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CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

BRESSE, BUGEY , ETC. — DÉPARTEMENT DE l/AIX.

S !. Limites, subdivisions, notions historiques. — Nous entrons, avec les petits pays qui ont formé le département de l'Ain (Bresse, Bugey, pays de Gex, etc.), dans la série des provinces qui n'appartenaient pas au royaume dos Capétiens et des Valois, mais qui ont été acquises par les Bourbons , et ont donné à la France des frontières sinon complètement naturelles, au moins si solidement constituées, qu'en peut les regarder, après les épreuves de 1816 et de 1815, comme indestructibles. Trois des quatre petits pays que nous allons décrire forment la première , dans l'ordre des dates, de ces précieuses acquisitions, et ont été cédés en 1601 à la France, en échange du marquisat de Saluces, par les ducs de Savoie, qui les possédaient depuis le treizième siècle. Auparavant ils avaient eu des seigneurs particuliers, et leur histoire ne présente qu'un faible intérêt. Henri IV, en les réunissant à son royaume, commençait à établir sur le Jura la frontière , arrêtée jusqu'alors à la Saône , ce qui lui permettait de donner la main a à ses alliés et bons compères » les Suisses. Celte acquisition ne fui pas précieuse seulement sous le rapport du territoire, elle le fut encore parce qu'elle donna à la France une population solide, dont le patriotisme ne s'est jamais démenti , et qui en a donné des preuves en 1814.

La Bresse (capitale Bourg) avait pour limites, au midi la principauté de Dombes, au levant l'Ain, qui la séparait du Bugey , au nord le Jura, au couchant la Saône. Le Bugey (capitale Belley) avait pour limites, au midi le Rhône, au levant la Savoie, au nord le Jura, au couchant l'Ain. L'ensemble de ces deux pays comprenait 392,480 hectares. Le jtays de Gex, situé sur le versant oriental du Jura, avait pour limites le Rhône , qui le séparait de la Savoie, le territoire de Genève et la Franche-Comté ; son étendue était de 47,522 hectares. A ces trois pays il faut ajouter la Dombes, principauté qui avait appartenu dans le moyen âge à la maison de Bourbon , et qui fut confisquée avec les autres biens du fameux connétable. Charles IX la rendit à la branche de Montpensier, et elle fit partie de la dot de Marie de Bourbon , mariée au duc d'Orléans, frère de Louis XIII. De ce mariage vint une fille, la grande Mademoiselle, qui donna la Dombes au duc du Maine , fils naturel de Louis XIV. Le fils de celui-ci la céda au roi Louis XV. Ce petit pays avait un parlement particulier établi à Trévoux , et se regardait comme indépendant de l'administration générale du royaume. Il était limité à l'ouest par la Saône, au sud par le Rhône, au nord par la Bresse et au levant par le Bugey; sa superficie était de 144.820 hectares.

En 1789, la Bresse, le Bugey et le pays de Gex faisaient partie du gouvernement militaire de la Bourgogne et de la généralité de Dijon; ils ressortissaient au parlement de Dijon. La Bresse était du diocèse de Lyon, le Bugey du diocèse de Belley, le pays de Gex du diocèse d'Annecy.

S Orographie, hydrographie, constitution céologique. — L'orographie du département de l'Ain appartient entièrement au Jura; et, pour ne pas scinder la des-

cription de ces montagnes, nous la donnerons dans la Franche-Comté. Il nous suffit de dire présentement que les chaînons ou contre-forts du Jura qui couvrent le département de l'Ain descendent vers l'ouest par étages, dont le plus occidental s'appelle Reveremont, traçant ainsi par leurs plissements les vallées de la Bienne, de la Seille. du Seran, du Furan, de l'Albarine, etc. Au delà de Ceyzcriat se dessine un plateau connu sous le nom de Bresse marécageuse , et dont les petits coteaux peu élevés et très-rapprochés suivent une ligne presque perpendiculaire au Jura et portent vers la Saône les eaux de la Reyssouse, de la Vcyle et de la Chalaronne. Le sol de ce plateau , composé d'une argile compacte et imperméable, rend difficile l'infiltration des eaux, qui, faute de pente suffisante, forment de nombreux marais.

Le département de l'Ain est compris dans le bassin du Rhône , et se trouve borné au sud par le fleuve et à l'ouest par la Saône.

Le Rhône entre en France à Pougny, et sert d'abord de limite entre le déparlement de l'Ain et la Savoie pendant 60 kilomètres ; il arrose ainsi sur sa rive droite Fort l'Écluse , Seyssel, Pierre-Chàtel. Après le confluent du Guicrs, il sépare les départements de l'Ain et de l'Isère, sans arroser aucun point remarquable , et quitte le premier de ces départements 3 kilomètres en amont de Lyon. Dans la première partie de son cours, c'est un torrent impétueux, qui roule entre des rochers si rapprochés de son cours, qu'en un certain point, entre les monts Credo et Vouache, il disparaissait autrefois pendant une soixantaine de mètres. On a fait sauter ce barrage, mais le fleuve reste tortueux, rapide, tourmenté; il ne commence à être navigable qu'à Seyssel.

Le Rhône reçoit h droite, dans le département de l'Ain :

1° La Valserine, torrent qui traverse une vallée enfermée entre deux murailles du Jura et qui arrose Chàtillon-de-Michaille; 2° Le Séran, torrent qui a dans son bassin Belley ;

3° L'Ain, qui descend du Jura, entre dans la Bresse près du confluent de la Bienne; il arrose Pont-d'Ain, et finit après un cours de 170 kilomètres, dont la moitié est navigable pendant les grosses eaux et seulement à la descente. Ses affluents sont : la Bienne, YAlbarine et le Suran, torrents non navigables.

La Saône sert de limite entre le déparlement de l'Ain , à l'est, et ceux de Saône-ct- Loire et du Rhône, à l'ouest, depuis le confluent de la Seille jusqu'à Neuville. Dans tout ce parcours elle n'arrose pas sur sa rive gauche d'autre lieu remarquable que Trévoux. Son cours est d'une lenteur et d'une indolence extrêmes, sa navigation facile, ses rives plates et fertiles. Elle reçoit : 1° la Reyssouse, qui passe à Bourg et a 55 kilomètres de cours; 2» la Veyle, qui passe à Pont-dc-Veyle ; 3° la Chalaronne, qui finit près de Toissey , après 28 kilomètres de cours.

Le département de l'Ain , considéré au point de vue géologique, n'est que le prolongement méridional de la Bourgogne orientale et de la Franche-Comté, et se compose presque exclusivement d'alluvions anciennes et de terrains jurassiques. Sa paitie occidentale, ou l'ancienne Bresse, est constituée de terrains tertiaires supérieurs (a)Iuvions anciennes), qui, au sud de la Seille et sur la rive gauche de la Saône, font suite à ceux de Saône-et-Loire , et ont pour limite à l'est et au sud une ligne marquée par Saint-Amour, Coligny, Ceyzcriat, Pont-d'Ain, et, depuis cette ville, la roule de Lyon, par Loyes, Meximieux, Montlucl et Saint-Romain sur le Rhône. Au sud-est de cotte

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