‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 213 sur 229 · LIVRE QUAHANtË-SEWttîME · texte numérisé non relu

LIVRE QUAHANtË-SEWttîME

*> Les habitations oi^inÂiréâ d*tin t>ebt^le Indiquent presque InfallIibleiWeiit le degt-é dé civilisation auquel il est parvenu. Oii pourrait partager le f:enre« humain en quatre classes, d'après les quatre genres d'habitations que voici ; V cavernes dans les rochers et sous terre: ceux qui en font leur demeure ordinaire sont appelés peuples troglodytes; 4° cabanes de terre, de branches d'arbres, de pierre ou de quelque autre matière brute ou gt^ossièrement travaillée ; 3° tentes : ces mobiles demeures paraissent préférables à nos palais, aux yeux des peuples nomades ou pasteurs; 4^ maisons, qu'on pourrait définir cabanes perfectionnées; car même la plus superbe colonnade n'est qu'une imitation ennoblie des poutres grôsibières qui soutenaient le toit de chaume. On trouve eu Europe des maisons construites de poutres non équarries , de poutres équarries et garnies de boiseries, d'argile battue et de bois équarri , de briques et de l)ois , de briques seules, de pierres brutes, de pierres de taille et de marbre.

*• Le nom de tilles; fl pàHer rigoureusement, n'est pas donné à un assemblage de maisons en raison de l'étendue ou de lu population , mais en vertu des privilèges dorit l'endroit Jouit. Le droit d'exercer le commence , les arts et les métiers, voilà ce qui distingue dans la plupart lies pays les villes dès villà^eè. Les villages sont quelquefois plus grands que plusieurs villes, par exemple en Silésle; mais ils n'ont ordinairement aucun privil^e qui les distingue du reste des campagnes. Les bourgs sont des endroits qui Jouissent d'une partie des droits accordés aux villes; Ad reste , ces mots prennent différents sehs; selon les lois et lès usages des différents pays.

»» Les ustensiles et instruwients ne sont pas des objets moins dignes de l'attetitiôil d'iih ol> servatèur philosophe. Les arcs, les jaVelôts^ les filets des sauvages méritent sodvent d'être remarqués comme ouvrage d'unfe t)atience et d'une adresse admirables (*).

(') Ces QbJeU ne. font pa^ seulement dignetf (l'exciter ta curiosité , ils peûirea^ être considérés sous uo point de vue scientIGque. Ainsi ils sont propres & (a\re conriaUre d'une manière positive le degré de civilisation des peuples qui «ont encore ^tns Veù' fiance squs ce rapport. lU donnent une idée précise de leurç art^, de leur ln(^u$lrie f de leurs mœui^, de leur religion. Ils Indiquent t celui q'iii saii jeter un regard philosophique sur ces produits ïtâ (l'ocrés

» La nourriture des diverses nations ^t un objet de peu d'importance à l'EuropécD, accoutumé à voir toutes les substances alimentaires servir indistinctement sa gourmandiie. Mais il y a desnationsqui vivent presqueexclo. sivementd'une seule espèced'aliment. Les peuples frugivores , carnivores et ichthyophaga sont disséminés sur toute la surface du globe; le goût pour la chair dû cheval parait particolier aux Mongols, aux Tatars, aux Finnois et autres descendants des Scythes, même aux peuples slavons et gothiques ; c'est en Afrique que les anciens et les modernes placent les peuples acrid&phages où mangeurs de sauterelles. La misère réduit même quelques tribus â dévorer de la terre glaise.

» La géographie spéciale remarque avec soin ces différences, souvent très importantes par leur effet moral. Mais quant à ranfAropojjÂogie ou l'horrible coutume de manger de la chair humaine, il parait démontré qu'elle n'appartient en particulier ft aucune nation, à aucun climat; toutes les tribus sauvages s'y sont livrées, soit par l'effet d'une haine féroce contre des ennemis, soit par les Inspirations d'une sopersb'tion atroce, sôlt enfin dans le cas de disette extrême. Non seulement lés i^lâtions modernes l'attestent à l'égard de tous les peuples d' Afrique , d'Amérique et d'Océanie, mais on entrevoit par plusieurs passages dés andeos que bet usage était répandu en Europe, Les poètes l'attribuent aux Cyclopes et aux téstrlgons qu'ils placent en itall«l[«) ; les historiois

par léscjoelsThororoe s'est étèvé jusqu'au sommet de la civilisation , en décomposant les produiU de b oatur^ pour en faire de nouvelles combiniijt» appropriées â ses besoins ou à ses caprices , eai» ginant des arts nouveaux» des instruroen^iogépita, des moyens plus terribles et plus destructeurs iw la guerre qu'U fait à ses semblables. <C'esl dobcu véritable service que les gonvememeuU éclairés «ft d^jà ^eiLdu à l'ethnographie, et qooséqueinneotéli géographie, que d'avoir fondé des coflecUttOStli'? strumenls et d'ustensiles des différents peupb. i^e gouvernement français, déterminé enfiii parlesôtP servalioDs de plusieurs savant^, eiparticaliérèoiëi parcelles de M. Jornarc}, ponservaieurdescarCesdeli collection géographique de la BjiblU}ih^i^J[^)^e^ Paris, s'est déterminé, dit-on, â réunir, dans un 4^ corps de bfltimenU (^ue Viû coMsirûit pôdH'agraAJ dissement de ce bel établlssemeiit^ une èollectlM du m6m« genre, et qui pourn^ civaliier onjoiiiTei ceUes qui existent k tondres , \. Berlin , i ^i^Hr, i Gœttingue, à Pétersboùrg^ etc. J. H.

(•) Wom.; odytt. i* ; 290Î X ; f J9

GÉOeRAPHlE POLITIQUE.

cft àcfcuscnt i.eâ Scythes (*), les Ombres p), une tribu des Calédoûieas P) et d'autres peuples du Nofrdî Les héros et les dieux d*Bomère se servent des expressions empruntées de Tanthro- ♦ Ik)phagle; Jupiter re()roche à Junon qu'elle a envie de manger, cru ou apprêté, le roi Priam et ses enfants. Les sacrifices humains étaient connus des Grecs, des Romaibs, aussi bien que des Celtes, des Scandinaves et des nations orientales ; or, ces horribles sacrifices paraissent souvent avoir été terminés par un festin plus horrible encore. L'usage dégoûtant d'ensevfelir dans leurs propres entrailles les cadavres de leurs patients est attribué aux Is$e^ danes (<), aux Massagètes(5), à plusieurs tribus de rinde (•) , aux peuples du Tibet et des Iles Marlanhés(^) et aux anciens Irlandais (•). Il pai^it cependant que tous les peuples qui viverit de végétaux et de poissons sont étrangers à l'anthropophagie.

» Le désir de se procurer une exaltation momentanée a fait inventer, chez toutes les nations; dès boissons fermentées et enivrantes dont la nature différente, depuis nos vins les plus généreux jusqu'au dégoûtant avà des 0-taltiens, mérité d'être indiquée dans les descrij^tions géographiques.

» Ibns rimmense variété d!uia§es qui donnent à la vie sociale de chaque nation sa physionomie pfu-ticulière, la géographie physique choisit les ^ts les plus marquants , ceux qui intéressent la morale et ceux ïfvA servent â éclaircir rWstoire de Tespèce. Ainsi la ctrconcision Ihtroduite chez des nations africaines non mahométanes, les momies des Guanches semblables à celles de l'Egypte, la coutume de laisser (es corps morts sécher à l'^ir commune aux 0-taItJens et tiux anciens Mèdes; la coutume des femmes indiennes, wendes et Scandinaves, de s'immoler sur le tombeau dé leurs époux, et en gédéral tout ce qui regarde les mariages, les naissances et les funérailles, offre des analogies intéressantes.

» Les lois eivUes présenteiit querquefois des lingularités (|ui méritent d'être consignées

{') mfod,,W; 18-$0. P/m., VII, î. — (») Diodùr:', V, cap. 82. — 0) Hieronym., ap. Bachan,^ rcr. Scolic.^ir, p. 55 , édll. Wechel. — (*) lUrod., IV, Î6. - (â) SiralK, XI, 353, édil. Casdub. Alrcb. Hirod,, 1. cap. 216. — (0) Hérad^ III, cap- 99-100; — (:) ,Muùniqut8 , , Marco-Polo, Mendanna , eic. — [*)ihralf. IV. 139.

dans le tableau d*uhe ihtion; Il BdfRt de hsit>peler ces règlements qui Hiârqueiit swtipnieusement un cérémohial humlliaht; ces stipt>lices qui font frémir l'humanité, ces tarifs de Aettr^ très et de mutilations, ces ét)reùves superstitieuses encore en vigueur chez diverses nattons, et mille autres traces d'une ancienne barbarie ou monuments d'une tyrannie récente.

» L'état des lumières sociales termine cette longue série des rapports sous lesquels oh peut envisager les nations. Possèdent-elles de riches dépôts où s'accumulent les découvertes du génie et les observations du savoir? ChéHssentelles, dans de beaux poèmes, l'expression des plus nobles sentiments de l'humanité et du patriotisme? Les savants et les gens de lettres pccupent-ils le rang honorable qui leur est dû? Voilà des questions dont la solution est essentielle pour connaître le degré de civilisation et de force morale d'un peuple. Religion, lois; coutumes, mœurs, gouvernement, orgariisation sociale^ sont compris dans le mot civilisation, mais sont susceptibles aussi de variations; et, suivaht la combinaison qu'elle^ produisent; ces institutions et ces diÂérents degrés de lumière doivent modifier le caractère qu'on assigne à chaque peuple. Il fhut donc se garder d'attacher un sens trop rigodreux aux dénominations de peuples sauvages; peuples barbares ou demi-civUisés et pétales civilisés.

» Les sauvages sont ceux qui ne connaissent point l'art d'écrire ou de fixer leiirs pensées par des signes équivalents à l'écriture. LexM idées mobiles ne s'attachent qu*aux choses qtl! frappent leurs seui ; ils aiment à se parer d'une manière ^i nous semble ridicule; ils s'adonnent aux exercices du corps et nous y surpassent infiniment. Leur industrie se borne ordinairement à un peu de Jardinage^ à la pêche et à la chasse. Cependapt Quelques uns font des ouvrages très jolis, et ont même des habitations commodes et élégantes.

» La classe des barbares ou demi-eiviliséê comprend tout peuple qui, par l'écriture, par des, lois écrites, par une religion extérieure et cérémonielle, par un système militaire plus stable, s'est éloigné de l'état sauvage. Mais lés connaissances qu'un tel peuple possède ne sont encore qu'un amas irrégulier d'observations incohérentes; Ées arts sont exercés pdr routine; sa politique se boruë ft la déOmse tû6mé\tanéé

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