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LIVRE QUARANTE-CINQUIÈME

maies absolument étran^res à l'andcDimnide.

» Parmi les animaux qui appartieimeit en propre à l'Amérique septentrionale, noos oroyons qu'on peut compter le grand âsn , nommé moose-deer par les Américains. Les ours, les lynx, les onces de l'Amérique (■], sont probablement aussi différaits dea animaux des mêmes noms dans l'ancien continent, que le sont les écureuils et les lièvres dont ils se nourrissent.

» Les bisons, ou les taureaux à bosse, sont les plus grands quadrupèdes du NoQveani- Monde. Ils errent en grands troupeaux d^uis la baie de Hudson, dans tout le Canada, dans le territoire occidental des États-Unis, dans la Louisiane, au Nouveau-Mexique, et Jusque sur les bords de la mer Vermeille, ou golfe de Californie ; ainsi ils vivent depuis le 5^ jusqu'au 33« parallèle de latitude nord. Ds difiEérent des zebus de l'Inde et de Veturochs de l'Europe. Mais la laine épaisse qui revêt le» dos et leur cou, ainsi que la barbe qui couvre leur menton, rappellent, il faut en convenir, les bisons décrits par les anciens comme un animal de la Scythie (')• »

I^ bamf musqué 9 ou plutôt Vovibos musque, animal qui appartiant à un genre tout différent du bœuf, puisqu'il est de la taille d'une génisse de deux ans, et qu'il offre l'aspect d'un gros mouton, habite les extrémités de l'Amérique , entre le Welcome, la mer de Baflin et la rivière du Cuivre.

« Nous arrivons aux animaux indigènes de l'Amérique méridionale. Le jaguar (/U» onça\ le tigre du Nouveau Monde, ressemble à la panthère par le poil, et comprend des individus qui égalent le tigre en grandeur. Le jmmm ou le couguar, qui a été a{^é Uon tTAméri' que, ressemblerait plutôt au loup pour k corps, et au léopard de Guinée pour la tête. Ce sont deux espèces absolument étrangères è l'ancien monde, Le couguar ne s'^nd que jusqu'au 4ô<' degré de latitude australe.

» Le lama ou guanaco, qu'on a nommé très improprement le chameau du Nouveau-Monde, etqui, à l'état sauvage, porte le nom delosna alpaoa ou paco^ et le lama viougsuz ou mgogne^ que l'on réduit en domesticité, habitent le Chili et le Pérou Jusqu'au 10' degré de lati-

('} Le véritable nom de l'osce d'Amérique est jaguar. J. H.

(') « ViUofI Urga biiontes. » Sen. Hippol., t. Si

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

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tade méridionale; ils ne se répandent point dans les plaines dd Tucoman ni dans celles du Paraguay.

• Le tapir, le plus grand quadrupède de l'Amérique méridUouale, quoiqu'il n*ait que la hauteur d'u^e vacne (*) ; Tarmadille ou le tatou » le tajai$W'p€ecan j le paresseux a%, le bradyp&'unau, le fourmilier proprement dit, le tamanoir,\esdU&rs aboutis et coatis, espèces qui toutes reconnaissent F Amérique méridionale pour leur patrie, ne s'étendent en général que jusqu'au tropique. Le tajassou cependant, selon quelques rapports, se trouve dans le Chili. Les petits singes à queue , les sapajous^ les sagouim, les tamarins, et autres espèces semblables, sont très nombreuses, très variées et très Jolies dans toute la zone torride de l'Amérique ; elles diffèrent essentiellement des singes d'Afrique et d'Asie. » Aux confins de la zone tempérée se montrent des cerfs de plusieurs espèces, des rongeurs encore inconnus , et l'élégant hamster ekinckiUa. Les animaux qui appartiennent exclusivement au nouveau continent sont, comme on voit, très nombreux; mais ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'aucun n'y atteint une taille élevée, c'est qu'on n'y voit aucun analogue *des géants de l'ancien-Monde. La géographie physique nous ap{Hrend les causes de cette particularité. Ne connaissons-nous pas la configuration particulière du continent américain? Des montagnes froides et en partie arides cèdent immédiatement la place à des forêts marécageuses, à des plaines habituellement inondées. La zmie torride, en Amérique, offire peu d'étendue en terrain; la zone tempérée, aunoid, est envahie par de firoids marais; edie du sud ne renferme qu'une pointe du continent. Ainsi, partout dans ce même eontineat, les grandes espèces animales, ou sont étrangères au clin\.at, ou n'y trouvent pas un e^aee libre pour se envelopper. Mais les animaux convenables au climat de l'Amérique et que l'on y apporte, n'y perdent point leur taille, leur beauté, leur force. Le cheval et le

(*} Cet animal a été long-temps regardé comme unique dansson espèce et particalier à ce continent ; Bais on en a trouvé ane autre espèce i Sumatra. M. Lesson pense que le mé des Chinois, dont on a fait une espèce sous le nom de tttpiru$ sinensis , est un animal fantastique composé de quelques traits de réMphant, du tigre et de plusieurs autres animaux.

bœuf n'ont point dégénéré dans les vastes pâturages du Paraguay. 31 la race bumaine a paru s'abâtardir en Amérique, attribuons ce phénomène au désordre politique des colonies mal organisées, et aux vices d*une populatioi^ ramassée sans choix.

9 Si les reptiles et les insectes abondent en Amérique, si quelques uns y parviennent à une taille plus grande qu'ailleurs, ce n'est que relativement aux parties comiues de l'Afrique. Ces parties , peuplées d'un temps immémorial, ont vu leurs animaux primitifs fuir devant l'homme; mais qui sait si l'intérieur de cette terre inconnue n'ocre pas de vastes marais aussi peuplés de reptiles et d'insectes que le sont les côtes de la Guyane? D'ailleurs, le Delta du Gange ne fourmille^t-il pas de serpents énormes?

» Le caractère distinctif de la zoologie américaine méridionale consiste donc principalement dans la différence des espèces, différence qui prouve combien cette grande péninsule est restée étrangère au reste du monde. Elle n'a même reçu aucune espèce animale de l'Amérique septentrionale, tandis que celle-ci a vu le nomlNre de ses animaux s'augmenter de quelques uns de ceux de TAmérique méridionale.

• Il reste à considérer un foyer de population animale encore peu connu , mais certainement bien distinct de ceux que nous avcms examinés. Les lies au sud-est de l'Asie, et particulièrement la grande ile nommée Nouvelle- Hollande, se trouvent dans une position très, semblable à eelle de l'Amérique méridionale. L'Australie est le berceau de races animales très différentes de celles des deux continents; mais ces races se sont peu répandues dans le reste du vaste Archipel qui occupe le milieu du Grand-Océan. On n'a trouvé dans ces lies ïd\e8 ornithorynques, ni les i»om6ar, ni les opossum, animaux particuliers à la Nouvelle- Hollande. On peut dire qu'à trois exceptions près, r Australie n'a présenté jusqu'à ce jour que des carnassiers de la division des marsupiaux. Remarquons cependant que les didel-phes, ou sarigues, que l'on peut regarder comme le type de e^te femille, sont confinés dans l'Amérique méridionale ; que les couscous sont r^ajidus dans la Polynésie et la Malaisie, et qu'à la Nouvelle-Guinée on trouve le hangwrau des anciens. Mais dans la Nouvelle»

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