PRE OT LV A OT ATV
AFRIQUE : ÉGYPTE, 41 l'Angleterre a donné, depuis un certain nombre d’années, une activité vommerciale nouvelle à Suez; et cette ville gagnera encore aussitôt que sera exécuté le chemin de fer en projet qui doit relier ce port de la mer Rouge avec le Caire. Sa population ne dépasse pas 1,600 âmes.
Les déserts de l'Égypte orientale sont parcourus par quelques tribus Arabes qui s’en prétendent les souverains, mais qui, à cette heure, sont forcés de subir la police sévère du gouvernement égyptien. Ceux qui occupent la contrée depuis l’isthme jusqu’à la vallée de Kosstir reçoivent le nom d’Atounis où Antouris, nom qui paraît n’être qu'une corruption de celui de Saint-Antoine, donné à une partie de ces déserts. Les tribus dont on sait les vrais noms sont les Houatal, qui occupent l’isthme et les environs de Suez ; les Mahazé, qui se tiennent à la hauteur de Beni-Souef et du monastère de Saint-Antoine ; enfin les Beni-Ouassel, qui demeurent à la latitude de Monfalout et de Minych. Tous ces Arabes sont ennemis des Ababdeh, qui dominent sur tous les déserts depuis Kosséïir jusque bien avant dans la Nubie.
La région à l’ouest de l'Égypte proprement dite, c'est-à-dire de la vallée du Nil, ne présente au voyageur qu’une immense plaine san: fin,
couv." sables mouvants, et d’une stérilité effrayante. Néanmoins ceto :: ce sabies est çà et là parsemé d'îles cultivées, ou oasis, d'une
assez grande étendue. Strabon a donné une excellente définition du mot oasis : « On appelle ainsi, dans la langue des Egyptiens, des cantons habités, mais eavironnés extérieurement de grands déserts, et semblables à des îles de la mer. » Les Arabes les nomrñent Ouah, et un dictionpaire copte de la Bibliothèque nationale de Paris nous apprend que ce mot en copte signifie lieu habaté,.
La grande Oasis, appelée aussi Ousis de Thèbes, et connue par les Arabes sous le nom d’Ouah-el-Khardjeh, est la plus méridionale de toutes. Elle paraît formée d’un certain nombre de terrains fertiles et isolés qui s'étendent dans une ligne parallèle au Nil et aux montagnes qui bordent à l’ouest la vallée de l'Egypte. Ces îles de terre ferme sont séparées les unes des autres par des déserts de 12 à 14 heures de chemin, de manière que toute Pélendue de cette oasis parait bien être d'à peu près 34 lieues, dont la plus grande partie est un désert. Cette oasis renferme 5,000 habitants, et El-Khardjeh, qui en est le bourg principal, en compte 2,000. Où trouve pres d'El-Khardjeh les débris de 3 beaux temples et
48 HAPITRE TROISIÈME.
une nécropole; cette oasis contient aussi les ruines de plusieurs constructions romaines. Elle a dû être jadis beaucoup plus peuplée et plus fertile qu’eile ne l’est aujourd’hui, à en juger par les vestiges des noimbreux puits jaillissants que les anciens habitants y avaient {5rés jusqu’à
la profondeur de 150 mètres, et qui à cette heure sont hors d’usage. La grande oasis sert de lieu de rafraîchissement pour les caravanes, et se
trouve sur la route d'Égypte à l'Abyssinie ét au Darfour; sa distance de l'Ég : est estimée à 5 jourrées.
L'oc 4e Dakhel, nommée aussi oasis occidentale parce qu’elle est à l’ouest 4e celle de Thèbes, renferme une petite ville de 4,800 âmes, appelée Medinet-el-Kassr. File est à peu près aussi j'euplée que la précédente, et possède également quelques débris de constructions égyptiennes et romaines. On y remarque une source thermale sulfureuse auprès de laquelle les habitants ont construit des bains.
Au nord-ouest de l’Ouah-el-Dakhel, à 4 journées de marche environ, V’oasis de Farafreh présente ses vergers riants et ses champs cultivés avec soin par une population d’Arabes industrieux. Le village de Farafreh, qui lui donne son nom, n’a que 200 habitants.
La petite Oasis, que les Arabes nomment Ouah-el-Bahryeh, se compose d’une plaine longue de 6 lieucs et large de 2 et demie. Les rares voyageurs qui l’ont visitée, comme Belzoni et Cailliaud, s’accordent à dire que la tribu qui l’habite est sauvage, fanatique, superstitieuse et inhospitalière. Belzoni y a découvert les ruines d’un grand temple et un assez grand nombre de tombeaux creusés dans le roc, dans le style des anciens Égyptiens. On y remarque encore des ruines de bains romains,
un arc de triomphe d'architecture romaine, et les restes d’une église
grecque.
La plus curieuse de toutes les oasis, celle d’Ammon , appelée aujourd’hui oasis de Syouah, est à 70 licues au nord-ouest de la précédente. Dans l'antiquité, elle était célébre par la splendeur et la richesse de ses temples, par son gouvernement théocratique, par son oracle qu’on venait consulter des extrémités de la terre, par sa fontaine du Solcil et par ses bosquets de palmiers. On sait que c’est dans le temple de Jupiter-Ammon qu’Alexandre le Grand fut déclaré fils de ce dieu par les prêtres des Égyptiens. Cette oasis n’a plus pour elle que ses souvenirs et les dons que la nature lui a accordés. Elle est comme jadis fertile en
dattes du So quelle de ses dispar peinte habitai l'excès bité règ pitalité
Le ci
et des intérie jour, 1 } Syouah ter Ami } tant l’a 1,500 n abrite la appelée * partie s | Aen * une île :
| terreur ! vagants ‘ consul T “treles S * rien d’e:
| Les pl « nèbres q 3 puissan( {tées par : Vi
sieurs conplée et plus es des noinjrés jusqu’à d'usage. La vanes, et se sa distance
u’elle est à 1,500 âmes, ue la précé- 1s égvptienfureuse au-
he environ, ultivés avec de Farafreh,
se compose rares VOYyadent à dire use et inemple et un le style des 1s romains,
’une église
ée aujourrécédentc.
esse de ses qu’on ve-
Soleil et le de Jupieu par les souvenirs s fertile en
AFRIQUE : ÉGYPTE, 49 dattes qui sont renommées dans toute l'Egypte; clle a encore sa fontaine du Soleil, qui présente toujours ces alternatives de température auxquelles elle a dû sa célébrité. Mais on ne trouve plus que des vestig”s de ses anciens monuments ; le pouvoir et la richesse de ses prêtres ont disparu depuis des siècles. La population, peu nombreuse, de Voasis esi peinte par les voyageurs d’une manière peu flatteuse. Suivan | eux, les habitants sont méfiants , intéressés, opiniâtres, farouches et jaloux à l'excès de leurs femmes. Néanmoins, ajoutent-ils, la plus gra nde probité règne entre eux, et ils s’acquittent. volontiers des devoirs de lhospitalité.
Le chef-lieu de l’oasis porte le nom de Syouah el renferme environ
* 9,000 âmes. La construction de cette ville est une des plus singulières + et des plus bizarres qu’on nuisse voir. Sa forme conique, se divisions
intérieures et l’entassement des individus que renferme cet ubscur séjour, l’ont fait comparer à une ruche. Dans les environs imtaédiats de
: Syouah, à Koum-al-Beyda, on à reconnu les vestiges du temple de Japi--
ter Ammon, où ce dieu était adoré sous la forme d’une stitue présen-
# } tant l'aspect d’un bélier, depuis la tête jusqu'au milieu du corps. A : 4,500 mètres environ de ces ruines, vers le sud-est, un bois de palmiers
abrite la fameuse fontaine du Soleil. Enfin, dans une colline voisine
: appelée Djebel-Dar-aboubeker, on voit de vastes catacombes, dont une ‘ partie sert aujourd’hui d'habitation aux Arabes.
A environ 18 lieues au nord-ouest de Syouah, est situé un lac avec une Île au milieu. Les naturels regardent cette Île et ce lac avec une
| terrour superstitieuse, et débitent à leur sujet les contes Jes plus extra- ! vagants : ils en défendaient l'accès à tous les voyageurs; cependant le + consul Drovetti, mettant à profit une expédition du pacha d'Egypte con- ; tre les Syouans, put visiter ces lieux et s'assurer qu’ils ne reufermaient rien d’extraordinaire,
SECT. 5°. — Tableau moral et politique de l'Égypte.
Les premiers siècles de l’histoire de l'Egypte sont enveloppés de ténèbres qui n’ont commencé à se dissiper que de nos jours : mais sa puissance et sa richesse, dès les époques les plus reculées, sont attes-
{tées par les inonuments admirables qui font l’étonnement du voya-