LIVRE TRENTE-UNIÈME
gauche , ou à leur naissance , sont sillonnées par une multitude de sources et de ruisseaux; d*autres vallées moins importantes aboutissent toujours à la principale , et fournissent des affluents aux cours d*eau qui occupent le fond de celle-ci. Dans les hautes montagnes , elles «e disposent de deux manières différentes, dont Saussure a déterminé les principaux caractères avec sa sagacité habituelle ; ainsi , il a distingué les vûlUes longitudinales des vallées transversales.
Les vallées longitudinales sont toujours parallèles aux chaînes principales au milieu desquelles elles sont creusées ; les vallées transversales les coupent, soit obliquement, soit à angles droits.
Ceux qui ont quelque connaissance des montagnes savent que le point de départ de deux rameaux est ordinairement marqué par un exhaussement plus ou moins considérable, et que la naissance de deux vallées Test par une dépression. Ces dépressions portent, dans les Alpes et dans les deux extrémités des Pyrénées, le nom de cols; mais au centre de ces dernières, on les appelle ports. Ces deux expressions synonymes désignent aussi les passages qui servent de communication d*un versant à Tautre de la même montagne. Entre deux cols voisins se trouve une partie du faite resté isolé , une cime. Les cols sont les points de départ de deux vallées opposées ; les cimes, au contraire , sont les points de départ de deux rameaux opposés.
n est encore dans les vallées un point important à considérer : c*est la ligne longitudinale qui occupe la partie 'la plus basse dans toute sa longueur. Ainsi les deux côtés d'une vallée se joignent, en formant à droite et à gauche une pente plus ou moins rapide, comme les deux versants d'un même rameau ou d'une même chaîne se terminent en un plateau sur une ligne qui règne sur toute sa longueur. Cette ligne porte le nom de faite : la ligne qui se prolonge aussi au fond des vallées, et dans toute leur longueur , a reçu le nom de tfial-weg. Ce mot allemand, adopté en français comme expression technique , signifie chemin de vallée (').
» Les plaines sont , comme les vallées , de
(•) Voyez notre trllcle FalUet, dans l'Encyclopédie méthodique et dtnf l'Encyclopédie moderne.
deux classes : les plamês hautsêj qui se taroovent entre les grandes chaînes de montagnes, sont souvent très étendues , et comme posées sur le dos des montagnes de seocmd ordre: telles sont les plaines élevées de la Salarie, de la Perse , et probablement de Tintérienr de r Afrique. Les plaines de Quito sont à ÎOOO toises d'élévation au-gdessus de la mer ; cdles de Kara-korum, dans la Mongolie chinoise, ne leur cèdent peut-être pas.
» Les plaines basses, couvertes de sable, de gravier , de coquillages , semblent être récemment sorties du sein des eaux, soitqu'elles aient formé les bassins des mers intérieures, comme les plaines au nord de la mer Caspienne , la steppe de Baraba ou de Barama entre rObî et rirtyche, vaste plaine de 144 lieues du nord au sud et de 95 de l'ouest à Test, couverte d'une grande quantité de lacs; la plaine salée qui entoure l'oasis de Hami au sud de la chaîne du Thian-chan , et que les Chinois nommait la mer desséchée ( Hanhal ) (^) ; la grande pliùne au sud de la Baltique , celle qu'arrose la rivière des Amazones: soit que , dues à des atterrissements , elles aient été couvertes des eaux de l'Océan et de ses golfes , comme le Téhama de r Arabie , le Delta de TÉgypte rt autres plaines semblables.
» Les côtes de la mer et des lacs méritent aussi une grande attention , ce sont les bords extrêmes de nos systèmes de montagnes. Il y a des côtes escarpées , c'est lorsqu'un sol de roche s'étend, soit à découvert, soit sous terre. Jusqu'aux rivages , comme en Galice, en Bretagne , en Norvège , en Ecosse. Ce gaire de côtes offre encore deux subdivisions. 1* Les côtes escarpées et dentelées : elles sont ceintes de rochers, soit au-dessus , soit au-dessous de l'eau. Ces rochers forment souvent des labyrinthes d'tles qui entourent les o6tes ; tels sont \e jardin du roi et celui de la reine près de Cuba , V archipel de Mergui dans les Indes, les côtes de la Nouvelle-Galles du Sud , le SHtrgdrd de Norvège et de Suède. D faut subdî* viser cette classe selon que les escarpements des côtes sont dus à de vrais rochers granitiques et autres , ou à ces masses de coraux créées par les polypes , et qui remplissant les mers entre les deux tropiques. 2® Quelquefi^ les côtes s'enfoncent tout d'un coup sous l'eau
(>) Humb Idt, Fragments de Géologie et de Climatologie asiatiques , (om. I. Paris . i^Zi,
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
et laissent la mer libre ; ce sont des côtes par escarpement proprement dites , ou, comme on les appelle encore , des falaises ; telles sont celles qui bordent la Manche en France et en Angleterre, telles sont, pour la plupart, celles de la Méditerranée et de la mer Noire ; seulement la Balmatie et quelques parties de TArchipel se rapprochentde la subdivision précédente. L'Amérique n'offre presque pas d'autres côtes vers Tocéan Pacifique, à commencer par le cap Hom , et en allant jusqu'au détroit de Bering ; c'est la plus longue falaise qu'il y ait sur le globe. Les marins nomment acore une côte qui s'enfonce rapidement , et saine celle qui n'est point hérissée d'écueils.
• Les côtes basses sont formées par des terrains argileux et mous, et qui s'abaissent par pentes douces ; on peut distinguer : V \t%côtes par coUines ; telles sont celles de toutes les Iles danoises , de la Scanie et de la Poméranie ; on n'y trouve que de petites falaises calcaires. Ces sortes de côtes semblent appartenir aux lacs et aux petites méditerranées, quoique souvent aussi ces sortes de bassins soient entourés d'escarpements aussi grands que ceux qui bordent l'Océan. 2^ Les côtes par dunes et atterrissements ; elles se présentent comme des plaines sablonneuses ou marécageuses qui se perdent par une pente douce sous l'eau ; mais elles sont de différentes natures: tantôt ce sont, comme en Gascogne et eu Jutland, d'anciennes côtes par collines , autour desquelles les vagues de la mer ont amoncelé des amas de sables, fixes ou changeants ; tantôt ce sont à la fois des dunes amassées par la mer , et des atterrissements apportés par les fleuves , comme en Hollande , en Egypte , à l'embouchure du Missi^sipi. Souvent la mer forme des atterrissements limoneux comme les terres noyées des côtes de la Guyane française. Les côtes basses sont quelquefois exposées sans aucun rempart naturel à toute la fureur des flots ; c'est alors qu'on peut dire avec Tacite, qu'il est douteux si c'est une partie de la terre ou de la mer ; il y en a qui sont garanties contre les flots par un enchatnement de dunes fixes et mêlées de rochers , comme l'est le Nord- Jutland ; on sait que les Hollandais , en imitant par un art patient ces remparts naturels, ont conquis sur l'Océan le sol de leur patrie.
» Les îles d'une étendue considérable offrent en petit les mêmes circonstances que les con-
tinents en grand; mais les petites lies méritent un coup d'œil à part. On peut les classer de diverses manières : elles sont isolées ou rassemblées en groupes^ ou rangées par chaînes^ Parmi les iles plates, il y en a qui ne sont que des bancs de sable, s'éievau ta peine au-dessus des eaux; d'autres fois ce sont des amas de coquilles ou de débris fossiles, comme les iles de Liakhof au nord de la Sibérie, qui ne sont qu'un amas de glaces, de sable et d'argile, renfermant une immense quantité d'ossementsd^é* léphants et de bois pétrifié; la plupart des lies de la mer du Sud, créées ou du moins agrandies par les polypes, ne consistent qu'en coraux ou madrépores.
*> Parmi les iles élevées, on en trouve un très grand nombre qui doivent leur origine, du' moins en partie, à Faction des volcans qui ont soulevé le sol ou percé l'ancien sommet de rtle , et , en rejetant toujours des laves par leur cratère, ont formé, par une accumulation lente, ces énormes pics qui servent au loin de guide aux navigateurs.
» Lorsqu'on voit des lies en groupes très rapprochés, il est permis de soupçonner que ce ne sont que les sommets d'un plateau sousmarin. De même, lorsqu'elles se suivent de très près dans une direction constante, elles sont les éminences ou le dos d'une chaîne de montagnes sous-marines. Une telle chaîne, placée devant un promontoire de continent , ou sur la même ligne que les montagnes de cette terre, semble ne faire qu'un ensemble avec celle-ci. Ainsi, il est évident que les Ues Kouriles lient T Yeso au Kamtchatka, de même que la chaîne des grandes et petites Antilles rattache les deux Amériques. Mais il faut que les intervalles qui séparent les iles aient assez peu de largeur ou soient assez remplis d'écueils et de bas-fonds pour ne point admettre une solution de continuité entre les bases de ces montagnes maritimes. Aussi la connexion supposée entre les Açores , les Canaries et le mont Atlas en Afrique, quoique possible, a besoin d'être prouvée par des sondes multipliées.
» Les montagnes n'ont en général aucune direction exactement régulière; les chaînes serpentent toujours et se perdent souvent dans des plateaux.
» Il n'est donc plus permis, en s'abandonnant à une vive imagination, de nous tracer
UYBB TBEINTË-UNIÈME.
des chaînée terrestres et sous-metrines et une charpente du globe qui n'a point (Inexistence dans la nature ('). Il ne suffit pas de voir sur une carte qu*il y a dans tel endroit un partage des eaux; il y a beaucoup de partages d*eaux dans le monde qui n*offrent aucune trace de montagnes, mais seulement de longs plateaux qui s'élèvent en pente douce de c6té et d'autre, souvent pendant l'espace d'une centaine de lieues. Il n'y a que des oollines au centre de la Russie européenne, quoiqu'on y trouve le partage d'eaux entre quelques uns des plus grands fleuves de l'Europe. Quedit-Je?ilya même dans la Pologne russe, entre le Niemoi et la Duna d'un c6té, et le Dnieper avec le .Dniester de l'autre, un point de partage qui n'oftn aucune élévation sensible, et où, à la place des montagnes figurées par Buache, les voyageurs ne trouvent qu'une plaine maréca*geuse; mais vers le milieu du cours du Dnieper, on voit s'élever un terrain montueux et rocailleux que ce fleuve traverse eu suivant une fente profonde dans laquelle H coule (^. Le Niémen, de son côté, fait le tour des collines de la Prusse orientale, bien plus élevées que le partage des eaux, ainsi que le montre la fig. 50, donnant le profil de l'Europe entre la mer Baltique et la mer Noire. Quelle différence de ce profil à celui qu'offre la même par^ tie du monde, coupée dans la direction des golfes de Gônes et d'Hambourg {fig. 51), ou à ceux du plateau de Mexique (fig. ô2) et de l'Amérique méridionale {fig 63), l'un copié d'après M. de Humboldt, l'autre dessiné d'après des données tirées de ses Voyages ! On peut juger quelle absurdité ferait naître l'usage d'un système général quelconque pour deviner des fkits dont l'observation seule peut nous apprendre à connaître l'étonnante variété.
» Le système de Buache nous a procuré ces chaînés sous^rnarines, qui n'existent point en grande partie, mais qui cependant ne cessent pas de figurer dans quelques théories de la terre. Une lie isolée, un banc de sable, un bri-
{*) Ph. Buaehê, EMil de Géographie physique, dans les Mémoires de TAcadémie des Sciences . I75î, p. 3W. Comp. Lehmann, Spécimen cborograpbis generalis, Iraclus mooUum prlmariossIstens.Petrop., 17Gf. — (>) Carie hydrograph. de Pologne, de Jiou*tan et Komarxewski. Carie de Âitzi^ZannonL Noies données par MM. Siibi$iowi(9 tUVUmeewitU de Wilna.
sant ou rocher à fleur d'eau, voilà tout oequHI a fallu à Buache pour supposer une cbak sous-marine entre des parties du monde très éloignées Tune de l'autre. Quelquefois il m daigne pas même donner un prétexte à ses SQ[h positions; par exemple, il veut que ris-> lande, les lies Fœroè et celles de Shetland fir* ment une montagne sous-marine entre le Groenland et la Norvège. Cependant il y a une mer assez profonde entre la Norvège et le Shetland; la direction des montagnes est parallèle et non pas convergente; ses cbataes paraissent ne devoir jamais coïncider. Enoore^ la nature basaltique du sol de l'Ecosse, de ^I^ lande, de Fœroë et de l'Islande, semblerait indiquer une liaison ancienne des tles Britanniques avec le Groenland plutôt qu'avee la Norvège. De même les chaînes sonsHonarlDes de la mer du Sud ont en général unedirectioQ tout-à-fait différente de celle que Buache \m avait donnée d'après les découvertes inoompiètes de son temps. Elles n'ont pas la nuxodie liaison, ni avec le Mexique, ni avec l'Âfflétique méridionale , pas plus qu'avec la tore australe imaginaire. Plusieurs de ces (Mm d'Iles, et principalement celles qui sont les plus Isolées, ont une direction très remarquable, mais entièrement opposée au système de Buache \ elles s'étendent du nord-ouest au ittdest, dans la direction de l'axe magnétique an globe.
• Examinons pourtant si, aux hypothèses erronées de nos prédécesseurs, nouspourrioni substituer des vues générales plus coufonnes à la vérité, en découvrant quelque analogie constante dans la direction d^ nMmtagaes des deux grands continents.
» Si nous tirons une ligne du centre du Tibet à travers la Mongolie chinoise vers Okhotsk, et de là vers le cap Tchutdii , oo le promontoire oriental de l'Asie, cette ligue cotocidera en général avec une immense chaîne de montagnes qui court du sud-ouest au nonkst, et qui partout descend très rapidement vers la mer des Indes et l'océan Pacifique, tandis qu'au contraire elle s*étend vers la mer Glaciale en plaines et colUnes secondaires. Il est probable qu'on pourra un Jour rapporter à la même règle la chaîne de Lupata, dite l'Epine du monde, en Afrique ; du moins cette chaioe court du cap de Bonne-Espérance à celui de Guardafui, dans une direction sud-sud-ouest,
GEOGRAPHIE PHY8IQUB.
et nord-nord-est , ainsi à peu près dans la même direction que la grande chaîne de T Asie ; mais nous ignorons la disposition des pentes de ces montagnes. Nous pouvons regarder les monts de TArabie heureuse, très élevés et escarpés (>), comme le chaînon qui lie les monts Lupata aux plateaux et aux montagnes de la Perse qui viennent du Tibet.
» Si nous suivons les côtes occidentales de l'Amérique, depuis le détroit de Bering, qui pe forme presque point d'interruption sensible jusqu'au cap Hom, nous ne trouvons qu'une chaîne non interrompue des plus hautes montagne qu'il y ait $ur )eg|pbe; de temps en temps cette chaîne se retire un peu dans l'Intérieur^ mais le plus souvent elle borde immédiatement le Grand-Océan par d'immenses falaises, et souvent par d'épouvantables précipiciBS. De l'autre côté, l'écoulement des lacs et la direction des grandes rivières montrent assez que toute la surface de l'Amérique s'incline peu à peu vers l'océan Atlantique.
• Il résulte de ces observations combinées que les plus grandes chaînes de montagnes sur le globe sont rangées en arc de cercle autour du Grand-Océan et de l'océan Indien; qu'elles semblent ofMr le plus souvent des descentes rapides vers cet immense bassin qu'elles entourent, et de longues pentes sur les côtés opposés ; enfin que, depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'au détroit de Bering, et de là jusqu'au cap Hom , l'œil même de l'observateur le plus timide croit entrevoir quelques chaînons d*un arrangement aussi surprenant par son unifbrpoité qu'il l'est par l'immense étendue du terrain qu'il embrasse.
B Arrêtons un instant nos regards sur ce grapd fait de géographie physique. Si nous nmis plaç(H^ dans la Nouvelle^Galles du Sud, le visage tourné au nord, nous voyons à notre droite l'Amérique, à notre gauche l'Afrique et l'Asie. Ces continents, que naguère notre imagination n'osa rapprocher, considérés de ce point de vue, ne forment plus qu'un tout dont la structure, en tant qu'elle est connue, offre dans ses grands traits une symétrie étonnante. Une chaîne d'énormes montagnes entoure un énorme bassin ; ce bassin, partagé en deux par un vaste amas d'îles, baigne souvent de ses flots le pied de cette grande chaîne de premier
('] Seeizen, dans Zach, Gorreçp. «9kroD., XI. Voyez ci-après Arabi^^
ordre. Or, cette iQimeiM» bande de granité et de porphyre, quand s'élança-t-elle du sein des flots? ou quand s'écroulèrent-elles dans les profondeurs de TOcéan, ces hautes montagnes de second ordre dont la chute simultanée a pu former cette falaise continuelle qui règne autour du globe? Admettrons-nous que la terre était jadis, comme Saturne, entourée d'un atir neau, et que cette voûte céleste, dérangée dans son équilibre («), s'est précipitée sur la surface du globe? Mais où s'égare notre imagination ti'op enhardie par le séduisant éclat d'une analogie susceptible d'être contestée ? Bappelons-nous que, dans l'ancien continent, les vastes régions de l'Inde et de la Chine, contrairement à Tanalogie indiquée, se trouvent au sud de cette grande ceinture de montagnes ; la presqu'île au-delà du Gange joint même ce groupe étonnant des pays brisés et entrecoupés qui remplissent le milieu du grand bassin ; c'est comme un chaînon qui lie au continent d^aujourd'hui ces superbes débris d'un continent d'autrefois, d'un hém^isphère qui semble s'être écroulé tout entier p).
» Si nous considérons sous le même point de vue la presque totalité des deux continents qui se trouve , par rapport au Grand-Océan , au-delà de cette chaîne principale du globe, nous y voyons làjplus grande partie des plateaux et des chaînes de montagnes s'incliner peu À peu vers l'océan Atlantique ; oette étendue des mers, toute vaste qu'elle est, ne paraît alors qu'un canal, si on la compare au grand océan Pacifique. Les falaises qui bordent l'océan Atlantique pe sont pullement comparables aux escarpements du cap de Bonne-Espérance et du cap Guardafui, aux précipices qui entourent les mers de Kamtchatka, de Pérou et de Chili.
» On s'attend peut-être à trouver également une ceiimne analogie générale entre les montagnes sous le rapport de leur élévation : mais avouons d'abord que nous sommes encore bien moins instruits de la hauteur que de la direction des principales chaînes de montagnes. Les mesures, soit trigonométriques, soit conclues
(•) Comp. Laplace , Système da monde , I , lY, ch. IX, pag. 255 de la 3« édition.
(î) Nous verrons au Livre XXXIX que la Ihéorls du Soulèvement, Justiflée par des faiU incontesUbles , explique roriglDe de U plupart des monUgnçt,
UVRE TRENTE-DEUXIËME.
par le niveau da mercure dans le baromètre, n'ont guère été prises qu'en Europe et en Amérique. Or, dans ces considérations générales sur le globe, l'Europe ne saurait être r^ardée comme un point important, ni surtout comme un point de comparaison bien sûr : si nos Alpes, dont les sommets tels que le Mont-Blanc, leMont-Rosa, YOrteîos, ne s'élèvent qu'à 14 on 15,000 pieds, tandis que les sommets des Cordillères, le Chimborazo, VAntisana, le Pichincha et le Nevado de Sorata s'élancent à 19,000 et 20,000, est-ce une raison pour en
conclure que les montagnes croissent en élévation vers l'équatenr? Cette conclusion est fausse , puisque les Andes du Chili passent pour être aussi hautes que celles du Pérou ('), que les volcans du Mexique ne le cèdent que très peu à celles de Quito, et que le Javahir, dans la chaine de l'Himalaya, dépasse 0,500 pieds. Nous croyons en conséquence devoir réserver pour les descriptions des parties du monde le peu de comparaisons générales auxquelles peuvent donner lieu les montagnn dont l'élévation est déterminée. »