‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 173 sur 229 · LIVRE QUAHANTE-UNIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUAHANTE-UNIEME

les satare, les dëcmn^e et les volatilise, ou les condense et les précipite, selon des lois et des procédés que les chimistes mortels s'efforcent souvent en vain de deviner. Tous les êtres terrestres portent leur tribut à Tatmosphère, tous en reçoivent des principes nécessaires à la vie , à la végétation , probablement môme à Texisteftce Inorganique. Il n'y a peut-être au- Cim corps qui ne puisse être réduit à l'état aériforme par la chaleur, et qui ne puisse être amené à l'état solide par le fi*oid. Ainsi notre planète étant transportée dans la température dottt jouît Mercure, une partie de nos mers et de ndâ tei*res se vaporiserait et se mêlerait à ratftiôsptièi*e, tandis que si notre globe s'égarait un jour dans les régions froides de Satlirhe du d'tlranus, une grande partie de notre atmosphère se condenserait et passerait à l'état de congélation. On peut donc définir ainsi notre atmosphère : « L'assemblage de toutes * les substances capables de conserver Tétat i aéi*iforme au degré de température qui règne H autour du glol)e terrestre. »

» Les duides atmosphériques peuvent être divisés en trois classes : la première comprend Vair, le fluide atmosphérique proprement dit; la seconde renferme les vapeun aqueuseâ et autres suspendues dans l'atmosphère ; la troisième enfin se compose ie divers fluides aériformes, ou supposés tels, qui se montrent dans l'atmosphère , soit visiblement, soit par leurs effets. Nous tâcherons de lie Considérer chacun de ces objets que sous les rapports qui intéressent directement la géographie physique, en renvoyant les lecteurs laloux d'une instruction plus détaillée à plu- Sieurs excellents traités de physique qui nous ont servi de guides.

» Vair, qui forme la plus grande partie de l'atmosphère, n'est pas un élément simple. La chimie moderne a prouvé, en analysant et recomposant l'air commun, qu'il y entre ordinairement deux substanœf dans des propor-^ tions bien différentes, savoir: 0,21 de gaz oxigène, qu'on nommait dans l'ancienne physique air pur, et 0,79 de gaz azote, autrement nommé air impur. Quelquefois il s'y trouve seulement 77 centièmes de gaz azote, et 2 de gaz acide carbonique ou d'atr fixe. Mais l'acide carbonique étant très soluble dans Teau^ est promptement saisi et entraîné par les l^luies ; ainsi son séjour dans l'atmosphère ne

peut être que noomeutané ; d'ailleurs sa pe* santeur le borne aux régions inférieures. A« contraire, Vair inflammable, aujourd'hol nommé gaz hydrogène, pai* sa grand légèreté, gagne les régions supérieures de l'atmo^ihère. Ce gaz parait même s'élever plus haut que lei régions auxquelles sont parvenus les hallmu aérostatiques, machines qui lui doivent leur force ascendante. Du moins M. Gay-Lussac, à 3,400 toises, a pris un flacon d'air qui a'était pas plus chargé d'hydn^ne que l'air dans lequel nous vivons.

» Le gaz oxigène est seul propre à la respiration animale. Mais s'il était en trop gfwôâè quantité, il exciterait trop les esprits vitaui, il userait trop nos forces ^ et nous ferait, pour ainsi dire, vivre trop vite. De l'autre eôté, le gaz azote n'est pas propre à entret^iir la yn animale ; c'est ce que son nom grec iadlqse. C'est donc le mélange de ces deux gaz qû donne à l'atmosphère une constitutioa favorable à l'existence des animaux. •

L'oxigène, sans lequel il n'y a peint de combustion, sert à la respiration desaniinaix à sang rouge \ l'azote parait être absorbé par les animaux à sang blanc ; les v^fétaux s'emparent de l'acide carbonique. Ces demien versent dans l'atmosphère des torrents d'oxigène, mais seulement lorsqu'ils sont exposés aux rayons du soleil, q Voilà pourquoi nous respirons un air si salubre dans une belle campagne légèrement ombragée de bois ; tandis que dans l'intérieur des gi-andes forêts Tou trouve souvent l'air épais et malsain (*). Mais nulle part on ne jouit d'un air plus propre i entretenir les forces vitales dans un juste équilibre que sur la mer, où le mouvement continuel conserve dans de justes rapports l'oxigène et l'azote.

» L'air est un fluide extrêmement délié rt subtil ^ de sorte qu'il ne se rend sensible au toucher qu'à l'aide d'un mouvement, comme, par ex«mple, dans le venl. Il csl^lcnia|l insipide et inodore, dans son état de pureté. L'air est, selon les rigides newtoniens, tramparent ou plutôt int?*«^/e ; et la couleur bleue de l'atmosphère viendrait de la plus grao* réfrangibilité de rayons de lumière bleue ^'i. D'autres savants croient que la couleur Weue

(i) Ingenkoiht, Expériences sur le« pUlït«- "* (•) jyewmt Opllce Idclf. Trtliés ëa iSfolf , «*»• bes etc.

GÉOGÈAPHIE

est lahërtaite à l'air, c'est-à-dire que les molécules de l*air ont la qualité de produire la couleur bleue en se combioaut avec la lumièi-e (*).

» La pesanteur de Tair est encore un fait dont rexplieation prête à des discussions, et que nous nous bornerons à exposer. Galilée a démontré la pesanteur de l'air par la différence de poids entre deux vases remplis, Tun d'air comprimé, et l'autre d'air à l'état naturel. La pompe pneumatique, Teau qui remonte dans un tuyaU) et le mercure qui s'élève dans le baromètre, sont autant de preuves de cette vérité. La pression qu'exerce une colonne d'air, prise depuis l'exti'émité de l'atmosphère jusqu'au niveau des mers, est égale au poids d'une eolonnede mercure d'épaisseur égale, et de 28 pouces (76 centimètres) de hauteur. Prenez un tube de verre d'envii'on un mètre ou 3 pieds 11 lignes de long, de 4 à 5 millimètres (environ 2 lignes) de diamètre, scellé par un bout et ouvert par l'autre ; remplissei-le de mercure, ayant appliqué le doigt sur l'orlûce) renversez le tube, et placez le bout ouvert dans une cuvette renfermant du mercure ; retirez le doigt, et vous verrez à l'instant le mereure descendre dans le tube à la hauteur d'environ 28 pouces. De même l'eau^ dans les pompes aspirantes, s'élève à une hauteur de 32 pieds (10,4 mètres) ; or, cette hauteur est à celle de 28 pouces dans le rapport inverse des densités de l'eau et du mercure. Une même cause agit done ici. Ce ne peut être que la pesanteur de l'air extérieur qui agit sur le mereure dans la eut ette«

M On eonnatt le baromètre^ instrument fondé sur l'expérienee que nous venons de décrire. Cet iostrument, qui indique la pression qu'exerce Talir atmosphérique, sert à mesurer les différents niveaux des lieux terrestres. L'abaissement ou l'élévation du mereure dans le baromètre est en rapport avee la densité de l'air qui varie selon le poids dont il est chargé [^).

0 Cœthe, lîssal sur la théorie des couleurs. Comp. Bergmann , dôogt-aphlé p!itll!<|ue, I! , Î4. f'ounroyi Srilèmé destonndlftlMUeHCblmlttoeg) t, t>- ii^-

(') Loreqae le temps est A la plaie, le mercure s'abttsM ; dans le ca« eont^fll^6 » Il â'èlèvê* Il semblerait fcétièiidant que rabAiséèhie^il ei Vôléfatlon du mercure detesli loitte utie itiàtettë tout eppoièe « pUlsc|Ue. pdr Ud tcHit>s pl(i?iettl, Vt\t parafi plot loQfd «tue isfsque le ciel esi lerèlti. Mali l'explicàtloU de ce fait est très simple, si ron conaldère

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