LIVRE TRENTE-SEPTIÈME
Suite de la Théorie de la Géographie. — De la Disposilion des parties solides de la Terre.— Deuxlenfl section: des Terrains et des Formations.
Les divers dépôts ou les rocher qui forment Técorce solide du globe, loin de se mêler arbitrairement , se présentent dans un ordre tel , que, pour peu que l'on en étudie la succession, l'inspection d'une roche suffit pour pouvoir dire quelle doit être celle qui la supporte et celle qui la recouvre, lorsque cet ordre n'est point interrompu par des lacunes plus ou moins importantes. L'association d'un certain nombre de roches constitue un groupe auquel on donne le nom de formation; plusieurs formations constituent un terrain.
Mais il en est des roches comme des êtres oi^nisés : les animaux et les végétaux passent des uns aux autres par des nuances presque insensibles, et le règne animal est tellement uni par une longue série de chaînons au règne végétal, que vers les points de contact des deux règnes, leurs caractères semblent se confondre. De même, lorsque l'on passe d'un terrain à un autre sans interruption , on voit les roches qui forment le caractère principal du premier de ces groupes commencer à alterner avec celles qui caractérisent le second, et celles-ci devenir successivement plus abondantes à mesure que les autres diminuent ou cessent tout-à-ftiit. « Il résulte de là, dit M. d'Omalius d'Halloy, que toutes les divisions éta-
{*) I/OmaUuê d^HaUoif t ÉlémeoU de Géologie.
blies pour classer les terrains ont éprouvé beaucoup de variations, et que les géologistes sont si peu d'accord à ce si\jet, que chacun d'eux a pour ainsi dire sa méthode particulière. »
Au lieu donc d'adopter la Méthode Wemérienne, par laquelle on divise Jes terrains ea primitifs, intermédiaires, secondaires et tertiaires, dont un grand nombre de géologistes ont reconnu les inconvénients, nous nous servirons de celle que nous avons prq^osée ailleurs, parce qu'elle nous semble facile à comprendre et propre à se coordonner avec tontes les autres (*).
A l'exemple de plusieurs géologistes, nous rangeons les terrains et les formations en commençant par les plus récents. Cette marche semble plus naturelle que la marche contraire puisque, par les phénomènes qui se passent pour ainsi dire sous nos yeux dans les formations modernes^ nous pouvons nous rendre plus facilement compte de ceux qui se sont développés dans les anciennes époques géologiques. Cette méthode est d'ailleurs conforme à l'ordre de superposition que présenteraient les différentes couches de l'écoroe terrestre si elles se
(') Nouveau cours élémentaire de Géologie par M. J.-J.-N, Haot. — Paris, 1837 et 1839, 2 vol. in-9: — Nouveau manuel complet de Géologie; par la même, 1 vol. in-lS. ^ Paris, 1840.
GÉOCaAPHIE PHYSIQUE.
trouvaient réunies toutes sur un point queleonque de notre planète.