‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 93 sur 229 · LIVRE VINGT-TBOÏSÏÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-TBOÏSÏÈME

nent américain, mais dans une latitade beaucoup plus méridionale. La mort du savant Deîisle de la Croy ère, géographe de Texpédition, empêcha l'Europe de connaître avec autant de précision les navigations subséquentes par lesquelles les Russes achevèrent de découvrir le nord-ouest de l'Amérique (*) , et dont Tune des plus importantes est celle que le Commodore Rillings fit par brdre de Catherine II, depuis 1785 jusqu'en 1794, dans l'océan Glacial et sur les côtes du nouveau continent.

» Il était donc utile que le capitaine Gook réunit ces reconnaissances isolées ; mais il y ajouta moins de découvertes réelles que de noms nouveaux. Il devina, mais il ne prouva point que l'Amérique offrait de ce côté un continent non interrompu. Cette vérité ne fut pas non plus entièrement démontrée par les voyages de Ferez , qui découvrit l'entrée de Noutka en 1774, c'est-à-dire quatre ans avant que Cook y mouillât ; de Martinez^ qui reconnut les établissements russes ; de Malaspina, de Galiano et de Valdèê, qui vingt ans plus tard examinèrent avec plus de soin que Cook plusieurs.parties de la côte*. Cette question ne se trouva résolue que lorsque vers la fin du dixhuitième siècle l'Espagnol Quadra et l'Anglais Vancamer eurent reconnu toutes les baies et toutes les lies qui sur ces rivages présentent si souvent l'image trompeuse d'un passage. Jlfockensie, en parcourant les pays qui séparent le grand Océan de la baie de Hudson , n'a plus laissé* dans l'obscurité que ces affreux climats où les extrémités septentrionales de l'Amérique se perdent parmi les glaces du pôle.

» Un compagnon de Réring, et Danois comme lui, avait jeté quelque jour sur la géographie de cet archipel de leso, que les Hollandais, un siècle auparavant, avalent visité d'une manière incomplète; mais l'infortuné Spangenberg n'eut pas les instruments nécessaires pour donner de la précision à ses observations. Il était réservé à La Pérouse de détruire les systèmes qu'on avait formés sur ces contrées. Au nord de l'empire japonais, deux grandes îles forment, avec plusieurs petites, un archipel indépendant. C'est ici que la géographie critique s'amusait à dessiner sa fameuse Ile d!Ieto. D'abord on croyait que cette terre, connue par les relations sur le Japon,

(') MQller, Hlst. de la KuBsIe, vol. III.

était un continent ou une grande He entre l'Asie et l'Amérique ; ensuite on la confcmdit avec le Kamtchatka , ou plutôt on la joignit à ce que l'on appelait alors Tartarierum;m le Kamtchatka ne fut connu qu'en 1696 ; enfin le voyage du Hollandais de Tries, appelé feussement Uries^ et commandant le vaisseau le Castricom^ répandit le premier trait de lamière sur cette partie du monde. On apprit avec certitude que ces terres étaient aussi bia séparées du continent de l'Asie au nord-est qu'elles l'étaient du Japon au sud. Mais il resta trois points douteux. La suite de tenes vues par de Vries présentait une lie bien détominée, VUe des Etats; à l'est, la terre de k Compagnie oârait une étendue vague; quelques relations peu authentiques, entre antres celle d'un Jean de Gama, firent imaginer qne cette île se prolongeait vers l'Amérique. D'un autre côté^ le Castrieom ayant longé les ç^tes est et nord-est de l'Ile de Matsmai ou de la terre leso, fut repoussé du détroit de Tessoî par les courants ; les brouillards lui en dérobèrent même la vue; il arriva sur la côte méridionale et orientale de la terre de Sag^ialien, croyant toujours longer celle d'Ieso.Qudques géographes purent donc croire que toutes ces côtes, au lieu de former deux îles, ne faisaient qu'une péninsule de la Tatarie chinoise. Enfin,- le journal du vaisseau hollandais U Breske n'ayant pas été consulté, on ignora que ces navigateurs avaient déterminé le détroit de Songaar tel que nous le connaissons f); la pointe nord du Japon, étant placée deux à trois degrés trop au sud, fit naître une immense lacune entre cette terreetrieso,oùiI ne devait y avoir, selon les cartes japonaises, qu'un bras de mer très étroit (»). Vers le même temps, on apprit par les missionnaires de te Chine quelques détails sur l'Ile SagMien^ sur l'existence d'un détroit appelé TesstÂM jésuite P. des iin^e^ vit* même ce détroit, en dépeignit les terribles courants,* et apprit que la terre de l'autre côté, l'Ile de Sa^alien, était nommée Atno-Moxori, Nous savons alljoa^ d'hui que ces mots signifient tle des Aînos p);

(•) fntsen , Noord-^n-ost-TArtarye , *• éd. p. tU* — («) Kœmpfer, RelaUon da Japon . 1 , 78 (édit «Dde Dohm). — (') Aino, nom du peapleqnl habite rieso, les Kouriles, etSaghalieo Modjeri, lie : Vocab. de la langue d'Ieso ; MS. communiqué par M. pi-

HISTOIRE DE LÀ GÉOGRAPHIE

mais en 1620 ils parurent insignifiants ou htintelligibles aux géograplies. En combinant ces élém^ts imparfaits, les plus savants même d'entre eux nepouvaient que produire des aperças informes. l/AnvUle essaya deux fois de tracer ces terres, et par un hasard assez ordinaire en géographie criHgue, sa dernière idée M la moins conforme à la vérité. Il plaça bien k détroit de Tessoi, mais il joignit le midi de TileSaghalien ou rÀîno-Moxori, au continent de la Mandchourie, nommée alors Tartane ehiDoise, et figura cette même lie sous de petites dimensions vis-à-vis l'embouchure de TAmour (*). »

Les Russes, en visitant les lies Kouriles voisines de leur Kamtchatka, durent enfin arriver à leso. Le Cosaque Kosirev^ski atteignit en 1713 Tile de Kounadiir, fÎEilsant partie des côtes d'Ieso des Hollandais; en 1736, Spangmherg. Danois au service de la Russie, examina nie d'Owroup, qui est la terre de la Compagnie, celle d!Atarkou, qui est File des Etats, celle de Kounachir, de Tchikotan et de Matsmay on leso : il arriva jusqu'au Japon; mais il n'avait ni les bâtiments ni les instruments propres à seconder ses talents et son courage* Enfin, le Russe Potouchkef, en 1777, fit le tour par l'ouest des lies Atorkou et Ouroup. Ces découvertes furent placées (^ trop au sud, parce que Ton eut égard aux systèmes des géograj^iesau sujet du gisement de Songaar. Deux mauvaises esquisses de ces découTcrtes, tirées des archives russes et publiées par M. Lessqps , achevèrent d'égarer la critique dans de vaines conjectures.

Enfin, l'infortuné de La Pérouse commence cette découverte par le véritable chemin : il entre du côté de la mer du Japon, trouve le canal qui sépare la Tatarie, ou, pour mieux dire, la Mandchourie, des terres leso, pénètre jusqu'au détroit ensablé qui sépare ces terres 'du continent, traverse un autre détroit auquel on a justement dcmné son nom, et nous procure ainsi un aperçu tout nouveau de cet ardiipel.

« Dans la partie descriptive de cet ouvrage, nous donnerons sur ces découvertes des détails

(') lyjlnviUe, Carte générale de la Tartarie cMnoise et Carte de l'Asie , II* part. Ph, Buache , Consld. géogr. et phys. sur les découv. p. 75 sqq, — (*) Cartes des découvertes russes, publiées h Pétersboarg, 177S et 1787.

qui seraient déplacés dans une liistoii^e de la géographie. Par la même raison, nous devons nous abstenir d'indlq.uer les recherches qu'ont faites les voyageurs des temps modernes pour la géc^aphie de Fintérieur des continents. C'est en décrivant l'Afrique que nous admirerons le courage d'un Mungo-Park, que nous plaindrons la fin tragique du major Laing, ou que nous apprécierons les observations d'un Norden, d'un Shaw, d'un Hœst et d'un Sparmann; les découvertes de MM. Denham et Clapperton, les savantes recherches d'nn Belzoni^ ô!\\nCatUiaud et d'un Rttppell, d'un Richard Lander^ et l'intrépide persévérance d'un CaiUié. C'est dans le tableau de l'Asie que nous rendrons hommage aux iVtebuhr, aux Chardin, aux Pallas, aux Mouravief, aux Eichtjoald, aux Gamba, aux Jacquemont, aux Bûmes, aux Bwrckhardt et aux Humboldi. Enfip, c'est en parcou^tmt l'Amérique sur les traces de ce dernier, du major Long et de M. Schoolcraft, de M. Gay, de M. Botêêsingault et de M. A. d^Orhigny, que nous apprendrons à quel point de perfection a été porté l'art de voyager.

i Mais cette esquisse historique des progrès de la géographie serait incomplète, si elle n'indiquait pas les révolutions qui, depuis le quinsième siècle, ont amené les méthodes sdebtifiques au point où elles se trouvent aujourd'hui

» Colomb et Yasco de Gama, en franchissant les bornes chimériques qui avaient arrêté le génie des anciens, renversèrent tout d'un coup les systèmes de Ptolémée, de Strabon et des antres géographes de l'antiquité. Magellan acheva de persuader même à la multitude que la terre est un globe. N'oublions point que dans ce grand siècle, les Copernic , les Tycho- Rrahé et les Galilée perfectionnèrent cette science qui soumet les corps célestes aux calculs de l'homme. Le télescope, en rapprodiant de notre faible vue les étoiles les plus éloignées, foifimit des moyens pour déterminer avec plus de précision des Ueux sur notre globe. Dès lors les énormes erremrs de Ptolémée, seul guide des voyageurs du moyen âge, frappèrent tous les yeux. Il fallut absolument que la géi^raphie changeât de face. Les mappemondes des frères Appian, et celle bien plus intéressante de Ribeiro, représentèrent les premières l'hémisphère "nouvellement déoou-

LIVBE YINGT-^TROISIEME.

yert. Gmma FrîfMM en pnUia une très complète pour cette époque. Trois géographes célèbres se distinguèrent dans le seizième siècle : le laborieux SàKUtien Mumter, que ses contemporains comparèrent à Strabon; Térudit Orteliuê, celui des prédécesseurs de d'Anville dans la géographie ancienne, qu'on peut encore consulter avec le plus de fruit; enfin Gérard Mereatar, qui, par son édition de Ptolémée, démimtra rextrôme imperfection des systèmes des anciens, et en provoqua Fabolition. C'est du temps de Mercator que date la géographie moderne.

i Le dix-septième siècle continua Tédifice. Qiaque jour vit disparaître quelque fable ou naître quelque vérité. Cluver, RiecioH et Varmiu$ réformèrent toute la science géographique; le premier brillait par rérudition, le second possédait des connaissances astronomiques; mais Yarenius seul, peu content d'avoir débrouillé la géographfe mathématique, 8*éleva encore à ces hautes considérations physiques qui lui méritèrent d'avoir Nev^n pour traducteur et commentateur. La géographie ancienne dut à Cellariui des formes plus régulières. Parmi les nombreuses topographies qui avancèrent rapidanent la géographie moderne, celles de CaromUi et de Mérian conservent encore une juste célébrité. Les Sanson en France, ie&Blae%ÊW en Hollande, les Buirœus en Suède , commencèrent à soigner les détails des cartes géographiques, car jusqu' alors on avait eu peu d'égard aux distances exactes d*un lieu à l'autre.

i L'extérieur même des cartes, Yen la fin du siècle, devint moins bizarre ; ontie vit plus de monstres marins nag^ sur les mappemondes au milieu des lies qu'ils semblaient menacer, ni les dix-sept Provinces-Unies représentées sous la figure d'un lion, comme l'avait fait KwriuSf auteur d'ailleurs digne d'attention. Ce siècle vit aussi nattre un genre de description où les ressources et les forces des Etats étaient indiquées et qu'on peut regarder comme les embryons de ce qu'on appelle «totittiques. Déjà, en 1567, Sansatmo en avait donné les, premiers modèles; il fut suivi par Botiro et Davity. Conring, professeur allemand, les laissa tous en arrière. La suite d'ouvrages connus sous le nom des réfubliques el- Métirimnes, appartient en partie à ce genre. Il fout pourtant avouer que l'on n'avait que des

idées confuses sur le but et la nature de la géographie.

» Dans le commencement du dix-huitième siècle, on persista encore à considérer la géographie comme une simple science auxiliaire, subordonnée à l'histoire. Cependant la question de l'aplatissament du globe, objet de di*cussion entre Neveton, Huy^ens et Cassini, valut à la géographie mathématique la protection des sociétés savantes, l'appui des gouvernements et une place parmi les sciences exactes. Delisle en France et Hoosb en Allemagne, portèrent les premiers le flambeau d'une critique sévère sur la construction des cartes; mais à quoi servent les principes lorsque la bons matériaux manquent pour l'exécôtioBf Buaehe chercha en vain, par des systèmes ingénieux, à remplir les lacunes de la scieoce. Enfin, vers le milieu du siècle, on vit parait» les deux créateurs de la bcmne géopaphie, dfAnvUle et Busching.

» Le premier, muni d'excellents matérisox, de relations authentiques et de plans levés sur les lieux, réforma toute la géographie matiiématique, éclaircit pour la première fois Tintérieur de l'Asie et débarrassa la carte d'AfiriqQe des royaumes imaginaires qui la surchargeaient. C'est beaucoup que de classer renev et d'ébranler l'aveugle croyance; mais d'Ânvîlle consacra encore une vie longue et tranquille à remplacer les fàvs, systèmes par des notions plus sûres. C*est ainsi qu'après avoir resserré la géographie ancienne dans des bM^ nés plus étroites, il remplit les pays compris dans cet espace de détails infiniment plossân et plus précis que n'en avait présenté aueqn de ses prédécesseurs. Ses infatigables recherches s'étendirent aussi sur le moyen âge, sqjet épineux et que les historiens allemands n'ont pas encore entièrement débrouillé. Tels fbr^t les vastes travaux du Ptolémée firançais; bco* reux si à la critique la plus saine et à ibk vaste érudition il eût joint ces talents littéraires qui seuls font aimer la science.

» Buêching ayant embrassé toutes les études historiques, se livra de préférence àcette pa^ tie de la géographie qui fait connaître l'état actuel des nations et des empires; il y in^t selon l'habitude de ses compatriotes, une topographie ennuyeuse. Il avait sur d'AnviUe l'avantage de savoir sa langue. Sa grandegéographie de l'Eurooe, faite avec méthode, offlf«

HlSTOme DE LA GEOGRAPHIE.

nu style correct et clair, maisdiffiis et pesant. Le mérite de ce liyre est dans l'exactitude des détails, mérite malheureusement sig'et à vieillir. La coDsdeiice la plus scrupuleuse présidait aux trayaux du savant Berlinois» Protégé par tous lès gouvernements du nord, fl tira de la poussière des archives un grand nombre de ménM^res précieux; toutes les Bussies et la Chine elle-même devinrent tributaires de son Magoêim hUtwrieo^éograpkiqHe ; mais il se bornait à enregistrer des Adts, et, soit modestie, soft défaut de génie, il n'a Jamais tracé des tableaux propres à émouvoir Tème et à réveiller la pensée.

• L'impulsion que d' Anville et Busdiing ont donnée aux esprits dore encore. Il est difficile de peindre un mouvement par lequel le peintre même se trouve entraîné, il est dangereux de vouloir apprécier ses contemporains. Cependant qui nous empêchera de proclamer quelques vérités généralement senties? L'étude de la géographie ancienne a été enrichie de plusieurs principes, déjà féconds en résultats intéressants, et que leur créateur, M. Gouellin, s*est encore occupé à étendre. Deux Anglais ont éclaird quelques parties de la géographie ancienne. M. Renneî, sans savoir le grec, a souvent deviné Hérodote, et M. Vincent, sans être profond géographe, a expliqué des voyages importants pour l*hist6ire ancienne. Un Allemand, M. Vois, a Jeté le coup d'œil du génie sur les systèmes géographiques des poètes grecs: son érudit compatriote, Mannert, a revu de nouveau les immenses détails de cette branche de la science ; Héerm a éclalrci dans ses redierdies sur les relations commerciales des andens quelques unes des difficultés qu'offt*e re3q[>osé de leurs connaissances géographiques. L'art de décrire le monde actuel a été perfectionné par les Allemands Gaspari et Zimmer' wuum, rédacteurs élégants de tout ce qu'accumule l'érudition d'un Bruns, d'un Ebeling et de vingt autres dont les noms seront souvent dtésavec reconnaissance danslasuitede cetouvrage. Les Anglais qui n'ont point encore su éerire un traité de géc^rapliie, recueillent d'exeeileDts matériaux, surtout pour la description deces contrées maritimes et lointaines où règne leur pavillon et où leur commerce étend sa puissante influence. Chez eux les collections de IkUrympU , les mémoires de l' Acadànie de Calcutta, les cartes d*Arrowsmih^ malgré

quelques erreurs que M. Klaproth y a remar« quées relativement à l'Asie, celles de ses com-* patriotes Faden et Carrey; en Allemagne, plusieurs recueils périodiques utiles tels que VHeHha, publiée à Stutt^utl, et les Annales de Géographie de Berlin ; les cartes de l'Institut géographique de Weimar et celles de MM. lÀeehUmtsm, Rtiehard, Stieler, Strek et WeUand; en France, les travaux de la Société de géi^raphie, le Dictionnaire géogra* phique universel, les cartes de MM. Srué, D^ naix. Lapis et Dufour sont d'utiles répertoires des découvertes les plus récentes. La critique éclairée d'un Zaek et les profonds calculs d'un Oltmanns, dédommagent pourtant l'Allemagne de ne point avoir un accès aussi direct aux sources nouvelles. La science d'un Fîemrim apprend même aux navigateurs anglais la Juste valeur de leurs travaux. La critique d'un Wot' dennoxks fedt connaître les recherches relatives à la géographie de l'Amérique; celle d'un Walckenasr nous expose tout ce que l'on peut savoir ac^ourd'hui sur ^'Afrique; celle des Klaproth et des Rémusat nous éclaire sur ce qui concerne l'intérieur de l'Asie. L'élégance et l'exactitude qu^on vantait dans les cartes de Cassini ont été atteintes par les Russes , les Danois et les Espagnols; mais, par un nouvel essor, les ingénieurs-géographes fhmçais surpassent tous les Jours Cassini et laissent peu d'espoir à ceux qui, à leur tour, voudraient tenter de les surpasser. Toutefois les parties historiques de la géographie , parties qui présentent une si belle carrière à l'érudition, à l'éloquence et à la pensée, restent encore, en France, étrangères à l'enseignement public, bannies des académies et déshéritées des encouragements dont Jouissent les autres sciences et même les arts les plus frivoles.

» C'est dans ces circonstances que nous entreprenons de faire aimer la géographie et d*en répandre le goût, malgré le double monopole des belles-lettres et des sciences matiiématiques ; monopole qui aujourd'hui, en France, étouffe toutes les études historiques. Le public, notre seul protecteur, appréciera peutêtre nos efforts : mais combien nous aimerions mieux, loin du tumulte des factions qui divisent la république des lettres, poursuivre, à travers mille périls, la route glorieuse qu'ont tracée les Colomb et les Humboldt t Que nous vous portons envie, vous qui, le compas ou le

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