‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 17 sur 75 · PLATS · texte numérisé non relu

PLATS

im 6

plus fortes

enant à cette stance d’une ji est [a résio'sée et plus ge et Syêne, di-Halfa, 0 Vi UC Pise t. Cette cata.

rochers, au lant eu ture lit du ilouve

närure ioir, lques petites etit nombre

s de décrire; ant et intré- Les rives du ajestueuses, leur beauté.

solées ; mais gance.

stes et stéri-

bit ceux qui pauvres vil-

ug égyptien, nt la Nubic.

ux temples

territoire ce aspect d’une > d'échapper jusqu'ici se à rive OCCI-

AFRIQUE : NURBIE, c5 dentale. Le pays de Dongoln, d’ailleurs, offre des parties beaucoup ; plus fertiles et plus agréables que tout le reste de la Nubie inférieure. | pe hauts rochers de granit entourent la verte vallée de Djardjar, dont la fraicheur et la fécondité forment un charmant contraste avec le désert au milieu duquel elle est située, Immédiatementau-dessus, on rencontre | un passage appelé la Bouche de l’eau, qui présente une scène de grandeur

! sauvage supérieure à celles que le voyageur a contemplées à la première ne à la seconde cataractes. Elle est formée par une succession d'énormes | masses de rochers détachés et de vastes fragments dispersés dans la ‘plaine. Au-dessous, l'œil s'arrête avec ravissement sur la grande Île \d'Argo, remarquable par sa fertilité, et qui forme au sein du désert un jardin naturel dont les exhalaisons parfument l'air, dont les palmiers Isont le rendez-vous d’une foule d’oiscaux et surtout de nombreuses ltourterelles. Un étroit monticule sépare cette oasis enchantée de la vaste

“étendue du désert, où règnent la stérilité et la mort. Cette île renferme

“quelques débris d'édifices antiques et, entre autres, deux statues coloslsales de 23 pieds de longueur, qui gisent sur le sol et qui sont remarfau ables par l’habilcté avec laquelle elles ont été travaillées.

À environ quatre lieues au-dessus d’Argo, s'élève le gros village de Aaragga, appelé aussi Nouveau Dongole. Ce dernier nom lui a été donné par les Mamelucks qui, pendant leur occupation temporaire du pays,

‘en firent leur capitale. fs transforment de ce village bâti en terre en une

sims.

LS

‘assez jolie ville ornée de rues larges et de places spacieuses; les terres

ui l'entourent sont les plus fertiles de tout le district. Le Vicux Dongola, quiparaît n’avoir jamais répondu à sa grande réputation, n’est

ujourd’hui qu’une masse de ruines au milieu desquelles vivent à Le 300 habitants. Le sable qui, déjà du temps de Poncet, à la fin qu xvire siècle, envabissait cette vilie, a continué ses envahissements et ‘a ensevelie presque tout entière.

Un peu au-dessus de Dongola, le Nil, que nous avons jusqu'ici re- D presque toujours en ligne droite à partir de l'Égypte, cesse de Coulcr du nord au sud. Pour continuer à le remonter, il nous faut diiscr de l'ouest au nord-est. En eflet, le fleuve, peu de temps après avoir recu le Tacazzé, forme un grand coude et coule, pendant un espace de +60 lieues environ, dans la direction du sud-ouest; puis il décrit une

nouvelle courbe, et reprend ensuite sa course au sud pour n’en plus LEL

—__. Jaaré #4 2

RÉEL SEE LR Rage PE

dévier désormais. Le Nil forme ainsi trois canaux à peu près parallèles, et donne naissance à deux espèces de presqu'’iles, qui renferment une plus grande quantité de terres cultivables et nourrissent une population plus nombreuse que tout autre partie dela Nubic inférieure. Les bords du canal moyen, c’est-à-dire les bords du fleuve pendant qu’il coule du nord au sud-ouest, sont occupés par les Scheygia, nation d’origine arabe, par qui se distingue parmi les peuples de la Nubie par sa bravoure et par so amour pour l'indépendance ainsi que pour le pillage. Ils possèdent de nombreux esclaves qu’ils emploient aux travaux de l’agriculture et aux divers métiers dont ils ont besoin ; quant à eux, ils se livrent exclusivement au métier des armes. Une bataille est pour eux un plaisir ; ils se précipitent en riant sur leurs ennemis et en leur adressant la salutation orientale : « La paix soit avec vous. » Les guerriers Scheygia sont aussi bons cavaliers que les Mamelucks; ils montent des étalons de Dougola, et combattent toujours à cheval avec la lance. Ils portent tous des cuirasses qu’ils achètent à Souakim et à Sennaar. Aucune peuplade de la Nubie n’opposa une aussi vigoureuse résistance à l’armée de Méhémet-Ali; cependant, ils furent obligés de céder à la supériorité des armes et de la tactique. Après leur défaite, ils mirent à mort tous leurs nécromanciens qui les avaient trompés en leur premettant la victoire. Il est vraisemblable qu’aujourd’hui les Scheygia ont reconquis leur sauvage indépendance.

Parmi les villes ou villages qui se trouvent sur le territoire de Scheygia, un seul mérite de nous arrêter, c’est celui de Meraoui, qui est peutêtre l’antique Meroë. La ville de Meraoui est située sur la rive droite du Nil; elle est grande et renferme, dit-on, 10,000 habitants; mais ses maisons sont construites en terre, et ses rues sont étroites et sombres. Ge qui rend surtout Meraoui intéressante pour le voyageur moderne, c’est que l’on trouve dans son voisinage quelques-uns des plus vastes monuments dont l'Ethiopie puisse se vantcr. Une éminence élevée ap-

pelée Djebel-el-Berkel ou Montagne Sainte, présente sept ou huit temples, l

en partie taillés dans le rocher, en partie bâtis le long de ses flancs. Le plus grand de ces édifices a 480 pieds de longueur sur 159 de largeur, et la salle principale de l’intérieur est un rectangle de 147 mètres sur 111, Les murs sont couverts d’hiéroglyphes et de sculptures religieuses, au milieu desquelles dominent les symboles de Jupiter Ammon. Mal-

4 bâtieset 4 esthabi À un grand { auquel se

heureus éternell ils se co

| gradés.

ne sont Bellal, d plus con La base

de haute est le ph une autr

“ cette der À renferm

En qu

À qui s'éte le fleuve.

{ étroite, € 1 portance.

À tement s 4 dont les | cun d'eu 4 étage, sé 4 caravane

rencontre Berbère, l'Orient.

avec l’Ég le titre dd et 500 es

Au sud petit Éta le Damer,

s parallèles, erment une > population e. Les bords lil coule du igine arabe, youreet par possèdent de 1lture et aux ent exclusin plaisir ; ils ant la salutacheygia sont s étalons de portent tous ane peuplade à l’armée de ipériorité des rt tous leurs at la victoire.

quis leur sau-

ire de Scieyqui est peulrive droite du ts; mais ses s et sombres.

eur moderne, es plus vastes ce élevée aphuit temples, ses flancs. Le de largeur, et ètres sur 411, ès religieuses,

\mmon. Mal-

AFRIQUE : NURIE. 67 heureusement, les matériaux de ces édifices sont loin d'offrir la solidité éternelle de ceux qui ont servi à construire les monuments de l'Égypte; ils se composent d’un calcaire friable, aussi le temps les a-t-il fort dé-

L gradés. Près de ces temples s'élèvent encore 47 pyramides; mais elles

ne sont pas remarquables par leurs dimensions. Celles que l’on voit à Bellal, de l’autre côté du fleuve, à 9 lieues de ses bords, sont beaucoup plus considérables, quoique bien inférieures aux pyramides de l'Égypte.

4 La base de la plus grande a 152 pieds de cAté, et elle a encore 103 pieds

de hauteur, bien que la partie supérieure en soit détruite. Mais ce qui est le plus curieux, c’est qu’à l’intérieur de cette pyramide, on aperçoit une autre pyramide don! l’âge et le style architectural sont différents ; cette dernière est beaucoup plus entière que celle dans laquelle elle est renfermée.

En quittant le territoire des Scheygia, on entre sur celui de Berber, qui s'étend sur la rive droite du Nil jusqu’au confluent du Tacazzé avec

4 le fleuve. IL consiste en une bande de terre très-fertile quoique très-

étroite, et sa position entre les déserts lui donne une très-grande im portance. Tout le pays à l’ouest du Nil, vis-à-vis le Berber, est complé-

4 tement stérile et inhabité. On compte dans le Berber quatre villages,

dont les principaux sont Ankheyre et Goz-el-Suuk ou Goz-le-Marché. Cha-

4 cun d'eux se compose d’une douzaine de groupes de huttes à un seul

étage, séjour de la débauche et de tous les vices. A l’approche d’une caravane , des filles de joie sortent de toutes ces huttes pour aller à sa rencontre. Les habitants de ce district, qui appartiennent à la race

erbère, se donnent le nom de Meyrefiab, et se prétendent venus de l'Orient. Ils sont cultivateurs, pasteurs et rammerçants; ils trafiquent avec l'Égypte, Schendy et Sennaar. Le chef du territoire de Berber prend le titre de Mek ou roi ; il peut mettre en campagne 1,000 hommes libres et 500 esclaves armés.

Au sud de l’Atbara ou Tacazzé et sur les bords du Nil se trouve un petit État fort curieux qui a été découvert par Burckhardt. On le nomme le Damer, et on n'y cite qu’une petite ville composée de 500 maisons bien

4 bâties et toutes situées très-régulièrement entre des allées d'arbres; elle 4 est habitée par une colonie arabe, les Medjaïddin. Le chef de Damer est | un grand pontife qui prend le titre de Faky-el-Kebir. Ce grand pontife,

auquel ses sujets accordent la toute-science, vit comme un ermite dans

L ' UE “A ll ‘4 \ | Loi || lun e! | L V

ly [l “ H +1 MY

4 NA cu A à À ] , 1 X * + J ":} &* È ÿ ;

un petit bâtiment carré situé au milieu de la place de Damer, où il est entouré des principaux fakys ou interprètes du Coran qui font grand bruit de leur sainteté. Burckhardt obtint accès auprès de lui et la permission de lui baiser la main. Le grand faky lui fit entre autres plusieurs questions sur ses études du Coran. Il existe dans la ville plusieurs écoles arabes qui attirent des jeunes gens du Darfour, du Sennaar, du Kordofou, de la Nubie et du Soudan. Ils y apprennent à lire, à écrire et à interpréter le Coran. Leurs études terminées, ces jeunes gens retournent dans leur pays, où leur savoir les mène rapidement à l'autorité et à la richesse. Les fakys possèdent une grande quantité de livres, de commentaires, d’excellents manuscrits qu'ils vont acheter au Caire. Au milieu de la ville est située la grande mosquée dont les porches servent à la fois de local pour les assemblées publiques et de lieu de repos pour les étrangers; tout autour sont une quantité de chambres destinées aux étudiants.

La contrée qui entoure la ville est très-bien cultivée; toutes les terres sont arrosées par une multitude de petits canaux qui y amènent l’eau du Nil. Les marchandises étrangères ne payant aucun impôt, les caravanes ne manquent pas de séjourner dans cette ville; les fakys sont euxmêmes commerçants. Ils gouvernent leur petit État avec une extrême sagesse ; partout leur autorité est respectée ; les Bischarys même ne se hasardent pas d'offenser un faky, dans la crainte qu'il ne prive leurs terres de pluie. Les hordes pillardes de Bédouins n’attaquent jamais une caravane conduite par un faky; elles se retirent devant lui après lui avoir baisé la main ; les caravanes du Schendy font halte à la frontière du Damer jusqu’à ce qu’un faky vienne à leur rencontre. Tel est le tableau que nous a tracé Burckhardt de cet État, dont la hiérarchie sacerdotale rappelle l’antique civilisation de Meroë et de l'oasis d’Ammon. L'expédition du pacha d'Egypte en Nubie a ravi pour un temps au Damer son indépendance; espérons qu’à cette heure il l’a recouvrée.

En remontant le cours du Nil, on arrive à Schendy, l’une des villes de la Nubie les plus importantes par leur commerce; mais les esclaves, ainsi que nous l’avons déjà vu, forment le principal objet des spéculations de ses habitants. Schendy a été complétement ravagée et dépeublée par l’armée égyptienne; cependant l'avantage de sa situation sur la route des caravanes Jui rendra sans doute sa prospérité. Cailliaud esti-

Page 1