‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 16 sur 75 · AFRIQUE : NUBIE · texte numérisé non relu

AFRIQUE : NUBIE

On y voit un temple creusé dans les rochers, et divisé. comme les autres, en Pronaos, Selkos, Cella et Adyton, Derri est à 55 lieues a peu près au sud de Syène.

À quelques milles au-dessus, on trouve fbrim, misérable village bâti dans une situation pittoresque sur un rocher presque perpendiculaire qui domine le Nil. Les plantations de dattiers forment la richesse de ce district. Ibrim paraît être la Premis de Pétrone, dans Strabon. La contrée au sud d'Ibrim n’offre aucun intérêt au voyageur. Sur la rive orientale du Nil, on voit quelques misérables villages avec des plantations de dattiers ; la rive occidentale, au contraire, n’est qu’un désert de sable totalement stérile.

C’est à 48 lieues au sud de Dehr, à Ipsamboul , que l’on admire les plus beaux monuments de toute la Nubie. £n effet, ils rivalisent par leur grandeur et leur aspect imposant avec les merveilles de Thèbes et de Tentyra. On voit deux temples taillés dans un rocher qui s'élève à une hauteur perpendiculaire de 600 pieds au-dessus du niveau du fleuve. Le temple d’Athor, dédié par la femme du grand Sésostris, est le plus petit, il est décoré extérieurement d’une façade contre laquelle s'élèvent six colosses de 35 pieds chacun environ, taillés aussi dans le roc et d’une excellente sculpture ; ce temple est couvert de bas-reliefs dont plusieurs sont très-intéressants. Le grand temple est une autre construction de Sésostris; le travail qu’a dû exiger cette immense excavation effraie l’imagination. Le sable du désert, continuellement apporté par les vents, s’'accumule à l'entrée de ces magnifiques monuments et nécessite de nouveaux déblaiements chaque fois qu’on y veut pénétrer. La façade est décorée de quatre colosses assis, de 61 pieds de hauteur, et représentant Rhamsès le Grand ou Sésostris. La preinière salle de l’intérieur est soutenue par 8 piliers contre lesquels sont adossés autant de colosses de 30 pieds chacun, représentant Sésostris. Sur les parois de cette vaste salle règne une file de grands bas-reliefs historiques, relatifs aux conquêtes du Pharaon en Afrique. Celui qui retrace son char de triomphe, accompagné de groupes de prisonniers nubiens, nègres, etc.,

est une composition de toute beauté. Les autres salles, au nombre de 16, abondent en superbes bas-reliefs religieux, offrant des particularités fort curieuses. Les couleurs appliquées à ces sculptures semblent avoir constryé leur éclat primitif. Le temple est termiué par un sanc-

tuaire, au fond duqu:} sont assises quatre statues bien plus fortes que naiure et d’un tré--beau travail.

Avec Ipsamboul se terminent les anciens édifices appartenant à cette partie de la Nubie qui confine à l'Egypte. Au-dessus, à Ja distance d’une journée de navigation, on trouve Eschké, petit village qui est la résidence d’un cachef et ani estsitue dans une contrée plus bosée et plis fertile que tous les endroits que nous avons vus entre ce vilige et Sycne, Encore une jouruée de navigation, et nous atteignons Ouudi-Halfa, 01 est la seconde cataracte. lei, les Européens qui croient trouver une puis. sante chute d’eau, éprouvent un désappoinieinent cosnplet. Cette cataracle, comme la première, est formé par des suilliers de rochers, au milieu desquels le Nil se précipite en mugissant et en roulant en ture billons ses flots écumeux. Les roche:s qui obstruent le lit du tlcuve ne sont pas composés de granit, mais d’une espèce de ma&cure noir Parmi es rochers, l'œil aperçoit avec ravissement quelques petites îles couvertes de verdure et même habitées par un petit nombre d'individus.

Le territoire de Mahass ressemble à celui que nous venons de décrire; le car:ctère soupçonneux et violent du cachef obiigea le savant et intrépide Burckhärdt à terminer ici le cours de ses découvertes. Les rives du fleuve continuent de nous présenter çà et là des ruines majestueuses, parmi lesquelles celles du temple de Soleb se distinguent par leur beauté. Elles consistent simplement en une rangée de colonnes isolées ; mais ces colonnes sont remarquables par leur légereté et leur élégance.

Les territoires appelés Ouadi-el-Hadjar et Sukkot sont tristes et stériles. Les seuls terrains qui sont susceptibles de culture sont ceux qui bordent immédiatement le Nil. On n’y rencontre que de pauvres villages, dont les habitants, lorsqu'ils ne sont pas soumis au joug égyptien, sont sans cesse vexés et pillés par les petits enefs qui désolent la Nubie.

Semn chet à Amarah, subsistent encore les débris de deux temples égyptiens qui méritent d’être visités.

En quittant le Dar-el-Mahass, le voyageur entre sur le territoire ce Dongola. Le bord immédiat du Nil continue de présenter l'aspect d’une étroite bande de terre cultivée, qui doit aux eaux du fleuve d’échapper à la stériiité du sal qui l’environne ; mais cette bande, qui jusqu'ici se trouvait sur la rive orientale du Nil, est maintenant sur la rive occi-

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