces ouvertures sont exactement semblables à celles par lesquelles le fleuve Hudson, aux États-Unis , traverse l'une après l'autre les chaînes de montagnes qui semblaient devoir barrer son cours ('). La Cordillère des Andes offre les portes les plus énormes que l'on con* naisse ; il y en a de 7 à 800 toises de profondeur (*).
» Les basses vallées se présentait sous un caractère très différât; elles s'élargissent à mesure qu'elles s'éloignent des montagnes de second ordre d'où elles partent ; peu à peu elles se confondent avec les plaines. Leurs angles saillants et rentrants correspondent régulière* ment ; mais ils sont très obtus. »>
La plupart des vallées sont arrosées par des cours d'eau j^portionnés à leur grandeur ; les montagnes qui les garnissent à droite et à
(') Saussure, Voyages, § 376 sqq, — (•) Sergmann. Géograhie physique, I, 186. Cronstedt, Description de la lemtie, dans les Mémoires de l'Acad. de Stockholm, 1763 , p. 275. — (3) Kalm , Voyage d'Amérique , III, 161 (en suédois). — (*) Humboldt , Vue des Cor* dilléres , p. 9«
zn