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4. 4 celle-ci, la proie des grands empires qui se sont partagé le monde. Les la céréc “il té armes victorieuses de Cambyse furent arrêtées par ses déserts et la bra- très-rec LA «44 voure de ses habitants. Les Romains y firent tout au plus quelques in- moutot
cursions, soit en représailles des incursions nubiennes, soit pour exi- nombre
pi ger quelque faible tribut des peuplades qui vivaient immédiatement au quant à WE El sud d’Eléphantine, où Rome entretenait une légion chargée de garder pe son [a | Là la frontière. Les Sarrasins et les Turcs ne firent pas davantage. L'E- nulle d
gypte était déjà depuis plusieurs siècles entre leurs mains, et la Nubie Bi ce restait toujours chrétienne. Aujourd’hui toutefois, le christianisme, | " de par suite de circonstances qu'il serait trop long d’exposer, a disparu A de la Nubie pour faire place au mahométisme. Cet état d'indépendance il v'a été, du reste, un avantage pour la Nubie que parce qu’elle n’avait :: pas à se mettre autour d’elle en contact avec des nations plus civilisées. b: Livrée à elle-même et partagée entre une multitude d'États insignifiants, M elle a perdu à la fois ses arts et son ancienne prospérité ; sa population 1 a été désolée, tantôt par une anarchie sans fin, tantôt par la tyrannie 4 MR brutale de petits despotes cruels et avides. La conquête de la Nubie par Méhémet-Ali n’a été qu’une œuvre éphémère et sans utilité. Le pays a été
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\R Ft ravagé par l’armée égyptienne; mais celle-ci ne portait avec elle aucun L vs germe fécond de civilisation en compensation des maux de l'invasion. mue Nr. Il est à peine possible de tronver, dans toute la Nubie, trace d'un ‘| © FE “ gouvernement régulier. Chaque ville ou chaque grand village, avec le men | territoire qui l'entoure, a son mek ou melek qui y exerce un pouvoir? "#00 dunt l'étendue est très-variable. Suivant les circonstances, tantôt il 4 Pate jouit d’une autorité presque absolue, tantôt, au contraire, son autorité l'EgYP est nulle. Tous les habitants sont armés d'un couteau à lame courte, | Pr dont il sont toujours prêts à se servir. Aussi les actes de violence sont À tout 5 E : ils extrêmement fréquents. | 5,000 i de L'étendue des terres cultivées est fort peu de chose, comparée âla 2? °°° R surface du pays Les seuls terrains fertiles sont situés sur les bords du ! ‘© 4 Nil, et c’est aux eaux du fleuve qu’ils doivent leur fécondité. Pour les | 2 dol De arroser, on est presque partout obligé d'établir des sakkiés ou roues à d'alim L 4 irrigation , qui servent à élever l’eau jusqu’au niveau du sol qu’il s'a- | “0388 UE git d’arroser. Sur un espace de trente lieues, situé entre la premièreet |! pee 6 1 x la deuxième cataracte, on compte 600 à 700 de ces sakkiés. Le dourra, .
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AFRIQUE : NUBIE, 59 la céréale la plus répandue en Nubie; le tabac, qui forme un objet très-recherché, est cultivé avec succès. On nourrit des troupeaux de moutons dans les endroits impropres à la culture ; mais ils ne sont pas nombreux. Dans les villes de commerce, il y a beaucoup de chameaux : quant aux chevaux, on n’en rencontre guère que chez les chefs, et ils ne sont employés que pour les expéditions militaires. L'industrie est nulle dans toute la Nubie ; les femmes fabriquent seulement quelques grossières étoffes de laine ou dé coton; on fait encore des nattes de palmier et de grossiers ustensiles de cuisine.
Le commerce est plus développé que l’industrie manufacturière. Comme la Nubie offre la seule ligne praticable à travers le désert, c’est par elle que l’Arabie et l'Egypte d’une part, et de l’autre les régions de l'Afrique centrale, sont mises en communication. Les premières envoient des tissus de coton, des armes, des objets de quincaillerie et une foule de menus articles ; l'Afrique centrale donne en échange de l’or, de li voire et surtout des esclaves. Les marchands arabes achètent ces derniers dans le Darfour et le Kordofan, où on se les procure par la guerre ou par la chasse; car les sauvages habitants de ces pays sont, dans ce but, en hostilité perpétuelle avec les peuplades voisines plus sauvages encore. On voit que le commerce de la Nubic est presque uniquement un commerce de transit. Quoique les chefs de Dongola, de Méraoui, de Sennaar, possèdent un grand nombre d'esclaves, la majeure partie de ceux qu’on ainèue de l’intérieur de l'Afrique sont dirigés sur l'Egypte à travers le désert, ou sur l'Arabie par le port de Souakim. Les principaux siéges de commerce des esclavessont Mahass, Dongola, etsurtout Shendy, où, selon Burckhardt, on expose annuellement en vente 5,000 de ces malheureux. Les esclaves de 14à 15 ans sont les plus estimés, et se vendent de 15 à 16 dollars. Au-dessus de cet âge , on les regarde comme trop difliciles à dompter, et on en tire rarement plus de 8 ou 10 dollars. Les marchands d’esclaves ne leur donnent que la quantité d'aliments nécessaires à l’entretien de la vie. Dans la première partie du voyage, tant que ces malheureuses victimes de la cupidité sont encore près de leur pays natal, elles sont, quoique étroitement surveillées, traitées avec douceur et indulgence; mais, aussitôt que le Nil est franchi, les marchands se montrent, pour le moindre défaut, d’une dureté et d’une rigueur sans égales, Quand un esclave est indocile: « Laissons-lui passer Je
Berber, dit le maître, et alors le fouet lui apprendra à obéir. » Les plus récalcitrants sont mis hors d'état de fuir au moyen de longues perches qu’on leur attache derrière le dos avec des cordes. Toutefois, le sort des esclaves, une fois vendus en Egvpte ou en Arabie, n’est plus le même: l'esclavage, en Orient, ne ressemble presque en rien à l'esclavage tel qu'il existait ou existe encsre dans les établissements européens.
La population de la vaste contrée comprise sous le nom de Nubie se compose de deux races principales. La première est celle des Nubiens proprement dits, que l’ou désigne par la dénomination de Berbere on Barabras, Ce sont les vrais aborigènes du pays, et ils appartiennent à la même race que les habitants des districts montagneux de la Barbarie, Les bords du fleuve au delà de Dongola et le royaume encore plus méridional du Sennaar sont habités par des Nègres. Cependant on trouve entre ces deux divisions le territoire de Berber, qui est occupé par un mélange de Nubiens et d’Arabes.
La race des Nubiens est forte, musculeuse, de haute stature et se distingue des Nègres par la beauté des formes. Elle a les traits du visage délicats et un peu plus petits que ceux des Egyptiens ; leur lèvre supérieure est nue, et il ne leur croît qu’un peu de barbe au menton. Leur couleur est d’un brun-rougeâtre foncé; leur peau est belle et délicate; c’est un usage général chez eux de se graisser la peau avec du baume, afin de la rendre plus saine et plus douce. Les femmes sont généralement bien, et un grand nombre d’entre elles sont, au jugement de Burckhardt, d’une rare beauté. C'est sur elles que repose tout le fardeau du travail des champs. Les Nubiens achètent ordinairement leurs femmes à leurs parents : le prix d’une femme, chez les Kenous est de 142 mabouly ou 36 piastres. Elles sont, généralement encore, chastes, laborieuses et livrées aux soins de la vie domestique. Les vêtements des Nubiens se composent, au nord de Derri, d’une chemise de lin ou de coton bleu : au sud de Derri, à Sukkot et Mahass, les deux sexes vont presque entièrement nus et ont à pcine une ccinture autour du corps. Les hommes portent les partie génitales dans un petit sac, absolument comme le Priape égyptien représenté daus les scupltures des temples. lls sont parés, d’ailleurs, de bracelets et de boucles d’oreilles; leur che velure, très-épaisse mais non laineuse, est enduite de graisse; ils ne vont presque jamais sans armes : chacun porte au moins un couteau attache
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