AFRIQUE : NUBIE
au bras, sous la chemise, de façon à pouvoir le tirer à chaque instant.
Leurs lances sont terminées par des pointes en fer ; elles ont cinq pieds
: de longueur ; leur bouclier est fait en peau d’hippopotame et leurs sa- : bres sont ordinairement de fabrique allemande. Ils se nourrissent prin= | cipalement de dattes et de daurrah; la viande est un aliment trés-rare,
: même pour les chefs; ure bière nourrissante fuite de dourrah et appelée | bouza, de l'eau-de-vie de dattes, sont leur boisson principale; la plu-
il | part des habitants en usent immodérément, et cette liqueur les jette | dans l'ivresse. Les Nubiens construisent maintenant leurs habitations en | terre ou avec des pierres tendres; ils les divisent en deux parties sé- À parces, l’une pour le mari, l’autre pour la femme. Les habitants plus À aisés ont ordinairement des maisons très-commodeset bien bâties.
Les Nubiens se distinguent encore par un grand nombre de qualités.
) Is sont probes, nullement enclins au vol, comme tousleurs voisins et surtout les Nègres. Burchkardt ne perdit pas un seul objet tout le temps : qu'il séjourna parmi eux. Ils sont très-hospitaliers, excepté les Kenous et les habitants de Sukkot. Le commerce n’a pour eux aucun attrait ; À seulement, les pauvres émigrent annuellement en Egypte, afin d'y raù masser un pelit pécule, Ils y remplissent de préférence les emplois de ; portiers, de portefaix et autres de ce genre, à cause de leur fidélité ree | connue. Burckhardt les croit audacieux, braves, entreprenants, et il À | pense que, S ’ils vivaient sous une autre constitution , ils deviendraient
| bientot pour les Égyptiens de redoutables voisins. SECT. 2°. — Description topographique,
Nous ne possédons pas de données assez exactes ni assez précises sur
: les divisions de la Nubie, pour décrire cette contrée d’une façon méà thodique. En conséquence, nous partirons de la frontière d'Égypte, et, | remontant le cours du Nil, uous jellerons un rapide coup d’œil sur les | régions que nous traverserons.
L'élroite vallée qu’arrose le Nil avant d’entrer en Égypte nous présente une scène dont les traits sont frappants, mais uniformes et monotones. Le fleuve coule entre des rochers qui bordent son lit en ne laissant entre eux et ses eaux que quelques parcelles de terrain propre à la culture. Les habitants que lon y rencontre sont pauvres et sauva»
c2 CHAPITRE QUATRIÈME.
ges. Cependant, ici comme en Égypte, des monuments curieux par leur antiquité et leur grandeur s'élèvent de distance en distance sur les rives du Nil ; seulement ces monuments, au lieu d’être construits en magonperie, sont pour la plupart taillés dans le roc. Nous passerons sains nons arrêter devant le p'tit temple que l'on aperçoit au village de Dehout, ainsi que devant les singulières enceintes ruinées que présentent celui d'El-Umbaralkat et celüi de Sardeh. Mais Kalabschi nous offre le premier grand temple que l’a:: rencontre sur le territoire nubien. Le propylon à 190 picds de longue ct 50 de hauteur. Le portique manque entièrement ; il paraît avc r ce détruit, car les autres parties de l'édifice sont en bon état de conservation. Il y a quelques années, on trouva dans ces ruines une lampe d’or, œuvre d'artistes grecs. À 400 mètres de distance, on remarque un petit temple et les restes d’une ville considérable. Ces débris ont environ 1,800 mètres de longueur : Burckhardt suppose que ce sont les ruines de l’antique Talmis.
Lorsqu'on a dépassé Garba-Dandour, village curieux par son petit temple et son écho, qui, suivant Champollion et Rosellini, répète distinctement jusqu’à onze fois la même syllabe, on arrive à Girsché ou Guerfeh-Iresan. On y voit un temple à moitié creusé dans le rocher; de. vant le temple est un portique élevé dont la façade est soutenue par 6 colonnes rondes, et les côtés par 8 piliers quadrangulaires taillés dans le roc. Un colosse de 48 pieds de hauteur, sculpté en grès et parfaitement conservé, se tient debout devant chaque pilier. Ces statues sont une œuvre de l'enfance de l'art ; on reconnaît simplement que le sculpteur à voulu représenter des homimes: le visage des personnages est la caricature de la figure du Nègre. À quatre licues plus au sud, on rencontre Dakki, situé daas une plaine qui paraît avoir été cultivée jadis, mais qui est aujourd’hui couverte de sable. On y admire un temple rcmarquable par son élégance et le nombre prodigieux de sculptures qui en retêlent l'intérieur et l’extérieur. A Offelina et Leboua, on observ: encore des édifices antiques, mais ils sont de petites dimensious, et aucun d'eux n'offre rien de bien intéressant. En continuant sa route au sud, le voyageur arrive à Dehr ou Derri, qui est la ville la plus importante de la basse Nubie, quoiqu'elle soit fort triste et peu considérable. Les maiscns, à l'exception de celles qui appartiennent aux chefs, sont conslruites en argile et en pierre, et n’ont que 8 à 40 pieds de hauteur.