‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 215 · D SE · texte numérisé non relu

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L’accroissement de la population est, chez nous, d’une lenteur extrême. En revanche, la vie moyenne s’accroît d’une façon très-sensi-

ble. « De 4817 à 1850, dit M. Mathieu, dans l’Annuaire du Bureau des Lon-,

gitudes, l'augmentation moyenne anruelle est de 156, 210, ou de la 211e partie de la population moyenne, 32,972,000. Si cet accroissement total d’un 244° se maintenait le même, la population augmenterait d’un dixième en 20 ans, de deux dixièmes en 39 ans, de trois dixièmes en 55 ans, de quatre dixièmes en 71 ans, de moitié en 86 ans, et il faudrait 447 ans pour qu'elle devint double de ce qu’elle est maintenant. » On compte une naissance sur 34 habitants et pour 0,84 décès ou 400 naissances pour 84 décès. On compte un décès pour 40 habitants et pour 4,19 naissances, ou 100 décès pour 419 naissances. On compte un mariage pour 198 habitants et pour 3,47 naissances légitimes, ou 100 mariages pour 347 naissances légitimes.

» Dans l'intervalle de 1847 à 1850 le rapport de la population aux naissances va toujours en augmentant, car on trouve : RAPPORT.

Pour les huit premières années (1817 à 1824). . . . .. 91,8 Pour les trente-quatre années, moyenne. . ....... 34,0 Pour les huit dernières années, (1843 à 4850). . . .. . 36,4 » C’est par ces nombres qu’il faudrait multiplier les naissances annuelles correspondantes pour reproduire la population de la France. Mais dans une population considérée comme à peu près stationnaire, la population est égale aux naissances annuelles multipliées par la durée de la vie moyenne ; les nombres 31,8; 34,0 et 36,4 représentent donc aussi d’une manière rapprochée la durée de la vie moyenne à chaque époque. Ainsi, la vie moyenne était de 31,8 ans vers 1817, de 34 années dix-sept ans plus tard, maintenant elle est de 36,4 ans. La table de mortalité de Duvillard ne donne que 28 ans trois quarts pour la durée de la vie moyenne avant la révolution. Voilà donc une augmentation d'environ sept ans et demi qui doit provenir de l'introduction de la ! vaccine, de l'amélioration du régime hygiénique et de l’aisance qui s’est répandue jusque dans les classes les moins fortunées. » Peu de pays ont été exposés à autant d'invasions que le territoire de la France, triste privilége qu’elle doit à la douceur de son climat et à son admirable fécondité.

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La Gaule ancienne a vu d’abord se fonder sur les côtes de la Méditerranée des colonies phéniciennes et grecques qui créèrent même des villes à une certaine distance dans l’intérieur. Puis vint la conquête romaine. Ensuite lorsque l’emnire fut sur son déclin et impuissant à défendre ses provinces, la Gaule devint la proie d’une nuée de barbares, d’origine germanique pour la plupart. Nous nommerons parmi les en= vahisseurs les Burgondes ou Bourguignons, les Francs, les Wisigoths, les Saxons, les Normands, les Vandales, les Hérules, les Lombards, les Huns, et les Hongrois, ces deux derniers peuples vraisemblablement d'origine tartare. Enfin, du côté du Midi, des ennemis nouveaux, les Sarrasins, vinrent encore ravager les provinces méridionales de la Gaule, Il n'entre pas dans notre cadre de décrire ces invasions ni de faire l'histoire des établissements de ces divers peuples. Tout le monde sait quel rôle les Francs ont joué dans l’histoire de la Gaule, à laquelle ils imposèrent leur nom.

Malgré toutes ces invasions, malgré les croisements successifs qui ont été le résultat de cette fusion de tant de peuples divers, le fond de la population de l’ancienne Gaule, c’est-à-dire de la population qui ex'stait à l’époque de la conquête romaine, est resté le même.

Cette population primitive avait reçu des Romains le nom de Galls ou Gaulois, mais elle se donnait à elle-même le nom de Celtes. Les historiens modernes la distinguent en Celtes de la première invasion qui occupaient déjà le pays au xvr° siècle avant notre ère et en Celtes de la seconde invasion qui n’y arrivèrent que vers le vue siècle avant Jésus-Christ. Ces derniers, appelés Kimris, étaient de la même race que les Celtes de la première invasion. Comme eux, ils étaient originaires de la région comprise entre les bouches du Danube et les Palus-Méotides. Cependant les Kimris traitèrent les Galls en ennemis et s’emparèrent d’une partie du territoire de ceux-ci. Ils occupèrent principalement la Gaule septentrionale et la contrée appelée, dans leur langue et dans celle des Galls, Armorique. Les Celtes primitifs se maintinrent dans le pays qui s’étend au midi de la Loire, ainsi que dans ceux qui sont protégés par la chaîne cévéno-vosgienne et ses ramifications à l’ouest, les Kimris n'ayant pu franchir ces barrières naturelles.

Lors de la conquête, les Romains trouvèrent encore, au milieu des tribus de race celtique, deux peuplades d’origine étrangère, les Aquie

tains et les Ligures, issus des Ibères. Les Aquitains occupaient le pays renfermé entre les Pyrénées, la Garonne et l'Océan. Les Ligures habi

taient les contrées qui formaient naguère les prvinces du Roussillon,

du Languedoc, de la Provence et du bas Dauphinc. Ils étaient venus du

fond de l’Espagne. Chassés de leur pays par une invasion des Celtes, ils

avaient à leur tour conquis une partie du territoire de ces derniers.

Les Romains avaient remarqué le contraste complet que présentaient les Celtes et les nations d’origine ibérienne, soit sous le rapport physique, soit sous le rapport moral. Les Celtes ou Galls étaient de haute stature, avaient le teint blanc, les cheveux blonds, les yeux bleus. Ils étaient d'une bravoure incroyable et poussaient le mépris de la mort jusqu’à l& folie; maisils se décourageaient aisément et ne savaient supporter ni les fatigues ni les privations. Les Aquitains et les Ligures, au contraire, étaient en généri! petits; leur teint était brun, leurs yeux noirs. La ténacité était le trait distinctif de leur caractère. Ils ne redoutaient pas la mort; mais de plus ils supportaient merveilleusement la faim et la fatigue.

La race celtique, avons-nous ait. constitue aujourd’hui même le fond de la population française. Au point de vue physique. ile a sans doute été notablement modifiée par les croisements succe- .. : ec les races étrangères ; mais, au point de vue moral, les modii:.uuns paraissent moins sensibles. Les traits sous lesquels les historiens grecs et romains peignent le caractère gaulois s'appliquent encore fort bien au caractère français, en tenant compte toutefois de l'influence que le christianisme, l'industrie et la civilisation la plus raffinée ont dû nécessairement exere

cer sur les qualités originelles de la nation.

La langue parlée par les Celtes se divisait en deux branches bien distinctes: La branche gaëlique, est actuellement complétement éteinte en France; mais il en subsiste encore trois dialectes au delà de la Manche; l’erse, parlé dans les Highlands de l'Ecosse ; l’irish, usité en Irlande, et le manks dans l’île de Man. La branche kimrique comprend le welsh ou gallois, qui est parlé dans le pays de Galles, le cornish ou cornique propre au comté de Cornouailles, en Angleterre, mais éteint à cette heure, enfin l'armoricain ou Bas breton ou breyzad, encore parlé en France, dans la basse Bretagne. L’armoricain se divise même en plusieurs sous-

dialectes ; le trécorien, qui est parlé dans l’ancien diocèse de Tréguier,

. , relatives

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