‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 214 sur 229 · LIVRE QUARANTE-SEPTïlïME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SEPTïlïME

de ses firontières on à des invasions sans plan. En général, il ne fait que des progrès leots et Incertains, parce que, même en marchant vers la civilisation, il n*a encore ancnne idée de oe sublime but de Texistence du genre humain.

» Un peuple civilisé est celui qui a rangé ses connaissances en forme de sciences; qui ennoblit ses arts mécaniques jusqu a en faire des beaux-^rts; qui, pour l'expression de ses sentiments, a créé des belles-lettres; un peuple qui a un système fixe d& législation, de politique et de guerre, calculé non seulement pour le moment , mais pour les siècles à venir ; un peuple chez qui la religion, dégagée des superstitions, n'a que la morale pour but; un peuple enfin qui se soumet au droit de la nature et des gens en se regardant , en temps de paix , comme Tami de toute autre nation et respectant, même en temps de guerre, les propriétés des citoyens non armés.

» Le caractère général d'une nation est le résultat de toutes les circonstances physiques dans lesquelles elle se trouve , et des iustitutioûs politiques qui modifient ces circonstances. Il est donc absurde de faire dépendre ce caractère du climat seul. Nul doute que le degré de température, la nature du sol, et d'autres conditions physiques, ne modifient dans l'homme les habitudes, puisque celles-ci sont le résultat des efTorts plus ou moins grands qu'il est obligé de faire pour satisfaire des besojus plus ou moins impérieux ; nul doute que le froid extrême, comme la chaleur extrême, ne gêne l'essor d'un peuple en affaiblissant sa constitution; nul doute que des localités malsaines ne nuisent à l'énergie vitale de l'homme : mais les institutions et ïks mœurs luttent avec avantage conti-e le climat; l'Egypte, sous le tropique, et la Scandinavie, sous le cercle polaire, ont également vu naître des héros , des génies et des sages. »

Les auteurs qui , à l'exemple de Montesquieu , ont supposé au climat une très grande influence , n'ont point tenu compte de celle qu'exercent nécessairement les caractères propres à chaque espèce ou race d'hommes ; ils n'ont pas fait attention à un fait important : c'est qu'un grand nombre de peuples n'ont pas toujours occupé le sol qu'ils habitent aujourd'hui. On voit partout les traces des transmigrations des races humaines; et plusieurs nations dont Montesquieu attribue la mollesse au

climat, sont originaires de contrées fort âolgnées de leur demeure actuelle.

« La nature du pays a plus d'influenee que la température. Ces centres montagneu de la Grèce étaient jadis les demeures chéries du courage et de l'indépendance; ili sont encore aujourd'hui les endroits les moiot accessibles au despotisme. En Thrace, ki Sarres, habitants des montagnes, conservèrent plus long-tenips leur liberté (»); dans ces mêmes montagnes, ainsi qu'en Macédoine, on trouve aujourd'hui des hordes de Turcomans dont la vie n'a d'autres règles, que leur caprice et leur volonté {^). Les Illyriens résiitèrent aux rois macédoniens et aux légiooi romaines (*;. Les Amantes ou Albanais, orrants sur ces mêmes montagnes, n'obéissent aux Turcs que lorsque ceux-ci les paient Les Grecs, tout opprimés qu'ils étaient, offraient encore dans quelques cantons montagneux le caractère mâle et l'esprit républicain de leurs ancêtres. Sans parler des Malnotes , tant de fois cités , regardons le bourg d^AmbeUtiê, placé sur le penchant du mont Ossa, au-dessus de Tempe: ses habitants, aussi braves qu'industrieux ,• ont deux fois repoussé les troupes ottomanes, et aucun Turc n'osait se montrer dans leurs heureuses vallées (V ^ petite ville de Parga, située entre les rochers et la mer, a souvent offert le spectacle de femmes s'armant et combattant pour la liberté (*). Les Sphachiotes^ qui habitent les monts Blancs dans l'Ile de Crète, n'ont été i la fin subjugués que par leurs discordes plutôt que par les armes des Turcs ; ils consenrent encore plusieurs institutions des anciens Cretois (®). Le courage héroïque avec lequel te Grecs ont soutenu leur dernière lutte cortff les forces imposantes de l'empire ottoi» atteste que sous le rapport du courage to n'ont point dégénéré de leurs aïeux ; enfin, pour rappeler un exemple plus récent enaw et non moins digne d'admiration, ces infortunés Polonais , si supérieurs en civilisation à leurs voisins du nord, n'ont-ils pas eo un peu plus d'un demi-siècle fait plusieun fois d'héroïques efforts pour reconquérir leur

(•) Hérodot., I, vu, cap. III. — (•) Félix BeOMJw, t. I, p. 326. — (3) LU. I, 45. cap. I9. Jusiin, tU." (4) F. Beaujour, 1. 1 , p. 272. — (*) Scrofani. Voyage en Grèce, l III, p. îl. — («) Savary» LeUrttwrU Grèce Jett. XXXVI.

GEOGRAPHIE POLITIQUE

nationalité; et, malgré Tabandon dans lequel la politique européenne les a laissés , û*a-t-îl pas fallu toutes les forces réiimes du Grand- Empire pour les enchaîner de nouveau? L'audace, la constance, la présence d'esprit, qui élèvent en générai les peuples de l'Europe audessus du reste des humains , sont peut-être dues à notre sol plus entre-coupé, plus âpre et plus stérile. Ces qualités appartiemient éminemment aux habitants des Alpes , des Dofrines et des Cévennes.

» Les nations qui habitent dans les montagnes, surtout lorsque, jalouses de leur liberté , elles vivent séparées en de petits États, parlent ordinairement un grand nombre de dialectes qui , avec le temps et en se répan-^ dant , deviennent autant de langages. Dans le Caucase, on parlait vingt-six idiomes différents (*j. Rappelons-nous les nombreux dialectes de la Grèce et de la Scandinavie.

» Les peuples qui habitent de vastes plaines dépourvues de grandes rivières et de forêts , se livrent naturellement à Tentretien des troupeaux et à une vie errante. Le gouvernement patrtarco/, souche du despotisme, naît au milieu des tribus nomades. L'isolement ralentit les progrès de la population; la facilité avec laquelle on se procure les aliments retarde la naissance des arts et de Tindustrie. Telle est la cause de la barbarie où restent les nations de l'Asie centrale. Mais si ces peuples rencontrent des fleuves considérables bordés de prairies favorables à leurs troupeaux, ils en suivent le cours (^), et descendus dans des vallées fertiles, ils deviennent parfois jJ^cAcMr^ et a^ncwlteurs; ils fixent leur domicile, et voient peu à peu naitre dans leur sein tous les arts et toutes les sciences. Ainsi les Mongols , descendus de leur plateau, ont pu devenir les fondateurs des nombreuses villes de la Chine. »

Chez les peuples pasteurs et nomades^ les idées de propriété commencent à prendre de la consistance ; les familles possèdent des troupeaux, des tentes et les ustensiles du ménage , les usages pour les partages deviennent des lois, les droits de succession s'établissent; on stipule des dots, on fait des contrats. Chez ces peuples, il y a des chefs, des hommes libres et des serviteurs, mais point de gouvernement permanent ni d'autorité unique et stable. Chez

(•) Strab,^ XII Reineggs , Voyage, etc. — (*) Comp. Deguignes. Hiitolnt dei HaD8, II, p. i».

les peuples agricoles, le sol commence a avoir des maître$, et le droit de propriété devient la loi fondamentale et amène l'inégalité des conditions et la perte de la liberté primitive.

« Les forêts durent être les premières habitations des peuples européens, lorsqu'ils se nourrissaient de glands; encore aujourd'hui les forêts de palmiers sont en Afrique l'asile des nations. La chasse des animaux fut une occupation naturelle de ces peuples ; mais aux premières lueurs dQ la civilisation, les nattons de chasseurs, ayant le corps et l'esprit formés par des exercices violents, des dangers et des travaux perpétuels , durent prendre un essor bien plus rapide que les peuples pasteurs , et bâtir plus têt des maisons et des villes ; les forêts leur en fournirent les matériaux et jusqu'au modèle de leur architecture. Les troncs d'arbres soutenant une salle de verdure ont donné la première idée des colonnades grecques et indiennes, tandis que l'architecture chinoise ne se compose que de tentes imitées en bois et en pierre , et que , dans l'architecture gothique, on reconnaît l'image des sombres cavernes et des rocs sourcilleux (<).

» Les montagnes, les fleuves et les forêts, ayant dirigé les premières tribus dans leurs émigrations, et ayant influé sur leur caractère physique et moral , ont encore donné naissance aux premières divisions et dénominations géographiques p:. C'est ce que nous aurons souvent lieu de vérifier dans les descriptions particulières.

0 Mais ce qui a surtout accéléré l'extension de l'espèce humaine et les progrès de la civilisation, c'est l'invention de la navigation.

» Quelles vives, quelles singulières impressions durent éprouver les premiers hommes , lorsque, descendus de leurs montagnes paternelles , après avoir erré dans les forêts épaisses qui couvraient la terre encore vierge, ils sa virent tout-à-coup arrêtés dans leur course va-

(') Hodges , Travels Id India, pari. I.

Ainsi que le fait remarquer le docteur Cànsiancio, ce qui contribua puissamment à la rapide civilisation des peuples du nord de l'Europe ce fut le respect qu'ils eurent pour les femmes. EUes sont tenues chez presque toutes les nations sauvages ou barbares dana la plus abjecte dépendance. L'influence des femmes sur le* perfectionnement des liens sociaux est ce qui dlsUngue le plus les nations policées de celles qui ne sont qu'à demi-civilisées. J. H.

(>) Rubdeck, Atlant. I, 65-67. Eccard. , Orig. German., page 86. Torfœi, Hisl. Norveg., I, 130-160.

Liyi^i: QyAfiANT«-§çimiiœ.

Jap^ ^^ |oiflta^ ftjïsçjir, seniblait sç çoii(o;idre 5W !^ ^^^1 f '' P^'^^ §F? ondulf^tions au:|: fflouvemei^t? ^ç^ «MîlSS?| }-e§ jçjiues phasseurç,

pyophèyeu^ S^^'^^eç ^fçoj 4e ces xpoi^fçjgQÇîs Rflni^^s'a^'i y^aient çfl |nug|$s^m s^ brjsçç Çon^rf le f jyagp. ï^ei^ vieijjqf^s rappelèrent à (eu^s gafau^ âtteiiy(s et attristés l'antiq'^e tr^di^jon à'uD rpondç maguifiq^ip et impjç gup l^ yeDgeapcediviQç avait ÇPgloMti daus ie,s flots; ils raçontèfeiit cominept un'jiomme j^ste s^uv^ su^ une barque le germe des nations futures , et comment il vit sentir du çein des eag^ ^ne terre nouvelle. Tous regardèrent avec un respect mêlé d'effroi ce mystérieux Oc4in , le berceau et la tombe de la viç.. La nécessité forç^ l'homme à s'aventurer ^ujç de frêles canots > et à voyager d'abord sur ies lacs, les fleuves, et çpsuite sur le vaste Qcéan. Le besoin de subsistance, la cpiute d*un ennemi puissant^ furent sans doute lei? premiers motifs qyi excitèrent chez rhoname (a pensée bardie de naviguer. M

Lorsque le géniç. e^ le çour£|gp eurent lancé, le premier esquif sur 1^ mer, tout Tétat physique et moral clK^ngea cjie? la tribi^ que s^ position mit à même de profiter de cette grande découverte. Un petit territoire, riche pa^ ses pêcheries , se couvrit d'une nombreuse population. Des îles hçurçuses devinrent des asiles inaccessibles aux sauvages conquérants. Ces peùts coins de terre, isolés par la nature même, firent naître les premières idées de patrie et a indépendance nationaU, Même Tintempérie de Tair marithne influa sur les progrès 4c la civilisation. Bans rin^érieur des terres, une tente ou une cabane de verdure mettait à Fabri de la piuie et des vents. Près de la mer, Thi^midite de l'atmosphère nécessita j^es habitations mieux fermées. Les gr^^ndes yiHes naquirent sur le rivase d'un fleuve ou suc lés bords de la mer.

•« Le caractère des peuples insulaires s'est toi^|oi^rs distingué par ronginalité;' Attachés ^ lei^r sol natal, m?ii^ injustes eaj^yêi^s l'ét^'ang^.; Ildèles aux souvenirs nationaux , mais enchaU nés par des superstitions et des préjugés, ces peuj^es offrent ordinairement des yertus-ptus ^ei'g^qu'e^ ei\ àç§ yjçes e\vs tiVçlevik ç[ue les paisibles habitants des plaines continentales. »

Livrés au commerce et familiarisés avec les

W^^ ^?s clJYç^^ p^ys, $t pn apteflï ^^ bl^ (») , ils ftrefit ¥ îft^ *wp§ oes progrès dI^ r^Pi4Ç? ^^}^ Ifi? W^ 1 les scienogg ^ 1^ çpnççç de se go^yçi^^içr, gq§ tofls Iç^gutlJe^fiyHPte. |[-'ind^strie,ençl^gme^ta^^tle^fJ5ç^(^sfs,%^ Iqpp'cj pp eqx Ip désir ^e §'ass\içff. }a prop?^ p;ir des lois justes et ^ndées sjjf l'^nt^l çp^H

îflun. i:'est PQ^fq^Qi ifs vmH wrfe»^ ?»

copf^mevçqft^ qv^i b^ihitèrçut ^e§ il^ | l'abri des attçiques ^es Ratiqns fé;'oç;çs, ^ S9jjt g^ ralement montrés les enuf^i^ dH BKVY^^ ^ %(f\\f^ et If s gaç^is^ ^^^ systèrpe jjgptl^^dej formas de gouye^'nement d^H^s jfl^^çîle^ Iq lois sont fc^te^ pour 1^. biep ^f. tqute l^ çç^og^ip^iuçi^té, ft i^op (lu profit excl\isif d'u9 iodiyidi^ , d'upe fenaiÛe , çh 4'unç^ çastç. P^ les i^o|[nbj:eu^ ef e^iples de la s^gfissf^ ^ îpstitutiqps des insulaijfes, ^\ suffit de c^f^ L^ frète et 7yr d^p^^ l'antiquité, et l'Angleterre daos les temps j[i[)((^erpes. Le commerce XWW 4^ les tiommes l'amou^ de la liberié, ^ ]^^veiiia eq eux îç sen^qent de leurs droits. i\ a puissamipen^ contrib^^ |\ diminuer ^illfl^e^ce permanei^tç, et l'asceq^pt de la ç|as^e ^içbe en fonds de ter^e çt iiérçditai^'e.

Paps rbistq^re d\^ gen^'c buqi^ia, |çç pith grès ^e |a n^vigç^tion tiendrop^ tioi^içurs la première place après ç^ei^^ de ragricultu^.^ ciyilisation que l'agriculture fait n^i(re i^, que focale ; elle s'^rê^e ^^s que jeç bç^soj^^ de la nation sont assuré^; alç>j^ \^ peuples cultiyate\irs, çr^iqaireçpiçnt Pî^r^gé? ^.^^ très indolents et e^çla^es fE^£^ll\eur.çu^, s'i^ ier^t du reste dp niondç, plus epjîçue p2\r Iw lois çt leprs qsagc;$que p^ç leprç grandes murailles.M^is l£( naviga^on trouble cette félicitç chinoise; elle, (ait ç;esseir ce rep<)i$ ignoble^ contraire ai^x dçstinéçs i^i;; gepre hufDain. li vaisseau réunit lesi p^rtie§ du monde l^sjite éloignées j deç cités, ^es ps^tiops çatière« trfpsplantent sous d'a^tl•eç climats; ai) fî^fu ^es paisib|e§ sî^uyages s'élève le ^te de la civiliçatiôp ; un p[^ç>pvem^t ^\^ saisit les peuples; l'honinfiê, k m fefil entraîné à la conquètf; ^u glpbç.

«L€!fj>rt^çsgr^ndç§ f^î^^iilçsfc)^p(^.ga^ déciiié par la érection qu'eues \J îçur émîgrîi^ioi^, par (à nfL^v^rç (Jesl le§ ocp\\pè.rent,çflais s^rtôp^jp^sj^^^ grandes pier^; du gjo^e, çt le J^rii'gf IP. nommes surent en tirer^ L'étemelle enrance

CO Le docteur Cçnttancio,

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des Chinois n'est-elle pas due principalement à leur ignorance de l'art dé la navigation? Au contraire, si les Japonais et les Mal^s oi)^ montré un caractère vigoureux, entreprenant, et différent de celifi 4c<s au^es 4^^^i^^) c^était à répoque où leurs escadres parcouraient le grand Océan oriental, encore ai^ourd'hui rempli de leurs colonies. Les nations africaines se sont comme engourdies au milieu d*un grand continent dépourvu de golfes et de bras de mer ; cette circonstance, çul empêchait la navigation d'y porter r|ndvistrie, a puissamment contribué à abrutir les peuples d^Afirique. » '

UËgypte, du temps de Sésostris et dans les époques encore plus reculées de son étonnante splendeur, dut sans doute une grande partie de sa puissance et de sa prospérité à la navigation que plus tard les Tyriens, les Phéniciens et les Carthaginois exploitèrent. Les Égyptiens, conquérants de l'Asie, possesseurs de toute l'Arabie, de la Chaldée, de la mer Bouge et du golfe Persique, étaient sans contredit un peuple navigateur; mais vaincus par tes Perses, subjugués par les Grecs et lesl^omains, leur gloire s'est éyanouie. « Les Européens seuls étaieuÇ appelés à étendre leur empire sur le globe. Les nations qui ont peuplé |*Europe ont eu ^ franchir le Caucase et les Alpes, le Pont-Euxin et la Baltique, l'Archipel, r44riatique et [^ Jïéditerranée. De si grands obstacles ralentirent d*abord leur marche, mais en môme temps développèrent et (orûflèrènt ce grs^nd caractère d'activité et d'audace commun aux peuples européens.

Bientôt le^ phéniciens perdent l'empire de la mer; Athènes rivalise avec Tyr; une ville grçcque domine l*Egyp^ yaipcue; Carthage succomibe sous Eome; l'Europe saisit le sceptre du monde. A cette époque, ^oute la civilisation était rassemblée autour de la Jlf éditerranée; c'était presque la seule mer sur laquelle on na\iguât; c'était le gran4 ctieQiin dç tous les peuples policés.

i Une seconde époque conmience, et c'est encore aux progrès de la navigation que se lie la marche de la civilisation. Les Scandinaves y préludent par leurs courses audacieuses qui s'étendirent Jusqu'en Amérique. La bousille et Colomb paraissent. Un nouveau monde oit aborder nos vaisseaux; ime nouvelle Europe s'élève et croit dans ces magniflques soli-

tudes. Vocéan Atlantique est devenu la Méditerranée nouvelle, la grande route commune gu| rapproche entre eux les peuples civilisés, et qui tantôt retentit du bruit de leurs com- 1^^, tfii)|ôt l^\)r fipp.oi:te i^iblement les tributs du reste de l'universi

» Mais la marche de la civilisation est loin d'être terminée, les merveilles de l'Europe peuvent encore être effacées. Les Européens s'arrêteront-ils aux bords de cet océan Atlantique, q^i, tQut iiflmçftse qu'ij pariât au])j flercn|es phéniç^çn et grec , p'f st pourtant qu'un bras de mer, si on le compare à ce grand Qcé^n qui , sous les poms d'Indien, de pacifique et d'Austral, s'étend d'un pôle à l'autre 1( Déjà, montés sur des barques légères , Içs navigateurs américains franchissent sans crainte tout cet hémisphère aquatique; déjà des colonies anglaises ont commencé à conquérir ces vastes terres, ces Iles innombrables qui forment au sud-est de l'Asie une cinquième partie du monde , et la plus belle de toutes; cette superbe Océanie offrira peut-être, avant quelques siècles, le spectacle de la plus vaste civilisation qu'il soit donné à l'^iomme d'espérer, et que les bornes du globe terrestre puissent admettr^. Qu'un autre Cadmus y porte ce flambeau des arts et des sciences qui éclairent l'Europe ; que des colonies échappées à nos guerres civiles fondent dans une des grandes tçrres de l'Australie ou de |a Malaisie une nouvelle Grèce, alors ces collines, qui ne produisent aigourd'hui que des aromates , se couvriront de villes et de palais , dans ces baies qu'ombrage une forêt de palmiers , on verra voguer une forêt de iça^s ; l'or et le marbre seront tirés ides flânes dei montagnes encore vierges ; le cojrail et les perles seront rçcherchés au fond de la mer, ï<our orner des capitoles nouyes^ux; et vn joyt peut-être l'Europe, TAsie, l'Afrique et TAmérique, étonnées etjalovâes^ trouveront une rivalité dangereuse dans des contrées don't L'existence les occupe à peine aujourd'hui. I

» Ainsi, dans l'histoire du genre humain «' lepoM^, le présent et l'avenir, se lient à la position des grandes mers du globe et aux progrès de la navigation.

» Nous allons entreprendre un voyage autour de ce globe, dont nous terminons ici la théorie générale ^ mathématique, physique ec politique.

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