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TOME II

à Bellac et de la Brame passant au Dorât. Ses affluents de gauche sont la Comhade, la Brianee, qui passe à Picrre-Bulïière ; la Gorrt, etc.

III. Bassin de la Charente. — La Charente n'appartient au Limousin que par le bassin supérieur de la Tardoire, son affluent de gauche, qui y arrose Chalus a ses sources.

§ IV. Constitution géologique, aspect cénéral, productions, etc. — Si l'on excepte l'arrondissement de Brives, qui est formé de calcaire jurassique ou de trias, tout le reste du Limousin est composé de terrains primordiaux. Le granit est rare dans le bas Limousin , où l'on en trouve seulement un petit Ilot à la Plan sur la Luzége, et vers la Celle, aux sources de la Soudenne; il est, au contraire, abondant dans le haut Limousin : on le trouve d'abord à Eymouticrs, sur la rive droite de la Vienne, au nord de Saint-Junien et de Limoges, à l'ouest de Laurière et de la Souterraine; il enveloppe le territoire de Bellac d'une manière continue ; enfin , d'autres petits massifs se font voir sur la rive gauche de la Vienne, au sud-ouest de Saint-Léonard et sur le faite des monts du Limousin entre les sources de la haute Vézère et de la Brianee, à l'est de Chalus entre les sources de la Dronne et de l'Islo, enfin vers Saint- Mathieu entre la Tardoire et le Bandiat.

Dans le bas Limousin, à défaut du granit, on trouve du gneiss qui forme deux massifs assez considérables, l'un entre Treignac et lîzerche, l'autre entre Tulle et Brives. On y trouve également du schiste et du micaschiste mélangé de gneiss dans l'angle nord-est du département de la Corrèze au delà d'Ussel , au nord et à l'est de Trc'gnac, au sud de Neuvic entre la Douslre et la Dordognc, et sur une bande «'troite, mais presque continue, qui longe au nord-est les terrains triasiques de l'arrondissement de Brives, et qui n'est interrompue que par le massif de gneiss que nous avons cité entre Tulle et Beaulieu.

Pour compléter cette description géologique du Limousin , il nous reste à dire que la houille s'y montre en petites masses dans l'arrondissement de Brives, sur divers points formant presque une ligne continue dirigée du nord-ouest au sud-est par Juillac , Alassac, Donzcnac et Brives, au sud-est de laquelle elle forme un bassin considérable qui se prolonge entre Beynac et Meissac jusque vers Marcillac. *

Le Limousin, l'une des provinces centrales de la France et qui appartient aux deuxièmes pentes du grand plateau d'Auvergne, n'a pas un caractère physique aussi tranché que celui des provinces que nous avons déjà décrites : assis inégalement sur les deux revers de la chaîne entre Loire et Garonne, il n'a pas de limites naturelles -et ne possède que des demi-rivières et des origines de bassins; pays élevé et montueux, il n'a pourtant que des montagnes de quatrième ordre qui ne présentent que dc.> pentes infertiles, peu de sites pittoresques, rien de grandiose. C'est une contrée généralement triste, monotone, demi -sauvage, pauvre, qui a dans son ciel, son sol, ses villes rares et mal peuplées, ses habitants pâles et chéiifs, un air souffreteux et résigné. C'est d'ailleurs une province secondaire, même avec la Marche, r,ui lui a été longtemps annexée, et dont les destinées ont presque toujours dépendu des pays voisins, la Guyenne, le Berry, l'Auvergne. Le rôle qu'elle a joué dans l'histoire générale de la France et le caractère de sa population correspondent parfaitement à sa situation géographique.

LIMOUSIN

Le haut Limousin est hérissé soit de montagnes dont les doux chaînes principales encadrent la Vienne sur ses deux rives, soit de groupes plus ou moins serrés de collines tantôt escarpées, tantôt arrondies, dont l'élévation moyenne est de 500 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Ces hauteurs sont habituellement couronnées de bois de châtaigniers qui disparaissent peu à peu , et font place successivement aux chênes et aux hêtres à mesure qu'on s'avance vers l'est. Leur élévation croit dans cette direction; aussi, du côté de la Marche, elles forment de véritables montagnes dont les sommets sont le plus souvent nus ou couverts seulement de bruyères. C'est entre ces montagnes ou ces coteaux , sur leurs dernières pentes, que l'on rencontre les terres cultivées dans des vallées dont le fond est le plus souvent occupé par de belles prairies. Ces terres sont généralement de qualité médiocre et peu fertiles : elles ne donnent que peu de froment, assez de seigle et du sarrasin ; ce sont les raves et les châtaignes qui font la principale nourriture des habitants. Les vignes, dont les produits sont de qualité fort inférieure, ne suffisent pas aux besoins de la consommation; mais les prairies naturelles ou artificielles, car celles-ci ont pris un grand développement, donnent en abondance d'excellents foins et favorisent l'élève des chevaux cl des bestiaux.

Le bas Limousin est moins élevé, mais aussi accidenté que le haut Limousin : on le divise en pays dit de montagnes, composé de l'arrondissement d'Ussel et de la plus grande partie de celui de Tulle, et bas pays, qui comprend le reste de l'arrondissement de Tulle et celui de Brivcs en entier. La première partie est occupée par les ramiticalions des monts d'Auvergne et du plateau de Mille-Vaches : elle est coupée de montagnes et de vallées qu'arrosent de nombreux cours d'eau , et le climat y est trèsrude pendant plusieurs mois. Une grande partie du sol n'ofTrc guère que des bruyères de l'aspect le plus triste, ou, dans les terres élevées et incultes, de beaux pâturages où l'on nourrit de nombreuses bêtes à laine. On y fait néanmoins d'assez bonnes récoltes en seigle, avoine, sarrasin, chanvre et lin. La vigne n'y vient qu'avec peine, les fruits sont fort médiocres, et, sauf dans quelques terrains mieux exposés, le noyer et le châtaignier ne réussissent pas. D'ailleurs, ce n'est que dans les vallées, près des villes et des villages que la terre est bien cultivée. Le bas pays renferme les terres les plus fertiles de la province : c'est là , sous un climat moins sévère et quelquefois même très -chaud, que se trouve accumulée la majeure partie de la population. Le froment, le seigle, le sarrasin donnent de belles récoltes, mais insuffisantes; , les fruits de toute espèce et les vignes réussissent très-bien ; le chanvre et le lin donnent de bons produits, ainsi que les noyers ; enfin les pâturages sont abondants et nourrissent de belles races de bestiaux.

En somme , le Limousin est l'une des contrées les plus pauvres de la France. Les paysans, dans le département de la Corrèze principalement, habitent d'aiïreu.ses masures ou cabanes, séjour de la saleté et de la misère, où ils vivent entassés pêlemêle avec les animaux domestiques. Ces demeures, le plus souvent enfoncées dans des creux de terrain, sont humides, noires, boueuses, sans croisées et n'ayant qu'un trou au sommet pour le passage de la fumée qui infecte ces bouges et y cause des ophthalmies et autres maladies graves. Les paysans sont d'ailleurs aussi mal nourris que mal logés : la viande leur est presque inconnue et l'eau est leur boisson habi-

tuellc; ils ne vivent guère que de pain noir ou de galettes de sarrasin, de pommes de terre et de châtaignes.

Si le sol du Limousin est généralement peu productif, en revanche les richesses minérales y sont grandes; les plus importantes sont : le kaolin et le pétunzé', qui abondent surtout dans l'arrondissement de Saint- Yricix, et alimentent les nombreuses fabriques de porcelaine du pays. Outre le granit blanc et noir, le porphyre, la serpentine, on y trouve de l'albâtre, des cristaux, de beaux marbres blancs et gris, etc. C'est surtout aux environs de Limoges que ces richesses sont le plus considérables. Le haut Limousin possède encore du plomb, de l'oxyde de fer, des pyrites de cuivre, du manganèse, de l'élain et de l'antimoine. Dans le bas Limousin, le fonds du sol se compose surtout de pyrite de fer et de carbonate de chaux ; le fer y est exploité au Glandier, à Orgnac et surtout à la Grcnerie; on y trouve aussi de belle pierre de taille et de riches gisements de houille. Ajoutons qu'une grande partie de ces richesses reste improductive à cause de la difliculté des roules et du petit nombre des communications.

§ V. Histoire, population, moeurs, etc. — L'histoire du Limousin est peu intéressante : ce pays, par sa position géographique, n'ayant jamais eu qu'une existence subordonnée et dépendante des provinces voisines, toutes ses destinées ont été mêlées à celles du grand État (royaume ou duché) dans lequel se résume l'histoire du Midi, l'Aquitaine.

Les pays appelés aujourd'hui Marche et Umousin étaient occupés dans les temps anciens parles Limovicet, peuple de race celtique, allié des Arverncs, avec lesquels ils luttèrent contre les Romains : 10,000 d'entre eux furent tués sous les murs d'Alésia. lis firent partie de la première Aquitaine, dont Bourges était la capitale. Conquis d'abord par les Visigoths, puis par les Francs, le Limousin suivit les destinées de l'Aquitaine, et lutta avec elle d'abord contre les fils de Clovis, ensuite contre Pépin le Bref. Il devint, dans le démembrement de l'empire de Charlemagne, une vicomlé vassale des ducs d'Aquitaine, et qui eut longtemps des démêlés avec ces princes. Il fut alors célèbre par sa langue, aussi polie, aussi harmonieuse que le provençal , et qui a inspiré de nombreux troubadours ; le plus célèbre est Bertrand de Born. Quand les Planlagenet devinrent ducs d'Aquitaine et rois d'Angleterre, les vicomtes de Limoges se déclarèrent vassaux des rois de France , et prirent parti pour Philippe-Auguste contre Richard Cœur de lion. Le pays fut alors réuni à la France, mais il fut rendu par Louis IX, en 1258, aux ducs d'Aquitaine; conquis de nouveau par Philippe le Bel, il fut encore cédé aux rois d'Angleterre par le traité de Brétigny; reconquis par Charles V, il ne cessa plus d'être fiançais , et le témoigna par l'ardeur que sa noblesse mit à chasser les Anglais. Cependant la vicoraté de Limoges, après avoir passé, au quatorzième siècle, dans les maisons de Bretagne et de Blois, entra, au quinzième siècle, dans la maison d'Albret ; Henri IV la réunit à la couronne.

Le Limousin fut troublé par les guerres religieuses; mais il resta généralement catholique et du parti "de la royauté. Encore bien que cette province fût fertile en

' Le kaolin est une argile blanche formée par la décomposition du fcMspalh contenu dans les granit»; le pttuiué est le nom chinois donné au feldspath granulaire qui scit à faire l'émail de la

LIMOUSIN

grandes familles, et qui ont illustré la monarchie, comme les Turenne, les Noailles, les Pompadour, etc., encore bien qu'elle eût donné à la royauté plus d'un homme d'État, le lieutenant de police la Reynie, le chancelier d'Aguesscau, le cardinal Dubois, le financier Silhouette, elle fut négligée sous le régime absolu, et était regardée comme un pays sauvage , habité par une population stupide et que la peste décimait tous les vingt ans, quand Turgot, dans les dernières années de la monarchie , y fut nommé intendant. Il y ouvrit des routes et des chemins vicinaux , encouragea l'agriculture, établit des ateliers de charité, assainit les villes et les habitations, enfln commença à faire sortir ce pays de sa grossièreté séculaire. La révolution arriva et fut naturellement embra-sée avec ardeur par la population limousine; mais d'après ce que nous allons dire du caractère de cette population, elle n'envoya à la Convention que des hommes obscurs ou modérés; elle montra plus d'enthousiasme pour la défense du pays, et elle donna aux armées les maréchaux Jourdan et Brune.

La population du Limousin a un caractère qui s'accorde parfaitement avec l'histoire et la géographie de ce pays : c'est une population subordonnée, secondaire, qui a rarement fait parler d'elle, qui»n'a jamais joué aucun rôle politique. La pauvreté du pays, la dureté du climat, la mauvaise nourriture, l'insalubrité des demeures, enfin l'habitude de la malpropreté font de cette population une race peu vigoureuse et môme maladive ; mais à part sa saleté , son insouciance , son opiniâtreté à rejeter toute innovation, elle est bonne, probe, religieuse, douce, grave, sobre, résignée. Le Limousin, dont l'enveloppe e.st rude, lourde, grossière, misérable, a un esprit lent, froid, peu développé, mais qui n'est dépourvu ni de finesse ni de précision; sa gaieté est peu expansive, mais elle est légèrement railleuse. Il pousse la candeur jusqu'à la timidité , et la circonspection jusqu'à la défiance. Lent au travail, et ménageant volontiers ses forces, ce qui le fait accuser de paresse , il est habile et prudent dans la conduite de ses affaires , et se fait remarquer par sa loyauté dans les transactions , son esprit d'ordre et d'économie , ses goûts charitables. Malgré sa pauvreté, il chérit son pays, et ne s'en éloigne qu'à regret; aussi la carrière militaire y est-elle peu goûtée , si ce n'est du côté d'Uzerche et de Tulle ; niais quand il est appelé sous les drapeaux, s'il n'est pas atteint de nostalgie, il devient un très-bon soldat.

Malgré leur amour pour le sol natal , les habitants du Limousin , surtout dans la Haute-Vienne , vont chercher hors de leur pays les ressources qu'ils ne peuvent y trouver, et ils exercent à Paris et dans les villes du nord les professions de maçons, de scieurs de long, de charpentiers; ils y sont recherchés à cause de leur patience, de leur sobriété habituelle et de leur assiduité au travail ; mais leurs absences sont rarement de longue durée et ne sont jamais définitives. Pour l'émigré , le plus beau jour est celui où il revoit la terre qui lui a donné le jour, où sou père a souffert, ou il doit souffrir lui-même.

$ VI. DÉPARTEMENT DE LA CORRÈZE. — STATISTIQUE , AGRICULTURE , INDUSTRIE. —

Le département de la Corrèzc a été formé du bas Limousin ; sa superficie totale est de 596,717 hectares, subdivisés en 101,000 de terres labourables; 67,000 de prés; 11,000 de vignes; 20,000 de bois; 102,000 de landes, bruyères, etc. Sa population

LIVKE HUITIÈME.

était : en 1801, de 243,654 habitants; en 1821, de 273,618 hab.; en 1841, do 306,480 hab. ; elle est aujourd'hui de 320,864 habitants. Il a pour chef-lieu Tulle , et forme 3 arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Tulle. . . . 12 cantons, 1 18 communes, 138,111 habitants.

— de Drives ... 10 — 97 — 11C,C40 —

— (l'Ussel 7 — 71 — 66,113 —

8 arrondissements 2'J cantons, 286 communes, 320,sr,i habitant;.

Ce département forme le diocèse de l'évêché de Tulle. Il renferme 3 tribunaux de première instance, et 2 tribunaux de commerce (Tulle et Brives) ressortissant à la cour impériale de Limoges; 5 collèges communaux à Tulle, Brives, Ussel, l'zerche et Trcignac ; une école normale départementale à Tulle ; 3 écoles supérieures et 240 écoles élémentaires. Enfin il fait partie de la 21' division militaire (Limoges).

Nous avons déjà dit que c'était un pays très-montagneux , peu fertile et l'un des plus pauvres de la France. Il est exclusivement agricole , mais l'agriculture y est peu avancée. Ainsi que nous l'avons vu , les céréales n'y sont pas suffisantes, mais on récolte beaucoup de pommes de terre et de châtaignes; la vigne donne des produits médiocres; les arbres fruitiers viennent très-bien, surtout le châtaignier et le noyer, qui, avec le chêne, fonnent les trois seuls arbres de haute futaie qu'on y rencontre. Les prairies artificielles ne sont pas très-répandues, mais il y a beaucoup de prairies naturelles : on les trouve surtout du côté d'Ussel ; les meilleures toutefois sont dans l'arrondissement de Brives et dans une partie de celui de Tulle. Les bêtes à laine y prospèrent et les mérinos y réussissent bien. On élève aussi du gros bétail, des porcs, ânes et mulets renommés; les chevaux dits limousins sont très-célèbres; on fait aussi en grand l'éducation des abeilles dont le miel est estimé. On pense qu'il y a dans le département 116,000 bêtes de gros bétail; 483,000 moutons; 81,000 porcs; 7.000 chèvres, 9,000 chevaux; 1,300 mulets; 6,000 ânes.

L'exploitation minérale est peu développée et consiste surtout : en mines de fer, dont la plus célèbre est celle de la Grenerie, près de Meillars; en nombreuses houillères, en carrières de porphyre, de granit, de marbre blanc, d'albâtre gypseux, d'ardoises, de grès, de pierres de taille, etc. On trouve aussi des mines de plomb et d'antimoine, et quelques traces de mines d'argent. Il y a une source d'eau minérale à Saint-Exupéry.

L'industrie manufacturière est presque nulle; parmi les établissements les plus importants on peut citer la manufacture impériale d'armes à feu de Tulle , les forges de ta Grenerie et la filature de colon de Brives; il y a aussi quelques papeteries, verreries, tanneries, brasseries, briqueteries et fabriques d'étoffes de laine grossière.

On compte dans la Corrèze : 5 routes impériales sur 364 kilomètres; 5 routes départementales sur 200 kilom.; 4,300 chemins vicinaux sur 4,700 kilom.; en tout 5,264 kilomètres de voies de communication.

S VII. DÉPARTEMENT DE LA CORftÈZE. — DESCRIPTION DES VILLES. — TtllU t chef-lieu

du département et siège d'un évêché suffragant de Bourges, possède des tribunaux de première instance et de commerce , un collège , une école normale primaire , une bibliothèque de 25,000 volumes et une population de 12,000 âmes environ. Elle est

LIMOUSIN

située au fond d'une étroite vallée de toutes parts couverte de verdure: les cours d'eau sont bordés de saules et de noyers, tandis que les flancs des collines sont garnis de bois de châtaigniers et de rochers pittoresques. C'est au milieu de ce délicieux paysage que Tulle est assise sur les deux rives de la Corrèze ; mais l'intérieur de la ville ne répond pas à son aspect extérieur. Ses rues escarpées , principalement sur la rive droite, sont bordées de vieilles et laides maisons qui semblent accrochées aux rochers, et elles so«t dominées par de pauvres faubourgs qui escaladent la hauteur. Sur la rive gauche , les constructions sont plus modernes , et l'on y trouve une jolie promenade. On remarque à Tulle la cathédrale, la tour carrée du cimetière, le palais de justice, qui semble taillé dans le roc, la manufacture d'armes, qui occupe plus de 600 ouvriers. Elle possède des fabriques d'étoffes de laine, de bougies, des corroieries, papeteries, distilleries. Elle fait le commerce d'huile de noix et de chevaux estimés.

Tulle doit son origine à un couvent de bénédictins fondé dans le septième siècle. Elle eut beaucoup à souffrir des guerres des Anglais. C'est la patrie de l'érudit Étienne Baluze.

Br'tvtt-la-Gaillarde, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux de première instance et de commerce, un collège et 9,000 habitants, est située sur la rive gauche de la Corrèze, au milieu de vergers et de prairies, entre des coteaux couverts de vignes et des collines boisées. Elle est de forme circulaire ; ses anciens remparts ont fait place à un beau boulevard planté de vieux ormeaux ; las maisons sont jolies, bâties en pierre et entourées de jardins, ce qui de l'extérieur lui donne l'aspect le plus riant. On remarque à Brives l'hôpital, le collège, le palais de justice, la tour ou belvédère qui domino toute la ville, l'église Saint-Martin, etc. Elle possède des fabriques de bougies et d'huile de noix, et une filature de coton. On y fait commerce de vins, de bois de construction , de marrons et truffes , de bestiaux et dindes truffées.

Au temps de Grégoire de Tours, ce n'était encore qu'un vicus auprès duquel fut construit un monastère dédié à saint Martin. Au douzième siècle, elle devint une ville communale, mais la seigneurie en était disputée par les vicomtes de Turenne et les barons de Malemort. Elle fut dévastée par les calvinistes en 1577. C'est la patrie du cardinal Dubois et du maréchal Brune.

Uuel, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un collège et une population de 4,200 âmes, est située dans une large vallée, boisée et trèsfertile , entre les deux petites rivières de la Diégn et de la Sarsonne. Jadis fortifiée et entourée de murailles, cette ville est aujourd'hui fort triste et assez mal bâtie ; ses rues sombres, étroites et tortueuses, ne renferment aucun édifice remarquable, aucun établissement important. On y trouve seulement un beau pont, les restes d'un camp romain et de nombreuses antiquités. Elle appartenait à la famille de Ventadour, et a beaucoup souffert pendant les guerres contre les Anglais.

Argentat, arrondissement de Tulle, est une ville de 3,500 âmes, dans une charmante et fertile vallée arrosée par la Dordognc, qu'on y traverse sur un beau pont suspendu. Elle n'a de remarquable que son église et le petit bassin houiller dont elle est le centre. Elle fait un commerce assez considérable en blé, bois de merrain, charbon de bois et houille.

TrtUjnac, petite ville qui a un collège et 3,360 habilants, est située au pied des montagnes des Monaidières, sur la rive gauche de la Vézère, qu'on y passe sur un pont d'une seule arche jeté entre deux rochers escarpés. Elle fait le commerce de laines, cire et moutons. On y remarque une église et quelques maisons gothiques, le collège, et sur l'un des rochers qui dominent la ville les ruines imposantes d'un château que la rivière entoure de trois côtés et qui a appartenu successivement aux familles de Comborn, de Pompadour et d'Hautefort.

A h kilomètres est de Treignac, en remontant la Vézère, se trouve une belle cascade qui a plus de 100 mètres de hauteur.

Uztrche est une jolie ville assise sur un rocher et bâtie en amphithéâtre sur le penchant drune colline qui domine la rive gauche de la Vézère, dont le cours profondément encaissé l'entoure de tous les côtés. Elle est généralement bien bâtie ; ses maisons, couvertes en ardoises et flanquées de tourelles, lui donnent un air d'aisance. On remarque son église paroissiale, dont le clocher est élevé â plus de 100 mètres, et ses deux faubourgs, où depuis quelques années se sont formés des établissements industriels. Uzerchc est surtout renommée pour ses marchés aux chevaux.

Cette ville très-ancienne fut, dit-on, fortifiée par le roi Pépin pendant la guerre contre Waïffer, et l'on y montrait la tour de Léocaire, où ce duc d'Aquitaine eut h tète tranchée. Elle a soutenu plusieurs sièges.

Arnac- Pompadour est un village de l 'arrondissement de Brives, qui compte à peine 1,20') habitants, et que son beau château et son ancien haras ont rendu célèbre. Le premier fut bâti au commencement du onzième siècle; brûlé en 1200 pendant les guerres qui suivirent la mort de Richard Cœur de lion , il fut rebâti au début du quinzième siècle et donné par Louis XV à la marquise de Pompadour, puis, après la mort de celle-ci, à Choiseul, qui, en 1763, y fonda un haras pour chevaux limousins, arabes et andalous. Depuis la révolution , ce n'est plus qu'un dépôt d'étalons. En 1802, on y avait joint une bergerie de moutons de race espagnole , de buffles et ' bœufs de la R manie, mais ces annexes n'existent plus.

A quelques lieues au sud-est , sur les bords de la Zourc , se trouve l'ancienne chartreuse du Glandier, transformée en Ivaut fourneau , et qui de nos jours a acquis une triste célébrité.

XoailUt est un village de 7 à 800 âmes, situé sur la route de Limoges à Cahors, et célèbre par son beau château demi-gothique. C'était jadis le chef-lieu d'un duchépairie érigé en 1663 par Louis XIV en faveur d'André de Noailles, son premier capitaine des gardes.

Turcnnt, autre village de 1,600 âmes, situé aux sources de la Tourmente, était jadis le chef-lieu de la vicomlé de ce nom, dont les seigneurs se sont rendus si illustres. Sur la cime d'un roc escarpé qui domine ce village s'élèvent les ruines d'un château, l'un des plus anciens de la France : il est flanqué de tours dont la plus importante, élevée d'environ 33 mètres, porte le nom de tour de César.

Dort est une petite ville de 2,560 habitants, située dans un joli vallon sur la Dordogne, et qui est remarquable par sa montagne basaltique connue sous le nom d'Orgues de Bort. — A k kilomètres de là se trouve au hameau de Saint-Thomas , dans un site atfreux fermé de tous côtés par des montagnes décharnées, la chute d'eau du Saut de

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la Saule, tonnée par la rivière de Rue , dont le lit est obstrué par une roche de granit d'une longueur de plus de 100 mètres; les eaux se sont creusé dans le barrage un lar^e sillon d'où elles se précipitent d'une hauteur de 8 à 10 mètres.

§ VIII. Départi- mknt de la Haute -Vienne. — Statistique, agriculture, industmr, etc. — Ce département a été formé" du haut Limousin (321,622 hcct.) , de parties de la basse Marche (129,579 hect.)\ du Poitou (94,051 hect.) et du Berry (27,ii00 hect.). Sa superficie est de 561,597 hectares, dont 164,000 de terres labourables, 102,000 de prés, 2,500 de vignes, 32,000 de bois, 42,000 de landes, pâtis, bruyères, etc. Sa population était, en 1801, de 245,150 habitants; en 1821, de 272,330 hab. ; en 1841, de 292,848 hab.; elle est aujourd'hui de 319,379 habitants.

Il a pour chef-lieu Limoges et forme quatre arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Limoges |0 cantons, 78 communes, 138,756 habitants.

— de Bcllac 8 — 05 — 84 ,«82 —

— de Kocbechouart. . . & — 30 — &l,83! —

— de Saint-Yricix . . . 4 — 26 — 4f>,fil0 —

4 arrondissements 27 cantons, 109 communes, 319,37a habitant*.

Il forme avec la Creuse le diocèse de Févéché de Limoges, et possède : une cour d'appel à Limoges, 4 tribunaux de première instance et un de commerce (Limoges), un lycée (Limoges) , 3 collèges à Eymoutiers, Magnac-Laval et Saint-Junien , une école normale départementale, 4 écoles supérieures primaires et 250 écoles élémentaires, etc. Il fait partie de la 21* division militaire (Limoges).

Ce département est à la fois agricole et manufacturier. L'agriculture y est fort arriérée. Nous avons déjà dit que la récolte des céréales était insuffisante, que la vigne ne donnait que de médiocres produits, que la nourriture ordinaire des habitants était la pomme de terre et les châtaignes, que les fruits, principalement les pommes et les poires, étaient abondants ; enfin qu'on faisait de magnifiques récoltes de chanvre et de foin. On y élève des chevaux dont la race est très-estimée , des mulets, bestiaux, moutons, etc. Il peut y avoir dans la Haute-Vienne 112,000 tôles de gros bétail, 637,000 moutons, 90,000 porcs, 1 1 ,000 chèvres, 9,000 chevaux, 5,000 mulets ou ànes.

Lc sol est riche en métaux et l'exploitation consiste surtout en fer, kaolin , terre à creusets et à poterie, marbres, granit, etc. A Vaulry se trouve une mine d'étain. On récolte dans les montagnes de Forseille pour la teinture.

Quant à l'industrie manufacturière, elle est active, principalement en porcelaines, fers, aciers, papiers, lainages communs et draps grossiers. Outre les hauts fourneaux, forges, fabriques d'aciers de cémentation , on peut encore citer les ateliers de clouteries, des tanneries, chapelleries, blanchisseries de toiles, filatures de laine et de coton, imprimeries et ateliers de reliure. On estime aussi les blanchisseries de cire et les distilleries du Limousin , ainsi que les gants de Saint-Junien. Le commerce local consiste dans la vente des chevaux, du bétail, des châtaignes, des bois de merrain; mais, pour l'extérieur, il consiste surtout en porcelaines, eaux-de-vie, liqueurs et livres reliés.

On compte dans le déjxirtement : 3 rivières navigables sur 55 kilomètres (la Vienne, :t3 kil.; la Creuse, 8 kil. ; la Dive, 12 kil.) . ° routes impériales sur 351 kil., 8 routes tome h. 23

départementales sur 235 kil., 1,405 chemins vicinaux sur 9,860 kil. ; en tout, 10,503 kilomètres de voies de communication.

§ IX. DÉPARTEMENT DE LA HAUTE- VtENNE. — DESCRIPTION DES VILLES. — lÀmogCt,

ancienne capitale du Limousin , est aujourd'hui le chef-lieu du département de la Haute- Vienne, le quartier général de la 21e division militaire, le siège d'un évèché et d'une cour d'appel. Ello possède des tribunaux de première instance et de commerce, avec un conseil de prud'hommes, un lycée, une école préparatoire de médecine, des écoles gratuites de dessin, une bibliothèque de 12,000 volumes, etc. Sa population est de 30,000 âmes. Cette ville est bâtie au sommet et sur le penchant d'une colline qui domine la rive droite de la Vienne et le vallon tapissé de prairies qu'elle arrose , entre deux rideaux de jolis coteaux. Elle descend par deux de ses faubourgs jusqu'à la rivière , sur laquelle elle possède trois ponts. Elle est généralement mal bùtie ; ses rues tortueuses et escarpées sont bordées de maisons dont le rez-dechaussée seul est en pierre et le reste en bois. Cependant depuis quelques années la ville s'embellit et quelques quartiers nouveaux sont bien bâtis. Ses murailles flanquées de tours ont fait place à de jolis boulevards bien ombragés; la place d'Orsay, construite sur l'emplacement d'anciennes arènes, la place et l'avenue de Tourny, y forment de belles promenades. On remarque parmi ses édifices : la cathédiule de Saint-Étienne, l'évéché, bâti dans le dix-huitième siècle , l'église Saint-Miche» des Lions, la belle fontaine d'Aigouline, l'hôtel de ville, les casernes, etc. Elle possède de belles manufactures de porcelaine, des fabriques de draps, flanelle, mérinos et ganterie, une fonderie, des papeteries, des clouteries, une fabrique d'instruments aratoires. Son commerce consiste en chevaux estimés, toiles, châtaignes, grains, caux-de-vie et liqueurs, sel, fer, émaux, toile dite limousine, articles d'imprimerie et de librairie.

Cette ville était déjà puissante à l'époque de la conquête des Romains. Sous les empereurs, elle fut agrandie et eut un théâtre, des temples, une citadelle, dont ii ne reste aucun vestige. Elle fut saccagée par les Vandales et les Visigoths , conquise par les Francs. A la formation du duché d'Aquitaine, elle acquit une grande importance par sa position centrale, et dans les guerres de Waïffer et de Pépin le Bref elle fut prise et dévastée six fois. Louis le Débonnaire s'y fit couronner roi d'Aquitaine , et cet exemple fut suivi par les rois Louis le Bègue, Carloman, Eudes, Louis le Gros, etc. Les Normands la détruisirent de fond en comble. Elle se rebâtit rapidement, mais elle eut beaucoup à souffrir des querelles entre l'abbé de Saint-Martial, partisan des rois de France, et l'évêque , partisan des ducs d'Aquitaine. Elle était alors partagée en ville et château, qui appartenaient au premier, cité et cathédrale, qui appartenaient au second , et les deux parties étaient fortifiées et ennemies. Henri Plantagenet et Richard Cœur de lion s'y firent couronner ducs d'Aquitaine ; mais pendant los luttes de ces princes contre les rois de France , elle fut prise et saccagée huit fois. Lei bourgeois en profitèrent pour chasser à diverses reprises leurs vicomtes. Quand cile eut été reconquise par le duc de Berry et Duguesclin, sous Charles V, elle fut assiégée par le prince Noir, indigné de la reddition de cette ville , qu'il avait en grande aiïcciion : après une résistance vigoureuse, elle fut prise d'assaut, pillée, brûlée, mui>sacrée par l'ordre exprès du prince, qui se faisait porter en litière au milieu dei

LIMOUSIN

radavres cl des ruines. Elle fut reprise par les troupes françaises deux ans après , et ies Anglais l'assiégèrent vainement de 1416 à 1610. Les guerres religieuses lui firent peu de mal , mais dans le seizième siècle elle eut beaucoup à souffrir de la peste. Sor histoire est presque nulle dans les dix-septième et dix-huitième siècles. C'est la patrie du pape Clément VI , du chancelier d'Aguesscau , do l'orateur Vcrgniaud , du maréchal Jourdan , du médecin Cruveilhier, etc.

Bcllac, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance et 3,8t)0 habitants, est une petite ville bâtie sur le flanc d une colline assez rapide, qui domine le bord du Vincou; elle possède quelques tanneries et papeteries, des fabriques de toile et de lainages et une fonderie ; les vignobles des environs donnent des produits assez estimés. Elle est remarquable par les ruines de son ancien château, où sont établis aujourd'hui le palais de justice et la maison de détention.

A /» kilomètres au sud de Bel lac, près du village de Borderie, on trouve un dolmen très-remarquable, et dans le voisinage les ruines du château de Mortemart, d'où sont sortis les seigneurs de ce num.

Rochechouart , chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance et 4,000 habitants, est situé près de la forêt de la Vienne, dans une vallée fertile et pittoresque, au confluant de deux ruisseaux , la Vayre et la Grennc. Elle est balie sur le flanc d'un rocher qui surplombe sa hase en divers endroits et semble menacer ruine; le sommet en est couronné par un vieux château fort, très-pittoresque et fort dégradé, qui est flanqué de plusieurs tours, dont la plus grande sert actuellement de prison. Cette ville fut jadis fortifiée et murée , et son château fut vainement assiégé sous Charles V pat les Anglais, vainqueurs à Maupertuis (1356). Ce fut le berceau d'une des plus anciennes et des plus illustres familles de France , celle des vicomtes de Rochechouart, branche des vicomtes de Limoges, et dont le chef fut, vers 1018, Aimcry, fils puîné de Géraud , vicomte de Limoges.

Il y a à Rochechouart des fabriques de faïence , de toile et de fil; aux environs des carrières de kaolin et de pétunzé, ainsi qu'une mine d'antimoine non exploitée. II y a de plus dans tout l'arrondissement un grand nombre d'usines et de petites forges.

Saint- Yruix , chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un collège et 7,000 habitants, est une cité riche et industrielle , mais mal bâtie et située sur la rive gauche de la Loue. On y remarque l'église paroissiale, qui date du douzième siècle, et près de laquelle s'élève la haute tour du Plo, débris des anciens remparts. L'industrie très-active de cette ville consiste dans l'exploitation du kaolin et du pétunzé, dont on trouve deux vastes et profondes carrières à ses portes. Elle possède aussi quelques fabriques de toile.

Saint-Yrieix doit son nom à un saint qui fonda au sixième siècle un monastère autour duquel la ville prit naissance ; plus tard , elle fut fortifiée et devint place de guerro pendant la Ligue , où elle eut à supporter un long siège.

Pierre- Buffière (arrondissement de Limoges), est une petite ville de 1,200 ames, bâtie sur le flanc d'un coteau, à quelque distance de la rive gauche de la Briance, qu'on y traverse sur un beau pout. A l'entrée de la ville se trouvent les restrs de l'ancien château fort, flanqué de tours, qui a été restauré et sert d'hôtel de ville. Elle possède des fabriques de porcelaine et a vu naître le chirurgien Dupuylrcu.

Saint-Léonard est une ville de plus de 6,000 âmes, bâtie dans une jolie situation, au sommet d'un mamelon, sur la rive droite de la Vienne. Elle était fortifiée au moyen âge , et avait un château qui fut pris plusieurs fois par les Anglais. Aujourd'hui elle est entourée de jolis boulevards bien plantés, et d'où l'on a une très-belle vue. On y trouve des manufactures de porcelaine , des fabriques de couvertures de laine et de gros draps, des papeteries, des tanneries, etc. Son commerce consiste surtout en bestiaux, papier, cuirs, etc. C'est la patrie de Gay-Lussac.

Magnac-Laval (arrondissement de Bellac) est une petite ville de 3,500 habitants, qui possède un collège; elle est située près de la rive droite de la Brame, et était jadis fortifiée. Sous le nom de Magnac , c'était le chef— lieu d'une baronnie possédée par la maison de la Molhc-Salignac-Fénelon. Louis XV, en 1763, en fit un duché-pairie pour le maréchal de Montmorency-Laval ; on ajouta alors ce dernier nom à celui de Magnac.

Le Dorât est une jolie petite ville, située près de la rive gauche de la Brame, dans une fort belle contrée. Elle était autrefois fortifiée. On y remarque l'église collégiale, vaste et obscure construction du dixième siècle, qui ressemble à une forteresse. Elle possède des fabriques de draps et de cotonnades, de poids et mesures métriques , etc. Elle a eu, dit-on, pour origine, d'après son nom latin (Oralorium), un oratoire , bâti par Clovis après la bataille de Vouglé, et remplacé par un monastère.

Saint-Jmien, ville de l'arrondissement dc-Rochcchouart, avec 6,000 habitants et un collège, est bâtie en amphithéâtre sur le flanc d'un coteau qui domine la rive droite de la Vienne à son confluent avec la Glane. On y remarquo sa belle église, qui renferme le tombeau de saint Junien et d'admirables bas-reliefs, la chapelle du pont de la Vienne , à laquelle Louis XI avait une dévotion particulière , ses boulevards, etc. Cette ville est renommée pourra ganterie ; elle possède des fabriques de draps et de couvertures, plusieurs papeteries, chapelleries et manufactures de porcelaines ou de poterie; elle fait un commerce considérable en mulets et chevaux.

L'emplacement qu'occupe Saint-Junien était jadis couv ert par une forêt , où se retira le saint qui lui a donné son nom et qui y mourut. Vers la fin du sixième siècle, la ville prit naissance autour de son tombeau.

Chalut (arrondissement de Saint-Yrieix), petite ville de 2,000 âmes, située aux sources de la Tardoire et sur la route de Limoges à Périgucux, est célèbre par son château, fondé, dit-on, sous Auguste par un proconsul romain, et devant lequel fut tué Richard Cœur de lion en 1199. Elle fait commerce de chevaux et do mulets.

La Rochc-l' Abeille est un village de 1,200 âmes, situé près des sources de l'Isle el célèbre par la victoire de Coligny sur les troupes royales.

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