‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 23 sur 75 · ANDRE AP · texte numérisé non relu

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times, une colonie d’Arabes, et probablement de cette tribu de Kousch dont le nom, dans les livres prophétiques des Hébreux, se trouve également appliqué à une partie de l’Arabie et de l’Éthiopie. Les peuples gallas parlent aussi une langue particulière. La littérature abyssinienne paraît se borner à des légendes de saints, pour la plupart traduites du cophte, et à quelques chroniques rédigées sur le modèle des chroniques juives. Les événements y sont rapportés mois par mois. Ce n’est guère que dans le clergé que l’on trouve des individus sachant lire ; les aspirants aux ordres sacrés subissent un examen pour cela; mais il paraît que l’on se montre peu exigeant.

Les maisons, en Abyssinie, ne sont que des cabanes rondes, couvertes d'un toit conique en chaume. Cette forme est rendue nécessaire par la violence des pluies. Les demeures des souverains et des grands sont plus commodes et plus spacieuses. Ma : c’est dans la construction de leurs églises que les architectes du pays déploient tout leur art. Celles-ci sont généralement ornées d’un portique avec des colonnes en bois de cèdre, et bâties sur le sommet de petites collines, ce qui leur donne un aspect assez pittoresque; toutefois. leurs toits sont également revêtus de chaume. Les Abyssiniens aiment beaucoup recouvrir les murs de leurs églises de peintures, ou plutôt de barbouillages : l'éclat des couleurs est surtout ce qui les ravit. Le costume des Abyssiniens est fort simple et ne manque pourtant pas d'élégance. Il se compose, pour les hommes adultes, d’un léger caleçon et d’une large tunique à manches, qui se serre avec une ceinture ; le tout en coton.On Jette quelquefois par-dessus un manteau fait avec une étoffe de coton blanche. Le turban est la coiffure habituelle. Quelques chefs portent sur le front, comme marque de dignité, un ornement er forme de corne; ce qui, avec leur longue barbe, leur donne un aspect fort sauvage. Les femmes ont des robes qui, tantôt leur couvrent le sein, et tantôt sont simplement attachées à la hauteur des hanches. Les enfants vont généralement nus jusqu’à l’âge de la puberté.

Si tels sont les peuples chrétiens de l’Abyssinie, rien ne doit nous étonner de la part des nations sauvages qui demeurent dans ce pays. En effet, la férocité et la malpropreté des Gallas dépasse toute idée. Ils ne mangent que de la viande crue; ils se barbouillent le visage du sang de l'animal tué, et suspendent les intestins autour de leur cou, ou les

e8 CHAPITRE CINQUIÈME.

tissent parmi leurs chevelures. Pour ajoutcr à leur beauté et à l’agréable parfum qu’ils exhalent, ils s’oignent le corps entier avec de la graisse fondue. Les Gallas sont de moyenne stature; ils ont les cheveux noirs, longs ou crépus, et la peau d’une couleur brune foncée ; ceux qui habitent dans les vallées sont plus noirs. Leur vêtement se compose d’une peau de chèvre ou d’un autre animai. Ces peuples adorent des arbres, la

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incursions de ces tribus nomades sont aussi subites que désastreuses. Tout périt sous leurs coups; ils massacrent l’enfant dans le ventre de la mére; les adolescents sont conduits en esclavage aprés avoir été privés de la virilité. Leur célérité dans les marches est prodigicuse ; ils passent à la nage les torrents les plus rapides. Une sorte de pâte, pétrie avec du café grillé et du beurre, est la seule provision qu’ils emportent avec eux ; ils supportent la faim et toutes les privations avec une patience qui étonne même les Abyssiniens. A leur arrivée, leurs hordes étaient toutes à pied; mais elles s’organisèrent, dans l’Abyssinie, en bandes de cavaliers; ils n'avaient pour toutes armes que des lances de bois dont la pointe était durcie au feu et empoisonnée avec le suc d’un arbre vénéneux. Ceux d’entre les Gallas qui vivent depuis longtemps en Abyssinie, ont en grande partie renoncé à leurs anciennes mœurs pour celles de leurs nouveaux sujets. Ils s’habillent et vivent comme ces derniers. Quelques tribus méridionales se sont même converties au mahométisme, ce qui est assurément un progrès considérable.

Les Gallas se divisent en plusieurs tribus comprises, selon quelques auteurs, en trois corps de nation. On connaît peu ceux du midi; on donne à ceux de l’ouest le nom de Bertouma-Gallas, et celui de Boren- Gallas à ceux de l’est. L'origine de ces peuples est enveloppée dans unc profonde obscurité. Les Abyssiniens considèrent les Gallas comme originaires de la côte orientale d’Afrique ; mais ils viennent vraisemblablement des contrées inconnues situées au centre de YAfrique méridionale. Leurs migrations à la recherche d’une contrée plus fertile que leur propre pays, remonte à plusieurs siècles. Déjà le jésuite Lobo les avait vus près de Mélinde ; mais il paraît que, depuis cette époque, les belles et riches vallées de l’Abyssinie ont atliré la masse presque entière de la population galla.

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AFRIQUE : AUYS2INIE, 8)

frontière nord-ouest de l’Abyssinie, les Schangallas occupent les contrées boisées, humides, pestilentielles , et peuplées d’animaux féroces, auxquelles les Abyssiniens donnent le nom de Æolla. C'est une race nègre à la couleur noir-foncé, aux cheveux laineux, au nez aplati et aux lèvres

épaisses, Elle se compose d’un grand nombre de tribus indépendantes les unes des autres. Les Schangalias se livrent exclusivement à la chasse

et à la pêche; car ils ne connaissent ni l’agriculture, ni l’art d'élever les bestiaux. Ils habitent dans les endroits les plus épais des forêts, sous l'ombre des arbres; ils suspendent des peaux de bêtes aux branches et forment ainsi des espèces de huttes, à l'abri desquelles ils vivent plusieurs ensemble. Ils en sortent pour chasser le gibier et éloigner de leurs habitations les animaux féroces. A l’approche de la saison des pluies, ils font leurs provisions d’hiver; et dès que le sol de la forêt s’est changé en boue noire et en marais, ils l’abandonnent et se retirent dans les montagnes désertes. Là , ils demeurent dans des cavernes qu'ils creusent dans les flancs escarpés des rochers, quand ils trouvent des

veines de grès ou de pierre tendre. Sitôt que les pluies ont cessé, ils

quittent leurs antres pour recommencer leurs chasses ; mais alors commence pour eux une vie de luttes et de dangers. Les Abyssiniens voisins de leur pays les poursuivent comme des bêtes fauves, et les chefs des provinces contiguës organisent chaque année des expéditions contre eux. Tout ce qui n’est pas emmené comme esclave dans ces expéditions est exterminé sans pitié, hommes, femmes et enfants. Souvent ces expé ditions sont très-sanglantes ; les malheureux Schangallas, quoique sans cavalerie et sans armes à feu, font une résistance désespérée. Parfois aussi, la fièvre fait périr les armées abyssiniennes dans les marais. Ces peuples, dort la fécondité paraît inépuisable, étaient déjà connus des anciens, qui les désignaient sous le nom de mangeurs de sauterelles, d’autruches, d’éléphants, de poissons, etc.

Nous aurions encore quelques autres peuplades moins connues à décrire; mais il nous semble préférable de les mentionner lorsque nous parcourrons le pays qu’elles habitent. Nous terminerons notre tableau général de l’Abyssinie par quelques mots sur une colonie juive qui l’'habite de temps immémorial, et qui est connue sous le nom de Falaschan ou Felaschas, c’est-à-dire les eœilés. Cette nation paraît avoir formé, pendant des siècles, un État plus ou moins indépendant dans la pro-

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