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BRESSE, BUGEY, ETC

route et on aval de Pont-d'Ain , la vallée de l'Ain , jusqu'à Ambronay , Ainbérieux et Sainl-Sorlin , à l'est, est formée d'alluvions récentes qui descendent jusque sur le Rhône de Saint-Sorlin à Saint-Romain et se prolongent môme sur l'autre rive dans l'Isère et le Dauphiné. Ces alluvions récentes apparaissent encore dans le département de l'Ain sur quelques points, sur la lisière du Rhône, au nord-ouest de Cordon , dans la vallée inférieure du Séran, sur la rive droite de la Valserine, etc. Tout le reste du département est composé de terrains jurassiques, avec des saillies de crétacé inférieur, principalement dans les vallées du Séran et du Furan.

S III. Aspect génébal et population. — Ce pays offre deux aspects et deux parties distinctes : la partie orientale , ou du Bugey et du pays de Gtx (arrondissements de Belley , Nantua et Gex) , et la partie occidentale, ou la Bresse et la Dombet (arrondissements de Bourg et de Trévoux). La première, comprise entre l'Ain et le Jura, est toute montagneuse, la deuxième presque toute plane. La partie montagneuse occupe les portions les plus élevées et les plus épaisses du Jura ; c'est là que se trouvent le Cret de la Mège (1,724 m.) , le Reculet de Toiry (1,720 m.), le mont Tendre (1,628 m.), le Colombey de Gex (1,689 m.), etc. Presque tout le pays est composé de montagnes âpres, chauves, infertiles, en partie boisées, de vallées profondes, rocheuses, parcourues par des torrents, comme la Bienne, l'Albarine , la Valserine, le Journans, etc. On y trouve les paysages les plus agrestes , les eaux les plus fougueuses , les gorges les plus sauvages, des précipices, des cascades, etc. C'est un des pays les plus curieux, les plus pittoresques de la France. Les vallées renferment d'excellents pâturages ; les pentes inférieures des collines sont plantées en vignes; enfin des forôls de sapins occupent les flancs des montagnes. U terre n'y suffit pas à la nourriture des habitants, qui se livrent à l'industrie ou émigrent dans les pays voisins. La partie la plus méridionale , c'est-à-dire entre le Rhône et l'Ain , est moins âpre et mieux cultivée : on y récolte des grains et des légumes, et l'on y trouve de jolis villages, de riches vignobles et la végétation la plus vigoureuse.

La partie plane , c'est-à-dire la partie située entre l'Ain et la Saône , est formée de bas plateaux , de landes marécageuses , de plaines qui , depuis les colline? de Reveremont, première assise du Jura, jusqu'à la Saône, vont continuellement en s'abaissant. Le sol y est composé d'une argile dense, froide, humide , rebelle à la culture, qui n'absorbe pas l'eau et semble même la soutenir à sa surface; aussi, dans l'hiver, la plupart des terres restent -elles inondées, et des villages sont -ils entièrement enveloppés par les eaux; enfin il se forme ainsi de très - nombreux étangs, qui occupent plus de 20,000 hectares. Les habitants mobilisent ces étangs pour rendre leurs terres cultivables. Le pays, en effet, est si plat et l'écoulement des eaux d'un terrain à l'autre est si facile que les plaines y deviennent alternativement champs de blé et étangs poissonneux. Deux années d'inondation laissent sur la terre un limon qui la fertilise et lui permet de se transformer, la troisième année, en un champ d'avoine ou de sarrasin. Toute celte partie du déparlement est entièrement agricole. Avec ses étangs, ses plaines immenses, son atmosphère brumeuse et lourde, son sol alternativement marécageux et crevassé par le soleil, ses villages généralement pauvres, ses fermes couvertes de chaume, l'absence de grands propriétaires et de grandes exploitations, clic est généralement trisle et monotone. On ne s'y croirait pas voisin du

midi de la France, dans un pays de vignobles, si près de la Bourgogne et aux portes de Lyon. La partie la plus septentrionale, celle qui avoisine la Saône, la Chalaronne et !a Reyssouse , est plus productive , plus variée , et l'on y récolte des grains en abondance, avec des vins, du chanvre, des légumes.

La population participe à ces deux aspects du pays : celle des montagnes est alerte, active, laborieuse, intelligente, opiniâtre; elle se livre à une multitude d'industries et émigré au besoin pour vivre; celle des plaines, au contraire, est calme, lente et comme assoupie , économe jusqu'à l'avarice, routinière, sans esprit d'entreprise ; l'air des étangs semble peser sur elle et alourdir son esprit, son maintien, son langage; toutes deux sont d'ailleurs droites, honnêtes, courageuses ; « ce sont des hommes d'une bravoure tranquille, mais sûre, » disait Joubert. Ces deux populations semblent presque entièrement d'origine gauloise , avec des mélanges encore distincts de colonies sarrasines. Les femmes y sont renommées pour leur beauté ; elles ont gardé jusqu'à ce jour un costume très-pittoresque et dont le charme consiste principalement en un petit chapeau de feutre placé coquettement sur le devant de la tête et orné de dentelles et de rubans.

Le département de l'Ain a donné à la France des hommes célèbres : Bichat, l'astronome Lalande, le général Joubert, l'historien Michaud, le spirituel Brillât-Savarin, Girod (de l'Ain), etc.

§ IV. DÉPARTEMENT DE L'AlN. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE, ETC. —

Ce département, formé des quatre petites provinces que nous venons de décrire, a de superficie 580,659 hectares, dont 245,000 de terres labourables, 80,000 de prés, 20,000 de vignes, 115,000 de bois, 20,000 d'étangs, 75,000 de landes et bruyères, etc. Sa population était, en 1801, de 297,071 habitants; en 1821, de 328,838 hab.; en 1836 , de 346,188 hab.; elle est aujourd'hui de 372.939 habitants, il a pour chef-lieu Bourg, et forme 5 arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Bourg 10 cantons, m communes, 126,0»3 habitants.

— de Rclley O — 112 — 83,ii2C —

— de Nantua G — 73 — 53,"M> —

— deGex 3 — 29 — 2?,S3:> —

— de Tré\oux. . . . 7 — III — s«»,02« —

S arrondissements 30 cantons, 4iC communes, 372,039 liabilants.

n forme le diocèse de Pévéché de Bclley, est du ressort de la cour d'appel de Lyon, renferme 5 tribunaux civils, 2 collèges, une école normale primaire, 700 écoles élémentaires. 11 fait partie de la 8* division militaire et a 2 places fortes, Fort-1'Êeluse et Pierre-Chàtel.

Le département de l'Ain est principalement agricole; la culture y est très-variée. Les récoltes en céréales dépassent les besoins de la consommation. Les vignes donnent de bons produits surtout en vins blancs, dont une partie est exportée. On cultive aussi le chanvre, le lin, le mûrier, etc. Les volailles de la Bresse , ainsi que les porcs, sont renommées par toute la France et sont l'objet d'un grand commerce. Les bètes à cornes sont de belle race , ainsi que les moutons, qui ont été améliorés par les mérinos magnifiques des bergeries de Naz, et qui donnent par an 250,000 kilogrammes de laine. Les chevaux sont petits et dégénérés. On estime que le département renferme environ

BRESSE , BLGEV, ETC.

150,000 bétes à cornes, 200,000 moulons, 50,000 porcs, 10,000 chevaux, 3,000 ânes cl mulets, elc. Les étangs sont très-poissonneux.

Les richesses minérales consistent en fer, marbre, pierres lithographiques , pierres de taille, argile, marne, et surtout asphalte et bitume, dont il existe d'immenses couches dans un bassin compris entre Chàtillon-de-Michaille, Scyssel et Fort-1' Écluse. Il y a des eaux minérales à Ceyzeriat , Pont-de-Vaux , etc.

L'industrie est peu étendue , mais très-aclive ; elle consiste principalement en fabrication de toiles communes (Saint-Rambert) , de draps pour l'habillement des troupes ( Montluel et Amberieux) , de chapeaux de paille (Lagnieu) , de tabletterie (Nantua et Oyonnax), d'horlogerie, de fromages renommés, dont il s'exporte plus de 20,000 quintaux métriques; en filatures de laine, tuileries, tanneries, en exploitation de carrières et surtout des mines d'asphalte de Seyssel.

Le commerce d'exportation a pour objets principaux les grains, les vins, les volailles, les fromages , les bois et les produits des manufactures. 11 s'y fait un commerce de transit très-actif entre Lyon et la Suisse.

Il y a dans le département 5 cours d'eau navigables, non compris la Saône (Rhône, Ain , Furan , Bienne, Reyssouse) , sur 262 kilomètres; 6 routes impériales, sur /»18 kil.; 16 routes départementales, sur 603 kil.; et 1,300 chemins vicinaux, sur 2,700 kilomètres.

§ V. Description des villes. — Bourg, ancienne capitale do la Bresse, aujourd'hui chef-lieu du département, avec un tribunal civil, un collège, une bibliothèque et 12,000 liibitants, est située sur la Reyssouse, dans une vallée agréable et fertile, que terminent au levant les collines de Revereinont. Elle est généralement mal bâtie et ne renferme d'autre édifice remarquable que son hôpital. Une de ses promenades est ornée de la statue de Bichat, œuvre de David. Son industrie est presque nulle, et son commerce consiste en grains, volailles, besUaux, etc.

Cette ville ne date que du treizième siècle, et était autrefois défendue par une citadelle qui fut démolie en 1601. En 1814, elle essaya de résister à l'invasion autrichienne, et fut livrée au pillage. C'est la patrie de Vaugelas, de l'astronome Lalande, du conventionnel Goujon.

Près de Bourg est l'église de Brou, l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture du scirième siècle. Elle a été bâtie par André Colomban , d'après les ordres de Marguerite d'Autriche, femme de Philibert le Beau , duc de Savoie, dont on y voit le magnifique mausolée.

Bcllcy, ancienne capitale du Bugey, aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement et siège d'un évêché , avec un tribunal civil et 4,867 habitants, est située dans un petit bassin , entre le Furan et le Seran , à 5 kilomètres du Rhône. Ses seuls monuments sont sa cathédrale et son palais épiscopal. Elle a des moulins à huile et des filatures de soie , et fait commerce de bestiaux , bois de construction , elc. C'est le lieu de naissance du médecin Richerand.

On trouve dans son arrondissement les vignobles de Virieux, de Culloz, de Cerveyrieux, de Seyssel, qui rivalisent avec les crus moyens de la Bourgogne, des magnaneries à Bion , Von, Ceyteritu, des carrières lithographiques réputées les meilleures de la France , etc.

Xantua, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège, une école d'arts et métiers et 3,7/j6 habitants, est située dans une gorge sauvage, entre deux montagnes couronnées de sapins , au bord d'un lac pittoresque qui verse ses eaux dans la Valserine. Elle ne se compose que de trois rues; mais c'est la ville la plus active du département. Elle a des fabriques de boutons de nacre, de peignes, de tabatières, des filatures de laine et de colon, des papeteries, des scieries hydrauliques, et fait un grand commerce de fromages et de bois. Charles le Chauve mourut dans cette ville en 877.

A dix kilomètres de Nantua so trouve le bourg àlzernore, peuplé de 1,000 habitants , et qui occupe l'emplacement d'une ancienne ville très-considérable du temps des Romains et des Bourguignons. On y voit encore les restes d'un temple, et partout où l'on fouille la terre, on trouve des ruines, des emplacements de maisons, des monnaies , etc.

Gex, autrefois capitale du pays du même nom, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement, avec 2,874 habitants, est située sur le revers oriental du Jura, près du torrent de Joumans, au pied du mont Colombcy, à 548 mètres de hauteur, dans une situation très-pittoresque, d'où l'on voit tout le lac Léman, Genève, les Alpes, le mont Blanc. Elle fait un commerce actif de fromages, de bois et de laines, a des tanneries, des scieries, des moulins à blé , etc.

Près de Gex se trouve le domaine de Xaz, célèbre par ses troupeaux de mérinos, les plus beaux qui soient en France. Les laines qu'ils donnent sont supérieures à celles de la Saxe.

Trévoux, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 3,000 habitants, est située sur le penchant d'une colline très-pittoresque qui domine la Saône. C'était la capfcta de la Dombes, et elle avait un château fort dont on voit encore les ruines. L'industrie y consiste en orfèvrerie , affinage et battage d'or. Les jésuites y avaient autrefois un journal célèbre, et ils y firent le dictionnaire dit de Trévoux.

Bagé'U-Chdul, autrefois Baugi (arrondissement de Bourg) , est une petite ville de 8 00 habitants, qui était autrefois une place forte et la résidence de sires qui régnèrent sur la Bresse du neuvième au treizième siècle.

Pont-de-Vaux est une petite ville de 3,200 habitants, située sur la Reyssouse, et qui Tait commerce de grains, bestiaux et chanvre. C'est la patrie de Joubert.

Hauteville (arrondissement de Belley) est un bourg de 800 habitants, remarquable par sa grande fabrication de fromages de gruyère et ses scieries de bois.

iHcrre-Chûul, hameau du canton de Belley, situé sur le Rhône, est remarquable par sa forteresse qui commande la route de la Savoie.

Saint- Rambert , bourg de 2,500 habitants, situé sur l'Albarine, entre deux montagnes coupées à pic , est le centre du commerce des toiles communes qui portent son nom. On y trouve des fabriques de linge de table, des filatures de laine et soie, etc. La fabrication des toiles de Saint - Rambert se fait principalement à Tenatj, sur l'Albarine.

Sttjssel, bourg de 1,400 habitants, situé sur le Rhône, est le centre d'une exploitation d'asphalte qui est célèbre dans toute l'Europe. Les mines sont à 3 kilomètres de là, à Pyrimont ; elles sont d'une richesse inépuisable. On trouve encore à Seyssel do belles carrières de pierres blanches et des vins blancs renommés.

VilUboit, petite ville de 2,300 habitants, située sur le Rhône, est remarquable par ses carrières de pierres de taille , son exploitation de minerai t ses forges, ses pierres lithographiques, sa chaux hydraulique, etc.

Ferney (arrondissement de Gex), joli bourg de 1,300 habitants, est situé au pied du Jura , et ne se compose que d'une seule rue , où l'on trouve des fabriques de poteries et de verres pour montres. Ce bourg doit son accroissement au séjour qu'y fit Voltaire dans un château qui a une vue magnifique sur le lac de Genève.

Fort-f Écluse, forteresse située dans le canton de Collonge , à h0 mètres au-dessus du Rhône , défend la route de Lyon à Genève par Nantua.

Oyonnax (arrondissement de Nantua) est une ville de 3,7/|6 habitants, qui fait une fabrication très-considérable de peignes, tabatières et autres articles de tabletterie en bois, corne, écaille, connus sous le nom d'articles de Saint-Claude. On y fait aussi commerce de bois de construction.

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