‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 2)Chapitre 153 sur 215 · LANDES · texte numérisé non relu

LANDES

Le département des Landes appartient à la région sud-ouest et maritime de la France. Il a pour limites, au nord, le département de la Gironde ; au nord-est, celui ue Lot-et-Garonne ; à l’est, celui du Gers; au sud, celui des Basses-Pyrénées; tandis qu’à l’ouest, il est baigné par l'Océan Atlantique.

Toute la partie du département qui est située sur la rive gauche de l’Adour et de la Doure, prise conjointement, c'est-à-dire toute l’ancienne Chalosse, a le sol léger, mais assez fertile et très bien arrosé; il produit des vins, des fruits excellents, du seigle, du froment, du maïs, du lin, du chanvre, etc. Il y a d'excellents pâturages où l’ou nourrit une assez grande quantité de bétail, La contrée à la droite des deux rivières que nous avons nommées, offre, au contraire, le triste spectacle de la stérilité, Elle constilue ce qu'on appelle les Landes d'où le département a pris son nom, Voici en quels termes les décrit le baron d'Haussez, ancien préfet du département, e Un sol uni couvert d’un tapis de bruyères, du milieu desquelles se détachent quelques massifs de pins, se déroule sans cesse à la vue, Çà et là, et toujours à d'immenses distances, des batiments d'une architecture sauvage sont disposés pour servir de refuge aux bcstiaux, et l’on voit à l'horizon quel-

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ques pâtres montés sur de hautes échasses. Quelqnefois une caravane, composée de plusieurs chars traînés par des bœufs qu'enveloppe une

règne dans le costume des conducteurs, aux peaux de mouton qui les couvrent, à leur air, à leurs manières âpres, on se croit transporté au wilieu d’un peuple étranger à la civilisation. Mais quelle est la surprise du voyageur, lorsque, à travers les troncs dégarnis des pins, il aperçoit un de ces lacs magnifiques qui séparent la contrée des landes de celle des dunes. Il approche, et sa vue se repose sur une vaste nappe d'eau découpée au milieu des pignadas, ct dont les bords sont ornés de villages. D'immenses prairies couvertes de bestiaux, des marais dont !es roseaux servent de refuge à des buffles, et des landes plus sèches où des troupeaux de chevaux sauvages déploient leur vitesse, embellissent ce riant paysage, qu'animent les fréles nacelles des pêcheurs, Peut-être oublierait-on que l’on parcourt les landes, si un des côtés du cadre de ce tableau n’était formé par les dunes qui s'étendent le loug de la ner sur une largeur de deux lieues, et dont la hauteur varie de 100 à 150 pieds, avec une pente de 20 degrés du côté de la mer, et uu talus de 50 du côté opposé. Tantôt jes dunes sont disposées en chaînes régulières, tantôt elles présentent des surfaces unies ; quelquelois elles sont isolées et séparées par des vallous qu’on appelle têtes. Leur forme varie continuellement ; elles s'élèvent, s’abaissent, s’eloignent, se rapprochent

à l'est, et leur font parcourir chaque année un espace d'environ vingt mêires. Un ouragan met en mouvement celte masse énarme de sable, àlaqrelle rien ne résiste. Elle avance, et bientôt on ne reconnait plus la place qu'occupaient les habitations et les terrains cultivés, qu'aux branches de quelques pins jadis plantés devant la porte des maisons, et dont la cime perce encore la surface du sol. C’est ainsi qu'à Mimizau, l'église menacée par une dune de 120 picds d'élévation, allait dispariître, comine l’a fait uue portion considérable du village, lorsque l'ensemencement en pins de cette montagne l’a fixée à environ G pieds de l'edifice, Tout est triste, tout est mort dans cette malheureuse cuntrée. La marche, très pénible par la mobilité du sol, est rendue plus accablaute encore pur un silence absolu. Aucun chemin n’est tracé, et des fon

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bile blunche, traverse lentement ces vastes plaines, Au désordre qui

suivant le caprice des veuts qui les poussent dans la direction de l'ouest.

à l’imprudent aui oserait parcourir sans guide ces afMeuses solitudes, » — Tout le littoral des Landes présente une série de vastes lignnes où étangs. Les principaux sont ceux de Cazau, de Biscarosse, de Parentis, de Mimizan ou d’Aureilhan, de Saint-Julien, de Léon, de Soustons, de Tosse et d’Orx. Il serait facile de les dessécher, à cause de l'élévation de leur fond au-dessus de l'Océan, mais toutefois après avoir fixé les du. nes par des semis de pins.

L'industrie est comme dans l'enfance dans le département. Il possèue cependant une douzaine d'établissement mélallurgiques où l'on traite le minerai de fer exploité dans le pays. Il y a en outre quelques tanneries, distilleries, moulins à huile et poteries. Les habitants des landes fabriquent des toiles à voile avec le chanvre qu’ils récoltent, et tirent aussi un produit important du goudron de leurs pignadas ou plautations de pins.

Superficie totale, 9321,31 kilom. carrés. Popal. totale, 302,196 bab.— Populat. par kilom. carré, 32,42 hab — Trois arrondissements:

MONT-DE-MARSAN, 19 cantons, 116 communes, 102,761; Dax, 8 cantons, 108 counmunes, 110,780 habitants, SAINT-SÉVER, 8 cantons, 108 communes, 88,655 habitants.

Villes et bourgs principaux :

MONT-DE-MARSAN, 4,463 hab., 690 k.

de Paris ; Arjuzanx, 6.0 hab., 3 kil. de Montde-Marsan, Gabarrat, 886 hab, 46 kil; Grenade, 1,500 hab., 15 kil.; Labrit, 1,100 bab., °4kil.; Mimizan, S5% hab., S3 kilom,s Parentis-en-Born, 1,740 hab., 80 kil ; Pissos, 2,262 hau., 54 kil. ; foquefort-sur- Douze, 1.721 hab., 21k ; Sabres, 2,324 habit , 34 kil ; Sore, 1,740 hah., 50 kil; Fil leneuve-de-Marsan, 1,560 hab., 16 kil. — Dax, 5,009 hab., 740 kil. de Paris, 56 de Mout-de-Marsan; Saint-Paul-les-Dax, 3,022

bab , 11? kit. de Dax; Castets, 1,782 hab.

2% kil.; Monttort, 1,644 hab. 18 kil.; Pey.

rehorade, 2,734 hab., 22 kil.; Pouillon, 4,368 hab, 15 kil, Hubas, 5,803 hab., 92 kil; Saint-Esprit, 6,819 hab , 27 kil.; Saint. Martin-de-Seignaux. 2,592 hab, 27 kil; Saint-Vincent-de-Tyrosse, 900 hab , 24 kil.

Cap-Bretun , 92à hab, 32 kil. ; Soustons, 3,123 h., 27 k.; Mageseq, 1,600 h., à kil.:

Saint-Geours-de-Marenme, 1,700 bab., 16 k.; Vieux-Boueaut, 2735 hab., 32 kil, -— Sarre SÉVER, 4,169 hab., 50% kil. de Paris et 16 de Mont-de-Marsan; Aire-sur l'Adour, 4,517 hab, 40 ki. de Saini-Séver; Amou, 9,197 hab., 8 kil; Castelnau-Chalosse, 1,509 hab, 81 kil : Pomarez, 2,04 ‘hab ,31ki.; Geaune, 865 hab., 6 kil; Hagetmau, &,119 hab, 11kil., Mugron, 7,158 hab , 17 kil; Tara, 3,023 hab., 20 kilomètres.

Mont-de-Marsan a été fondée en 1140 par Pierre Labaner, vicomte de

Marsan, dont elle a pris ie nom. Elle est située au confluent du Midou

et de la Douze qui, après leur réunion, portent le nom de Midouze. C’est

une petite ville, régulière, bieu bôtie et ornée de plusieurs beaux édi-

fices. On cite la préfecture, le palais de justice, l’hospice et la caserg:, Elle possède une bibliothèque de 3,000 volumes, une société d'agri- Culture, sciences et arts, et une péjinicre départementale. Le village CS Labrit, près du Lestrigon, aflucnt de là Midouze, occupe l’emplace-

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ment de l’ancienne ville d’Albret, capitale du duché de ce nom. Les bourgs de Mimizan et de Sabres, situés, le premicr dans les dunes, le second au milieu des landes, ont chacun une église remarquable. Celle de Sabres passe pour avoir été construite par les Templiers.

Dax, sur la rive gauche de l’Adcur, est une petite ville encore entourée de vieilles murailles flanquées de tours. On y remarque l’ancien palais épiscopal, où sont aujourd’hui la mairie et la sous-préfecture, l'ancienne cathédrale, et un beau pont sur l’Adour. Elle a des sources salines thermales fort abondantes, et un bel établissement de bains. C'est à ses sources qu’elle doit son nom; les Romains en effet l’appe-

M hient Aque Turbellicæ. Cette petite ville est la patrie du célèbre physi-

cien Borda. L'admirable saint Vincent-de-Paule esi né dans un petit vil-

® hge des environs.

Saint-Esprit, sur la rive droite de l’Adour, n’est en réalité qu'un faubourg de Bayonne, avec laquelle elle communique par un pent de bois.

D La majeure partie de sa population se compose de Juifs qui s’y sont

fxés lors de leur expulsion de l'Espagne. Cap-Breton, à un kilomètre environ de l'Océan, était jadis une ville maritime importante, lorsqu'elle était baignée par l’Adour.

Saint-Sever, sur la rive gauche de l’Adour, date du xe siècle. C’est upe petite ville assez bien bâtie ; ses principaux édiñces sont l’église paroissiale, le palais de justice et l'hôpital. Aire-sur-l'Adour doit son im portance au siége épiscopal qu’elle possède. Tartas, sur la Midouze, doit son nom aux Tarusates, peuplade gauloise qui occupait cette coutrée. Elle n’est pas mal bâtie et possède de jolies promenades.

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