‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 207 sur 229 · LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME

Suite et fin de la Théorie générale de la Géographie. —< De THorome , considéré comme être moral perfectible , ou Prlnoipef de Géographie Politique.

« Long-temps nous avons considéré la terre comme un corps physique ayant des rapports ftvec d'autres corps physiques qui l'environnent ou qui habitent à sa surface. Mais dès qu'à travers l'immense série d'êtres qui s'est développée devant nous, nos recherches sont arrivées jusqu'à l'homme, nous avons aussitôt vu la Géographie physique céder peu à peu la place à la Géographie politique. Cette branche de notre science considère la terre d'après ses divisions politiques , et dans ses rapports avec les diverses sociétés civiles qui s'y sont établies. Il est évident que cette partie de la Géographie a comme les autres ses principes généraux , dont l'ensemble forme une théorie, et dont la connaissance doit précéder l'étude des descriptions particulières. Mais ceux de ces principes qui , fondés sur la nature de notre ôtre, ne varient pas au gré des caprices humains, sont en petit nombre; les autres rapports changent , sinon d'un royaume à im autre, du moins d'une partie du monde à l'auti-e, ce qui nous engage à nous borner ici à un exposé rapide des premiers , en réservant aux autres leur place convenable dans les introductions particulières à la description de chaque grande division du globe.

» Le langage articulé^ noble héritage de la nature humaine, est le premier lien social qui manifeste et qui perpétue l'union civile des hommes. Peu d'animaux, même parmi les oiseaux et les quadrupèdes , ont un langage articulé ou à sons distincts et constants; ces langages d'ailleurs ne s'élèvent guère qu'à dix ou douze inflexions de la voix. Aucun auimal

n'a un langage raisonné^ c'est-à-dire dont les divers sons expriment constamment et distinctement des idées générales. Cette faculté d'exprimer nos idées par des mots assure seule l'exercice continuel de notre mémoire; et, sans la mémoire, que serait le Jugement? L'homme n'est un être raisonnable qu'au moyen de la parole. C'est la parole qui rend communes à toute l'espèce les observations, les sensations et les découvertes de l'individu ; de là naissent les sciences, les arts, la civilisation et la perfectibilité indéfinie du genre humain. Le langage, considéré comme faculté morale et physique, paraît donc inné à l'homme; mais le choix des sons, leurs modifications, leurs combinaisons ont dû dépendre de la libre volonté des hommes ; la logique naturelle y a sans doute influé, mais aussi les passions, mais aussi le goût, la délicatesse des organes, la nature du climat, la situation de la société. Les langues primitives , composées de peu de mots, simples comme les mœurs et les idées de ceux qui les parlaient, but naturellement dû se perdre en se confondant avec les idiomes plus parfaits qui en étaient sortis, comme les nations primitives se sont perdues en donnant naissance aux nations connues de rhistoire. Ainsi le germe disparait quand la plante élève dans les airs sa tète fleurie ; ainsi les premières racines tombent en poussière, tandis que l'arbre étend au loin ses branches verdoyantes.

9 Mais si la recherche de la langue primitive parait aujourd'hui abandonnée de tous les vrais savants, ils ne désespèrent pas de fixer

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