‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 51 sur 229 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

Suite de ruutoire de la Géographie. —Tableau des migratioiiB des peuples depufs l'an 500 ]usqu'A rtn 900

t Pour bien développer Timmense série des changements que subit la géographie pendant ces siècles, il faudrait des volumes. Nous tâcherons de resserrer ce vaste tableau sous un seul point de vue, en examinant la positi<m de chaque peuple avant et s^rès la grande migration; et, d*abord, indiquons la marche générale de ces longues révolutions.

. » L'einpire romain, partagé entre les fils de Théodose, marche vers sa dissolution : TOccident devient tout entier la proie des barbares. L'Angleterre est abandonnée aux Saxons ; la Gaule est occupée par les Francs, TËspagne par les Yislgoths, l'Afrique par les Vandales; Rome et Tltalie elle-même passent du Joug des Hérules sous la domination des Ostrogoths. £a vain Vempire d^ Orient repr^id-il quelque vigueur sous Justinien ; en vain Bélisaire et Narsès délivrent-ils Tltalie et l'Afrique, Constantinople ne jouit pas long-temps de ses conquêtes. L'Italie, négligée, tombe au pouvoir des Lombards ; quelques provinces méridionales restent seules dans les mains des Grecs. Rome se jette enfin dans les bras de Gharlemagne; elle pose sur la tête du vainqueur des Lombards , des Saxons et des Sarrasins , la nouvelle couronne impériale d'Occident. Ainsi cessèrent en l'an 800 les bouleversements géographiques de l'Europe occidentale. Mais TOrtml restait à cette époque dans im état indécis. Les nations gotiiiques et hunniques avaient dévasté ses provinces d'Europe; les Bulgares, les Servittis, les Hongrois, les Valaques s'y fixèrent* La Perse envahissait les frontières orientales. L'empire, qui déjà se défendait faiblement contre cette double attaque, fut comme pris en flanc par un troisième ennemi : les Arabes s'emparèrent de presque toutes les pro-

vinces d'Asie et d'Afrique; mais leur inexpérience dans la guerre maritime et la position très forte de Gonstantinople arrêtèrent leurs progrès.

» Ce débordement des peuples tour à tour conquis et conquérants avait sans doute pour cause générale un accroissement de population dans le nord , peu proportionné aux moyens de subsistance que fournissait alors une terre mai cultivée. Mais, pour détermhier le mouvement presque simultané de tant de nations, il fallut une première impulsion. Elle fut donnée de deux points très éloignés l'un de l'autre : du centre de l'Asie , la rage du désespoir précipitait l'immense foule des Huns de ruines en ruines ; du centre de la Scandinavie , un esprit audacieux et entreprenant conduisait un petit nombre de Goths de conquête en conquête; le choc de ces deux nations ébranla l'empire romain, et en ouvrit les avoues; tous les peuples barbares se jettent sur la riche proie qui venait de leur être indiquée; ils arrachent, les uns aux autres, les lambeaux sanglants de l'Europe.

» La nation des Huns est connue des Chinois sous le nom de Hiong^nu (^). Elle habitait, deux siècles avant J.-C, au nord-est de la Chine , dans le pays actuel des Mongols et des Kalmouks. Les Huns étaient certainement de la même race que ces deux peuples ; leur portrait, tracé par un historien p), le prouve. L'Europe vit avec autant d'indignation que d^efTroi ces conquérants d'un extérieur ignoble , petits , trapus, ayant des cheveux rudes comme des crins, des nez difformes , et les os de la joue

(>) De Guignes, Histoire des Huns, etc., etcComp. les objections de Gebhardi , Histoire de la Hongrie» I, 187. — (") Amm. Marc, XXXI, 2.

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

très saillants. Des révolutions civiles et des guerr^ malheureuses déterminèrent une portion des Hons à émigrer vers l'occident. Ils s'étendaient, en Tan 300, jusque dans le pays actuel des Bachkirs , qu'on 'appela grande Hunnie ou Hungarie. Attaqués dans ce pays par d'autres nations asiatiques , ils envahirent , vers Van 400, les contrées autour des Palus- Méotides, où ils subjuguèrent les Alains (•) ; ils s'incorporèrent cette nombreuse nation, soumirent le royaume gothique en Pologne , pénétrèrent, selon quelques auteurs, jusqu'en ScandinaAie ;^. Attila tourne ses armes vers le midi; et l'occident, la Germanie, la Dacie, la Gaule, sont envahies; les foi-ces réunies des Francs, des Visigoths et des Romains arrêtent enfin, dans les plaines de Châlons, ce torrent dévastateur. Cependant, Tannée suivante, Attila détruit Aquilée; il aurait peut-être achevé la conquête de l'Europe, si une mort subite n'eût mis un terme à ses vastes projets. Son immense empire se dissout; les Gépides et d'autres nations domptées secouent le joug; les hordes hunniques, désunies, se réfugient vers les marais de la Méotide, comme les Uturgwi p) dans les antres du Caucase , comme les Sabiri (*}, ou se fondent dans la masse des nations paisibles. Peut-être les Russes doiventils leur origine à un mélange des Huns avec des Slavons (*).

• Nous avons vu que les géographes anciens connaissaient des Hunni sur les bords de la mer Caspienne, et des Chuni vers le milieu du cours du Rorysthène. C'était sans doute deux tribus de la grande naticm hunnique. On ne saurait pas en affirmer autant à l'égard des Huns ou Hunes, établis dans la Frise et la Westphalie avant le cinquième ou sixième siècle ;®). Les simples monuments qu'a laissés cette nation, et les Uaditions demi-fabuleuses des historiens islandais , ne fournissent que des lumières douteuses sur l'emplacement de cette Petite Hunnia, connue seulement des Francs et des Scandinaves.

B Les Goths figurent, dans l'histoire de la grande migration, moins comme un peuple

f.) Amm. Marc, XXXI, 2, 3. Gros, VII. 34. — (»)'coinp. Graberg, dans les Annales des Voyages, vol IX 236 — W Lévêque, Hislolrc de la Russie. — (V, 'ProJop. B. Golh. IV , 4 , 6 , 1 8. — (5) Theoçhan. , (>n). Byzanl. VI, 119. Cedrenm, VII, part. 2, p. 285. Mulala, XXIV, 74. - « Mémoires sur les Iluns franciques , Am. des Koy. Vï, 347. Grabcrg, ib.

que comme une année d'aventuriers. S'ils ont joué le premier rôle dans le bouleversement de l'empire romain, c'est parce que, les premiers, ils reçurent le choc de l'invasion hunnique ; et, poussés hors de leurs possessions, leur proximité de la frontière romaine la plus faible et la plus récemment établie, leur ouvrit une route facile à de nouvelles conquêtes. Je ne.discuterai pohit si, avec beaucoup d'autres peuples européens, les Goths sont venus de l'Asie. Il se peut que, sortis des environs du Tanais, à une époque reculée dans la nuit des siècles, ils aient tenu à peu près la m£me route que les Sarmates pour aller se fixer en Scandinavie, où des nations gothiques ont dû être établies plus de cinq siècles avant J. -G., puisque Py théas, un siècle plus tard, les trouva dans un état qui n'est pas celui des peuples sauvages primitifs (^). Il est donc d'une absurdité manifeste de rejeter les traditions historiques des Islandais, aussi sûres pour le moins que celles d'Hérodote, et fondées, comme l'histoire primitive des Grecs, sur des généalogies qui , éclaircies par les recherches vastes et profondes du Varron danois, M. de Suhm p), et évaluées d'après les saines règles de Fréret, remontent au moins à l'an 250 avant J»-G. Les Islandais connaissaient des Goths continentaux sur les rivages de la Baltique, dans un pays nommé Reid-Gothland, probablement entre les embouchures de la Vistule et de l'Oder ('), et des Goths insulaires dans V Ey-Gothland, probablement la péninsule de Scandinavie. Jomandès, auteur ignare, mais seul copiste des écrivains gothiques du cinquième siècle, s'accorde avec les Islandais siu: le point principal ; il fait sortir les Goths continentaux de la Scandinavie (*), et il nomme, dans cette péninsule, les cantons et peuples à'Ostrogothie, de Vagoth, c'est-à-dire West-Gothie, de Suethans ou Suédois, deFinnaith, le district de Fînved en Smaland, de Raumarike et de Ragnarike, dans la Norvège méridionale, et encore d'autres dont il serait fastidicW de discuter la barbare or-

(«) voy. ci dessus, p. 120 et 121. — W Suhm, HlsloIrecrlUque,!" vol.Orlgin.despcuplcs, !!• vol. Origine des peuples du Nord, III* vol. Odin ou Mythologie Scandinave, IV-V. Migrations des nations gothiques, VI -X Histoire critique du Danemark in specie (en danois.) —(3) Schwarti, Géogr. de la German.seplcnt. IC,22. T/iunniami , Recherches sur les peuples , etc. 3G. — (*) Jornandts, de reb. GeU 6. sqq.

thogn^e (1). Ces noms, parvenus Jusqu'aux oreilles de- JorDaudèft, daus le sixième siècle, ODt uécessairemeut dû être eu usage longtem^ auparavant ; car les véritables noms des peuples barbares se répandent lentement. D*un autre côté, plusieurs de ces dénominations gothiques restent encore aux cantons qui les portaient il y a quinze siècles ; preuves victorieuses de la véracité des auteurs copiés par Jomandès.

9 La Scandinavie, mieux connue par ses propres monuments historiques qu'aucune autre contrée du nord à cette époque, nous offre une image de toute TEurope barbieire. Un grand nombre de princes, qui tous prétendaient descendre d'Odin, dieu de la victoire ; autant de royaumes que la nature y avait tracé de cantons; un peuple dont la valeur suppléait au nombre ; des chefs dont le génie naturel renversait les combinaisons politiques et militaires d*un ennemi plus civilisé; des lois simples, mais sages ; une grande concorde envers tout ennemi commun ; enûn un enthousiasme exalté par la religion, et qui permettait aux chefs d'employer la totalité des hommes en état de porter les armes : tels étaient les avantages des peuples appelés barbares, et surtout des Goths, sur les Bomains (^). C'était plus qu'il ne fallait pour vaincre les enfants d^énérés des Bomulus et des Brutus.

• Dans leur marche vers le midi, les Goths semblent avoir suivi le cours de la Yistule, et ensuite la chaîne des monts Garpathes. Ptelémée, qui connaissait en Scandinavie les Gutœ, nommés expressément Goths (>] par un auteur du cinquième siècle, place une nation gothique près de l'embouchure de la Yistule, sous le nom de Gythonet ; Pline et Tacite paraissent étendre leur pays jusqu'aux bords de rOder : le premier les nomme Guttoneé, le second GothoMif ces trois manières d'écrire le même nom représentent les trois manières dont les Scandinaves eux-mêmes le prononcent. Pline compte les Goths comme une tribu secondaire parmi les Vandalii ou Vandales ; apparemment que ceux-ci formaient alors le peuple dominant. Ces Goths de la Prusse étaient donc ou de feùbles restes de l'ancienne

(') Suhm, II, 159, 196. — (*) Suhm , II, 138 , 15S. — (3) Moses Chorenentis» Hist. arm. 342, 345 , 198 , 201 , 263. Il suit Papput , géogi. alexandrin de Tan 400.

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migration de leur race, ou des colonies nouvellement établies. Les émigrations successives des Goths de la Scandinavie, divisés en Ostr(h gotkê et W^trogoths ou Visigoths, donnèrent aux Goths de la Sarmatie de nouvelles forces et des chefs audacieux. Us envahirent toutes les contrées sur la Yistule; ils soumirent les Vandales (<) et divers autres peuples, qui fu-* rent dès lors considérés comme Goths f). Une tribu gothique, les VictofaUi, combattit avec les Quades et les Marcomans contre Marc- Aurèle (>). Sous Caracalla, en 215, ils se trouvent déjà avancés au-delà des Garpathes, puisqu'ils font la guerre aux Bomains sur le Danube. Ils envahirent probablement, entre l'an 280 et 300, le pays des Bastames, situé sur le Dniester et le Prouth ; car Lactance, en 304, parle d'un peuple chassé par les Goths, et recueilli par l'empereur Galerius {*). Or quel pouvait être ce peii^ple 7 Yopiscus dit, environ vingt ans plus t6t, que l'empereur Probus reçut amicalement 100,000 Bastames, et leur donna une contrée dans la Thrace (s). Les Goths suivirent naturellement le cours de la Yistule, et ensuite celui du Dnieper; aussi voit-on les Heruli, nation probablement gothique, descendre le Borysthèneavec une flotte de cinq cents voiles, pour piller Byzance («). Il n'est pas étonnant que les Bomains, se voyant attaqués par les Goths du côté du bas Danube, confondirent ces peuples tantôt avec les Gètes, tantôt avec les Scythes ; d'ignares historiens de ces siècles de décadence, n'ayant lu ni Pline ni Ptolémée, répétèrent ces abus de noms.

» Au quatrième siècle de notre ère, le grand Hermanaric monte sur le trône des Goths ; il réunit sous ses lois toutes ces bandes guer* rières qui étendaient leurs courses depuis la Baltique jusqu'au Danube, et depuis la Yistule jusqu'au-delà du Borysthène. Bientôt il tourna ses armes du côté du nord-est ; il soumit les ^tiens, pêcheurs de l'ambre jaune; les Coldos, probablement en Courlande, autour de la ville de Koldiga (Goldingen) ; les Merens, sur les bords du Merecz en Lithuanie; les Jfor- (•) O^ynpiod, in Corp. Byz. I, ISO. — (•) Procop, in C. B. I, 345; II , 45. Theophan, ib. VI, 65. Comp. Cedren, VII , 270. — (') Jul. Capitoiain.Uàrcus Antoniuf , cap. J2. Comp. Eutrop. XVIII, 2. —(4) lac^ tant, de morte Pers. , cap. 88. — (*) f^apiscus , in Probo. — (6) SyneeUus, Corp. ByzanL tom. V, p. 304, 306

HISTOIRE DE LA GÉOGEAPHIE

im

ê, et d*aiitres peuples dont les noms paraissent sannatiques et finnois '('). Mais un orage se formait dans les déserts de l*Asie ; les Huns attaquent Tempire d^Hermanaric. Les Gotlis, qui formaient plutôt une armée qu'un peuple, ne purent résister aux hordes innombrables que vomissaient le Volga et le Tanaïs. Ils suooombèrent, et TËurope avec eux (^).

• Pendant ce grand naufhige, une partie des Goths se sanva dans une contrée nommée Cauealand, probablement le district de Caeomses chez Ptolémée et le Caeawa des cartes modernes, au sud de Hermanstadt en Transylvanie i' . Une autre troupe de Goths semble s être réfugiée dans les montagnes au midi de Craco* vie où la plupart des noms de famille sont gothiques et non pas slavons (^j. Un reste des Goths s'est maintenu long-temps en Prusse sous le nom de Gudiwari ou Withiimri, c'està-dire restes de Withi ou Goths (^}. C'est pour cela que les Lithuaniens donnent encore aueore aujourd'hui aux Prussiens le nom de Guioî.

» Le plus grand nombre des Goths se réfugia sur les terres des Bomains. Les Ostrogoths obtinrent une nouvelle patrie en Pannonie. Le sage, le valeureux Théodoric, en 489, les conduisit à la conquête de l'Italie; il y Joignit encore la RhéUe, la Norique, une partie de l'Illyrique, et, en Gaule, la Provence. Mavenm devint la capitale de ce vaste Etat que les successeurs de Théodoric ne surent pas maintenir. Les Grecs du Bas-Empire se rendirent maîtres de ritalie vers l'an 553.

» Que nem'est-ilpermisdem'arrèter quelques instants pour rendre un juste honimage à lagrandeur morale d'un peuple vainqueur des vainqueurs de la terre ! Nous aurions vu les Ostrogoths rétablir en Italie l'ordre civil et administratif, faire de nouveau respecter le sénat romain, élever ou restaurer plus de monuments qu'ils nen avaient détruit,réprimer les dissensions des sectes chrétiennes, dessécher les marais, protéger le commerce, et, en un mot, se conduire de manière que le grand roi Théodoric osa dire à ses sujets romains : Imitez mes Goths ; ils

(•) Jomand, Gel. 23. — (>) En 37G. — (») Jornand, Comp. Timon, imago antiq. Hungar. II, c. 10, p. &0, add. 16, Toppeltin, Orig. Transylv. S4, 66 , 76, etc. — (*) Samicki, Xnn. Polon. lib. IV, c &, ad calcein. Dlugoisi, U II, p. 961.— (*) Thuamann, Recherches £ur quelques peuples, etc. (en ail.) p. 37,92.

joignent à votre civilisation la vertu de leurs ancêtres, ils savent combattre leurs ennemis et vivre en paix entre eux (*) . J'aurais encore peint cet illustre descendant d'Odin, arbitre des rois et des peuples, plaçant ses sœurs ou ses filles sur les trônes des Yisigoths, des Bourguignons, des Thuringiens et des Vandales PJ, adoptant pour fils un roi d'Hérules (>), et concevant ainsi d'avance le grand système de la fédération européenne. Mais le plan de cet ouvrage nous fait un devoir de la rapidité et nous oblige de suivre sans interruption les traces des nations gothiques.

» Une partie des Goths établis sur le Borysthène diércha dans la Chersonèse taurique un asile contre la fureur des Huns; les écrivains byzantins les connurent sous le nom de Gothi Tetraxiiœj^). Des écrivains des quatorzième et quinzième siècles (') parlent d'une contrée des Goths en Grimée; et un voyageur du seizième siècle connut à Constantinople des habitants de cette péninsule qui parlaient un idiome décidément gothique (^). Les recherches des savants du Nord n'ayant été encouragées par aucun gouvernement, n'ont pu mettre en évidence si ce coin de terre cachait encore quelques traces du séjour des Goths (^).

» Une branchedes Ostrogoths, les Gruthungi, étaient dispersés jusque dans l'intérieur de l'Asie-Mineurè(*). Leur nom vient probablement de Grud, alliance Pj; et ils formèrent peuirètre la souche de la milice gothique, nommée dans le Bas-Empire les Federati.

» La Thrace était devenue l'asile des Yisigoths pendant l'invasion hunnique. Alarie, chef d'une partie de la nation, marche en Italie vers l'an 400. Les Yisigoths, sous Ataulphe (Adolphe), passent en Gaule et en Espagne. La Septimanie échangea son nom contre celui de Go-

(«) Cassiod. Variar. I, 4, 6, 10, 26, 28 ; II, 3, 7, 21, 36, 27, 32, 85; III, 13, 23, etc., etc., etc., tooies les formules des livres VI et VII. — (•) Cassiod. Variar.

III, 1, 2, 3, 4 j IV, 1 ; V, 2, etc., etc. Proeop. de Bell. Goth. — (») Cast. Var. ÏV, 2. — (*) Proeop. B. Goth.

IV, 4, 5, 18. Nicephor, in Corp. Byi. tll,21. JJta^r. Hist. eccles. IV. 23. — (») Pachym, in Corp, Byz. XIII, 89&. Joseph Barb. itin. ad calcem Bûari, Hist. pers. 4&5. — (S) Busbecq, oper. 322-326, ep.4. Jhre, Glossar. Sviogoth. I, proœm. 6, 7. Nonobstant Beckmann, Annal, des Voy. IV, 37. — (') S«Am,Hifil. de Danemark, I; 07, trad. allem. de Grouer, not.— (») Claudian. In Eutrop. II, v. 153-210, 676-678. — (9) La^rbrmg, Hist, de Saéde, I, 666. Comp. Suhm, IV, 323.

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thie, et cette dénominatioa laissa des traces <usque dans le treizième siècle (>] . Toulouse fut loug-temps la ci^itale des Yisigoths ; le roi Eurieh ou Eric , l^lateur de son peuple [^ , étendit sa domination jusqu*aux bords de la Loire; mais sous- son fils la bataille de Vouillé donna la Gaule aux Francs. En Espagne, le royaume des Suèves, qui renfermait la partie nord et ouest , fut conquis par les Visigoths qui, à leur tour, sont déftdts par les Arabes en 714. L'Espagne renaît ensuite sous son ancien nom ; la Catalogne ou Gothalame seule, dans son nom comme dans le génie et Vaudace de ses habitants , conserve le souvenir des Goths et de leurs alliés et précurseurs les Alains.

» Ce dernier peuple, parti des environs du Caucase, ou, selon d'autres, des bords de llaîk, termina ses courses et son existence en Lusitanie. Ils étaient probablement de la race primitive des Goths, restée en Asie à une époque inconnue ('). Les anciens en connaissaient déjà des colimies sur le Borysthène (^j. L'histoire du premier siècle de Tère vulgaire les montre, d'un côté, voisins du Danube, de l'autre, maîtres des défilés du Caucase et ennemis des Parthes(s]. Dans le quatrième siècle ils paraissent constamment voisins et alliés des Goths (^. Cependant tous les historiens byzantins donnent aux Albanais du Caucase le nom d'Alanesl^); et les voyageurs, jusque dans le seizième siècle , emploient le même nom (*) sans qu'il soit possible de décider si ces Alanes du Caucase sont un reste des autres, ou si une dénomination semblable a été commune à deux nations différentes. Les Alanes, connus dans la grande migration , eurent pour compagnons d'aventures les Suèves et les Van^ daUi. Ces deux noms désignent moins une nation qu'une ligue de plusieurs peuples, telles que furent depuis les confédérations des Francs

(•) FaUiii notit. GèU, 516. Lindembrog. Gpd. Leg. pag. 1408. RigordU ap. Du Chesne,y, 1. Fuicher, ib. IV, 820, etc.. elc — (•) Itidor. GhrOD. p. 720, ap. Grot, - (3) Procop. de Bell. Goth. 1,1. [Groi, pag. 9) deBell.yandal., 1 , 3, pag. 139. Jornand. c. 50. Gomp. Gaturer, Uist. synchronisU p. 868, en ail. Suhm, II, passim. — (4) Dion, Perieg, 305 , 308. Plin. FV, Î5. Ptolem. III, 5. — (5) ^imm. Marc. XXIII, pag. 246 ; XXXI, pag. 437, 457 , éd. Vales., etc. — («) Joseph, de Bcll. Jud. VII, 7. Suei. in Domlt. 2. Gomp. Mosei. Chor, II, 47. — (f) Procop, etc. ap. Subm, II, 44 sqq. —- (») Joseph Barb, ad cale. Bnari, Ilist. pers. 441. Lamberii ^ Relai, délia Colchidc.

et des Saxons. Le nom même de Suève$ indique un peuple errant; ceux qui, en partie, suivirent les Alains, occupèrent la haute Souabe tandis que les Alamanm demeuraient sur les bords du Necker(>). On nomme la Suavia parmi les provinces soumises au scqptre de Théodoric ; mais la plupart des critiques lis^t Savia pj. Plus tard, et surtout après la chute des Alamanni, ce nom engloutit celuidTAlemaDnia p). Les Vandales, diffames outre mesure, habitaient, d'après lopinion la plus vraisemblable, en Moravie ou peut-être vers les sources del'£lbe(4]. C'étaitdu molnsle siégedes SOmgiy tribu vandalique nommée par Ptolémée. C'est sur le Danube, en Autriche et en Bavière, qu'on voit les Vandales se montrer tour à tour ennemis ou voisins tranquilles des Romains f), La table de Peutinger les place en Bavière.

» Les Àêtingi, tribu vandale, demeurèrent, comme vassaux, sujets des Romains, d*abord dans la Dacie (^) , ensuite en Pannonie (7). Les Alains, en suivant le cours du Danube, réunirent sous leurs drapeaux les tribus vandaliques et les Suèves ; ces hordes ravagèrent la Gaule et l'Espagne vei s l'an 407-410. Les Suèvesseflxèrent dans la Galice, où leur royaume, toujours resserré de plus en plus par les Visi- ^Ihs, cessa d'exister en 585. Les Vandales occupèrent la Bétique, qui prit alors le nom de Yandalide, d'où l'on a fait Andalousie \f>). Conduits par le génie audacieux de l'infiBitigable Genséric, ils passèrent en Afirique et soumirent les côtes septentrionales de cette partie du monde. La mer Méditerranée même prit alors le nom de WendéUea , mer des Vandales ; la Sicile et la Sardaigne firent pendant • quelque temps partie de leur royaume, qui s'écroula en 530 sous les coups de Bélisairc. Les Vandales, semblables aux Goths par leur haute stature, la blancheur éclatante de leur peau et la couleur blonde de leurs cheveux ,';, se livrèrent en Afrique -aux mêmes voluptés qui avaient affaibli la puissance romaine ; lor

(O^mm. Marc, XVI, 10. Jornand, Get. 55. — (») Cassiod. Variar. IV. 49. — p) Paul, Diae, Longob. II, 15; III, 18. Grec. Turon. II, 2. — (4) SchloBUer, HIst. univers, en ail. XIII, p. 120. Mannert, Géog. lïl, 400. (Nonobstant Sufim^W, 498 sqq.)— (s) Dio, Cass, LXXIÏ, 2, etc. Dta^ipr, excerpt. de leg. p. 12. — (t) Dio, Cass, LXXI, 12 Peu Magist. excerpt. de leg. p. 12. — (?) Jorn. Gel. 22. — (•) Jloderic, Tolet, Hispan. illust. II, 154, 158. -» (») Procop. Bcll. yand. 1. 2, 3.

HISTOIBE DE LA GÉOGRAPHIE

IGO

et la soie éclataient dans leurs vêtements; ils partageaient leur temps entre les bains, les spectacles etTamour; ils demeuraient dans œs beaux jardins ornés de jets d'eau, et dont oa attribue faussement l'origine aux Maures. Mais le tableau des cruautés exercées par ce peuple (^] doit ses plus sombres couleurs à la baine religieuse qui animait les chrétiens orthodoxes contre les sectateurs d' Arius, au nombre desquels étaient les Vandales.

» Oo ne saurait décider de quel point de la Germanie partirent les Burgundi, Burgundùh ms, ou Bourguignom, qui attaquèrent Fempire romain \ers Tan 275. D'après l'opinion la plus généralement reçue, ils formèrent une tribu gothique ou vandalique, qui , des bords de la basse Vistule , fit des courses, d'un côté Ters la Transylvanie , de l'autre vers le centre de l'Aileroagne («). L'assertion singulière d'Ammien Marceliin , qui les appelle descendants des Romains, peut s'expliquer par leur alliance avec ces derniers contre les Alamanni, lors de leur séjour dans laFranconie. Une opinion extravagante, inventée dans le seizième siècle ['), et répétée par les Geltomanes modernes , les M sortir des Gaules à une époque inconnue (*) ; mais cette chimère, dénuée de tout ténHHgnage historique, ne mérite d'être citée que pour montrer jusqu'où la vanité nationale peut conduire les faiseurs de systèmes. Il reste certain que les Burgundiones partirent des bords .du Mein pour passer le Rhin en 407, et qu'ils s'établirent en Gaule vers l'an 436.

» Le premier royaume de Bourgogne renfermait dans ses limites la Bourgogne moderne, la Frandie-Gomté, la Suisse, le Valais, la Savoie, le Lyonnais; il s'étendit même pour quelque temps jusqu'en Provence. Il ne dura que de 414 à 536, époque à laquelle les Francs s'en rendirent les maîtres.

n Tout ce qui nous reste de la langue dies Bouiguignons est gothique; même l'habit rouge sans manches, nommé armilausa (&), et qui a Hait dcmner à une tribu boui^ignonne le

(') Fietor FitentU, Historia penecut. Vand. — (*) Suhm, rv, 635 sqq. Coinp. Piin. Ptolem et cl- 4etfus, pag. 392. Ammien. Marctll, XVIU, XXVIII, etc.— (') Saint-Juiieny de TOrlglne des Bourgonouons ( BoarguignoDS ). Paris, 1687. — (•>) Dumd , Hist. des Sequanois, Paris, 1736, p. 2l6-î93. — (5) hidor. Orig. XIX, 22. Puull. ep. 17 ad Sever, Du Cange, tîloM. 1, 330, in voce Cumdcn, remalnSi clc. 233.

nom à'ArmikMtini (*), concourt éprouver que ces peuples parlaient un idiomegotiiique. Rien dans leurs usages n'indique une origine différente. Nouvellement sortis des forêts du nord, ils conservaient un extérieur grossier; leur taille était gigantesque; ils aimaient l'oisiveté, le chant et la musique ; le beurre rance leur servait de pommade (2) ; et Théodoric, l'Ostrogoth , envoya au roi des Ro)jirguignons une horloge comme un objet propre à leur faire sentir les bienfaits de la civilisation (*). Mais leurs lois équitables, quoique sévères, démontrent qu'ils avaient quelque raison de dire : Nous tenons à honneur d'être des barbares plutôt que des Romains (^).

» Combien de tribus connues et même célèbres dans l'histoire, mais dont le géographe cherche en vain les traces fugitives sur cette terre qu'ils ont remplie du bruit de leurs exploits ! Le premier conquérant barbare qui osa s'asseoir au Capitole en souverain , le fameux Odoacer, fut chef des Turcilinges (*) , des Scyres et des Hérules; mais d'où venaient ces peuplades qui renversèrent le trône de l'Occident? Quand on voit le nom de Turcœ , ou Turcs, paraître chez Pline et Mêla, où les critiques, il est vrai, prétendent y reconnaître une mauvaise copie du nom des Jyreœ d'Hérodote («j ; quand on réfléchit sur la position de ces peuples vers les sources de la Kama ou du Rka oriental ; quand enfin on se rappelle les Turcs qui, selon l'Edda^ accompagnèrent Odin lors de son arrivée en Scandinavie p) , on serait tenté d'admettre une très ancienne émigration de quelques familles turques ou tatares vers le nord de l'Europe. Le nom de Turcilinge, expliqué d'après l'analogie des langues gothiques, signifie descendant des Turcs. Les Sqfri sont placés'par Pline à côté

(•) Tab, Peuting. Jul, Oral. JEthicus. — (") Sidon, Appollm. carm. XII, Epist. lib. VIII, 0, clc. — (5) Ctus. Variar. 1 , 46, 4C.

(4) Leg. Gundeb. ap. lÀndenbrog , p. 266, 80S, etc. Mascov, Hist. des AU. I, 276; II, ap. 1-16. Cependant c'est aux Bourguignons que Ton doit le barbare usage du duel. Gundebald, leur troisième roi, esi le * premier qui ait donné force de loi h ces Jugements de Dieu , dans lesquels l'accusé, l'accusateur et les témoins des deux parties éuient obligés de soutenir par les armes la défense et l'accusation. J. H-.

(5) Jornand. in reb. Cet. 4C. Hist. misccll. ap. Muralori, I, 99. Paul. Diae. 1,1. — («) Plin. VI , 7 } Mêla, I, 21. Herod. IV , 22. — (7) Sufm, II, 60 , 72.

ni, 87.

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UVaS QUINZIÈME.

des Hirri, au nord des Y$tudi, dans la Courlande et la Livonie acUidles ; ils paraissent à la Un du quatrième siècle vers le bas Danube comme ennemis des Romains et vassaux des Huns («). Un grand nombre d'entre eux, tombes au pouvoir des Romains, furent répandus dans Tempire comme esclaves ou comme soldats (^). Leurs nombreuses bordes , après avoir eu des démêlés avec les Goths en Pannonie (S), osèrent demander aux Romains le tiers de toutes les terres dltalie (*); unies aux Hérules, elles détrônèrent le dernier empereur d'Occident; mais leur puissance éphémère fit place à celle des Ostn^ths*

» Selon les témoignages peu nombreux que les historiens nous fournissent , les Hérules, chassés de Scandinavie par les ])anois(^) , paraissent avoir demeuré quelque temps dans leMeoklenbourg actuel , aux environs de Werle et dans le voisinage des Vames ou Varines, dont la puissance, après avoir embrassé plusieurs contrées situées depuis la Raltique et TOder jusque vers le Rhin, s'écroula sous les coups des Francs («). C'est ce qu'indique la marche des Hérules soumis aux Romains, lorsqu'ils envoient à ThuU pour chercher un roi : ils traversèrent , dit Procope (^) , les pays des Slavons, des Vames et des Danois. Les premières incursions de ces hardis aventuriers embrassèrent tout l'empire romain : ici , on les voit attaquer la Gaule conjointement avec les Chai-bottes ou Caviones, passer par le détroit de Gibraltar, et ravager les côtes d'Italie (*] ; là , leurs flottes nombreuses sortent du Dniester , prennent Ryzance, et portent le fer et la flamme sur les rivages de la Grèce (»). Quelque temps avant et après leur invasion en Italie, ils possédaient de vastes Etats dans la haute Hongrie et la Moravie; ils paraissent avoir touché d'un côté aux Thuringiens (% et de l'autre aux Lombards, qui anéantirent leur puissance et les obligèrent de se mettre à la solde de Tempire d'Orient.

(«) Zoxim. IV, 34.— (») Sozom. Hlst. cccles. IX, 6.— (2) Joruond. Cet. 60» 53. Prise, in Corp. Byz. I, 30.

— (*) Procop. Bell. Golh. l, 1. — (*) Jornand. Gel. 3.

— (6) Ouver. Germ. III, 106. 107. Suhm, FV, 484- 490. ( Fredegar , c. 15 , ap. Du Chesne , 1 , 740. ) — (') Bello Golh. II , 14 , 15. — («) Mannert, Panegyr. c. 6, 7. Amm, Marc, XXVIl, 1, 8. Idacius , in Scalig. Euseb, pag. 26, 27. — (9) PoWio , in Gallleno, 13. in Claud. 6. Syncellus^Zonaras , etc. , etc. — (>«) Cas^ tiod. Variar. II, 3.

• L'expofié que nous venoiig de tracer des migrations des Héroles ne satisfera pas toutes les opinions. Sans parler des systèmes extravagants , nous remarquerons Thypothèse de ceux qui ont voulu trouver les HeruU dans les £trrt^ dont le nom est resté à la Hirrie en Estooie. Cette idée a pour elle le voisinage des Seyri, frères d'armes des Hérules (^j. Une autre opinion plus hardie, et qui ne laisse pas de conserver un grand crédit , considère les Hérulci comme une race très étendue, à laquelle 9J^ partiendraient les Lettons ou Lithuaniens , les Samogitiens et les anciens Prussiens {% On considère alors les Hérules de Meckleabooig comme une colonie de cette race (')• Le seul fondement de cette hypothèse est une assertico de Lasius, qui a donné comme hérulique une version lithuanienne ou prussienne de rondson dominicale ; mais comment savait-il que ce morceau était héruUque ? quelle preuve en a-til fournie? Tous les noms propres des anciens Hérules, seuls restes authentiques de leur idiome, paraissent gothiques. Il fieiut convenir que cette tribu différait de toutes les autres par plusieurs caractères essentiels. Quelle rapidité dans leurs courses multipliées 1 D'autres ont franchi les monts et les mers avec la prestesse de l'aigle ; les mouvements des Hérules resseniiblent à ceux de la foudre. Ils combattai^t presque nus , comme les Berêerhes des historiens islandais : leur bravoure ressemblait àla rage (^) ; très peu nombreux, ils étaient pour la plupart du sang royal. Mais quelle férocité, quelle licence efirénée souille partout leurs vi^ toires 1 LeGoth respecte les temples, les prêtres (s) , le sénat ; THérule massacre tout; point de pitié pour la vieillesse, point d'asile pour la pudeur. Entre eux , même férocité; les malades et les vieillards se font donner la mort au milieu d'une fête solennelle ; la veuve termine ses jours en se suspendant à l'arbre qui ombrage le tombeau de son époux (^}. Tous ces indices, en frappant un esprit familier avec les histoi-

(•) Uartknoeh, ap. Natulbladt, Faseie. rcr. Corland. prsf. 5. 3. Réfuté, Suhm, IV, 456. GraUah. Livonie prussienne, I, 431.— (>) Heder de lingoâ HerIcuU, in Miscell. Berolin. III, 311. Koialowies, Hlst. Lithuan. I, 5. Lelewel, Essai sur les nations lithuaniennes (en polon.). — (') Behr^ ret Meclebarg. 16, 18, 46. Comp. Franck, \t Mecklenbourg, 1, 19, p. 105. — (4) Procop, Bello Pers. Vand. Goth. pasnm , etc. Agathias , etc. — (S) Procop* Bell. Goth. II, 15» etc. — (6) Id.ib. 14.

res Scandinaves , pourraient lùen faire mtrevoir dans les Uérules moins une nation qu'une réunion de princes et seigneurs obligés par un serment à vivre et mourir ensemble les armes à la main. Leur nom, écrit tantôt Heruli ou EruH , tantôt Airuîi^ signifiait^ selon un auteur ancien, des seigneurs (^)^ et parait ainsi répondre mieux au mot Scandinave iarl ou earl qu*à aucun de ceux que les étymoiogistes ont proposés en si grand nombre (^).

» Le&Bugii, onRugiens, présentent moins

dé matière à discussion. Cette tribu germanique, très liée avec les Gotbs, habitait des deux o5tés de Fembouchure de TOder. Une lie de la Baltique a conservé leur nom. Ghasséspar les Gotfas, ils formèrent, de 450 à 487, un Etat sur les bords septentrionaux du Danube, vis-à-vis de la Norique, État nommé Rugiland, et qui probabl^nent embrassait la Moravie et une partie de F Autriche (»). Vaincus par les Hernies , ils trouvèrent en partie un asile chez les OstrogoUis ; leur tribu , en ne se mêlant point aux autres par des mariages, conserva quelque temps son nom [*).

» Xa série des nations venues de la Scandinavie ou des rivages de la Baltique se termine avee les Gépides. Leurs premières aventures, la situation de leur île entouréepar la Yistule et nommée Gepid-Oios (^) , leur demeure lors de l'invasion des Huns, tout est enveloppé d'épaisses ténèbres. Distingués par leur valeur parmi les peuples qu* Attila conduisit aux champs catalauniens , ils profitent de la faiblesse de ses enfants pour secouer le joug des Huiis et pour repousser ces barbares vers les bords du Tanals. Maibres des pays situés entre le Danube, la Theiss, ou Tisianm (^ , et la Tamis, fleuve inconnu , ils donnent à ces contrées, la Dacie des Romains, le nom de Gepidia; ils se répandent même en Pannonie,

(>) Isid, Ui$pal, lu Glossar. p. 24 , ad cale. Lex. phlio. Martini, II. — (*) Uer^i de Her , armée. Suhm, IV, 454. De Hir{ celtique), long, haut. W^achier , gloss. col. 707, Uarli, rapides, en iliyrien; DcUi, de lingnà illyrieâ, pag. 13. Ereli, aigles, en prétendu slavon; Prœlor. orb.Goth. III, 4, p. 30. /r/t, Irlandais !!! Lanus, mlgr. gent. 783, 807. —(^) Eugipp. Tita S. Severini in Pezii script. Austriac. 1 , 09 sqq. Jwnand. 50, 54. Paul, Diac. I, 1 , 19. — (*) Procap. Bell. Golh. III, 5. — (5) MS. cité par Mwratori script, rer. Ital. I, iOO , not. 7. Gomp. chez Jor-nandès, les Tariantes Ojot , Ovim , etc. — W /ormand. Get. 17.

au-delà de la Theiss et du Danube (% et reçoivent des Romains effrayés, sous forme de présent, un tribut annuel. Au bout d*un siècle, les Lungobardi renversent la puissance des Gépides , et, après avoir d'abord partagé leur pays avee les Avares, en laissent bientôt la possession à cette nation asiatique,

» Les peuples qui bouleversent la géographie du monde politique laissent ordinairement plus de souvenirs bruyants que de monuments durables. Les royaumes fondés par les Goths ont brillé un moment, comme ces météores qui embrasent au loin la voûte des cieux. La géographie conserve les traces plus profondément marquées des Alamannes , des Francs, des Bavarois, des Lombards, des Thuringiens, des Savons et Frisons, tous peuples germaniques,

«Parlons d*àbord des Lombards, parce qu*avec eux se termine^ au moins pour plusieurs siècles, ce débordement des peuples septentrionaux, qui tour à tour changeaient la face de Tltalie. Les Lombards , originaires de la Scandinavie, selon leurs propres traditions, demeuraient au premier siècle parmi les nations suéviques de la Germanie. Dans le deuxième siècle, leur puissance, d'après Ptolémée, semblerait avoir pendant quelques instants atteint les bords du Rhin (^). Ils disparaissent de la Germanie ; mais il est presque impossible de les suivre dans leurs courses vagabondes aux pays inconnus de Vurgundaib, à'Anthaib et de Banthaib (^j , noms bizarres dans lesquels on a cru retrouver les Burgundiones , les Slavons-Antes et les Vandales (^j. Il est d'autant moins permis de rejeter ces migrations comme fabuleuses , à l'exemple d'un grand philosophe et médiocre historien (*) , que nous voyons avec certitude les Longobardes reparaître du côté de la haute Hongrie et de l'Autriche. Avant l'an 500 , nous les trouvons maîtres du Eugiland [<^j, dont nous venons d'indiquer la position ; vainqueurs des Hérules, ils étendent leur domination sur une contre nommée Feld, c'està-dire plaine, et que les uns cherchent au nord

(') Géogr. Ravenn. IV, 14. Procop. Bell. Vandal. I, 2. — (») Comp. ci-dessus, p. 127 283. Manneri, Germ. 218 sqq. — (') PauL Diac, Hist. Longob. I, 13. (4) Schmidt, de Longobardis, Jen», 1748. — (6) Zct^nitt, orig. France. 12, ad cal. JSccard, leg sal. 253. — W Paul, Diac, I, 19, 14, 18.

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